L'AVARICE
A Hklias Boniface d'Avignox.
(Recueil des OEuvres, Édition Lacour, page 88.)
« Voyant rhomme avaricieai,
«t Tant misérable et soucieux ,
« Il me souvient d'une alumelle ,
« Laquelle I estant luysante et belle,
« Se voulut d*un manche garnir,
« Afin de couteau devenir,
« Et, pour roieuU b'emmancher de roesme,
m Tailla son manche de soy-mêroe,
« En le taiUant, elle y musa,
a Et y musant elle s'usa *,
« * Car le couteau bien emmanché
« Estant déjà tout ébresché,
« Se veit gaudy, par plus de neuf,
« D'estre ainsi usé tout fin neuf,
« N'ayant plus ce tant doulx trencher
« Comme devant que s'emmancher.
« Mais à vieillesse esvertuée
m Vertu n*est plus restituée. »