CHAPITRE VI
BONAPARTE A PABIS SI MAI 1792 - 7 UPTSMMK 1791.
■ORAPAftTB DBCTITOi, OO l*' JAlfT»ft AU 30 AOUT 1791. -taTMRi MB QVALITA Ml CAftTAIllK DB 5* GLAMIi, AQ QUATRlilIR ■ittOOtm •*ABTILUBIB, LB 30 AOOT. ATIC BBBTBT ABTIBATK AU 6 rBTHIBB 1792. FAflBB CAPITAIRB DB 4* CLAMB, Il BBPTBMBBB 1792.
ftnaptrie arriTe à Paris, le SI mai 1792. — losuccàs de mb démarches au ■ÎDÙtère. — Affolement àê la popalatioo. «» Désordre moral dans Tarmée.
— Opinions de Robespierre et de Camot. — Reuversement du ministère Girondin. — Opinion de Bon^arte sur les érénements. — Bourrienne. — Mémoire fiait en faveur de Bom^Mrte au bureau de ^artillerie, le 21 juin 1792. — 11 n'est pas accueilli par le ministre, M. de Lajard. — Lettre du ■iaistre au colonel Maillard à propos de Bonaparte et de ses actes criminels, 8 juillet. — Bonaparte sans po^on. — Ses lettres à ses firères. -^ Discours de La Fayette a l'Assemblée, le 28 juin.— > Opinion de Bonaparte sur cet acte d'indiscipline. — Faiblesse de l'Assemblée.— Chute du ministère, 1 0 juiOet.— Projets de la Cour. — Appel aux armes. — Manifeste du duc de Brunswick.
— Opinion de Georges Forster sur ce document. — Le 10 août. — Révolte et fuite de La Fayette. — Appréciation de ce général par le ministre Barke el par Bonaparte. — Capitulation de Longwy, 20 août. — Mesures prises par r Assemblée. — La Chambre est sans autorité. — Les Jacobins. — Causes de leur influence.— La jooniée âa 2 septembre 1792; le drapeau noir; paroles énergiques de DaDtea; redditkm de Verdun; suicide do cmamindant Beaurepaire ^ nassaens dans ks prisons. — Que fait Bonaparte ?
— Sa sœur Marie- Anne (Éliia) obligée de qaàliet Saint-Cyr. — Suppression de la maison de Saint-Louis, 16 aoît. — Nomination de Servau au niiiistire de la guerre. — Nourclte rédamntion de Bonaparte. — 11 est réintégré, b 39 août 1792. — Sa demande de permutation pour passer dans l'artillerie demariBe, le 30 août i79î. — Bejel de eette demande. — Départ de Marie- Anne, le 2 septembre 179t. — > Benaparte ne rejoint pas son régiment qui tttie en eampagne. — 11 obtient ki peraiiBioa de recoDd»ire sa s«nr à Ajacdo. -> Sen cmbar<|nenHat à Maiscille, k 13 septembre 1799 > .
i. Principaux événemerrtspolitkftKs, — 9 mai, Serran, ministre
"JIO BONAPARTB JL PARIS.
Bonaparte arriva à Paris, le 21 mai 1792. Si le moment se trouvait favorable pour un observateur, il était assez mal choisi pour un solliciteur. Les ministres de la guerre ne restaient guère en place. De Grave avait remplacé Narbonne ; Servan de Gerbey, nommé le 9 mai, devait disparaître le 12 juin. Six ministres de la guerre allaient ainsi se succéder jusqu'au 21 août.
Un instant, Bonaparte put croire à une solution favorable et immédiate, grâce à la bonne volonté de M. Vauchelle, le nouveau directeur des affaires concernant l'artillerie. Mais les bureaux avaient autre chose à penser qu'à s'occuper des réclamations d'un jeune Corse, rayé des contrôles de l'armée pour abandon de son poste et désigné au ministre comme susceptible d'être traduit devant une cour martiale.
L'affolement était en effet général, à l'Assemblée, comme dans la population. Les nouvelles de la frontière, les désertions inattendues, l'attitude des chefs militaires avaient surexcité tous les esprits. On ne parlait que de trahisons et de complots. Aux Jacobins,
de la guerre. — 12 juin, renvoi du ministre Servan. — 19 juin, reddition de Menin. — 20 juin, insurrection de Paris. ~ 28 juin, lettre de La Fayette à T Assemblée.— 11 juillet, déclaration de la patrie en danger. — 30 juillet, arrivée des Marseillais à Paris. — La Marseillaise, — 2 août, déclaration des princes français à Bingen. — 3 août, demande de la déchéance du roi. — Journée du 10 août.— 15 août, le roi au Temple.— 18 août, établissement i'un tribunal extraordinaire.— 20 août, désertion de La Fayette. — 2^ août, reddition de Longwy. — 2 septembre, reddition de Verdun. — Journées des 2, 3 et 4 septembre.
