Séance du 25 février
seille, le 6 mars, un seuï «îes généraux visés était présent, Lapoype. Bonaparte prévenu de la dénonciation dont il était l'objet, avait quitté la ville pour rejoindre, à Toulon, son protecteur habituel, le conventionnel Salicetti. Sur les conseils de celuici, il avait déjà écrit, le 23 février, à Mazurier, l'adjoint du ministre, pour donner des explications de sa conduite : « Pendant le siège de Toulon, le géné- « rai de l'armée me donna l'ordre de faire une « tournée à Marseille pour mettre en défense Saint- « Nicolas et Saint-Jean. Lorsque cette ville a été « mise en état de siège, les représentants, par un « arrêté dont tu trouveras ici copie, me chargèrent « nominativement de mettre sur un pied respectable <i les forts Saint-Nicolas et Saint^Jean. Par mon rapt< port, je leur fis sentir que Saint-Nicolas ne servait « qu'à maîtriser la ville, qu'il était absolument hors « de dc^fense et qu'il fallait y rétablir une des deux « enceintes, si l'on avait des raisons politiques qui c< ordonnassent de s'assurer de cette forteresse. En « môme temps, j'en rendis compte au ministre. Les « choses en sont toujours restées là. J'ai donc été « bien loin de faire des dispositions pour relever lea « enceintes de Saint-Nicolas. Je sais trop que cette « opération importante exige non seulement un ordre « du ministre, mais même de la Convention ou du « Comité de Salut public. Je sm's donc convaincu que « cette forteresse ne peut être utile qu'à maîtriser la « ville. »
C'était en vérité se déjuger à courte échéance. Ces explications d'ailleurs manquaient de netteté. Pendant le siège de Toulon, le commandant Gassendi et Perrier se trouvaient à Marseille. Bonaparte n'avait
rien à voir dans leur service. La moindre attention suffisait donc pour démontrer le peu de valeur de ces allégations. Mais le jeune général possédait d'autres appuis que ceux d'un chef de bureau du ministère. Salicetti et Robespierre avaient écrit à leurs collègues et, sur leurs conseils, Bonaparte ne bougea pas, lors de la réception de Tordre de comparution. Il fit bien. Il fallait laisser passer l'orage.
Le 13 mars, Lapoype se présentait à la barre de là Convention. Barère se chargea de le disculper. Il lut une lettre de Maignet. « C'est le général d'artillerie « Tonaparte, dit-il, qui demanda à ce représentant du « peuple, qui ne voulut point y consentir, de relever « le fort Nicolas à Marseille. » Puis il ajouta que ledit officier était alors en mission et que l'incident n'avait pas eu de suite. Lapoype* confirma l'assertion du rapporteur et mit l'erreur sur le compte d'un jeune homme zélé. Lapoype eut gain de cause et fut même admis aux honneurs de la séance. Quant à Bonaparte, il pouvait une fois de plus se féliciter de l'heureuse fortune, dont la protection se manifestait déjà pour lui de façon si persévérante dans les moments les plus critiques.
1. Le îçénéral de division, comte de Lapoype, né en 1758, mort en 1851 (Voir aux pièces à Tappui sa lettre à M. de Coston).