‹ Bonaparte et son temps, 1769-1799Chapitre 3 sur 190 · IG · texte numérisé non relu

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Gottdé et de leurs fidèlei. dans la nuit du 16 au 17 juillet 1789. — Fremièrei intrigues auprès des puisuneei,en faveur de raristocratie française. — Voyage de M. d'Eflcars. -» Situation et opinion des différentes cours européennes. •— Soalèv«ments dans le Midi. — Organisation de la résistance à l'étranger. — Trois partis en présence à la cour de France : le parti constitutionnel, le parti royaliste et celui des déserteurs. — > Premiers projets d'évasion de la famille royale. — Proposition de M. de Mirabeau, 15 octobre 1789. — Entreprise dn marquis de Favras. — Plan des conspirateurs, 9 juillet 1790, pour l'invasion delà France. — Déclaration solennelle du roi, 14 juillet 1790.

— Lettre de M. de Staël, 12 avril 1790. » Lettre de Gustave III, roi de Suède. — La responsabilité des événements incombe seule aux premiers déserteurs. — Craintes de l'Assemblée nationale et du public, juillet 1790. — Plan de M. de Montmorin, ministre des affaires étrangères. — L'alliance autrichienne. — Lettre du roi, 3 décembre 1790. — Appel aux puissances.

— Contre-projets des déserteurs. — Départ des princesses tantes du roi. — Tentative de fuite de la famille royale, le 18 avril 1791. — Déclaration de M. de Montmorin, le 23 avril. — Ses protestations successives, des 23 et 31 avril. " Béponse spirituelle de Fréron. — Entrevue de Mantoue. — Plan de l'empereur Léopold. ^ Son mépris pour l'aristocratie française

— Derniers préparatifs des conspirateurs en vue de la fuite du roi et d'un soulèvement général. — Gustave III à Bruxelles. — Le comte d'Artois à Mayence. — Triste influence de ces menées sur l'armée française.

La discipline dans l'armée. — Affaires de Nancy, de Belfort et de Nantes. — > Besponsabilité des officiers déserteurs, du ministre de la guerre et du pouvoir exécutif. — Di'visions des familles. — Les messieurs de Broglie.

— Opinion de Bonaparte sur la situation, 8 février 1791. — Dispositions de l'Assemblée nationale. — B apport de Fréteau de Saiut-Jnst, il juin 1791. <— Mesures proposées par les comités. •— Situation de l'armée au 20 juin 1 791.

Bonaparte avait quitté la France, an lendemain de la prise de la Bastille; il la retrouvait, vingt mois plus tard, en plein travail de réorganisation sociale, ayant foi dans Tœuvre de ses représentants- et applaudissant à ces fédérations^ ^ qui se formaient partout, pour consacrer l'union de Tarmée et des gardes nationales.

La reconstitution de nos forces militaires sur des

1. Les associations, désignées sous le nom de Fédérations, avaient pris naissance dans le Dauphiné (décembre 1789). Elles avaient pour but Texécution des décrets de TÀssemblée nationale. Elles donnèrent lieu à des démonstrations fraternelles auxquelles Tarmée ne demeura pas étrangère. Le régiment Royal-Étranger, qui- avait pour colonel M. Alexandre de Lameth, se fédéra le premier avec les milices de la Franche-Ck)mté. Cet exemple (ot loivi parles régiments de Laogaedoc, deConti, etc.-

hases conformes au nouvel ordre de choses, avait été l'une des premières préoccupations de l'Assemblée constituante. Dès le 13 août 1789, l'un des députés les plus sympathiques de la Chambre, le colonel du régiment des chasseurs d'Alsace, le vicomte Louis de Noailles * avait présenté tout un plan de réforme et réclamé la création d'un comité spécial.

Renouvelée, les 27 août et 18 septembre, cette demande recevait une solution, le 1" octobre, à la suite d'une seconde proposition émanant d*un député de la noblesse de Caen, le brigadier, baron de Wimpfen. ^ Dans cette séance, l'Assemblée déléguait à douze de ses membres la mission de lui présenter un projet de constitution militaire.