Ministres de la guerre, — Servan, 9 mai. 11 juin 3792.- Dumoariez, 12. juin. 16 juin 1792. — Lejard, 16 juin. 23 juillet 1792. — Dabancourt, 23 juillet. 11 août 1792. — Glavière, 11 août. 21 août 1792. — Servan, 21 août. 7 octobre 1792.
ANNÉE 1792. 18i
Robespierre s'écriait : «Quoi! nous avons nous-mêmes a déclaré la guerre; depuis un mois Tétendard trico- « lore devrait flotter sur les murs des villes belges et « l'on nous parle de défendre la capitale. »
La situation était en eflFet des plus graves. L'Assemblée siégeait en permanence. Le 29 mai, elle avait décrété le licenciement de la garde du roi. Le 4 juin, Servan proposait la formation sous Paris d'un corps de réserve composé de gardes nationaux volontaires ^ Le 14, Servan et Roland, lés deux Girondins du ministère, étaient remerciés. Du Mouriez passait à la guerre, Mourgues à l'intérieur, Nailhac * aux affaires étrangères. « Je veux la Constitution, faisait dire le « roi à l'Assemblée, mais avec la Constitution je veux « l'ordre et l'exécution de toutes les parties de l'ad- « ministration et tous mes soins seront constamment « dirigés à les maintenir par tous les moyens qui « seront en mon pouvoir. » Or, cette protestation n'était elle-même qu'une haute comédie. Dès le lendemain, le ministère n'existait plus, et le 17 Louis XVI revenait à un ministère de droite, avec Lajard à la guerre, le marquis de Chambonas' aux affaires étrangères, Terrier-Monteil à l'intérieur et
1. Cette réserve devait comprendre 23,200 volontaires, dont 4,688 à chevaL Chacun des 4,688 cantons du royaume devait fournir cinq hommes.
2. Pierre-Paul de MéredieUf baron de Nailhac^ né à Péri gueux, le 17 août 1737, capitaine dans Royal-Pologne en 1760, en mission en Portugal ; lié avec Dumouriez en 1767, conseiller d'ambassade à Vienne en 1771, chevalier de Saint-Louis. — Ministre à Gênes, le 1*' juillet 1792, en remplacement de Sémonville; remplacé lui-même le 12 décembre^ par Tilly, à Marseille on juin 1793, réfugié en Toscane, pensionné en l'an XI.
3. Victor Scipion Louis-Joseph de La Garde , marquis de Chant- UmaSt émigré après le 10 août, mort en 1829.
182 BONAPARTE A lAKiH.
Beaulieu aux finances. Il fallait achever la désorganisation, faciliter l'invasion et prouver à TEurope que la France était ingouvernable. Le 18, la Chambre recevait une dépèche du général en chef de l'armée du Nord. « J'apprends, écrivait La Fayette ^ qu'un mi- « nistère que ma coriespondance accusait depuis « longtemps, a succombé sous ses propres intrigues; «.car, sans doute, ce n'est pas en sacrifiant trois col- « lègues asservis par leur insignifiance à son pouvoir « que le moins excusable, le plus noté de ces minis- « très (Dumouriez) aura cimenté, dans le Conseil du « roi, son équivoque et scandaleuse existence. » Mais comment cette étrange lettre, émanant d'un chef militaire, datée du 16, arrivée le 18 à Paris, pouvait-elle mentionner le fait du renvoi de Du Mouriez, connu seulement le 17 ? Tout est mystère, tout est crime pendant cette douloureuse période. Ce même jour, en effet, un agent de la cour, Mallet du Pan* partait de Paris, pour rejoindre les princes et les engager à s'abstenir de manifestations trop bruyantes, de manière à laisser toute liberté d'action à l'empereur. U avait mission d'indiquer à ce dernier la marche à suivre pour l'invasion et de lui communiquer les minutes des proclamations qu'on attendait de lui. Et ce soir-là, le ministre des affaires extérieures écrivait au roi : « Sire, je rends compte à Votre Ma- « jesté que mes agents viennent de se mettre en mou- « vement. Je viens de convertir un méchant. Ce soir (( on fera une proposition à Santerre. J'ai donné ordre