‹ BonaventureChapitre 15 sur 42 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

Les Mêmes JEANNE.

JEANNE, montrant sa tête à la claire-voie de la petite porte.

Dites donc un peu... marne la jardinière... sans vous déranger...

BONAVENTURE, à part.

Je connais ce timbre. ( Apercevant Jeanne. ) Oh 1 la rousse.

Il se range de manit-re à ne pas être vu d'elle. M""' LAROSE, à Jeanne, au fond.

Quoi que vous voulez î

JEANNE

Vous n'auriez pas vu par hasard un beau rouge? BONAVUM! KE, bax il M"'^ Lctrosc , en tirant su perruque.

Diti's lui (jii'oîi !.'o;i tipiil |i;i.s.

M"»* LAROSE , à Jeann Il n'y a personne pour toi ici, petite vagabonde !

BONAVBNTCRB.

Bien! bien!

JEANNE

Si vous vouliez tant seulement m'ouvrir, je chercherais.

]»■"« LAROSE

Des prétextes pour vous introduire dans le parc et espionner tout le monde . Tiens ! espionne, à présent!

Elle ferme le volet.

BONAVENTURB.

Vous avez fermé le volet? Bon! comme ça, on est plus chez soi.

M™e LAROSE.

Reviens-y un peu, vilaine rousse î... Êtes-vous comme moi? je ne peux pas souffrir cette couleurlà!...

BONAVENTORE.

Vous allez en juger : j'avais un écureuil qui en était...

M™e LAROSE.

Et vous l'avez donné?...

BONAVBNTURE.

Non, je l'ai vendu.

JEANNE, en dehors, pleurant.

Allez, c'est affreux! j' n'avais qu'un amoureux, et on me le vole!

M™^ LAROSE

Veux-tu te sauver 1 BONAVENTORE, à lui-même, sur le devant de la scène.

Pauvrette ! elle pleure, elle qui m'a comblé de noix et de pain de seigle... après ça, il faut bien que je fasse mon chemin. Si on n'était pas un peu ingrat, on n'arriverait jamais à rien. {Gaiement, en prenant la taille à âfme Larose.) Galante jardinière !

M"* LAROSE, jetant un petit cri.

Ahl

BONAVENTORE.

Maintenant que nous voilà tranquilles, je veux m'occuper. Pour commencer, je vais cueillir...

M™e LAROSE.

Une salade?

BONAVENTORE.

Non, un baiser... {il l'embrasse) avec votre permission.

M™e LAROSE.

Allez donc vous habiller, petit paresseux !

BONAVENTORE, la lutinant.

Où est-ce, les habits?

M"»e LAROSB.

Là-haut, sur les bottes d'oignons... Voyons, finissez!

BONAVENTORE.

Je grimpe au vestiaire.

Air du Planteur.

Oui, je vni-, prendri; au grenier.

Ciini'V aut lie cosliinie.

L'haLit de voire premier.

Que l'oignoQ parfume...

Sous récorce de votre e'poux, Puisse'-je réveiller en vous Un sentiment posthume...

A lid-même.

Ces liabits si coquets, Et sans doute très-mal faits, Ces liaLits si coquets, Val'nt bien mes effets.

M"» LABOSE.

Ces habits si coquets.

Pour vous ils me semblent faits.

Pour me plair' mettez-les...

Nous verrons après...

BONAVENTUBE.

Ah! ah! ahl ah! ah! ah! ah!...

Ces habits si coquets Doubleront mes attraits.

M™« LAROSE

Ces habits, mettez-les, Nous verrons après.

Bonaventnre entre dans lu maison.

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