Les élus étaient : MM. Claude Emmery •, le maréchal de camp marquis de Rostaing, le lieutenant général marquis d'Ëgmont Pignatelli, Tancien mousquetaire et écuyer Dubois de Granoé, le maréchal de camp comte de Gomer, le lieutenant général marquis de Bouthillier, le vicomte de Noailles, le vicomte de Panât, le maréchal de camp baron de Menou, le baron de Wimpfen, le maréchal de camp baron de

1. Louis-Marie, vicomte de Noailles, second fils du maréchai de Mouchy, né à Paris, le 17 avril 1756, était colonel des chasseurs d^ÂIsace et grand baiÛi d'épée, lorsqu'il partit pour rAmérique. Député de la noblesse de Nemours en 1789. Ce fut lui qu) annonça la prise de la Bastille à l'Assemblée. Président de l'Assemblée, 26 février 1791. Démissionnaire, émigré, rentré en France, il reprit do service et fot blessé mortellement à la Havane, le 9 janvier 1804.

3. Félix, baro9i de WimpfeH^ né en 1745, déserteur en 1793, mort à Bayonne en 1814, capitaine au régiment de la Marck, en Corse en 1768.

3. Emmery (Jean-Louis-Claude), né à Metz, le 96 avril 1742, mort le 15 juillet 1823.

Flachslanden * et Tancien officier de volontaires comte de Mirabeau. De ces douze députés, quatre seulement appartenaient au Tiers, MM. Emmery, de Rostaing, Dubois de Crancé et de Mirabeau. A l'exception d'Emmery, tous avaient servi ou servaient encore dans l'armée. Mais Emmery lui-même était connu pour sa compétence dans les questions militaires et pour Tardeuf de ses revendications, en faveur de la nation, au sujet des prétentions manifestées par certains officiers. C'était lui qui, le 16 septembre 1789, à propos du rapport sur la prestation du serment des troupes en garnison à Metz et sur le refus opposé par le marquis de Bouille et par plusieurs de ses officiers, s'était écrié : « Quelque classe de citoyen peut-elle avoir le privi- « lège de se soustraire à des décrets devenus lois du « royaume? »

Dès le lendemain de leur nomination, les commissaires se mirent à l'œuvre. La tâche était ardue, le mal énorme. Depuis 178S, la situation n'avait fait que s'aggraver. Cette machine militaire qu'on appelait l'armée royale se désagrégeait chaque jour davantage. Il fallait aviser. Maisle problème était complexe, et les députés, si bien intentionnés qu'ils fussent, se trouvaient en présence de difficultés considérables.

Tout d abord pour constituer l'armée, où prendrait-on les hommes nécessaires? Continuerait-on,

1. Marquis d'Egmont, député de la noblesse du bailliage de Boissons. Comte de Gomer, député de la noblesse du bailliage de Sarreguemines. Vicomte de Panât, député de la noblesse de la sénéchaussée de Rhodez. Baron de Flachslanden, le futur chef du cabinet militaire du comte de Provence à Vérone, député de la noblesse de Colmar. MM. de Broglie et Bureaux de Puzy firent partie des membres suppléants»

comme par le passé, à les recruter par voie d*eiirMements volontaires? Conserverait-on des régiments étrangers? Quel serait le temps de présence sous les drapeaux ? Sur ces différents points, les avis étaient partagés. Le marquis de Bouthillier* prétendait que « tout citoyen devait contribuer proportionnelle- « ment et sans exemption à toutes les charges puce bliques ; c'était pour lui non seulement un devoir, « mais un droit. . . L'entretien estime charge publique ; « tout citoyen doit donc y concourir de sa personne ff ou de sa fortune. »

Dubois de Grancé ' se montrait plus catégorique encore, «///aw^, disait-il, t/ne conscription^ mais U7ie « conscription vraiment nationale^ qui comprenne la « seconde tête de V empire et le dernier citoyen actif. Il

1. Charles-Léon, marquis de Bouthillier-Chavigny^ né à Paris, le 21 juin 1743, lieutenant en 1762, adjoint au Conseil supérieur de la guerre en 1787, député de la noblesse du Berri, maréchal de camp en 1791, déserteur au mois d*octobre 1791, major général de l'armée de Condé, licencié en 1801, lieutenant général ea 1814, commandeur de Saint-Louis, mort, 18 décembre 1818.

