‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 143 sur 190 · Emmanuel de Baller, deuxicma fiU du naturaliste, Albert · texte numérisé non relu

Emmanuel de Baller, deuxicma fiU du naturaliste, Albert

àSO BONAPARTE A NICE.

Laporte, mesdemoiselles Robespierre et Bonaparte, contribuait à leur éclat. L*entrain de jeunes officiers tout fiers de leurs succès et de ceux de leurs collègues, ajoutait à cet enthousiasme. Quelle diflerence avec la situation de la France, au i*^ janvier 1793 ! Partout les armées triomphaient. Partout on négociait, à 1 Livourne, à Gènes, en Suisse, à Naples, à Gonstantinople.

Pour Bonaparte, il se sentait vivre, dans ce milieu enflammé. Il trouvait enfin des chefs pour le comprendre et des hommes de fer pour exécuter ses projets. Les circonstances du reste le servaient exceptionnellement. Le générai Dumerbion, malade, ne pouvait quitter la chambre. Masséna commandait à Loano. Les autres généraux étaient à leur poste. Salicetti, aussitôt après Taffaire de Saorgio, s'était rendu à Toulon avec Arena et la brigade Gervoni. Bonaparte se trouvait donc seul avec Robespierre le jeune et Ricord ; de là, une intimité de tous les instants et une amitié réciproque qu'il est impossible de dénier, « Bonaparte, dit mademoiselle de Robespierre \ « était républicain; « je dirai même qu'il était républicain montagnard, « du moins il m'a fait cet effet par la manière dont il « envisageait les choses à l'époque où je me trouvais « à Nice. Dans la suite, ses victoires lui tournèrent la « tête et le firent aspirer à dominer ses concitoyens ;

de H aller, né à Berne en 1745, mort en Suisse en 1820; soumissionnaire de plusieurs emprunts en 1790, inquiété par les comités en 1791, à l'armée d'Italie en 1793, en fuite après thei^ midor, trésorier payeur général en 1796, ministre près la république helvétique de 1796 à 1798.

1. Robespien^e (Marie-Marguerite-Charlotte de), née à Arra» en 1760, morte à Paris, le 1" août 1834, rue de la Fontaine, n*3, faubourg' Saint-Marceau.

« mais lorsqu'il n'était que général d'artillerie à Tar- « mée d'Italie, il était partisan d'une liberté large et « d'une véritable égalité.

« L'admiration de Bonaparte pour mon frère aîné, « son amitié pour mon jeune frère et peut-être aussi « l'intérêt que mes malheurs lui inspirèrent, me firent « obtenir, sous le consulat, une pension de trois mille a six cents francs... » Marmont, qui l'accompagna partout à cette époque, exprime la même idée. « Si « Robespierre fût resté au pouvoir, lui disait Bona- « parte, il aurait modifié sa marche : il eût rétabli « l'ordre et le règne des lois ; on serait arrivé à ce « résultat sans secousses, parce qu'on y serait venu par « le pouvoir; on prétend y marcher par une révolution, « et cette révolution en amènera beaucoup d'autres *.» Tilly, le chargé d'affaires de France à Gênes, est plus catégorique encore. En parlant de Bonaparte, il écrit au commissaire des relations extérieures, Buchot : « Le général d'artillerie Buonaparte, favori et a conseille?* intime de BoiespieiTC le jeune ^. . . » Du reste, cette affection de Bonaparte pour les Robespierre est réciproque : « J'ajoute aux patriotes que je t'ai déjà « nommés, écrit Robespierre le jeune à son frère, le 5 avril 1794*, le citoyen Buonaparte, général chef de « l'artillerie, d'un mérite transcendant. » Puis il ajoute avec une finesse vraiment étrange : « Ce dernier est « Corse, il n'offre que la garantie d'un homme de cette f( nation qui a résisté aux caresses de Paoli, et dont M les propriétés ont été ravagées par ce traître... »

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