‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 135 sur 190 · Mss. Archives étrangères · texte numérisé non relu

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Rapport du citoyen Tilly au ministre des affaires étrangères.

âl4 BONAPARTE il NICE.

« nos principes ne nous permettent pas de satisfaire « ni à leur cupidité ni à leur ambition.

« Nous ne devons, par conséquent, pas espérer ob- « tenir la majorité ni dans le sénat, ni dans les col- « lèges composés d'hommes riches, cupides etambi- « lieux; nous ne devons pas même nous flatter de « détruire leur influence dans le petit conseil, parce « qu'il faudra beaucoup d'argent et que nous n'en « avons pas, et parce que leurs co-noble8 qui les « détestent le plus, désertent davantage encore la « liberté et l'égalité.

« ...Pour jeter dans l'inquiétude les nobles non « influencés, les habitants riches... il ne faut que leur « annoncer le projet d'usurpation des cours de «( Vienne et de Turin., . »

Ces observations étaient fort judicieuses. Depuis la guerre avec l'Angleterre, Gênes et Livourne étaient devenus des centres importants de conspiration et d'intrigues. L'agent anglais Drake y agissait en maître, de concert avec le représentant du régent, le marquis de Marignan, Gazalès ', l'ancien chargé d'affaires de France, de Nailhac et les douze à quinze cents déserteurs qui avaient fait de l'Aqua Sola et de la place San Felice leur rendez-vous habituel.

Au mois d'octobre 1793, une frégate française, la Modeste, et deux tartanes se trouvaient dans le port de Gênes. Chargées de blé et de matériel destinés à l'armée d'Italie, elles se tenaient prêtes à appareiller

1. Cazaîès (Jacques-Antoine-Marie de), né le !•' février 1758 a Grenade-sur-Garonne (Haute-Garonne), mort à Engalin (Gers), le 24 novembre 1805. Capitaine de dragons, démissionnaire, en 1791, en Allemagne, rentré en 1792, repartit après le 10 août, prit paît à l'expédition de Toulon, rentra en France en 1803.

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pour gagner VUlefranche. Non loin d'elles, trois vaisseaux anglais, placés sous les ordres du capitaine Mann du Bedfort, étaient à l'ancre. Le 5 octobre, Féquipage de la frégate prenait son repas, lorsque de» marins anglais accostèrent, envahirent le pont et tuèrent les deux sentinelles, avant que les hommei eussent même pu prendre les armes. Frégate et tartanes, officiers et marins furent déclarés de bonne prise. A la nouvelle de cet acte inqualifiable, Tilly protesta. « Le chargé d'affaires de la République « française, écrit-il au secrétaire d'État\ apprend « qu'il vient de se commettre une atrocité contre « ceux de sa nation. Il demande si la République « de Gênes continue de vouloir la paix ou comte mence la guerre avec celle de France, en souffrant « que les propriétés soient envahies et les Français « égorgés dans son port et sous ses yeux. »

Huit jours après, le 13 octobre, Robespierre et Ricord envoyaient un ultimatum à la sérénissime République et Robespierre écrivait au Comité :

« Nous vous adressons les pièces originales... Vous y « verrez l'atrocité de nos ennemis, leur lâcheté, leur « mépris profond pour tous les principes. Nous avolis « agi au nom de la République et d'une manière « digne d'elle, comme vous le verrez par notre décla- « ration.

« Le citoyen Tilly se conduit en vrai républicain ; il « court de grands dangers, ainsi que tous les France çais qui sont à Gênes. Les Anglais continuent la « chaîne de leurs forfaits. Ils sont les maîtres du port « de Gênes ; ils visitent tout ce qui entre et tout ce

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