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« patrie^ au lieu d'en partager la gloire,,. Le roi vous « charge, messieurs, de déjouer leurs intrigues et leurs « projets,., »
Accueillie par les bravos enthousiastes de rAssemblée, cette protestation indignée devait être lue à trois appels successifs devant les troupes de terre et de mer.
Était-elle sincère? non. Les suivantes ne le furent pas davantage.
Le 23 mai, à propos d'un manifeste de l'empereur, Montmorin venait dire : « Je compterai toujours au <c rang de mes devoirs les plus essentiels à remplir, « celui de faire évanouir les fausses alarmes avec les- « quelles on cherche à tourmenter le public, ainsi qu'à «f mettre l'Assemblée à portée d'apprécier, par la « voie de son comité diplomatique, le véritable état « de notre position avec les puissances étrangères. » Et, le 31 mai, il ajoutait à l'occasion d'une lettre de Mayence publiée dans le Moniteur, relativement à des projets de complot militaire et de fuite du roi : « J'atteste sur ma responsabilité, sur ma tête, sur mon « honnew* que le projet qu'on ne rougit pas de prê- « ter au roi dans cet article, n'a jamais existé. Ah I « si l'on pouvait connaître dans ses détails les soins « et la vigilance de Sa Majesté, on verrait combien « ils sont d'une nature différente. »
Cette fois encore l'Assemblée applaudissait. Un moment même, des députés, MM. de Montlosier et de Liancourt, furent sur le point de faire voter des poursuites contre le Moniteur, Une interpellation de Robespierre suffit pour calmer cet enchantement. La méfiance subsistait. Dans le public intelligent, elle était générale. « A moi, Jean-Baptiste, deux
« n]ots, disait spirituellement Fréron dans VOmteier « du peuple^,
« Tu viens dans ta fureur d'écrire coup sur coup « d^ux lettres dans le même jour à l'Assemblée na- « tionale pour dénoncer un article du Monitem^ qui « iTiet en évidence les moyens tortueux de ta politique. « J'atteste, dis-tu avec une chaleur indigne delà « diplomatie, j'atteste sur ma tête (la tête de Mont- « morin), j'atteste sur ma responsabilité (la respon- « sabilité de Montmorin), j'atteste sur mon honneur « (l'honneur de Montmorin), que les faits consignés « dans cette lettre sont calomnieux. Là, mon pauvre « Baptiste, calme un peu ce grand courroux, cette « humeurfuribonde. Fiez-vous, Parisiens, à la simple « parole de Baptiste. Il faut un front d'airain pour « soutenir aujourd'hui l'inverse de ces vérités de fait; « il faut une joue de laquelle le soufflet du prince des « Asturies ait pour jamais effacé toute rougeur. »
Fréron n'avait que trop raison. Mais ce n'était pas avec la plume qu'il fallait compter éloigner le danger dont la France était menacée. L'entente entre l'empereur, le roi et Montmorin était complète. A l'heure même où se faisaient ces belles déclarations, une entrevue secrète avait lieu à Mantoue entre Léopold* et le comte d'Artois. Un plan d'attaque avait été arrêté.