‹ Bonaventure Des Periers: sa vie, ses poésiesChapitre 15 sur 43 · PROSODIE · texte numérisé non relu

PROSODIE

très-raremeul insuffisanlc '. Enfin, il est bien des rimes qui nous sembleraient fausses et que la prononciation du seizième siècle autorise. Ces faits-là sont trop connus pour nous arrêter longtemps. Citons néanmoins quelques exemples de ces rimes qui nous étonnent à juste titre. En voici où le son de la voyelle nous paratt altéré :

François {adj) et scis {Rec.y p. H3), ou encore navarroisverrois (condit. de voir) (Rec, p. 155); assevre-meilleure* (Wec, p. 163), seurs-ravisseurs (Rec, p. ii5); seurs-sœurs {Rec, p. 128); Espaigne-baigne {Rec, p. 116). On prononçait peut-être alors espégne {Cf. Quicherat, Op. ciLj p. 309); console-saoule (p. 116), œuvre-descœuvre (p. 179).

Ailleurs, la consonne a une autre valeur que dans notre français moderne. Ex. :

Aimer-amer (p. 164), fille-file* (p. 60), manifeste-fesle (p. 132), deœtre-estre (p. 183), et dcxtre-senestre (p. 59), accepte ceste (p. 52), crainte- contrai ne te (p. 171), doublegouste (p. 47), massifz-assis (p. 82), fils-prcfix (p. 73), Chrisl-escript (p. 1 56), frais-apprcslz^p. 1 5G), Dédalus-salutz (p. 72), Atropos'pi'opos (p. 179)^ etc.

Des Periers ne dédaigne pas de faire des rimes équivoquées, kyrielles, enchaînées. Sauf dans la plupart de ses odes, il n'observe guère V alternance dés rimes*.

Comme ses contemporains, il ne s'effraye pas de Vhia^uSj de Vapocope^ de la syncope^ de la diérèse, de Ye muet ac^ centué.

' Comme dans ces deux vers :

« Huscbëes « Et resveillées. »

' On trouve pourtant dans Marot assure rimant avec b'essure. * Peut-être n*y a-t-il là qu^une apparente négligence ; pourtant la prononciation roonillée était connue au commencement do seizième siècle. Cf. Quicherat, Dp cit., 334.

^ Cette règle, dont Jean Bouchet fut ie promoteur, fut i»eu observée avant Ron~ Mird. Cependant Cli. Fontaine s'y soumet en général.

Mais si Ton retrouve dans ses vers plusieurs de ces imperrections poétiques que la prosodie et la langue même de son temps justifient, on doit reconnaître qu'il a cherché à varier les rhylhmes. Il a essayé de faire renaître Vodôj et en a, sinon inventé, du moins tiré de Toubli quelques modèles dont se servirent après lui les poëtes de la Pléiade^ et, fidèle aux souvenirs de Tantiquité, il passe pour avoir voulu plier la langue française à la poésie mesurée des ancien^

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