QUARTIERS
Des noms particuliers, conservés par la tradition, avaient été donnés, pour des motifs dont généralement nous ne connaissons pas l'origine, à certaines parties de la ville, des faubourgs et de la banlieue. Bordeaux était ainsi divisé en une quantité considérable de quartiers, dont probablement les dénominations étaient, pour la plupart, antérieures aux diverses enceintes de la ville, puisque quelques-unes sont communes aux terrains contigus en dedans et en dehors des murs. Il arrivait souvent qu'un quartier portait en même temps plusieurs noms; souvent la limite de l'un empiétait sur celle de l'autre, et quelquefois ils s'enchevêtraient de telle façon, qu'il est difficile, à l'aide des textes, de leur assigner un emplacement rigoureusement exact.
Il en est dont le souvenir est tout à fait perdu; le nom de quelques autres a persisté jusqu'à présent. Leur nomenclature et l'indication, sûre pour la plupart d'entre eux, approximative pour d'autres, de la partie de la ville ou de la banlieue qu'ils occupaient sera très utile pour l'interprétation de certains textes, et pour la recherche de l'emplacement d'une rue, d'une tour, d'une porte ou d'un monument.
Les noms des quartiers, dans l'enceinte romaine, nous sont peu connus ; nous avons peu de renseignements sur ceux du premier accroissement; mais ils nous arrivent en foule pour le second et pour les faubourgs.
Audeyola : A Audeyola, Audeyolo, Aude y oie. (12, 24) — Ce quartier s'étendait depuis la Font d'Audëge jusqu'au bord de la Garonne ; il occupait probablement tout le bassin du ruisseau formé par cette source. A partir de l'année 1361 [C. de l'arch.], il est désigné en ces termes : « Pro
» terra apud Audeyola. — Apud locum quod dicitur Audeyolo. — Pro
» terra que est rétro chaya monachorum Magne-Silve, apud Audeyola. » Cette localité devait aussi remonter jusque dans les Graves, au sud-ouest
de la fontaine, puisque nous trouvons qu'en 1395, il y avait des vignes : « Pro vinea et terra apud Audeyola. »
Ayguatz : Àus Ayguatz; apud Aquarios; au Mur-Sarrazin (7 , 17). — En 1355 [C. de l'Arch.] cette localité est nommée « apud Aquarios in via » de Pessac ». Un contrat du 11 novembre 1530, retenu par Nicolas Rivière, notaire, nous apprend que la localité appelée aux Ayguatz, autrement au Mur- Sarrasin, était à l'ouest et à peu de distance de la porte Saintc-Eulalie [Var. bord., t. IV, p. 16]. Au xvme siècle [Cart. Bell.], elle s'appelait les Eygats; ses limites actuelles seraient la rue de Berry, à l'est; la rue de Pessac, au sud; les rues de Landiras et du Tondu, au nord.
Barreyres. (Voir Gratacaj).)
Bertulh : lia de Bertulh; île deVerteuil (10, 21). — « C'est, dit l'abbé » Baurein [Ms., p. 147, v°], le nom qu'on donne communément à un » certain nombre de maisons situées à l'extrémité de la rue Baiîbedat, » vers Saint- Christoly. » Ce pâté de maisons est situé entre les rues Saint -Christoly, Baubadat et Montméjan. Baurein ne dit pas à quelle époque on l'appelait ainsi; mais comme un puits, ouvert près d'une de ces maisons s'appelait, en 1400, puits de Verteuil, nous devons supposer que la dénomination : île de Verteuil, était antérieure au xve siècle. (Voir putz de Bertulh.)
Bia-Torta : A Bia-2Jorta, Via-Torta (5, 16). — Ce quartier était situé non loin des murs de Bordeaux, entre les chemins de Saint-Genès et de Saint-Nicolas. Un texte de 1355 [C. de l'Arch.] s'exprime ainsi : « In viam » Tortam, que est inter magnam viam Sancti-Genesii et viam Sanction Nicholai. » La rue Millière traverse cet ancien quartier, qui, dans des plans manuscrits du xvme siècle, est signalé par cette légende : « A Bia- Torte » .
Bitaer : Au Bïber; au Viver; au Vivier. — Le tènement du Biber était au nord du terrain occupé plus tard par la Chartreuse [PI. mss., n° 137].
Brayac : A Brayac. (Voir plassa de Brayac.)
Brunon : A Brunon (8, 16). — Ce quartier était situé hors de la porte du Far, sur le chemin de Pessac, dont un embranchement devait alors se diriger de cette porte à travers les plateaux du quartier de Belleville. C'est ce qui résulte des textes suivants [C. de l'arch.], de l'an 1400 : « Pro » vinea que est apud Brunon, extra portale de Farro. — Pro vinea que » est ibidem in via de Pessaco. » Suivant un texte de 1366 [Inv. S^And.], cette localité s'étendait jusqu'aux murs du xive siècle, derrière Sainte- Eulalie : « Toute icelle pièce de terre vuide qui est près du porge de
» Saincte-Eulaye et plus, toute icelle pièce de vigne qui est au bout
» de ladicte terre, oultre le fossé, au lieu appelé à Brunon. » Brunon était peut-être ce que nous connaissons sous le nom de Brion, localité qui, au siècle dernier, portait ce nom depuis le Haut -Brion jusque près des faubourgs de Bordeaux [Cart. Bell.].
