‹ Bonaventure Des Periers: sa vie, ses poésiesChapitre 31 sur 43 · PLAGE DU RÉGIME INDIRECT · texte numérisé non relu

PLAGE DU RÉGIME INDIRECT

La plus grande liberté règne dans la langue. Le régime indirect occupe, au gré du poêle, des places très- variées:

« De ce bouton, la prime rose issoit. » (P. 70.)

a Vengeance lors à tous mes ennemis,

Retribueray et rendray à ma guise, » (P. 4 86.)

a D'entendement Vhîi fourni » (P. 483.)

« Car force à bas verra... »(P. 486.)

<[ Du quel vivant j'ay la gloire immortelle,

« Veue etcongneue » (P. 84.)

Il s'intercale souvent, comme le régime direct, entre l'auxiliaire et le verbe :

a Et ha esté de ce exaspéré. » (P. 4 84.)

Et même entre la préposition et Tinfinitif :

« Pour en cectj prévoir les accidentz. » (P. 483.)

in. — GLOSSAIRE*.

Aherger, act. (116), donner asyle, recevoir comme hôte.

Ahmion, f. (131), erreur.

Accointahle, adj. (48), avec qui Ton peut ou l'on doit faire connaissance , lier amitié. Accointance est encore usité de nos jours. On trouve dans les hfarguerites de la Marguerite (éd. F. F. Cf. Glossaire, p. 297) : accointé de, ayant accointance, commerce avec.

Accomplyment , m. (87), accomplissement.

Accoustré, adj. (75). « Mon frère,. accoustré mignonnement », est

' Les chifTres entre parenthèses renvoient aux pages du Recucïl des OEuvrcf,

ici ane figare faisant allusion à une récente publication du poëte dont Bonaventure entretient Marot.

Achoison, f. (139), bonne occasion.

Addreise, f . (80), direction, voie.

Advéneme7it, m. (69), événement.

Affaire (128).

« En luesprisant (Toysiveté Vo/faire

« Laquelle Teult servir Diea de rien faire. »

c'est-à-dire : Servir Dieu sans agir. C'est la pensée contenue dans le vers fameux :

« La foi qui n'agit point, est-ce une foi sincère? »

Affecté, adj., désiré, recherché.

Affermer y act. (178), affirmer.

Affiert (î/), impers. (111), il convient.

Affiquet^ m., (65) menus objets d'ornement, de toilette féminine.

Agut, adj. (184), aigu.

Aigneauy m. (184), agneau.

Ains [passimjj mais.

Ains que (passim\ avant que.

Alumelle^ f. (88), lame de couteau. Nicot le fait dériver de lamelle ou la melle, diminutif de lame.

Alloy, m. (73), titre {d^un métal). Marot emploie fin alloy (éd. Janet, IV, 56), qui est un métal spécial pour les cloches.

Alquemie, f. (134 etpassim), ou arquemie (Nicot)^ alchimie. Cette forme arquemie explique le jeu de mots que fait Des Periers (Nouv. Récr., XII) : « Se pourrait plus proprement dire art qui mine ou art qui n'est mie i (qui n'est rien).

Anichilé, adj. (84), pour annihilé. On trouve nic^tVpour nihil, et ni- Chili té signifie néant.

Antiquaille, f. {danser V) (134), par métaphore : Danser les vieux branles^ les vieilles rondes. Antithèse opposée aux mots : c à ces nouvelles chauldes. i Appert (il)^ imp. (179), il est évident, manifeste. Ard (il), n. (51, etc.), de ardre ou ardoir, brûler. On trouve, dans * Marot, les formes : ard, ardra, ardèrent, ardent, arde,

Arroy, m. (57), équipage, assortiment, apparat, trains de gens, et, surtout en bonne part, bel arroy, c'est-à-dire bel ordre, bel équipage. c En magnifique arroy » (147).

Astralade, m. (135), pour astrolabe, instrument pour prendre la

hauteur des astres et la latitude du lieu où Ton est. Autres yariantes : astrolabe (U Laboureur, hist. de Ch'. VI, p. 79), atirelabe (Cotgrave). Cf. Lagurnedk Sainte-Palaye, IHct, de l'anc. langue françoUe, U ne cite pas la variante aslralade que nous trouvons chez Bonaventure.

