M"^" LAROSE, BON AVENTURE
BONAVEîiTURB , avec une perruque brune.
N'est-ce pas ici qu'on a besoin d'un garçon jardÏDier?
M™« LAROSE , à part.
Beau brun! {Haut.) Mais, oui, sûrement... c'est ben ici... entrez donc... n'ayez pas peur. BONAVENTCRK , s'avançant.
Je me présente pour ces fonctions délicates.
M™* LAROSE
Qui étes-Tous ?
Air : j4u Hocher de Sainte-.4^-eUe.
^e suis une plante éphémère, Triste jouet de l'aquilon
Dans votre serre
Hospitalière Je pouss'rais comme un champignon.
Enfin, il est bon qu'on le sache.
Je suis le lierre du hameau
Je meurs de fdim si je n' m'attache.
Voulez-vous être mon ormeau?...
Voilà comme je me présente.
M™« LAROSE, a elle-même.
Çç jeune gars me revient.
BONAVKNTIRE, à part.
Je produis de l'effet... ô perruque!
M""* LAROSE
Ah çà! voyons, que savez-vous faire?
BOXAVENTCRE.
Je m'appelle Bonaventure.
M"^ LAROSE
Bonaventure!... je n'haïs pas ce nom-là... c'est cans doute l'Ecloppé qui vous envoie?
BONAVEWTCIIK.
L'Ecloppé!... j'igiHirc ce nom baroque.
M"* LAROSE, le dévorant des yeux.
Il a des joues comme des pommes d'api!...
Vous savez tailler les arbres, greffer, écussonner, semer des navets, des salsifis et des carottes?
BOXAVENTDRE, à pari.
Encore carottes! ce tubercule me suit
partout.
M™e LAROSE.
Vous savez aussi cultiver les fleurs?
J'aime assez à en cueillir, des fleurs... pour orner le sein de ma belle... ou ma boutonnière. M™« LAROSE, a part.
Est-il gentil!... est-il gentil! [Haut.) Pour ce qui est d arroser...
Oh .'... il pleut si souvent !
M™e LAROSE.
Mais quand il ne pleut pas?
On attend la pluie... on a remarqué qu'elle finit toujours par venir.
M™' LAROSE
Allons, allons... je vois que vous êtes entendu au jardinage...
Dame, ma mère était jardinière... ainsi, partez de là... à mon tour, belle Pomone, permettezmoi de vous adresser une question... combien fait-on de repas dans ce local?... par jour?
M™« LAROSE
D'abord, on dtne.
D'abord, on déjeune.
M"e LAROSS.
C'est juste.
BONAVENTURE, Comptant sur ses doigts.
Elle m'a fait peur... On déjeune... ensuite, on dîne, on goûte... et on soupe... un, deux, trois, quatre... c'est mon compte... de repas... et manget-on de bonnes choses?... j'aime beaucoup les bonnes choses.
m'°' LAROSE.
C'est moi qui vous fera la cuisine, mon gros poulot.
J'y donne mon consentement... ça me va... je vous retiens pour être à votre service.
Air de 1.- t'e'te du Kitlii:;e.
Me voila donc dans l'empire de Flore... I.p papillon se fi\f on ce j.irdin,
MAGASIN THEATRAL
Pour butiner IVeillet, le romarin, Surtout la rose rju'il adore...
jj/me Larose minaude.
Nous travaillerons Le moins qu' nous pourrons, Et nous mangerons Dès r lever de l'aurore.
Le soir et 1' malin, Narguant le chagrin, Tous deux nous clianl'roiis, Comme des pinsons...
Nous nous promén'rons, Nous nous reposerons ; Ensuit' nous r'viendrons Et nous resoup'rons.
Et puis, le lendemain, nous recommencerons, Avec les Ion là, les Ion là de nos chansons... Et puis les zig-zag, les zig-zag du rigodon!... Zon, zon.
M™« LAROSE, enchantée.
C'est un trésor que ce garçon-là î... Avant tout, il faut vite vous débarrasser de cette vilaine veste qui vous dévisage.
Vous croyez?... c'est que, je m'en vais vous dire, mon trousseau n'est pas arrivé... ma malle est en retard... je l'ai mise au roulage accéléré.
M""^ LAROSE
Eh ben ! vous ne savez pas? vous allez mettre en attendant, les habits des dimanches de mon pauvre défunt... justement je leur avais fait prendre un peu l'air.
BONAVENTCRE.
Était-il propre sur lui feu Larose ?
M™'' LARdSE.
Ça vous ira comme un gant... avec votre belle chevelure... mais est-il bichonné! est-il bichonné !
BONAVENTORE.
Touchez pas... je suis très-chatouilleux.
M™^ LAROSK.
II a des boucles comme des soies de sanglier.
Merci.
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