Caguemule : A Caguemule (9, 19). — On appelait de ce nom l'extrémité septentrionale de la rue du Peugue. C'est maintenant l'entrée de la rue du Palais-de-Justice, près la place Rohan. (Voir rua deu Peîigue.)
Galhau : Au CaJhau (7, 22). — Était, suivant un texte du 27 juillet 1407 [Jurade], au bas de la place du Palais-de-V Omlrière, où a été bâtie la porte du CaUiati.
Campairaud : A Campairaud; à V Orne-Mort; à Y Ormeau- Mort; au Petit-Brion. — Plusieurs actes des xive et xve siècles [Inv. S*- And. — Bénéf. SVMich.] placent cette localité dans les Graves, paroisse Sainte- Eulalie, du côté de Saint-Laurent-d'Escures. On trouve aussi des titres qui s'expriment ainsi : « A Campayraut , au Petit-Brion ; — à Campai- » raud, à Y Homme- Mort; — à Campairaud, près de Y Homme- Mort. » Elle était située au delà de Saint-Laurent-d' Escures, près et au sud d'un chemin qui s'embranche avec celui du Tondu, se dirige vers Pessac, et qu'on appelle maintenant rue de I'Ormeau-Mort.
Campairaud paraît avoir été, jadis, le nom de l'ensemble du quartier qui, au siècle dernier [Cart. Bell.], était distinct de Y Ormeau-Mort et du Petit-Brion.
Les mots homme et orme sont confondus dans l'orthographe gasconne; ainsi, en gascon, le chemin de Y Ormeau ou Orme-Mort s'écrivait
llb> ARCHIVES MUNICIPALES DE BORDEAUX.
indifféremment : camin de Y Rome, de YOlme, de Y Orne, de YOnlrne- Mort.
Gampauria : A Campauria, Campus- Aur 'eus, Camparian, à Campaure (11, 21). — « Ancien nom d'un tènement ou quartier qui fut compris, » dit Baurein [Ms., p. 119], dans l'enceinte de la ville vers le commen- » cernent du xiVc siècle. C'est celui qui est à gauche en sortant par la » porte Mèdoc, et dans lequel sont placés le jardin de Y Intendance, le » couvent des grandes Carmélites, celui des P. Recolets, la Salle de spec- » tacle, le couvent des P. Jacobins, l'hôtel de Y Académie des sciences, et » ce rang de belles maisons qu'on appelle le Tourny. Ce tènement » s'étendoit même au delà des murs de la ville dans l'enceinte de laquelle
» il n'a pas été entièrement compris; l'église Saint- Lazarre est dite
» située dans le tènement de Campaure.... Ce quartier était anciennement » en culture. Le chapitre de Saint-Seurin transigea, en 1270, avec les » Frères Pvesclieurs pour la dixme de Campaure. Pierre Carpin, prêtre, » dans son testament de l'an 1295, laissa à Ramond Faure une vigne qu'il » avoit au loc apperat à Campauria. »
Cette localité, qui se trouve à peu près limitée par le cours de I'Intendance, la rue Lafaurie-de-Monbadon et les allées de Tourny, était, à la fin du xive siècle, presque entièrement complantée de vignes.
Ici n'est pas le lieu de discuter sur l'étymologie de ce nom, il suffit de le rapporter avec les variantes qui lui sont données dans les anciens titres. L'abbé Baurein dit avoir vu un ancien manuscrit de l'église de Saint- André, où ce lieu est appelé « apud Campum-Aureum » , c'est-à-dire au Champ-d'Or. Nous venons de voir qu'à la fin du xnie siècle, il est appelé à Campauria. Il porte le même nom aux xive et xve siècles [C. de l'Arch. — Inv. S1- And.]. Un acte de 1315 [Arch. hist., t. III, p. 53] commence
ainsi : « Conoguda causa sia que Ramon de Camparian de Puch-
» Paulin. » On lit dans un titre de 1543 [C. de larch.] : « Jeanne-Vigou- » rousse Estienne, pour le fief que tient au lieu appelé à Camparian, en » la parroche de Puy -Paulin. »
Campredon : A Campredon, Campum-Rotundum, à Camp-Rond. — Quartier situé dans la paroisse de Saint-Seurin, près du chemin qui conduit de Pont-Long à Caudéran, et en conséquence vers la Croix-Blanche. Les textes suivants [C. de larch.] nous prouvent aussi que cette localité
était, au moins en partie, complantée de vignes (1361) : « P. d'Ayraco » solvit, pro vinea quam tenet apud Campum- Rotundum, prope molen- » dinum de vento. » Ce moulin à vent est assez souvent cité dans les textes de cette époque. En 1400, « pro vinea que est in parrochia Sancti- » Severini, apud Campum-Rotundnm ; » et ailleurs : « Johannes de Sancto- » Huberto débet pro terra de Novars, qui locus est juxta magnum iter, » a Ponte-Longo versus Cauderanum ; » et à l'article suivant : « Petrus » Ramundi, pastisserius, débet pro décima et agreria de Novars, ratione « cujusdam pecie vinee que est loco vocato ad Campum-Rotundum. » Ce lieu de Novars devait être un tènement faisant partie du quartier de Camp-Rond, de même que celui de Cantagric, ainsi qu'il résulte du texte suivant [C. de l'arch.] : « Pro vineis quas tenet apud Campum -Rotundum, » loco vocato a Cantagric. »