AUraymeni,m. (i20), attrait (Nicot). On trouve dansMarot {Op. cit., I, 89) attraire^ attirer.

Attrempance, f. (114), tempérance (Nicot), modération. La reine de Navarre emploie le verbe attremper, modérer, régir (Cotgrave : To temper, moderate). Nicot commente le verbe attremper par temperare, gouverner.

AureilU, f. (178), oreHle.

Avaritieux, adj. (100), avare.

Baller, n. (66), danser (Nicot). t Ce qu'on appelait danser, on l'appelle maintenant baler. i (H. Estienne, Dialogue du nouveau langage françois italianizé, p. 410.)

Baguenaulde, f. (134), ancienne pièce amphigourique en vers blancs. De là baguenaulde a signifié niaiserie.

Le verbe baguenaulder (perdre son temps, flâner) est encore du langage populaire.

Banaston, m. (92), petite corbeille dans laquelle on met le raisin au fur et à mesure qu*il est détaché de la souche, et qu'un vendangeur prend sur ses épaules quand elle est pleine, pour aller la vider dans le tonneau destiné à transporter la vendange dans la tine (dial. prov.).

Ce mot vient peut-être du gaulois benna, voiture. Banasta en celte signifie, comme banasta en espagnol, panier. Banaston est encore usité dans le patois du Midi.

Basac, m. (132), pour bissac.

Bastiment (161) : c Ton beau tiers bastiment. i C'est le tombeau de Laure, le troisième trésor après la France et le Dauphiné.

Baverie, f. (94), sottise, bavardage inutile et oiseux (Nicot).

Bazoche, f. (57), société de clercs suivant le Palais.

Bestion, m. (179), bête, animal. (Diminutif pris en mauvaise part»)

Bende, f. (57), pour bande (Nicot).

Benivolence, f. (106), bienveillance, bonté.

Benoist, adj. (84), bénin.

Besongne, f. (154), pour besogne.

Besongner, n. (148), travailler, agir.

Blason, m. (151), définition. Blasonner signifie définir, c'est-

218 BONAVENTCRE DES PERIERS

à-dire critiquer ou louer, mais en général critiquer. (Cf. Marol, édit. Janet. Glossaire.) Cependant les Blasons au seizième siècle sont plutôt des Éloges en vers.

Bonhomme, m. (148), brave homme (en bonne part).

c Du Sable^ un Provençal qui se moque dans le style macaronique c de Charles-Quint et de la chevalerie, emploie le premier, en 1537., « le mot bonhomme dans un sens ironique, en parlant de Vénus qui « trompe Yulcain. i (Ph. Cu\shJËS^ Etudes sur le seizième siècle^ p. xxvii.)

Bouchette, f. (84), petite bouche.

Bouter, act. (42)^ mettre, placer. Forme restée populaire.

Brief, ou brif, adv. (passim), pour bref. En bref (183) = brièvement.

Briffées (133), de briffer, manger avidement.

Bruyt (avoir le) (99), passer pour.

Buccine^ f. (69), trompette, cornet.

Ça bas, adv. (70), en bas de ce côté-ci. Cf. Cymb. Mundi, p. 77 . Correspond à ça haut (171), et ça-sus que Ton trouve dans la reine de Navarre.

Camuse, f. (67), de camus, embarrassé, interdit. Nous croyons plutôt qu'il y a ici une faute d'impression, et qu'il faut lire :

n Ça Muse,

« Que ceste muse,

« Te servirait loyaument. »

Des Periers s'adressant à la Muse de la poésie lui dit : Que cette muse (celle du musicien Albert) te seconderait bien. Les polîtes du temps font encore rimer un mot avec lui-même.

Carraque, f. (94), désigne les gens du pays basque qui venaient autrefois pendant l'été faire la vendange. Par extension, s'applique aujourd'hui (dial. prov,) dans le langage du peuple aux familles de Bohémiens qui traversent le pays disant la bonne aventure, revendant de vieux chevaux, ânes ou mulets, et devenant à l'occasion pillards et voleurs. Ici la carraque nous semble un substantif de la même famille qae carrageaire = carrejaire (92) : Celui qui charrie la vendange. — Carraque serait le char de vendange.

