‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 12 sur 190 · Victoi^Amédée III (Marie, roi de Sardaigne · texte numérisé non relu

Victoi^Amédée III (Marie, roi de Sardaigne

Né à Turin, le 26 juin 1726, mort au château de Montcalieri, le 16 octobre 1796 ; monté sur le trône, le 20 février 1773.

4. La comtesse d'Artois ne suivit pa^ son mari dans ses pérégrinations. Elle mourut en 1806, à Klagenfurt. Parmi les dames qui raccompagnèrent au début se trouvait la comtesse de Pola»> uon, Tamie intime du comte d'Artois.

mettre à la mode les promenades à l'étranger. De ce jour, il devint de bon ton d'aller se plaindre au dehors des rigueurs du temps, des prétentions exorbitantes de ces braves bourgeois du Tiers et des défaillances inattendues de quelques gentilshommes. C'était un moyen élégant d'attendre que la maison fût suffisamment aérée et débarrassée des hôtes incommodes qui s'y étaient installés. Garnot l'a dit avec beaucoup de justesse : « Ce n'est pas la crainte de la Révolution « qui chassait ces premiers fugitifs. C'était la haine « des réformes. Leur départ fut, selon l'expression « fameuse de Lemontey, une transpiration naturelle « de la terre de liberté. »

Tels furent les commencements de ce mouvement purement égoïste que ses propres auteurs ont appelé Y émigration. Cette dénomination parait défectueuse. En effet, le mot émigration a, dans la langue française, une valeur relative d'honorabilité qui n'est guère à sa place dans ces circonstances.

Tous ceux qui, de propos délibéré, sans y être contraints, ont abandonné leur pays, leur roi, leurs fonctions, leurs familles, pour aller former aux frontières des bandes soldées par l'étranger, ne doivent avoir qu'un nom pour lears concitoyens, celui de déserteurs. Déserteur est le mot légal. Il est le seul qui convienne à ces personnages, ayant tous rempli ou remplissant encore des fonctions militaires. Les articles du Code militaire sont formels^.

1. AnT. 235. — Est déclaré déserteur à l'étranger en temps de paix, trois jours, et en temps de guerre un jour après celui de l'absence constatée, tout militaire qui franchit sans autorisation les limites du territoire français.

Art. 238. — En temps de guerre est puni de mort avec dégra-

S8 lÎTAT DE L'ARHÉE FRANÇAISE.

Ainsi donc, déserteurs ils ont été, déserteurs ils Testeront.

Certaines nuances, toutefois, sont à préciser. Les Français qui se sont enfuis, soit après la mort du roi, soit pour échapper aux suites d'un mandat d'arjèt, sont des émigrés, rien de plus, s'ils n'ont pris aucune part aux complots formés contre la France. Du reste la Convention le comprit ainsi elle-même, car dès Tannée 1795, elle faisait cesser les conséquences des lois de proscription, pour ceux d'entre les citoyens sortis du territoire à partir du mois de mai 1793.

L'histoire, ilfautl'espérer, ratifiera cette distinction. Il importe en effet de flétrir à jamais ceux qui, à l'intérieur et à l'extérieur, prêtèrent leur concours à l'accomplissement de cette chose infâme qu'on Appelle l'invasion de sa propre patrie.

« La grandeur de leur nom n'ennoblit pas leur crime. » lies premiers mois de cet exode se passèrent en

•dation militaire, tout militaire coupable de désertion à Tennemi.

Art. S40. — Est réputée désertion avec complot toute déser» tion effectuée de concert par plus de deux militaires.

Art. S41. — Est puni de mort :

V Le coupable de désertion avec complot en présence de Tennemi;

2* Le chef de complot.

Art. 242. — Tout militaire qui provoque ou favorise la désertion est puni de la peine encourue par le déserteur.

Tout individu non militaire ou non assimilé aux militaires qui, sans être embaucheur pour l'ennemi ou pour les rebelles, provoque ou favorise la désertion, est puni par le tribunal compétent d'un emprisonnement de deux mois à cinq ans (sans préjudice des autres peines, mort ou bannissement, qu'il encourt, pour participation à un complot contre la sûreté de TÉtat).

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plaintes amères et en démarches infructueuses. L'entente n'était pas possible. Le roi, la reine, le comte de Provence, le comte d*Artois, le prince de Gondé, le duc d'Orléans constituaient des groupes distincts, mus par des intérêts différents. En réalité, ce monde de la Cour et des plaisirs présentait Taspect d'une fourmilière, dont on vient de renverser la demeure si commodément préparée. Chacun allait deci delà,» levant les bras au ciel, pirouettant sur ses talons rouges, en quête d'un conseil ou d'un aide capable de satisfaire ses haines ou ses désirs.

A l'étranger, la mission confidentielle du comte d'Escars ^ n'avait pas eu tout le succès espéré. Les Cours, tout en accueillant bien les doléances^ de la noblesse française, s'étaient tenues sur une réserve prudente.

A Turin, on se contentait de conspirer en chambre, et d'encourager quelques naïfs royaJistes du Lyonnais et de la Provence à se faire tuer pour la bonne cause*.

En Italie, à Naples comme à Florence, on attendait les ordres de Vienne pour manifester une opinion. A Rome, on protestait contre les décrets de l'Assemblée.

En Espagne, on agissait comme à Turin. On facilitait toutes les désertions i la frontière, mais on restait sur l'expectative.

1. François-René Peymsse, comte d^Escam^ né le 13 mars 1759, mon le 80 décembre 1829, à Paris.

Colonel de dragons, député, gentilhomme da comte d*Ârtois, 1** maître d'hôtel du roi, nommé maréchal de camp le jour de «on mariage avec la fille du fermier général Laborde en 1783, vemarié en 1798 à madame de Navaillac, à Berlin ; lieutenant géfierai en 1814. — Partit en mission le 4 août 1789.

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