Cancer : Au Cancer (9, 21). — C'était un quartier, situé au centre de l'enceinte romaine, dans l'emplacement duquel ont été percées les rues
du Grandet an Petit -Cancer a, vers l'extrémité septentrionale de la rue Arnaud-Miqueu, et le bout occidental des rues de la Devise et du Parlement. On trouve, dans un titre de 1485, une reconnaissance « d'une » maison seize parroisse Saint- Maixans, au lieu appelé au Cancer » [Inv. S1- And.]. En 1354, on appelait aussi ce quartier : Lo Cancellar [C. de
l'arch.] : « tribus magnis domibus.... inter ecclesiam Sancti-Simeonis
et ruetam qua itur versus lo Cancellar. »
Canterane-Audeyola : A Canterane-Audeyola (12, 24). — Le texte suivant [Inv. Ste-Cr.] nous signale l'existence de ce quartier : « Bail à » cens en faveur du monastère, d'un demi-sol et place à Canterane- » Aud.eyola, paroisse Saint-Remy. » Le mot gascon Canterane veut dire chante grenouille. Il est possible qu'il ait été appliqué au quartier à cause des marais qui l'occupaient. Nous savons que le ruisseau à1 Audeyole, qui descendait de la fontaine à'Audége, alimentait les fossés de la ville au nord; que des marais s'étendaient jusqu'aux remparts, depuis les environs de la porte Saint-Germain jusqu'à la Garonne, et que la paroisse Saint- Rémi englobait une partie du faubourg des Chartreux; on doit, en conséquence, chercher la localité de Canterane-Audeyola dans l'emplacement occupé maintenant par les promenades qui sont entre les allées de Chartres et l'esplanade des Quinconces.
Cap-de-Billa : A Cap-de-Billa; à Capdeville (5, 18). — Cette localité était, au commencement du xve siècle, dans la paroisse de Saint- Seurin. C'est ce qui résulte de plusieurs textes de l'année 1404 [C. de l'Arch.]. Une rue Capdeville existe encore dans cette paroisse.
Garmes-Biels : Aus Carmes-Biels; aux Carmes-Vieux (6, 18). — Ce quartier avait pris son nom d'un ancien couvent de Carmes, qui y avait été fondé vers l'an 1100; les rues de la Miséricorde, du Caire, Magendie, et l'extrémité méridionale des rues de Lalande et de Veyrines occupent à peu près son emplacement. Il portait encore le môme nom en 1553 [Denomb.] : « Demi maison, jardrin sciz en la parroisse Saincte-Aulaye, à » rue Pimentade, autrement appellée aux Carmes-Biels. »
Gayffernan : Au Gran et au Petit- Cayffeman ; au Grand et au Petit- Cqfeman, Caffamaon, Caffema, Caffernaon, Caliernan, Cayffernam (7 ,20). — Ce quartier occupait remplacement qui est entre le Grand-Marché , l'extrémité méridionale de la rue Saint-Antoine et une portion de la rue Sainte-Catherine, depuis les environs de la rue des Ayres jusques et y compris la partie du cours des Fossés qui avoisine la rue Sainte- Catherine. Baurein [Ms., p. 92] cite quelques titres à l'appui de ce fait, et ajoute qu'il lui serait bien facile d'en fournir d'autres. Dans un texte de l'année 1334 [C. de l'arch.] nous lisons : « (Onerat se idem procurator) » de n solidis vi denariis receptis a Petro Olivarii pro arreragiis censuum » domus quam habet in parrochia de Cayfernano. » Nous pensons cependant qu'il y a ici erreur, et que l'intendant de l'archevêque a voulu désigner non pas la « paroisse » , mais le « quartier » de Cayffeman.
Chartros : Aus Chartros; aus Chartrous; aux Chartreux; les Chartrons (13, 26). — Ce faubourg porte le même nom, avec une légère variante, depuis l'établissement d'un couvent de Chartreux dans le quartier d'Andeyoïe, en 1383. La chapelle de ces religieux, qui existait encore en 1787, était située vers le bout oriental du cours duPAVÉ-DEs- Chartrons [Var. bord., t. IV, p. 39. — Lattre. — Plan géométral de la ville et faubourg de Bordeaux.... London, 1787].
Coliignan : A Colïignan. — Il y avait, paraît-il, deux quartiers de ce
nom; un situé du côté du Bouscat, et l'autre, dans la paroisse de Saint- Seurin, près du Peugue, où se trouve encore une rue du même nom. En 1291, le tènement de Collignan, paroisse de Saint- Seurin, appartenait à Pey de Collignan [Inv. Ste-Cr.].
