Mss* Archives de la (^erre
iCd BONAPARTE A MIGB.
Corps expéditionnaire.
Groupe de gauche* — Le général de brigade Hammel commande. Il a sous ses ordres, les deux chefs de brigade Lebrun etPijon, l'adjudant général Leblanc, le capitaine Pernetti, pour l'artillerie et 4,459 hommes.
Groupe du centre. — Les généraux Laharpe et Cervoni ont avec eux 5,275 hommes, Fabre pour adjudant général et le capitaine Levignan, pour l'artillerie.
Groupe de droite. — Le général de division Mouret, comme chef; Brusié général de brigade, J. Arena adjudantpénéral, 5,830 hommes et le chef de brigade d'artillerie Montfort; l'adjudant- général Reboul et le directeur du parc Gassendi, pour l'artillerie.
Réserve. — Forte de 4,140 hommes.
Train de siège. — Formé avec douze pièces et cinq obusiers, sous la direction de l'adjudant général Garvière.
Ces forces réunies forment un total de 20,723 hommes sous les ordres d'un chef unique, le général de division Masséna^ Ainsi donc, des 66,000 soldats dont se composait Tarmée d'Italie, 46,000 se trouvaient absorbés par les services de rintérieur et par la Corse.
Si nous insistons sur ces détails, c*est pour bien indiquer la part d'action et de responsabilité qui revient à chacun. Le général Dumerbion et son chef
1. Masséna (André), duc de Rivoli, prince d*£ssling; né à Levons, près de Nice, le 6 mai 1758, mort à Paris, le 4 avril 1817, mousse, puis engagé volontaire au Royal-Italien ; eu congé en 1789; marié; adjudant-major au 3* bataillon de volontaires du Var, général de brigade en 1792, de division, le 20 décembre 1793, etc., chevalier et commandeur de Saint-Louis en 1814; reprit du service pendant les Cent-Jours.
d'état-major Gauthier Kervéguen ne sont que des directeurs, des surveillants et des soutiens. Ils ne sont pas plus exécuteurs que les représentants du peuple, l'inspecteur d'artillerie Bonaparte et le chef du génie Yial. Dans cette organisation, comme dans les opérations qui vont suivre, Bonaparte n'est pour rien. Les ordres sant déjà donnés et dans les plus grands détails, lorsqu'il arrive à Nice, le 1" avril 1794.
Partout en France, la transformation est identique; partout règne la même activité, la même simplicité d'agencement, résultat de l'organisation logique de Dubois de Crancé et de l'unité de direction du Comité de . Salut public. Quant aux hommes
appelés à diriger ces masses, ils ont déjà surgi. Il suffit de jeter les yeux sur l'état du l*"" janvier 1794. pour y trouver ces noms glorieux, dont la renommée deviendra universelle ;
A Vavmée des Aipes : le général de division Peîlapr.a. les généraux de brigade Dubois de Grande, Hatry, Garnier et Sarret;
A l'armée du Nord : le général en chef Jourdan, les brigadiers Leclerc, Brune, Dalèoe, Laousse, Favereau, Vandamme, Bastoul, d'Épi noy, Mortier, Ëblé;
A V armée desArdennes : Marchand, Molitor;
A V armée de la Moselle: Hoche, Bessières, Moreau, Vincent, Ambert, Sabatier, Emmery; '
A V armée du Bhin : Pichegru, Delmas, Scherer, Liébert, Berthier, Donnadieu;
A Varmée des Pyrénées orientales : Dugommier, Doppet, Dagobert, Pérignon;
A Varmée des Pyrénées occidentales : Dumas, Tourville, Espagne, Mellinet ;
A Varmée de l'Ouext: Marceau, Robert, Haxo, Kléber. 11. U
A. la tête des compagnies d'artUlene à cheval : Lauriston, Marescot, Danthouard, Menou, Liébert, Abbatucci, Foy, Muiron.
Pour Tarmée dltalie, le principal mérite de la réorganisation revenait au représentant du peuple Robespierre le jeune. Sa correspondance le prouve. En tout, Robespierre le jeune se montre de beaucoup supérieur à Barras et à Fréron. Ces derniers, qui Tout précédé à Nice, n'ont montré ni son activité ni son tact. Brouillons et violents, ils ne sont pas taillés sur le patron des Dubois de Crancé, des Fabre de THé-
rault et des Duquesnoi. Ds ont comme un vice d'origine. Leurs anciennes attaches royalistes les ont marqués d'une tache indélébile. Leur soif de jouissances
l'emportera toujours sur leurs convictions. Mais, ce n'est pas seulement au point de vue du
discernement que Robespierre le jeune est remarquable, c'est surtout comme administrateur et comme homme politique. La vérité, il ne craint pas de la dire. La loi sur le maximum ^ que la Convention vient d'étendre à toute la France suscite ses continuelles observations. Dans ses dépêches au Comité de Salut public, il ne cesse de déclarer qu'une telle mesure doit aboutir à la famine, comme tout système de protection outrée. U lui faut par jour de cinq cent vingtcinq à cinq cent cinquante quintaux de farine; il est
1. Mss. Archives de la guerre. — La loi qui fixe leplas haut prix (maximum) à celui de 1790, fut votée le 27 septembre 1792 pour Paris, puis étendue à toute la République pour les grains et les farines, le 3 mai 1793, pour tous les antres produits, le 20 septembre, et, pour les transports, le 22 février 1794.
