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* <( l'Assemblée s'efforcera de faire paraître odieux an ' « peuple.
' « L'Empereur écrit au roi d'Espagne de hâter ses prête paratifs et Texhorte à signer sans délai la protestation « de la maison de Bourbon. Le roi et la reine de Naples, « qui la connaissent, n'attendent que la signature de
' • « l'Espagne pour donner la leur.
, « Les dispositions du roi de Sardaigne sont excellentes.
# « Il n'attend que le signal de l'Empereur. La diète de
« Ratisbonne, qui a reçu le décret de commission, va
f « prendre ses dernières résolutions.
^ « On compte beaucoup sur la neutralité de l'Angleterre.
« Tout étant ainsi combiné avec les puissances, on doit ^ « regarder ce plan comme arrêté, et prendre garde qu'il
♦ « ne soit contrarié par des idées disparates; c'est pour-
« quoi Leurs Majestés doivent éviter avec grand soin, de « diviser la confiance et de multiplier les entreprises,
' « ayant déjà éprouvé que cette manière d'agir ne servi-»
« rait qu'à nuire et embarrasser.
« Les Parlements sont nécessaires pour le rétablissement « des formes. On continuera, en conséquence, d'entrete-
\ a nir une correspondance suivie avec plusieurs membres
« dispersés des cours souveraines, pour pouvoir les ras- « sembler aisément quand il sera temps.
« Quoique l'on ait désiré, jusqu'à présent, que Leurs •c Majestés puissent elles-mêmes se procurer leur liberté, « la situation présente engage à les supplier très instam- « ment de n'y plus songer. Leur position est bien diffé- « rente de ce qu'elle était avant le 48 avril, avant que le « roi eût été forcé d'aller à l'Assemblée et de faire-écrire M la lettre aux ambassadeurs. L'unique objet dont Leurs « Majestés doivent s'occuper, est d'employer tous les « moyens possibles à augmenter leur popularité, pour en « tirer parti, quand le moment sera venu, et de manière « que le peuple, effrayé à l'approche des armées étran- « gères, ne voie son salut que dans la médiation da roi
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« et dans sa soumission à Tautorité de Sa Majesté. Telle « est TopinioD de l'Empereur. Il attache uniquement à ce « plan de conduite, le succès des mesures qu'il a adoptées, « et il demande surtout qu'on éloigne toute autre idée. Ce « qui arriverait à Leurs Majestés, si, dans leur fuite, elles « ne pouvaient échapper à une surveillance barbare, le « fait frémir d'horreur. L'Empereur croit que la sauve- « garde la plus sûre pour Leurs Majestés est le mouvement « des armées des puissances, précédé par des manifestes « menaçants. »
Léopold écrivait en même temps à sa sœur Marie- Christine, à Bruxelles :
« ... Ne faites rien de ce que les Français vous demanderont, hors des politesses et des dîners; mais ni troupes ni argent. Je plains leur situation, mais ils ne pensent qu'à leurs idées romanesques et à leurs vengeances et intérêts personnels. Ils croient que tout le monde doit se sacrifier pour eux et sont bien mal entourés, témoin les papiers de MM. de Bouille et de Galonné*. On dit le roi de Suède retourné chez lui ; tout cela n'est derechef qu'une rodomontade de sa part. »
Ces conseils étaient inutiles. Tout était arrêté depuis longtemps pour la fuite du roi et l'exécution du complot militaire. Si la conspiration n'avait pas éclaté plus tôt, c'est que les circonstances ne s'y étaient pas prêtées.
La place de Montmédy restait désignée pour servir de point de ralliement aux déserteurs. C'était là en
1. Calonne (Charles-Alexandre de), né à Douai en 1734, mort le 30 octobre 1802; agent de la contre-révolution, fit la critiqua de son parti dans un écrit publié à Londres et intitulé • Tableau ^ l'Europe, en novembre 1795.
eflet que Louis XVI, Marie-Antoinette et Monsieur devaient rejoindre leurs fidèles sujets et alliés. En attendant Tépoque désirée, le roi de Suède tenait sa cour à Aix-la-Chapelle, en compagnie de MM, d'Escars, de Fersen, de Breteuil, de Saint-Priest, de Bouille, de Mesdames de Saint-Prîest, d'Harcourt, de Groï, de Lamballe, etc. Il était tout à Tenchantement ; il venait de recevoir de la reine de France une épée enrichie de diamants, avec cette devise gravée sur la lame : « Pour la défense des opprimés, » Il écrivait à l'un de ses généraux, Pawli : « Si je vous avais ici avec « votre brave régiment de Westro-Gothie et mes « Dalécarliens, j 'affâ^onterais à leur tête cette armée « de gardes nationaux français et je les mettrais bience tôt en déroute... » Gustave III manifestait pourtant quelque étonnement de l'entourage que le hasard lui avait donné : « J'ai trouvé à Aix, écrivait-il ^ tout ce « qu'il y a de plus grand en France. Tous ces «Y/ws^res « proscrits forment une société très agréable. Ils sont « animés d'une haine égale contre l'Assemblée natio- « nale et aussi dlune exagération sur tous les objets « dont vous n'avez aucune idée. C'est un spectacle « vraiment curieux et en même temps triste de les
« entendre et de les voir » Bien triste, en vérité!
Encore quelques jours, quelques heures, et le terrible drame, dont le premier acte devait se passer à Varennes, allait commencer. C'était au 20 juin en effet, qu'avait été fixée la date de l'enlèvement. Le 5, le ministre de Russie, M. de Simolin demandait à Montmorin, deux passeports; l'un pour la baronne de Korfl*, une femme de chambre, un valet de chambre,