Cault, adj. (126), avisé, habile, rusé, prudent. De Cautiis, Cauteleux est resté. Cf. Cymb. mundi : « Tu es un cault varlet. • On trouve aussi : ChauU (96).

Cautelle^ f. (139;, prudence.

Cautemenl, adv. (91), prudemment.

Célique, adj. (136), céleste.

Chaloir, imp. (81;, importer. (Il chault, (\{iï\chaille.)

Chalureux, adj. (185), chaleureux.

Charnure (71), chair, degré d'embonpoint, c La charnure d'une personne. »

Charroy, m. (128), char. Marcher devant les charroys, signifie : avoir la préséance. (Marot, III, 126.)

Chalton, m. (102), enveloppe d*une graine (comme on ledit d'une pierre précieuse).

C/ieute, adj., de cheu ou ckeut = chu, du verbe cheoir. D'où le substantif chute qui est resté. Dans l'expression proverbiale chape-chute (La Fontaine, 1. IV, f. 16) :

« Messcr loup attendait cbape-chutn à la porte. •

le mot chute subsiste comme adjectif. (Cf. F. Frank, Marguerites de la Marguerite, p. 300.) On trouve (183) aussi le substantif cheutte (chute).

Chevance, f. (86), possession, bien, fortune acquise.

Cil, pronom (73, etc.), celui.

Cliquant, adj. (145), cliquetant, résonnant.

Compasser (xe) (82), composer. (Cf. Marot, I, 207, où compassée = composée.)

Compos (135), de computare; pour comput, calcul astronomique ou astrologique. On disait compost en vieux français. (V. Littré : Comput,)

Contre (tien toy en) (p. 77). Tiens-toi en garde.

Contregarder, act. (115), préserver.

Content, m. (59), contentement (contentus) et discussion (de contendre, discuter, se disputer. Marot, 1. 54).

Contre-poinct, m. (48), terme de couture ou de musique.

Convent , m. (151), couvent.

Couvert (se) (151), nouveau converti à la foi.

Converser, n. (49), tourner (le substantif conversion est encore usité aujourd'hui dans ce sens étymologique).

Convoyé, n. (60), de convoyer, accompagner, faire cortège.

Coquin (de vanité], adj. (131)), fier.

Cornées, f. (134), substantif dérivé de corner (c'est-à-dire, jouer de la corne ou du cor).

Coulées, adj. (71), épuisées, perdues. (Cf. Littré.)

Crester (se) (48), s'orner d'une creste ; de là, s'enorgueillir, se bouffir, s'exalter.

Cure, f. (p. 55), soin, souci.

Cuycler, n. (49, 75), penser, croire, imaginer.

Cy, pr. (66), ici. (Pour les pronoms et adverbes, Yoïr formes grammaticales et syntaxe,)

Dame, damoyselU, f. (157). On disait madame à la Reine et aux princesses-filles, quand elles étaient filles de rois ou de fils de rois, et madatnoiselle à toutes les dames de haute race, mariées ou non. Cependant, en général, le terme de dame s'appliquait aussi aux femmes des che- Taliers; celui de damoy selle étaLiivéseTYé aux femmes de» écuy ers. Plus tard, les femmes des bourgeois réussirent à se faire donner le titre de damoyselle, puis de dame, La distraction de Bonaventure s'explique aisément : Marguerite d'AngouIème n'était pas ^//e (f^ rot, et d'autre part le poëte employait toujours le mot Madamoyselle en s'adressant aux autres grandes dames qu'il voyait (sauf Madame Marguerite, fille de Françoys 1") ; il avait tort, puisque Marguerite était reine. En outre, il devait appeler la dame de Saini-VaLther Madamoyselle (p. 157) plutôt que Madame (p. 145). Mais ce n'était plus là qu'une question de V nuance et non de stricte étiquette. N* étant pas titrée, elle n'avait droit qu'au terme : Madamoyselle, Par courtoisie on la pouvait nommer Madame, Seulement, repris pour sa bévue envers la Reine, Des Periers n'ose plus ou feint plaisamment de ne plus oser appeler Madamoyselle de Saint-Pather : Madame.