Cordoueys : Aus Cordoueys; aux Cor Mer s (8, 19). — La localité qu'on appelait aux Cordoueys occupait, en 1457, l'emplacement de la maison voisine de celle qui fait le coin du cours des Fossés et de la rue du Ha, du côté du midi. En voici la preuve [C. de l'arch.] : « Johannes de La » Mota débet pro una domo que est supra Fossatum, loco vocato aux » Cordoueys...., » et à l'article suivant : « pro domo contigua que est in » angulo, in capite rue de Farro, » et après : « pro domo contigua que » est in dicta rua de Farro, » et ensuite : « pro domo contigua que est in » angulo juxta ruam Pallieyram. » La même maison est appelée aux Cordiers dans un texte de 1439 : « Jehan de La Mote, pour une maison » sur les dits fossés (hors la porte des Aères), au lieu appelé aux Cor- » diers. » Presque toutes les maisons des Fossés, entre la porte des Eyres et le Peug*ue, ainsi que celles des rues avoisinantes, étaient occupées par des peaussiers, des cordonniers, des parcheminiers, des gantiers et des tanneurs : « Davisius de Las, ganterius, dit un texte de 1357 [C. de » l'arch.], solvit.... ratione domus sue, que est supra Fossatum. » Cent ans plus tard, nous lisons dans le même manuscrit : « Guillelmus » deu Prat, pelhey, moratur aus Pellieys, super Fossatum. » Un autre texte, de 1543, nous apprend qu'une localité située sur les fossés des Tanneurs s'appelait aux Pergameys (aux Parcheminiers). Il nous serait facile de fournir une grande quantité d'autres textes des xive, xve et xvie siècles.
Darreys-Chay : Aus Darreys-Chay ; aux Derrière- Chay s (12, 25). — Ce quartier était près des chais des moines de la Sauve -Majeure, derrière ceux des Chartreux et près de la tour à'Audeyole; c'est ce que nous apprend une reconnaissance, du 3 janvier 1428, consentie par Jean de Mirapeys en faveur de Richard et Pey de Macanam, d'un sol et place au lieu appelé « aux Darreys-Chay et for la tor à!Au- » deyola », sur le bord de la Garonne [Arch. B.-Lal.]. Un autre titre [Terr. bénéf. S1-?.] place cette localité derrière les Chartreux. Un inventaire des bénéficiers de Saint -Pierre1, s'exprime ainsi : « Contract de
» baillette (en 1414) de fief nouveau, d'ung jardrin et vigne, et aultre » petit jardrin, qui est par derrière, scitués et assiz aux Derrière- Chays
» des Chartreux près la tour (VAudeyole derrière les chays des
» Chartreux. »
Enginh deu Miralh : A Y Enginh deu Miralh (4, 20). (Voir Enginh deu Miralh à l'article consacré aux Monuments divers.)
Fanhas : Au Fanhas, Fagnas, Fangnhas (4, 20) (Voir rua de YEnginhdeu-Miralh.)
Far : Au Far, au Har (8, 19). — C'est évidemment dans cette localité qu'a été bâti, en 1454, le château du Hâ. On l'appelait ainsi dès 1289 [Inv. S^And.] : « Gurpissement faict au chapitre, par Helie Grosset, de » toute i celle maison et jardrin qui sont au Har, près l'estey du Moulin. » Cet estey du Moulin ne peut être que le Peugue, qui faisait tourner le moulin de Saint-André. Le chapitre de la cathédrale avait une grande quantité de fiefs au lieu du Har. Ce quartier s'étendait jusqu'aux fossés du premier accroissement, puisque, au xive siècle, la rue des Cans (impasse Birouette) en faisait partie ; c'est ce que nous apprend l'extrait suivant [Obit. Sl-And., p. 23, v°) : « Anniversarium domini Arnaldi » de Pelagrua, cardinalis, débet fieri vi idus Augusti, pro quo legavit » iinor libras xvm solides vi denarios census debitos per certos feudatarios » pro feudis que tenent apud Farrvm, in rua de Canïbus, sive Ramundi » Johannis. »
Font-d'Audeya : A Font-d'Audeya; à Font-d'Audége (15, 23). — Le Jardin-Public et le bas-côté nord des Quinconces occupent l'emplacement de cet ancien quartier.
Font-Escura : A Font-Escura. — Cette localité nous est signalée dans un texte de l'année 1400 [C. de l'arch.] : « Ramundus de Puyoliis » débet pro quarta parte molendini quod est in parrochia Sancti-Severini, » loco vocato a Font-Escura. » Nous savons que sur la rive droite du Peugue, près du domaine de Livran, existait un prieuré du nom de Saint- Laurent-d' Escures ; il est probable que le quartier de Font-Escura et le moulin du même nom étaient près de ce prieuré. Ce moulin était peut-être
celui qu'on a appelé plus tard moulin de Gourgue, et qui dépendait du domaine de Pèlegrin.
Fort : Au Fort. — Voici l'indication que nous trouvons sur cette localité : « Reconnaissance faite au chapitre d'une pièce de terre en » Graves, hors le portail du Far, au lieu appelé au Fort » [Inv. S1- And.].