2. (Edmond-Louis-Alexis) Dubois de Crancé, né à Charlevilla (Champagne), eii 1747, mousquetaire, puis lieutenant des maréchaux de France, député du Tiers pour le bailliage de Vitry-le- Français. — Du parti du Palais-Royal, maréchal de camp en 1791. — Refusa de servir sous La Fayette. — Entra dans la garde nationale parisienne, officier en 1792. — Conventionnel. — Commissaire à Tarméede Montesquieu. — Vota la mort de Louis XVL — Organisa la défense du Midi en 1793, dirigea le siège de Lyon, fit partie du comité du salut public en 1795 ; inspecteur général , ministre de la guerre, avant brumaire; démissionnaire, le 11 novembre 1799 ; se retira en Champagne ; mourut à Réthel, la S9 juin 1814.

Dubois de Crancé a fait partie du comité militaire de la Con« •titaante, de celui de la Convention et du Comité du Salut public... il a été le véritable promoteur de ^organisation de Varméefran^ çaise en 1793.

« faiU que chaque homme, dès que la patrie sera en « danger j soit prêt à marcher. Si vous tolérez une fois « les 7*emplacem€nts, tout est pef*du; de proche en pro- « che^ tous les riches voudront se soustraire au service « personnel et les pauvres resteront seuls chargésde cette « fonction si noble pour un peuple libre. » Bien plus» cette conscription, il la voulait 7'égionale, Malheureusement, ces propositions si judicieuses ne devaient pas être écoutées, a M. Dubois de Grancé, répondait « M. de Wimpfen, imagine un système par lequel « chaque régiment est attaché à un ou plusieurs dé- « partements, chargés de lui fournir les recrues, dont « il pourra avoir besoin. Ce moyen est employé dan» « les états despotiques de l'Allemagne, et il suffit si « peu que cette espèce de soldat forme à peine le « tiers des régiments ; les deux autres tiers sont des « étrangers ou des coureurs ou des cosmopolites de « TAllemagne même. Or, messieurs, nous aurons « toujours en France, également de ces coureurs, de « ces chercheurs de fortune, de ces cosmopolites fran-- « çais, libertins dans leur première jeunesse^ mais dont a la plupart deviennent de très bons soldats, souvent « d'excellents officiers, et j'en connais même qui sont « devenus des officiers de distinction, » Un autre député, capitaine dans Tarme du génie, M. Bureaux de Puzy^ partageait ces préjugés. « N'attribuez pas,ajou- « tait-il, aux enrôlements des défauts qui ne viennent « pas d'eux, ce n'est point parce qu'il est enrôlé que « tel homme est un mauvais soldat, c'est parce qu'il

1. Bureaux de Puzy (Jean-Xavier), né en 1750 à Port-sur- Saône, mort à Gênes, le 2 février 1805 ; entré dans le génie en 1771 ; député du tiers ; pardsan de La Fayette ; rentra après le 18 brumaire ; devint préfet sous TEmpire.