Decliquer, n, (59), cf. Littré, Déclic, Dicliquer, Au fig., sortir par roulades, par coups de gosier; s'échapper, en parlant d'un son.

Dédalus (155), C'est le Dédalus littéraire et philosophique (Prognostications des prognostications)^ et par extension, sa poésie, bien imparfaite et impuissante à exprimer les sensations du poète, du père, de Vauteur, de Bonaventure.

DeffauU, n. (117), de deffailler ou deffalloir, manquer.

Dehait^ adj. (137), réjoui; de dehaiter, réjouir (Marot, I, 22).

Deigade, f. (95), pour d'eigade; de la piquette.

Dépure (185). c Leur grange fiel dépure » = laisse couler le fiel.

Desduyt, m. (62), récréation, plaisir.

Desmente (se) (82), se complaindre (Nicot), se démenter de quelque chose =r s'en empescher (dans le sens de s'en embarrasser), ici desmente signirie tomber en désordre, se déconsolider. (Terme de construction.) Cf. Littré : Démente; 10«.

Désolabk, adj. (66)^ triste.

Desroy, m. (126), désarroi, trouble, confusion.

Dessaisonner (se) (115), manquer la saison, le moment, l'occasioii, la convenance des choses. Tenir une conduite hors de saison.

LANGUE POÉTIQUE. 22t

Desiourbé, adj. (148), troublé, brouillé. Du verbe deslourber (Maivot, I, 1^9 et passim))^ du \at\n deturbare, disturbare.

Desverie, f. (97), folie, fureur, douleur, regrets qui ôtent la raison; rêverie déraisonnable. Cf. Littré : endéver.

Dextre, f., droite, main droite.

Diffinir, act. (114), définir, expliquer.

Disse (que je), pr. subj. (149), de dire pour : que je dise.

Doubtance, f. (118), doute ou double, — Doubte signifie plutôt crainU.

Douloir, n. (51), de dolere, souffrir, être en peine. On disait aussi doUnr, le douloir. Marguerite d'Angouléme nous offre la forme s'en deuU et Marot : deut, deulant.

Dru, adj. (149), bien portant, gai.

Duysant, adj. (50), convenable, séant, qui plat t. Même sens que duyctz (MdiTot^ m, IGO).

Eagé (108), pour âgé.

Emprise, f. (107), entreprise. — ^mpriiué a la même signification. (Marot, I, 175.) Empris signifie saisi, pris.

Enchargeabk, adj. (137), qu'on peut ordonner, du verbe enchar^ ger = ordonner (Marot, III, 208).

Engarder, act. (99), garder, mettre en garde contre.

Enhorter, act. (170), exhorter.

Enhuy, adv. (85),. aujourd'hui.

Entrefaicte, f. (118), entreprise, entremise.

Eqaiparable, adj. (123), comparable.

Es, prép. (iOl et passim)^ aux, dans les.

Esbaudy, adj. (121), réjoui.

Escaille (avoir en) (134), tenir en réserve, caché.

Esk, f. (183). aile.

Eslongné, adj. (140), qui est loin de. Le verbe eslongner signifie être loin de et non éloigner, écarter. {Marg. de la Marg,, Op. cit., p. 303.)

Esmerveiller, act. (101), admirer.

Espinette, f. (60), épinette; sorte de clavecin.

Espérons (vins) (93). Vespiran ou aspiran est une variété de raisin à grains noirs, ronds et peu serrés. Quelques-uns croient que c'est le vitis Narbonnensis spiralis de Pline. (V. Dict. de Mistral.)

Espraignent, de espraindre, act. (108), ravir, c m'ont espris mes espris. i (Marot, I, 84.)

Essoreilkr, act. (48), dessécher, affaiblir. Essoré, dans Marol (1, 168), signifie affaibli.

Esloeuf, m. (p. 171), matière. Autre forme de étoffe.

Expilaleur, m. (134), qui chasse. ExpelUr signifie chasser. (V. Marot, II, 141.)

Fficond, adj. (177), éloquent.

Faiz, m. (112), faix, fardeau.

Faulx (je), de falloir, manquer. l\ fauU est pris aussi au seizième siècle dans son sens actuel. (Marot, I, 27, 200 etpassim.)

