Mss. Archives de la guerre. — 9 juillet
£40 BONAPARTE EN CORSB.
« ne diminuera pas, croyez-moi, ni Tinfluence ni l'es- « time qu'il a si justement méritée, ni son patrio- « tisme, ni son zèle pour la chose publique. La grande « tranquillité dont nous jouissons en Corse, depuis « quelque temps, est en grande partie Touvrage de « ses soins et de son crédit. Que ses ennemis disent « ce qu'ils veulent, nous les méprisons. » Cette opinion était juste. Salicetti la partageait. Connaissant les divisions dont le germe existait dans sa patrie, il désirait tout faire pour éviter la désunion des Paolistes et des patriotes. Il voulait surtout mettre Paoli à l'abri, pour ainsi dire, des tentations résultant de ses anciennes relations et des pernicieux conseils des partisans exaltés de l'indépendance. Dans ce but, et de concert avec Constantini et Peraldi, il fit nommer Paoli lieutenant général et commandant de la vingttroisième division militaire, poussa à l'expédition de Sardaigne et transmit au comité militaire un mémoire sur les projets des Anglais dans la Méditerranée \ Puis, pour donner aux opérations commencées, tant en Sardaigne que sur les frontières des Alpes, contre la maison de Savoie le caractère d'unité nécessaire, il engagea ses collègues à faire rattacher la division de Bastia à l'armée du Var. « Je vous préviens, ci- « toyen, écrivait Pache à Paoli, le 17 janvier 1793, « que le Conseil exécutif provisoire a décidé que la « Corse ferait partie de l'armée du Var. Vous voudrez « bien vous conformer à cet ordre et vous entendre avec le général de cette armée pour tout ce qui sera
1. Mss. Archives de la guerre, — Archives nationales. Le mémoire est signé Chiappe, Multedo, Casablanca, Boxzi, à. Andrei, Salicetti.
« du bien du service de la République', » Quelques jours plus tard, Salicetti prenait de nouveau la parole en faveur de ses compatriotes *.
Enfin, le 5 février, il faisait décréter la formation de quatre bataillons d'infanterie légère corse, destinés à remplacer les quatre bataillons de gardes nationaux, récemment constitués. Les ofQciers étaient à la nomination du Conseil exécutif, et le représentant du peuple, Lacombe Saint-Michel, devait, en qualité de commissaire de la Convention, aller veiller en personne à Texécution des décrets rendus. Ces mesures étaient fort sensées. Paoli depuis longtemps réclamait la dissolution des volontaires. Le 2 janvier, il avait écrit à Salicetti* :
« Très estimé monsieur Salicetti,
I ... La réforme partielle de ces maudits bataillons de « volontaires nationaux exciterait des jalousies. 11 vaut • mieux faire main basse sur tout... »
Quant à Lacombe Saint-Michel *, c'était un officier