ff est ou mal choisi ou mal discipliné ou tous les deux K ensemble. Ge ne sont pas les enrôlements qui pio- « duisent dans les armées la désertion qui les mine, « la dépravation qui les écrase etllndiscipline qui les « détruit. Ces vices qui infestent tant d'armées re- « crutées par les enrôlements volontaires, existeront « indépendamment du principe d'après lequel elles « ont été formées ; il importe donc moins de détruire u ce modèle de leur formation que de perfectionner « leur régime. Si toutes les communes, d'ailleurs, ont « réclamé contre le tirage au sort de la milice, si « cette institution a laissé une impression profonde « de douleur dans des cœurs qui se sentaient nés pour « la liberté, comment concevoir que la nouvelle qui, « au lieu de forcer quelques volontés, les contraindra « toutes, sera plus favorable à la liberté? L'urne, qui, « renfermant le sort de tous les citoyens, ne pré- « séntera jamais qu'un billet noir à chacun d'eux, « leur paraîtra-t- elle moins fatale alors, que dans le « temps, où celui qui devait y puiser l'arrêt de sa « destinée, savait au moins, en y portant la main, « qu'un grand nombre de chances heureuses mili- « tait en sa faveur?,.. Et puis, de tous les défauts « attachés à la conscription militaire, le plus grand, « le plus important, n'est-ce pas celui qui découle des « moyens de faire exécuter cette loi? Dès qu'elle sera « prononcée, il faudra qu'elle soit obligatoire pour « tous les citoyens. Mais quels moyens emploiera-t-on « pour forcer celui qui voudra s'y soustraire?... »

Ces raisons spécieuses correspondaient trop aux sentiments égoïstes d'une partie de la Constituante, pour ne pas être accueillies avec faveur. Il ne faut pas s'en étonner. Ces idées d'intérêt étroit et routinier

a lÎTAT DB L'ARMÉB FRANÇAIS!.

sont de tous les temps. Après la catastrophe de 1870y Tadoption du principe du recrutement obligatoire rencontra des difficultés analogues. Le 16 décembre 1789, TAssemblée nationale rendait donc le décret suivant : « Les troupes françaises^ de quelque arme « quelles soient, autres que les milices nationales, seront « recrutées par enrôlements volontaires, » Décret fatal, dont les conséquences devaient être terribles et pour la patrie qu'il faillit compromettre et pour le gouvernement qu'il allait entraîner dans la voie des mesures violentes.

Mais il ne suffisait pas seulement d'avoir des soldats plus ou moins bons, il importait encore d'en fixer le chiffre et d'en régler l'agencement. D'après le rapporteur du comités M. le marquis de Bouthillier, le nombre d'hommes à conserver sous les drapeaux devait être de cent cinquante mille. Quant à la proportion entre les armes, il la voulait du cinquième des fantassins pour les cavaliers et du sixième de la force totale pour les artilleurs. Ce chiflre de cent cinquante mille paraissait suffisant pour faire face à toutes les éventualités. C'était Teffectif ancien. Il n'y avait pas de raison sérieuse à invoquer pour le modifier. L'Europe était en paix et rien, assurait le ministre des affaires étrangères, ne faisait prévoir des difficultés ultérieures. On avait, il est vrai, supprimé les régiments provin* ciaux, mais la création récente des gardes nationales, leur nombre, leur enthousiasme et l'autorité de leur chef, M. de La Fayette, permettaient d'affirmer qu'on avait là sous la main une réserve imposante et inépuisable.

l. Séance du 30 janvier 1790.

Or, cette opinion rencontrait de nombreux contradicteurs. Un lieutenant-colonel de cavalerie particulièrement, le chevalier des Pommelles, trouvait l'effectif total trop faible. Afin d'atténuer les déficits qu'il prévoyait, il demandait laformation d'une armée de seconde ligne, dont la première portion, essentiellement mobile, serait destinée à combler les vides de la partie active, et dont la deuxième, purement sédentaire, se composerait de milices nationales. Pour l'armée de première ligne il n'acceptait pas le projet de conscription proposé par Dubois de Crancé. Il voyait dans l'application d'une telle mesure trois graves inconvénients : une atteinte à la liberté du père de famille, l'éloignement des travaux de l'agriculture et du commerce pour un certain nombre d'hommes, enfin des difficultés d'exécution. Mais ce principe de l'obligation du service, il le réclamait, depuis dixhuit jusqu'à quarante ans, pour les corps auxiliaires, >en constituant dans chaque département un contingent proportionnel au chiffre de la population.