Toutes lois relatives au maximum furent abolies, le 24 d6> tembre 1794.
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dans l'impossibilité de se les procurer; les Anglais occupent toutes les issues. « Les assignats, ajoute- « t-il ^, sont tellement en discrédit qu'ils perdent €< quatre-vingt cinq pour cent et toutes les denrées « sont d'une cherté inconcevable.
« ...Nous manquons de tout, ce qui indispose nos « soldats qui se fatiguent d'être nus et de ne pas avoir de la viande' fraîche, car ils n'en ont pas tous les jours. Il importe donc que la Convention prenne des mesures pour empêcher qu'une armée ne s'empare de ce qui est destiné aux autres.
« L'argent est encore le nerf de la guerre et souvent nous n'en avons pas beaucoup... Nous sommes toujours obligés d'autoriser ^e payement des fournitures en chejnises et en souliers, dont les marchés avaient été passés par les commissions du Conseil exécutif à des prix excessifs, tels que vingt-cinq livres la chemise et jusqu'à vingt-trois livres la paire de souliers. Nous venons de commissionner à Gênes, vingt-cinq mille chemises à dix-huit livres en assignats ; nous les aurions eues à cinq livres dix-huit en argent, mais nous n'en avons pas. Il nous parait essentiel de ne laisser passer aucun marché aux commissaires du Conseil exécutif à moins qu'ils ne soient autorisés par les représentants...» Le 24 septembre, il renouvelle ses doléances :
« Notre ressource presque unique est dans la rivière « de Gênes. Si cette communication, déjà très diffi- « cile par l'audace des corsaires d'Oneille et par la
1. Mss. Archives de la guerre. Dépèches d(»s 15, 23, 24 septembre, etc., 1793.
« presque nullité de nos forces maritimes dans ces « parages, venait à nous être absolument interdite, « nous ne saurions par quels moyens fournir aux « besoins d'une armée.
i« L'armée dltalie vit au jour la journée ; ses maga- « sins ne sont pas fournis. Le défenseur de la liberté « y est presque nu ; les dilapidations ont été énormes « par la malveillance ou Tineptie des agents chargés « de la partie des subsistances et de l'habillement. « Il est de toute nécessité que vous nous accordiez « des secours en tous genres, habits, chemises, bas, « souliers, chapeaux, subsistances, nous sommes « dans une pénurie effroyable... Ce qui nous a réduits « à cette extrémité a été l'interruption des communi- « cations de cette armée avec l'intérieur et, de plus, « les besoins des autres armées... »
Or, c'était le 13 septembre 1793 que Robespierre avait commencé l'exercice de ses fonctions à Nice. C'était dans les derniers jours du même mois qu'il écrivait ces lettres dont nous donnons un aperçu. Au mois d'avril 1794, tout était à peu près organisé en vue d'une expédition sérieuse.
Quelle était cette expédition? quel était son but?
Du jour de la déclaration de guerre à l'Autriche et à la maison de Savoie, la République de Gênes avait montré une attitude ambiguë à l'égard de la France. L'adoption de la forme républicaine ne modifia pas cette situation; tout au contraire. Le gouvernement de la sérénissime République était essentiellement municipal, oligarchique et héréditaire. Il n'avait de républicain que le nom. Il se composait de deux pouvoirs bien distincts : un grand conseil ayant le pouvoir législatif et un sénat possédant, avec le doge.
le pouvoir exécutif. Ce sénat comptait douze membres auxquels venaient s'adjoindre les ,ex-doges. Réunis, ils formaient le collège. Quatre d'entre eux avaient la direction du trésor public.
Le grand conseil comprenait quatre cents membres dont deux cents, tous riches, étaient pour la plupar fils de sénateurs et les deux cents autres, pauvres et achetés à bas prix par les sénateurs. Quant à la force nationale, elle se trouvait représentée par des mercenaires, connus sous le nom de sbires. D'un tel personnel, il était difficile d'attendre autre chose qu'une grande mauvaise volonté. C'est ce dont se rendait compte Tilly avec une sagacité vraiment remarquable : « Aujourd'hui que nous avons adopté un gou- « vemement républicain, écrit-iH, ces oligarques « craignent également notre haine et notre amitié, « nos succès et nos revers, car en s'unissant aux en- « nemis des Français, les Français ne peuvent, pour « se venger, que détruire le gouvernement de Gênes. « S'ils s'unissent aux Français, leurs principes de « liberté et d'égalité ne peuvent que produire tôt ou « tard la destruction du gouvernement de Gènes. Si « les Français triomphent, il n'y a plus de despotes ni « d'aristocratie. Si les Français succombent, il n'y «c aura plus ni hommes ni gouvernements dans l'indé» « pendance.
« Nous sommes hors d'état de rien offrir aux olim garques qui puisse les disposer favorablement pour « nous, puisqu'ils n'ambitionnent que raccroissement « de la richesse et du pouvoir et que notre pénurie e