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80S ÉTAT DE L'ARHiS FRAUÇAISB.
Leurs bureaux étaient installés dans les apparte* ments démeublés des Tuileries. Les ordonnances à pied et à cbeval occupaient le rez-de-cbaussée. Au premier étage se trouvait la salle commune, et dans cette salle une longue table autour de laquelle se tenaient les membres du Comité. La séance s'ouvrait à onze heures du matin, sans président et sans procès-verbal. Elle durait jusqu'au grand ordre du jour de la Convention, puis reprenait le soir. Et, dans la nuit sombre, au milieu de Paris endormi, on n*entendait plus dans l'immense pièce que le grincement des plumes courant sur le papier, vaste et mystérieux enfantement qu'interrompait seul le pas monotone des deux secrétaires enlevant silencieusement les feuillets couverts â*une écriture rapide. Vers deux heures du matin, on distribuait les copies des minutes, copies qu'on signait à la hâte et à la ronde, et dès l'aube, les courriers partaient, emportant aux quatre coins de la France ces décrets sans appel, revêtus du grand cachet rouge du Comité de Salut public.
Dans les ministères, et plus tard dans les commissions, régnait une égale fièvre de travail. Ministres ou commissaires étaient tenus personnellement de rendre compte tous les dix jours des opérations de leur département, de dénoncer les abus, de signaler les difficultés d'exécution et de proposer les moyens de réforme. Dans les bureaux, la discipline était excessive. La. présence y était obligatoire de huit heures du matin à deux heures de l'après-midi et de cinq heures à huit heures et demie du soir. Les décadis, par exception, il n'y avait séance que dans la matinée. Chaque jour, un fonctionnaire spécial devait signaler les absents. Défense était faite de communiquer quoi que
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ce fût aux étrangers ou aux employé» d'un bureau autre que celur auquel on était attaché. Personne n'avait accès dans les ministères. Tout commis ou garçon de bureau, convaincu d'avoir donné connaissance d'un document pour en tirer un avantage personnel, était immédiatement déféré aux tribunaux- Les méthodes de correspondance elles-mêmes avaient été simplifiées; les longues formules des dépêches, sup* primées. Entre les bureaux et le Comité et, de bureau à bureau, les rapports avaient lieu au moyen de notes laconiques, inscrites sur des feuillets simples à deux colonnes, portant dans l'une la demande et la date, dans la seconde, la réponse et le jour de l'envoi de la solution. Toutes les copies devaient être signées et classées par chacun des chefs de division qu'elles concernaient ^
Au ministère de la guerre, cette immense besogne se faisait avec un personnel d'une centaine de personnes*. Mais en dehors des affaires courantes relatives au matériel et au personnel, il existait une autre division, celle du Dépôt général des cartes et plans des armées de terre et de mer. Le Comité y attachait une grande importance et il avait raison. En effet, on ne se bat pas dans l'espace. Pour faire If guerre, il faut deux choses, des hommes et un échi< quier. Cet échiquier, c'est le terrain. A ce terrain doivent se rattacher tous les renseignements utiles à un«