Four : Au Four; La Meyt-deu-Four; apud Furcum. — Le nom de cette localité, désignée ainsi : « apud Furcum; — apud Mauriam, prope » Furcum, » revient assez souvent dans les textes du xve siècle [C. de l'arch.]. Maurian est situé près des boulevards extérieurs, au nord de Pèlegrin, et le Four est plus près de la ville, vers l'extrémité occidentale de la rue d'ORNANo. Ailleurs [Inv. S^And.], le Four et La Meyt-deu-Four sont signalés comme étant « scitués dans la paroisse de Sainct-Seurin, » derrière le persau (sic) de Sainct-Latirent. » Nous pensons que apud Furcum, au Four et La Meyt-deu-Four ne sont qu'une même localité. On trouve cependant dans un texte de 1400 [C. de l'arch.] : « Pro vinea » situata apud tianctum-Julianum; » et dans l'article suivant : « Pro » x reguis vinee que sunt ibidem apud La Meyt-deu-Forc; » ce qui donnerait à penser qu'il y avait deux localités portant le même nom dans deux endroits différents des Graves de Bordeaux.
Gratacap : A Gratacap; à Gratecap (2, 20). — Les documents qui suivent nous signalent l'existence de ce quartier et son emplacement. Il était situé près du couvent des Sœurs- Menues, et s'étendait au delà de leurs possessions [C. de l'arch., 1400] : « Gratacap.... prope Minorissas.... » in magna via de Becgla; » — « Gratacap.... detras Menudas » [Ms. Baur., p. 219]. On le trouve dans deux anciens plans [PI. mss., nos 46 et 63] avec cette légende : « à Gratecap ou Menudas-Bieilles ; à Gratecap » ou Vieilles-Menues, ou les Clairettes; » il y occupe l'emplacement où l'on voit maintenant la porte et la place des Capucins et une grande partie des rues qui entourent cette place. Le plan n° 46 l'enveloppe d'une ligne coloriée, et lui donne pour limites : au nord, les fossés de la ville; à l'est, les environs de la rue Malet; au sud, le cours Saint-Jean, à peu près; à l'ouest, le bout méridional du prolongement de la rue Leyteire. Bien que les diverses portions du quartier de Gratecap eussent des noms particuliers, quelques-unes d'entre elles recevaient dans certains titres
la dénomination générale; c'est ce qui paraît résulter d'un texte de 1370 cité par Baurein [Ms., p. 210, v°] : « Les Sœurs-Menudes furent d'abord » fondées dans un lieu situé hors des murs, appelé le plantier de Bar- » reyres, qui n'est guères éloigné de la porte des Capucins; c'est pour » cette raison qu'un certain canton de ce plantier est appelé dans les » titres anciens : Menudas-Belhas, apud Minorissas-Antiquas; » un autre texte [Inv. S1- And.] s'exprime ainsi : « Reconnaissance faicte au chap- » pitre d'une pièce de vigne seize à Barreyres, près las Memidas-Bieillas. » Un plan manuscrit [Arch. dép.] vient confirmer ce dernier document; il place le tènement de Barreyres vers le milieu de la rue Saint-Jacques. Une rue, située dans l'emplacement de cet ancien quartier, porte maintenant le nom de rue de Gratecap.
Islets : Aus Mets (1, 22). (Voir à Larrïbet.)
La Bastida (7, 26). — Nous ne savons si le quartier de La Bastide, situé en face de Bordeaux, de l'autre côté de la Garonne, existait pendant le xve siècle; mais des textes de l'an 1537 et 1543 [C. de l'arch.] nous permettent d'assurer qu'il était connu au milieu du xvie : « Jehan Jacob, » dict Marquet, demeurant sur le pavé de La Bastide, doibt le vne de un » colac (alose); » — « Les héritiers de Marquet Jacob, hoste de La » Bastide, pour la maison et jardrin, sur le peyrat de la dicte Bastide,
» tirant vers le Sypressa » Nous pensons que le peyrat ou chaussée
de La Bastide était alors entre la rue Letellier et la place du Pont, d'où partait un chemin qui suivait le bord de la rivière avant la construction du quai de La Souys; alors la Garonne était plus large qu'à présent; Vinet nous apprend [Vin. Aus., sect. 209, C] qu'à l'extrémité de la ville, en amont, elle avait deux mille pieds de large, c'est-à-dire quatre cents pas romains; en aval, en face du monastère des Chartreux, elle était beaucoup plus large : « Garumna, quem ante superiorem urbis partem, qua » angustissimus est, latum duo milia pedum aliquando deprehendimus, » qui fiunt passus quadringinti ; ante inferiora vero mœnia, et Cartusia- » norum cellam, multo latior est. » Actuellement, la Garonne a, devant Sainte-Croix, 450 mètres, et 500 mètres en face de l'emplacement de l'ancien couvent des Chartreux.
