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S Mss. Appartenant à M. Firmin-Didol.
439 BONAPARTE A NIGK.
Mais cette amitié même allait être pour Bonaparte la cause d*une mésaventure qui faillit tourner au tragique.
Le Comité songeait toujours à une attaque combinée des armées des Alpes et dltalie contre le Piémont. Dans ce but, une entrevue eut lieu, le 20 mai 1794, à Colmars, entre les chefs et les représentants des deux armées. Bonaparte, Bicord et Robespierre y prirent part. Deux courants d*opinion s'y firent jour. A l'armée des Alpes, on souhaitait la coopération tout incidente de celle d'Italie. Or, d'après Bonaparte^ c'était au contraire du côté des cols de Tende et deFenestre c'est-à-dire du côté de l'armée d'Italie, que l'attaque principale devait se tenter. Cette manière de voir prévalut , et le 21 , on arrêta le plan * de l'opération prépaj^atoire à l'ouverture de la campagne de Piémont. L'objectif était Coni; une division de l'armée des Alpes, dite de TArgentière, devait se diriger sur Demont, pendant que deux autres, dites de la Stura, convergeraient vers Borgo San Dalmazzo.
Des incidents diplomatiques modifièrent ce projet. Le gouvernement génois n'avait pas su faire respecter sa neutralité. Des troupes autrichiennes avaient traversé le territoire de la république. Bien plus. Gênes continuait à rester un centre d'agitation pour les déserteurs. Les relations entre ces derniers et la maison André, de Marseille, étaient continuelles. A Gêne»
1. Plan arrêté à Colmars, le 9 prahnal de Van IL Le 3 juin, Laporte écrivait à ses collègues Kobespierre et Ricord, en leur communiquant certaines observations : « ... Comparez cette « marche avec celle qu'on fait tenir à la division de droite de « la Stura, dans le plan que nous avons arrêté à Colmars. Bmo- « navarte qui Va rédigé.,, » Mss. A. 6.
enfin, se trouvait l'an des dépôts des faux assignats fabriqués en Angleterre. Tilly venait même de faire arrêter l'un des principaux agents d'émission, le sieur Prieur, et d'expédier à Nice, agent, papiers et billets ^ Tous ces faits constituaient une situation des plus tendues. « Le gouvernement génois, écrit Robespierre « à Bucbot, le 16 juin, déploie les n^oyens les plus « perfides pour nuire à la République française... Il « est nécessaire de montrer du caractère avec ce gou- « vernement. Il ne peut nous être favorable que par « la crainte. Il faut donc, loin de cbercber à le flatter « ou à le gagner, exiger de lui des marcfues éclatantes « d'estime pour la République et pour ses armées. Si « nous tenons cette conduite à son égard, il ne perte sécutera plus les amis de l'humanité et il se trouvera (( engagé au maintien des droits de l'homme et sera « forcé de désirer que nous triomphions de nos « ennemis*. » Dans ces conditions, il était nécessaire de réviser le premier plan de campagne. Bonaparte fut chargé de ce travail. C« projet plus étendu que le précédent déterminait les mouvements de cinq colonnes, dont deux formées par l'armée des Alpes et trois autres, par celle d'Italie^. Il souleva des objections nombreuses au quartier général de Briançon. Bonapsrte et Robespierre, y disait-on, s'entendaient pour amoindrir le rôle de l'armée des Alpes. Leurs propositions pourtant n'étaient qu'un minimum. Il fallait s'étendre davantage sur la droite, vers Ceva, Gairo et le col de Gadibone. Des renseignements, nouvellement
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