Féahle, adj. (57), fidèle.

Feindre (se) (148), s'échapper, éviter (parcere labori, Rob. Kstienne, /)iW./r.-/a/in. Paris, 1549).

Fiance, f. (103), confiance.

Fient, m. (179), ordure, fiente.

Foirai, m. (94), variété de raisin que les Provençaux nomment fouiraire ou esfouiraire. Cf. Rabelais : raisins foyrards, à grains mous, s*écrasant facilement.

Folloyant, part. (171), faire le fou. Marot emploie/o//iVin/^ de la même racine (Marot, I, 273).

Fourrez, couvert de fourrures, t Ces fourrez goutteux (130). » Ces goutteux entourésde fourrures. Des Periers veut dire que Ton doit avoir plus de pitié des honteux qui souffrent en silence, que des goutteux qui se soignent, c s'entourent de colon i et crient leurs douleurs à tous venants.

Frisque, adj. (59), coquet, élégant, leste.

Fructage, m. (104), collection de fruits. On trouve fruitage dans les poésies de Marguerite d'Angoulème.

GabbiCj f. (93). Ce devait être une sorte de crible où Ton pressait le raisin. — Aujourd'hui (dial. prov.), cage dans laquelle on enferme la volaille.

Gallantise, f. (63), galanterie.

Gard {Dieu\ Dieu vous garde. Formule de salut et d'accueil : Adieu ou à Ditu, se disait au départ. (Voyez Marg. de la Marg,^ Op. cit., p. 302.)

Gargouiller, n. (95), se gargariser.

Gaudisseur, m. (96), qui aime à se gaudir, se réjouir.

Geni, adj. (58), gracieux. On trouve aussi l'adverbe :

Gentement, gracieusement.

Giron, m. (55), demeure, asyle, domaine.

Glout, adj. (133j, goulu.

Gobe, adj. (70), gai. (Cf. Godefroy.)

Gorgette, f. (102), petite gorge.

Gourrière, adj. (58), de gourrier, fier, beau. Gourrièrement vestu signifie élégamment vêtu.

Grevance, f. (86), blessure; de grever, blesser ou être blessé.

Grief, adj. (185), grave.

GringoUer, act. et n. (92), fredonner.

Grue (faire de la), f. (152), attendre. On dit encore : faire le piedde grue,

Guerdon, m. (73 et passim)^ récompense; de guerdonner, qu'on trouve dans Marot, ainsi que guerdon (I, 58, 137).

Harrier, act. (151), fatiguer; vient de : Haras^ fatigues, peines (Marot, I, 284).

Hastivelé, f. (116), hâte.

Hongne (112j, indic. pr. dehongner ou hoingner, grogner, gronder. Hugue (95), probablement pour hogue, jambe, cuisse. On disait hoguuie pour jambard.

Idoyne, adj. (146), propre, capable.

Impropère, f. (117), inopportunité, indignité, inconvenance. . Impugnateur, m. (127), qui attaque.

Impugner, n. (124), attaquer.

Inciter (à) (184), exciter.

Incréable, adj., incroyable. On trouve aussi incrédible. (P. 115.) Induire, act. (184), conduire, diriger, conseiller. Issant, (te)^ sortant, surgissant; de issir, sortir. Terme employé encore dans la langue héraldique : litm issant.

Ja, adv. (50 et passim), déjà, maintenant.

Jaccoppin, m. (151), pour jacobin, c'est-à-dire dominicain.

Jaçoit que (144), pourra soit que : en supposant que, bien que...

Jenette, adj. (66), dejenet, jeune, niais.

Jetton, m., rejeton de plante.

Laidure, f. (51), laideur.

Lairrons (59), l'' pers. pi. fut. ind., de laisser, pour laisu^ rons.

Langarde (lii)^ f. deTadj. langard, bavard.

Léans, adv. (158), là, à cette place. (V, syntaxe,)

Lendy, m. (140), allusion proverbiale à la grande foire de Lendit, près Saint- Denis, au moyen âge; à la ^ande foire des bénéfices. (Cf. Uttré.)

Lignage, m. (117), race.

Lincieux, m. (106), linceul.

