‹ Bonaventure Des Periers: sa vie, ses poésiesChapitre 24 sur 43 · C. Verbes irréguUers · texte numérisé non relu

C. Verbes irréguUers

Les formes irrégulières que nous relevons dans les poésies de Bonaventure Des Periers ne sont pas assez nombreuses pour qu'il nous soit possible d'en établir ici un exposé méthodique.

Remarquons toutefois qu'on retrouve, au présent de l'indicatif, des traces de celte loi venue des Latins, en vertu de laquelle Faccent tonique se déplace à la première et à la seconde personne du plurieP. Ex.: plôro, ploràmus. Le vieux français respectait encore cette loi. Ex.: Je plorej nous phuronsj et non je pleure, nous pleurons.

Des Periers nous offre deux exemples analogues : Je demeure, nous demourons (p. 56), je treuve, nous trouvons (p. 50).

II semble d'ailleurs^ que Tu et l'eu que nous, prononçons ô n'avaient pas alors un son aussi différent que nous lui donnons aujourd'hui. De même u et ou. Ainsi Bonaventure dit hurter et non heurter (p. 82)^ asseure et non assure (p. 50), souffit et non suffit (p. 61 ) ; et choir fait à l'imparfait du subjonctif qu'il cheust et qu'ils chussent. Au participe: déçeus et non déçus (p. 70 et p. 92).

Voici maintenant quelques formes de verbes irréguliers, dignes de remarque :

Aller j au subjonctif, fait : que tu voises pour que tu ailles (p. 1 44).

Boirey au futur, fait : beuvra (p. 99).

Direj au présent subjonctif, fait : que je die et que je disse (p. 49, p. 81).

Faire donne qw tu faces et non fasses.

> Cf. Hatzpbld et Darmrstetea, p. 242.

s Cf. Froiodie, article Rime.

Haïr fait : ils hayent pour ils haïssent (p. 100). Vous hayez pour vous haïssez (p. 74).

Laisser fait au futur : il lairraÇp. 127), nous lairrons (p. 59).

Pouvoir fait : je peux, peulœ, peuz (p. 118), et ilpeuU (p. 46).

Ouïr y au conditiounel, fait: vous orriez (p. 82).

Peser fait à l'impératif : poise (p. 114).

Refréner fait au même mode : refrain (p. 1 1 9).

Souvenir fait au même mode : souvienne-toy (p. 1 22).

Vouloir j au subjonctif, fait que vous voulsistes pour qite vous vouliASsiez.

Enfin, il faut observer certaines particularités dans la manière d'écrire ou même de prononcer certain^ verbes : Guérir s'écrit guarir; promener s'écrit pourmener; tracer s'écrit /raMer.

Les participes surtout offrent des différences avec notre langue moderne. En général, ils conservent une forme plus latine. Interrogué (p. 1 58) (de interrogatus)^ poulsant (p. 64) (de pulsare)j prinse, surprinseip. 65-60), (deprehensus)y nay (p. 1 09) (de natus)j etc.

Terminons en citant quelques verbes aujourd'hui inusités, qui trouveront d'ailleurs place dans noire Glossaire.

Ardre, il ard (p. 53); chaloir j il chauldray il en ehâult (p. 99, 81 , 96); deffaloir, il default (p. 49) ; s'esjouyr (p. 62); ponne (de ponner, ancienne forme duyerhe peser) j poise (subjonctif présent de peser) (p. 1 1 4) ; t7 s'en rêva (p. 96), itératif du verbe s'en aller; soûler (passim); et se soûler (p. 63 et p. 100).

186 BONAVENTURB DES PERIERS.

Page 1