Mss. Archives de la guerre. (Voir aux pièces à Tappui
S02 BONAPARTB A PARIS.
se rendre à Saint-C)np, pour y chercher sa sœur Élisa (Marie-Anne). Il s'agissait d'obtenir du directoire de Versailles l'argent nécessaire pour ramener Élisa à Ajaccio. Les deux jeunes gens se présentèrent donc, le !•' septembre , à la' municipalité de Saint-Cyr. Us y firent les déclarations suivantes, curieuses en ce sens qu'elles donnent une idée du degré de connaissance de la langue française qu'avait atteint mademoiselle Bonaparte, après huit années de séjour dans cette fameuse maison de Saint-Louis.
« Tay Ihonneur, écrivait-elle, de faire observer à MM. les « Administrateurs que n'ayant jamais connus dautres pères « que mon frère, sy ses affaires l'obîigoiet à partir sans « qu'il ne mamenat avec luy^ je me trouverois dans une « impossibilité absolu devacuer la maison de Saint-Cyr.
« Avec respect,
« Marianne Buonapartb. »
La municipalité accéda, séance tenante'.
Bonaparte fit aussitôt sa demande de secours aux administrateurs du district de Versailles.
1. « Nous, Maire et officiers municipaux de Saint-Cyr , « Nous avons reconnu que la demoiselle Marie-Anne Buona- « parte^ née le 3 janvier 1777, est entrée, le 22 juin 1784, comme « élève de ladite maison de St-Louis, y est encore dans la même « qualité, elle nous aurait témoigné le désir qu'elle aurait de « profiter de Toccasion du retour de son frère et tuteur pour « rentrer dans sa famille...
« Fait et délivré à St-Cyr, « Le !•' septembre 1792, « Le 4* de la liberté, « Le !•' de l'égalité,
« Aubrun^ maire. »
ANN15e 17ÎÎÎ. 20S
« Messieurs, Buonaparte frère et tuteur de la demoiselle « Marie-Anne Buonaparte, a l'honneur de vous exposer que «la loi du 7 août et plus particulièrement l'article addi- « tiormelle décrété le i6 du même mois, suprimant la mai- « son de Saint-Louis, il vient réclamer l'exécution de la loi « et ramener dans sa famille la dite demoiselle sa sœur«
« Des affaires très-instantes et de service puô/igue Vobli- « gant à partir de Paris sans délai, il vous prie de vou- •( loir bien ordonner qu'elle jouisse du bénéfice de la loi u du 16 et que le thrésorier du distric soit autoriser à lui < esconter les vingt sols par lieue jusqu'à la municipalité « d'Ajaccio en Corse, lieu du domicile de la dite demoi- « selle et oii elle doit se rendre auprès de sa mère.
« Avec respect,
« Buonaparte. »
Le lendemain, c'est-à-dire le 2 septembre 1792, date fatale ! il touchait les trois cent cinquante-deux livres^ d'indemnité auxquelles sa sœur avait droit, se reqdait à Saint-Gyr, y prenait Elisa et regagnait le même jour la chambrée de l'Hôtel des Patriotes Hollandais.
Pour cette jeune fille ardente, pour cette sauvage