Loyaument, adv. (67), loyalement.

Loz, m. (124), ou los, louange, gloire, renom.

Macule, f. (155), tache.

Marcepain, m. (98), massepain, sorte de gâteiiu d'amandes.

Main, m. (104), matin, de mane.

Marmiteux, adj. (127), triste, malheureux.

MarpauU, m. (132), mot obscène. (Rabelais, t. 111, p. 155. Straparole, NuiU^ t. II, p. 277. Cf. Godefroy. )

Marroqmn, m. (94), maroquin espagnin, variété de raisin à grains noirs encore connue et cultivée sous ce nom.

Mal, adj. (96), subjugué, vaincu.

Maugré, adv. (186), malgré.

Mercier, ère, adj. (104), marchand.

Mercier, a. (54), remercier.

Mercy, f. (126), miséricorde.

Meschef, n. (126), mésaventure, malheur, accident.

Mesgnie, f. (129), famille, maison, domesticité, compagnie, train de gens.

Meshuy, adv. (81), ne... plus aujourd'hui (de magis hodie).

Mignoter, n. (102), faire des sourires, des bonnes grâces.

Miste, adj. (58), beau, élégant, aimable, gai. Ici, peut-être pour mixte, mêlé, de diverses mesures.

Mommerie, f. (93), mascarade, déguisement en mommon, (Cf. Marot, III, 42, 77.)

Mores (80), géants des romans de chevalerie. Toute cette pièce est obscure à dessein; c'était le genre de ces « prophéties ».

Mor/ondure, f. (105), roideur qui provient du froid.

Moult, adv., beaucoup (passim).

Moyenner, n. (101), offrir une juste mesure, être un moyen terme.

Muable, adj. (123), qui change. On trouve tnuer et se muer au seizième siècle.

Munde, adj. (77), ou monde, pur, innocent. Cf. immunde ou immonde. — Munder signifie purifier.

Muser, m. (88), atermoyer, n'avoir souci de rien. On trouve musant et musart. {Marot et Marguerite de Navarre.)

LANGUE POfiTIQUE. 225

Naucher, m. (170), nocher.

Ne... Ne... (101), Ni... Ni..,

Nouer, n. (95), nager.

Nouvelet, adj. (55), nouveau, novice.

Noyseux, adj. (152), querelleur.

Nully, pour nul. {V. Syntaxe.)

Œillade, t. Dans l'Hérault et le Gard Vœillade ou ulliade est une variété de raisin encore cultivée aujourd'hui. One, oncques, onques, jamais. (V. Syntaxe.) Oppresse, f. (52), oppression.

Orde, adj. (177), vil, sordide.

Orendroit, adv. (122), en ce temps, maintenant, or. Orriez, conditionnel, 2*pers. plur. de ouir. (T. Formes gram.) Oyseux, adj. (159), oisif.

Paistre (se) (86), se repaître. — De même paitre a le sens de repaître dans Marot (IV, 133).

Pains blancz (133). Charcuterie que l'on prépare avec le ventre du porc frais.

Parfin, t. (119), à la parfin pour â la fin, expression renforcée.

Partir (se) (49), se séparer; partir signifie séparer. Se partir d'un lieu = se séparer d'un lieu. Avoir maille â partir = à séparer, partager. Parti (terme de blason) = partagé.

Patin, m. (132), chaussure.

Pelle fede, adj. (93), grappes pellefedes; grains dont la peau craque et se fend sous la dent, au lieu de s'écraser comme le foirât (pellis" findo). Variété appréciée qu'on nomme en Suisse : fendant blanc.

Peneux^ adj. (96), peiné, en peine, en piteux état. On disait la semaine peneuse pour la semaine de la Passion. Penaud se dit encore.

Pensement, m. (116), objet de préoccupation, pensée.

Petit (un), adv. (62), un peu.

Picquardans (93) (Vins). Vin de grenache originaire du Roussillon, Hérault et Vaucluse.

Picque (prendre la) (119). Prendre envers quelqu'un l'attitude de la picque, de la brouille, de l'hostilité. (Cf 179.) (V. Littré : Picque,

n»3.) Piéça, adv. (96), il y a quelque temps. [V. Syntaxe.) Pleige, f. (103), caution. Pleiger = cautionner. Poise (114), de peser. (Cf. Félix Frank, Heptaméron de la Reine de

T2} BONAYENTURE DES PERIERS.