Labidey : A Labidey; h Lauidey, Lavidey, Aviderium,; à Sarpora. —
On trouve des localités portant ce nom dans plusieurs parties des Graves de Bordeaux, et toujours assez près des remparts de la ville. Ainsi, en 1369 et 1416, le lieu de Labidey-de-Brunon était non loin de la porte du Hâ; en 1311 et 1377, un LaMdey-du-Mirail était près des « Sors- Menudas »; en 1311, il y avait un Labidey -de- Sainte-Croix ; en 1407, une reconnaissance est faite au chapitre de Saint-André « d'une pièce de vigne » seize à Labidey, devant la tour de Sainte- Croix »; en 1535, le lieu de Labidey était aussi appelé à Sarpora. Toutes ces localités étaient complantées de vignes [Inv. S1- And.]. Il existe une rue du Serpora et une rue d'AuBiDEY dans le faubourg de Sainte-Croix. Ce mot Labidey est l'équivalent du mot Aviderium, que nous trouvons souvent dans les comptes de l'archevêché ; voici du moins deux textes qui le feraient penser : « .... apud » Portant- Espanos, qui locus est ultra Farrum et citra Aviderium; » — « au lieu appelle à Porte-Espaignau, desa Labidey -Brunon. »
Labodat : A Ldbodat (4, 19). — Localité située hors des murs de la ville, près et au sud des fossés, entre les portes Saint- Jîdien et du Mirailh .• « Apud Lavodat, dit un titre cité par l'abbé Baurein [Ms., » p. 182], in rueta stricta que, a fossato ville, videlicet inter portale » Sancti-Juliani et portale de Miralho, ducit versus meridiem. »
La Bohau : A La Bohau, Lo Bohaut (1, 21). — Ce tènement était, en 1388, situé devant la grande porte de Sainte-Croix, et probablement sur l'emplacement de I'Abattoir. « Reconnaissance par Guilhem Moyney à » l'abbé de Sainte-Croix de deux trens de vigne, Graves de Bordeaux, au » lieu de La Bohau, devant le portail de Sainte- Croix, alias le grand » portail de Sainte-Croix. » Il était compris dans le quartier de Gratecap : « Reconnaissance consentie par Pey de La Porte, en faveur du monastère » de Sainte- Croix, d'un trens de vigne situé aux Graves de Bordeaux, » au lieu appelé à Lo Bohaut et à Gratecap, devant le grand portail de » Sainte- Croix » [Inv. Ste-Cr.].
La Garpenterie : A La Carpenterie. — Une localité ou un établissement de ce nom existait, à l'est de l'église Saint-Pierre, en 1488 [Terr.
Bos.] : « appentis et place qui est, par dernier, au lieu appelé à La
» Carpenterie, dernier Sainct- Pierre, ainsi que le tout est entre le cime- » tière de l'esglise dudict Sainct- Pierre, de long en long, d'une part
» entre au chemin commung devers la muralhe de ladicte ville, d'aultre » bout. »
La Godana : A La Codana; apud La Cadona, La Cadana; à La Coudanne, La Coudans (8, 17). — Ce quartier était situé sur le bord du Peugue, et s'étendait, du sud au nord, depuis la porte Sainte-Eulalie jusqu'à celle du Hâ, et de l'est à l'ouest depuis les fossés de la ville jusqu'à Saint-Laurent-d' Escures. C'est à peu près cette portion du faubourg de Sainte-Eulalie traversée maintenant par les rues Mouneyra et du Tondu. En 1355, on l'appelait La Cadona, La Cadana; en 1400, La Codana .- « Johannes Servientis, yppotecarius, débet pro uno trencio terre et rau- » sarii quod est extra Pelagum, immédiate extra muros ville, loco vocato » a La Codana. » Et ailleurs : « .... pro medietate unius vinee situate extra » portale de Farro, loco vocato a La Codana » [C. de l'arch.]. En 1300 :
« toute icelle pièce de vigne qui est à Saint-Laurent-d' Escures, au
» lieu appelé : au plantier de La Codane. » En 1370 : « Reconnaissance » de cent reges de vignes, près du portail Saincte-Eulaye, au lieu appelé » à La Codane. » En 1395 : « Reconnaissance faicte au chapitre Saint- » André d'une pièce de terre et de rauzar, en la palu du Peugue, au lieu » appelé à La Codane. » Une portion de ce quartier s'appelait, en 1377, à La Codane-de- Saint-Laurent : « Contract par lequel le chapitre (Saint- » André) a investi feument Arnaud de Boscau d'une pièce de vigne seize j> à La Codane-de-Saint-Laurent. » On le nommait quelquefois La Coudans : « Terre seize hors la porte àuffâ, au lieu de La Coudans » [Inv. S1- And.]. On lit ailleurs [Bénéf. S^Mich.] : « A La Coudanne, autrement à Saint- » Laurent-d' Escures. »
Ces divers textes nous apprennent que le quartier de La Codane était situé partie dans le marais et partie dans la terre ferme, puisqu'il y poussait des roseaux et qu'on y cultivait la vigne.
La Crozilla : A La Crozilla (4, 18). — « Reconnaissance de toute » icelle pièce de vigne qui est devant l'hôpital de Saint-Julien, au lieu » appelé à La Croizille » [Inv. S^And.]. L'hôpital Saint-Julien était près de la porte du même nom; nous devons donc chercher le lieu de La Crozille sur la place extérieure d' Aquitaine.
