SCENE II
L'ÉCLOPPÉ, seul.
Voyons ! en fait de garçon jardinier, si je prenais Jeanne-la-Rousse, la gardeuse de dindons? non, ça ne conviendrait pas à marne Larose... je voudrais trouver un bon gros gars, que je fasse bien trimer à mon aise, enfin, de ces bêtes de somme qui iraient à la charrue, quoi!
Il va pour sortir.
BONAVBNTDRE, il a les cheveux rouges et po-ie un paquet au bout d'un bâton, sur l'épaule. A la cantonnade.
Carotte vous-même, entendez-vous!
l'éci.oppé, se retournant.
Qu'est ce que c'est que ça?
BOJiAVEISl t'RE.
L'ami, pourriez-vous me dire où je suis ici?
LÉCLOPPÉ.
L'ami!. . e.st-ce qu on a des amis avec une teignasse comme celle-là ?
Il va pour sortir.
BCN AVEPiTLRE, l'arrêtant.
Rustre ! il ne s'agit pas de ma teignasse, il s'agit de me répondre.
l'écloppé.
Qu'est-ce que vous réclamez i" est-ce que vous êtes un voleur de grand chemin?
BONAVEN I l'RE, avec amertume.
Pas encore. Avant de me livrer à cette industrie, je désirerais obtenir un emploi modeste pour exercer mes facultés... garde-champêtre, chevrier ou pêcheur de sangsues, ça m'est égal.
l'écloppé.
Ah bien, justement, ça se trouve à merveille ; on a besoin là, chez marne Larose, la jardinière du château, d'un garçon jardinier.
BO.\AVE> rURE.
Ça me va encore... j'entrerais volontiers au service de Por.ione.
l'écloppé.
Seulement, je ne vous conseille pas de vous y présenter; on ne veut que des jolis garçons làdedans, ce qui veut dire que l'on vous recevrait à grands coups de gaule.
BONAVENTDHB.
Ça ne me va plus.
l'écloppé , revenant.
A moins pourtant que vous ne vouliez entrer uniquement pour faire peur aux oiseaux. [Bonaveniure fait un geste. Se sauvant.) Adieu, carotte! adieu, carotte!
Il sort en n.iii', par le fond.
BONAVENTLRE.