Navarre, III, 309.) Exemple dans le quatrain » que feit Villon quand il fut jugé à mourir v :

« Je suis François, dont ce me poise « Né de Paris auprès PonUioîse, « Or, d^une corde d'une toise « Saura mon col que mon c... poise. »

Poix, m. (145), ^OMV poids.

Poilu, adj. (78), pollué, souillé.

Ponner (127), ancienne forme du verbe pondre {Godefroy),

Poupine, f. (77), petite poupée. — Le sens ici est : leur petite ^figurine humaine.

Pour ce que, parce que. (F. Syntaxe.) .Pourchas, m. (91), poursuite.

.Pourmener, n. (69), promener.

Tourpenser, act. (116), peser, réfléchir.

Pourpris, m. (69), enclos.

Pourtraicture, f. (79), portrait.

Pour traire, act. (54), faire \e portrait de quelqu'un.

Prainssaire, m. (92), presseur; l'homme chargé de manœuvrer la presse qui sert à utiliser la racqus; même sens à peu près que 4rulaire (v. ce mot).

Préfix, adj. (73), fixé d'avance, prédestiné, assigné (Cotgrave).

Premier, adv., premièrement ; /^r^mter que = avant que. [V. Synttaxe,)

Prime, adj. (69), de prime, premier. (Rob. Estienne.)

Prins, pris (de praindre = prendre).

Professe f. (181), de profez, qui a prononcé ses vœux.

Progno ' {d'abus) stications (135). Thèse familière aux anciens poëtes, appliquée ici par plaisanterie de façon à exprimer le mot abus, \po\ir dire : de leurs abusives prognostications.

Prou, adv. (74 etpassim), assez, beaucoup.

Provoquer, act. (18i), appeler, et non pas seulement provoquer •dans le sens dérivé actuel, c'est-à-dire appeler au combat, défier.

Pure (85), leur grange Jiel de pure, faute d'impression pour : 'dépure, (V. ce mot.)

Quant et quant, adv. ("92). en même temps. — Quant àss\^\e langage populaire signifie encore: en même temps que; quant moi =^, -en même temps que moi.

Querre, act. (112), quérir, cherchei?.,

Quignetj m. (78;, coin (Lacurne de $ainte-Palaye).

li'.'i I .

Quine, f. (93), membre viril, patois bourguignon. (Cf. des Accords. Bigarrures, f. 26, d'après Lacurne de Sainte-Palaye au mot quine.) Quis, part. (88), de quérir on guerre, chercher. (V. ce mot.)

Racgue (94), marc; ce qui reste du raisin, après la fermentation, quand le vin a été tiré. Matière avec laquelle, après la piquette, on fait une troisième qualité de vin, au moyen du pressoir. (Peut-être de ^Gt^, ^«Yo;» grain de raisin.)

Rassotler, n. (131), môme sens que radoter, tomber dans Tenfance, déraisonner.

Hag, m. (69). rayon. On dit encore les rais pour les rayons du soleil.

Ilebee, m. (60), qui s'insurge, résiste.

Rebours^ adj. (115), contraire, revêche, bourru.

Rebras, m. (105), le rebras d'une manche ou d'un chapeau est le repli, le rebord, A tout rebras signifie : en retroussant ses manches.

Réconfort, m. (53), consolation.

Recorder, act. (55), rappeler, réciter, répéter.

Recreu, adj. (117;, fatigué.

Recueil, m., accueil, bienvenue.

Remordre, act. (80.) cEt tant polis qu'il n'y a que remordre » signi fie : « Si parfait qu'il n'y a rien à reprendre ».

Remot, adj. (142), de remotus, éloigné.

Renc, m. (90), ou reng, ranc, rang.

Renger, act. (183), ranger.

Requoy, adj. (131), retraite : à reguoy signifie : en repos.

Restraintif, adj. (127), qui fait des restrictions. (De restraincte, restriction, exception.)

Revenge, f. (170), vengeance, revanche.

Riffler, n. (171), prendre.