La Fusteria : A La Fustena. (Voir Puyaduy de Las Salineyras.)
La Graba : A La Graba, La Graua, La Grave (4, 23). — On entendait par ces mots : La Grave, tous les quais de Bordeaux. « Ces mots : » sur La Grave, sur la rivière, dit Baurein [Ms., p. 72, y0], étoient ancien- » nement synonymes dans Bordeaux ; il ne faut pour s'en convaincre que » consulter l'ancien statut de cette ville concernant le salaire des ser- » gens : Pour chacun ajournement, y est-il dit, page 17, fait sur La » Grave, port et havre de cette ville, ou en aucune gabarre ou coureau » étant à terre ou attaché à terre : douze deniers bordelois. » Il ajoute ailleurs [Ms., p. 180, v°] : « On remarquera que ces mots : apud Gravam, » ne veulent point dire à La Grave, mais sur la rivière; on appelait » anciennement dans Bordeaux La Grave l'espace qu'il y a entre les murs » de ville et les bords de la rivière. » En 1354, le procureur de l'archevêque [C. de l'arch.], après avoir vendangé les vignes de Lormont, fait transporter à Bordeaux les vins recueillis. Il énumère les sommes qu'il a dépensées pour le transport de ces vins jusqu'à l'archevêché, et il dit : « .... prO portu,.... de loco de Laureomonte ad mare.... Item, pro portu » maris....; Item pro bubulcis et braymantibus.... a Grava usque ad
» archiepiscopatum » Il est évident qu'ici le lieu appelé à Grava doit
être le lieu de Bordeaux le plus rapproché de Lormont, c'est-à-dire le quai qui était situé entre la tour à'Audeyole et la porte de VOme-de- Casse.
Au xvie siècle, le mot La Grave était pris pour tous les quais. Rabelais dit que Pantagruel passant à Bordeaux y observa des « gabarriers jouant » aux luettes sur La Grave ». Cependant des noms particuliers étaient donnés aux différentes sections du port, depuis le château Trompette jusqu'aux Salinières; et de là, jusqu'à Sainte- Croix, le port s'appelle toujours La Grave. Les textes qui donnent ce nom à tous les quais sont extrêmement rares, tandis que ceux qui ne le donnent qu'à la portion comprise entre la porte des Salinières et Sainte -Croix sont très communs. En voici quelques-uns : « In parrochia Sancte-Crucis, » apud Gravam, ultra ruam strictam, que dicitur rua deus Arlots » [Ms. Baur., p. 72]. La rue des Arlots était dans la paroisse de Sainte- Croix. Une des premières rues du côté des Salinières est la rue Maubec. Elle » aboutissait à La Grave : « Pro domo situata supra Gravam in rua » de Maubec. » Et ailleurs : « Pro medietate magni chaii situati super » Gravam inter ruam Andronam et ruam de Baysaco. » Plus loin encore : « Pro domo situata, super Gravam, inter ruam Carbonelli et ruam de
» Bayssaco » [C. de l'arch. (1400)]. « Super quamdam domum que est
» apud Gravam, in parrochia Sancti-Michaelis Burdegale loco, vocato ad » Puyatorium de Las Salineyras » [Obit. S1- And.]. Et Baurein ajoute, comme pour compléter cette série de rues qui aboutissaient à La Grave proprement dite : « Apud Gravam inter ruam Adam-Carboneu et ruam » strictam deus Arlots. » Cette désignation « apud Gravam » n'a pas été trouvée par nous dans les titres relatifs aux rues aboutissant aux quais qui s'étendent vers le nord à partir de la porte des Salinières. On peut donc avancer que, si quelquefois on appelait La Grave tous les quais devant Bordeaux, le quai de La Grave, proprement dit, était celui qui s'étendait à l'est des églises Saint-Michel et Sainte-Croix.
La Reclusa : La Reclusa (12, 20). — « Le tènement de La Recluse » étoit bordé, dit l'abbé Baurein [Var. Bord., t. III, p. 349], vers le cou- » chant, par la grande rue de Saint-Seunn; vers le nord, par la rue de » la Petite-Taupe, aujourd'hui rue Huguerie, et vers le levant, par les » anciens fossés de ville. » Il était en partie complanté de vignes, qui s'étendaient jusqu'aux fossés de la ville, où s'élèvent maintenant ces belles maisons qui forment le côté occidental du cours de Tourny. C'est ce que nous prouve le texte suivant, de l'an 1400 : « Bernardus de Fonte » débet pro vinea que est in via que, a Sancto-Lazaro sive Reclusa, ducit » versus ecclesiam Sancti-Germani. » Le fief de La Recluse était encore, en grande partie, complanté de vignes en 1453. En 1457, celui de Saint- Lazare était distinct de celui de La Recluse, et se trouvait entre lui et Saint-Seurin : « Apud Sanctum- Lazarum, ultra Reclusam. » Cependant l'auteur du manuscrit où nous puisons ces renseignements [C. de l'arch.] continue par ces mots : « Marquesa Bonon.... pro feudo et trilia que habet » prope Sanctum-Lazarum sive Reclusam, in quo feudo sunt ix stagie. » Ces textes prouvent qu'on n'était pas alors bien fixé sur la séparation de ces deux quartiers, et que des maisons assez nombreuses y existaient déjà.
