‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 21 sur 190 · juin · texte numérisé non relu

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deux enfants et trois domestiques, Je second pour la baronne de Stiegelman, sa fille, une femme, un valet et trois domestiques. Ces papiers étaient destinés à la famille royale.

Les 13, 14 et 15 juin, le gouverneur de Metz, le général français marquis de Bouille, avait expédié ses derniers ordres. Les complices étaient à leurs postes, et le 16, à Mayence, le comte d'Artois, accouru de Turin pour assister à la curée, donnait un dîner de quatre cents couverts. Plus de deux cent cinquante officiers français y assistaient.

Ainsi, c'était toujours sur cette armée, dont nous avons vu la fâcheuse situation, que comptaient ces nobles déserteurs pour réaliser leurs projets de vengeance. Était-ce à dire que les troupes se prêteraient à une pareille trahison? non, bien que le désordre moral fût extrême. Des faits d'une réelle gravité s'étaient en effet passés.

A Nancy, le conflit avait été plus sanglant encore qu'à Bastia. Les soldats du régiment de Ghâteauvieux, accusés d'avoir participé à l'émeute, passèrent devant un conseil de guerre. Le nommé Soret fut condamné à être roué vif, vingt-deux autres à être pendus, quarante et un aux galères pendant trente ans, soixante-quatorze autres à la prison. C'était le 4 septembre 1790 qu'avait été rendu ce jugement ; or, la veille, le héros de cette répression, Bouille, celui-là même, qui, de concert avec les étrangers et les officiers déserteurs, organisait l'invasion de sa propre patrie, écrivait à l'Assemblée^ : « J'ai fait serment à « La nation, à la loi et au roi de défendre de tout

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