Riffleur, m. (133), qui prend.

Roch (182) : « Le roch duquel œuvres sont ordonnés • ; phrase attribut de Dieu; — C'est : c le roc d'où sont parties toutes les œuvres, le fondement de toutes les œuvres. •

Rouvergans (93), vins du pays de Rouergue ou du Narbonnais.

Ruer, act. (74), jeter.

Sadinette (66), de sadinet (bellulus, bellatulus, R. Estienn?), joli, mignon.

Sale, f. (140), en sale ou court... Comme nous dirions maintenant service privé ou service public. Des Periers distingue la salle, t'ap-

partement privé de Marguerite, et la cour, (c Être en court auprès du roy > signifiait être ambassadeur ; Lacurne de Sainte-Palaye.) Ou peut-être aussi, plus simplement, service dans le logis et service à l'extérieur.

Salut, m. (72), monnaie sur laquelle était représentée la Salutation angélique que Ton frappait sous le règne de Charles YI. Le salut d*or, pesant trois deniers un grain, valait quinze sous tournois.

Sapienee, f. (151), sagesse.

Séjour (à) (82), à son aise, avec réflexion et maturité. — Séjour signifie repos, loisir. Sans séjour = sans retard.

Semonce, f. (56), invitation.

Semondre, act. (68), appeler, prier.

Séquelle, f. (51), suite, cortège. Ce mot n'était pas encore pris en mauvaise part.

Sérée, f. (67), soirée.

Simplesse, f. (55), simplicité..

Sommadaire, m. (92), saumadaire, celui qui charrie la vendange dans sa hotte.

Souillard, adj. (133), de souillon (serviteur d'une maison des champs qui sert à des choses viles).

Soûlas, m. (59), soulagement, aise, récréation, divertissement, plaisir. D'où le verbe soulauer, récréer.

Soukr (se) (63), se réjouir. Il ne faut pas le confondre avec :

Souloir, n., qui signifie avoir coutume (solere). SperoUans (vins) (93), sans doute variété de raisin dans le genre de Vesperan (voir ce mot). Probablement le spiran verdaou^ qui mûrit tard. (Gard, Hérault.) Styptique, adj. (136), astringent.

Surceint, adj. (106), du latin surcinctus. sur vêtu; surceint de value signifie surfait.

Taisible, adj. (124), tacite.

Tante (p. 75-76). La tante, c'est Marguerite de Navarre, dont Marot est le frère. Il est difficile de savoir de quel poëte veut parler ici Bonaventure.

Tempestalif, adj. (127), turbulent, colère. (Tumultuosus, R. Estienne.)

Terrien, adj. (151), terrestre.

Tine, f. (93), cuve dans laquelle on verse la vendange pour la fermentation, et d'où s'écoule le vin.

Tollir, act. (117), enlever.

Touiller (se) (94) = touiller, mêler. De là : se touiller de signifie dans le passage présent : se barbouiller de.

Tracasser, n. (88), se faire du souci. On trouve dans Marguerite de Navarre : trac, manière d'être, train, allure.

Traire (se) (49), se trahere, se rapprocher de, aller vers.

Trasse, f. (51), trace.

Trincaire, m. (92), trinqueur, trancheur, celui qui coupe le marc de raisin quand il a été pressé.

Trousse, f. (63), carquois.

Trulaire, m. (92), probablement qui presse : trouiller signifie presser la vendange. Trolium (basse latinité) signifie : pressoir de vendange. Tnùller (Roquefort, II, p. 666), verbe actif, antérieur au seizième siècle, signifie exprimer, pressurer (torculare).

Tuppin, m. (151), pot de terre (Lacurne de Sainte-Palaye).

Vefve (108), veuve.

Veiguade (une), f. (95), une fois, un coup : « Boire quelque veiquade », Rabelais.

Vitupère, f. (47), reproche, blâme.

Voiremais, adv. (99) = mais, mais vraiment.

Voluntiers (146). Il y a peut-être là un calembour. Bonaventure, faisant ses offres de service, dit: c Plus voluntiers {jplusvoleun tiers) >, c'est-à-dire : a Personne ne sera un si honnête serviteur que moi. »

Vueil, m. (91), volonté.

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