Dubois de Crancé développait le même programme, dans des conditions beaucoup plus larges. « Je crois, disait-il, que pour rendre la force t< respectable au dedans et au dehors, nous devons « présenter à nos ennemis un front de cent cinquante « mille hommes de troupes réglées... Il faut placer « en seconde ligne cent cinquante mille hommes de < milices provinciales, destinées à doubler l'armée A active... Enfin, je propose une troisième ligne de « plus de douze cent mille hommes armés, prêts à M défendre leurs foyers et leur liberté envers et contre rt tous. Pour former cette troisième ligne,tout homme K en état de porter les armes sera inscrit au rôle de

« sa municipalité; 51 aura son fusil, mais sera sans c< activité... Voilà ce que j'appelle la garde nationale. « Les milices provinciales seront composées de tous « les célibataires actifs de chaque département... » Pour agencer et alimenter ces masses, il voulait le recrutement régional, la répartition du contingent en vingt divisions militaires, constituées dès le temps de paix, correspondant à un certain nombre de départements, et, dans chacun de ces derniers, des régiments, dits départementaux, de façon que les corps eussent tout leur matériel sous la main et pussent se compléter dans le plus bref délai possible à un moment donné. D'après lui, les régiments d'infanterie devaient être à quatre bataillons, les régiments de cavalerie à quatre escadrons. Pour l'artillerie, il l'organisait à part et réduisait considérablement le corps du génie ^. L'instruction, il la réclamait d'une durée de trois mois, du 15 mars au 15 juin, pour l'armée auxiliaire, et d'un jour par semaine pour la réserve nationale.

Ces sages idées ne prévalurent pas. L'Assemblée décida que l'armée active serait forte de cent cinquantequatre mille hommes, tant en officiers qu'en sousofficiers et soldats. Les régiments étrangers furent conservés et la garde nationale * appelée à constituer la réserve générale.

1. « Je sois frappé, disait Dubois de Crancé, que Louis XIV « n'avait que 55 officiers de génie, tandis qu'il y en a 376 aiqouiw « d'hui. Cependant, quelle différence de travail ! »

2. Un décret du 2 juin 1790 déclara que les gardes nationales n'étaient que les citoyens ai^ifs eux-mêmes, armés pour la défense de la loi.

Le 19 juillet, il fut décidé qull n'y aurait plus qu'un seul et même uniforme pour toutes les gardes nationales de France.

ANNÉES 1780-1791. Il

La désillusion devait être prompte. Dès la fin de Tannée 1790, les piévisions de Dubois de Grancé et du chevalier Des Pommelles se réalisaient. De cent cinquante-quatre mille hommes, l'effectif de l'armée active était tombé à cent quinze mille. Les enrôlements volontaires s'étaient arrêtés, la désertion avait fait le reste. Les gardes nationales, loin de se constituer fortement, se montraient le plus souvent incapables d'assurer l'ordre. D'autre part, grâce à la complicité du inonde de la Cour, du clergé et des nobles déserteurs, la situation extérieure se compliquait chaque jour davantage. En présence de l'inquiétude qui se manifestait dans le pays, il fallut donc prendre des mesures nouvelles. Les comités diplomatique et militaire de l'Assemblée furent chargés d'étudier les modifications à apporter en vue des éventualités possibles. La discussion fut vive. Elle aboutit à un compromis fâcheux. On prit à Dubois de Grancé son idée d'armée auxiliaire; seulement, au lieu de la faire nationale, on la constitua par mode d'enrôlements volontaires, comme l'armée de première ligne. Dans ces conditions, les forces militaires de la France devaient se décomposer de la façon suivante : une armée active de cent cinquante mille hommes, une autre de deuxième ligne de cent mille, restant à domicile et destinée à compléter la première, si les circonstances l'exigeaient, enfin, les gardes nationales. « Aussi longtemps, disait « M. de Lameth ^, que le système militaire de l'Eu-

A la fin de Tannée 1790^ trois millions de citoyens étaient revêtus de l'habit bleu et du chapeau orné de la cocarde tricolore.

L'effectif des régiments étrangers ne dut pas dépasser ving^ lix mille hommes.

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