La Rocella : La Roussette (6, 22). — Ce quartier porte le môme nom depuis le xme siècle au moins , mais avec des variantes fort nombreuses dans son orthographe. Un texte du 5 février 1273 [Arch. hist., t. III, p. 18]
s'exprime ainsi : « La quas plassa et mayson es en La Rosserra entro
» la maison de Pey Deger de La Rossera, d'una part, eu camin comunau,
» d'autre, aissi cum dura et teu de lonc de la gran arrua deuant, jusca à » la yma de la mar. » Le 27 juillet 1407, disent les registres de la Jurade, on distribua aux jurats les clés des portes de la ville; celles du quartier de La Roussette furent confiées à Jean Gassies : « Item, las (claus) de » La Rocela entro à Las Salincyras inclusiuament à Johan Gassias. » On
lit également dans une délibération de 1415 : « à la torreleta deu
» pont Sent-Jolian debert La Rossela. »
La Roquette : A La Roquette. — Ce quartier était situé près et à l'est de la porte Médoc. C'est ce que nous prouvent les textes suivants, puisés dans un inventaire des titres des Bénéficiers de Saint-Pierre : « Esporle (en 1418) d'une maison scituée et assize en la rue appellée de » Martoret, au lieu appelle à La Roquette, devant la tour de Jehan-de-La- » Porte; » et, en 1421 : « Esporle d'une maison scituée et assize en la » paroisse Saint-Maxens de Bourdeaulx, en la rue appellée de Casteret, au » lieu appelle à La Roquette, devant la tour de Jehan-de-La-Porte. » (Voir rue du Petit- Casteret.)
Larribet : A Larribet; à Larribat; aux Illets, Islets; au Pont-du- Guit. — C'était le lieu que nous appelons maintenant le Pont-du-Guit, sur I'Estey de Bègles. Il faisait partie de la sauveté de Sainte-Croix. C'est ce que nous apprennent les textes suivants : en 1299, « reconnaissance » par Arnaud Amaubin, à l'abbé de Sainte-Croix, d'un demi-sol de terre » au lieu de Larribat, paroisse de Sainte-Croix; » en 1305, « reconnais- » sance par Ramon deu Pin, à l'abbé, d'un jardin et terre à Larribet, » sauvetat de Sainte- Croix ; » en 1372, « bail à cens par l'abbé, à Guilhera » Andraut, d'un sol, jardin et terre, situés hors la porte Sainte-Croix, » au lieu de Larribet; » en 1534, « à Larribet, autrement aux Lllets.... » autrement au Pont-du-Guit » [Inv. Ste-Cr.]. La Gare du Midi et TAsile des Aliénées couvrent actuellement une partie de ce quartier.
La Saya : A La Saya. — C'était un fief situé près des Galiets; c'est ce que nous apprend un texte de 1388 [Inv. S^And.] : « Reconnais- » sance au chapitre d'une pièce de vigne seize au lieu appelé à La Saya, » près des Galiets. » Ce fief, d'après le même inventaire, portait déjà ce nom en 1383. Les Gahets occupaient les environs de l'église Saint- Nicolas.
La Serize : A La Serize (3, 17). — Ce quartier était situé près de l'hôpital de Saint- Julien, entre le chemin qui conduit de la porte Saint- Julien aux Gahets (route de Bayonne), et celui qui conduit de la même porte au Sablonat (route de Toulouse) [Terr. des 15 cur.].
Las Compnas : A Las Compnas. — Localité située, lit-on dans un texte de 1457, entre le port de Trajet et Sainte-Croix : « In loco vocato » à Las Comptas, qui locus est inter Sanctam-Crucem et Trajectum et » appellatur vulgariter : lo Meyan de La Canau, a parte Sancte-Crucis; » et dans un autre texte, daté de 1543 : « Ung lieu appelé à Lo Meyan de » La Canau, qui est entre Saincte- Croix et T'raject» [C. de l'arch.].
Las Grabas de Bordeu : Las Grauas; les Graves de Bordeaux. — On appelait ainsi les terrains graveleux, complantés de vignes, qui entouraient Bordeaux. Leur nom revient très souvent dans les titres des xme, xive et xve siècles. On y récoltait ce vin de Graves qui avait alors et qui a encore une si grande réputation. Il y avait, au xve siècle, des vignes partout où le sol avait permis d'en planter, jusque sur le bord des fossés et dans la ville elle-même, surtout du côté du midi; nous en trouvons devant toutes les portes, depuis celle de Saint-Germain jusqu'à celle de Sainte-Croix. Quand on examine le plan de Lattre, et qu'on le compare avec l'état actuel des lieux, on voit que des maisons s'élèvent aujourd'hui là où il y avait autrefois des vignobles considérables.
La Taugua : Plantey de La Taugua, La Tauba; planterium de La Taugua, La Taupe, La Thoppc (14, 21). — Au xve siècle, ce quartier se divisait en deux : l'un s'appelait la grande Taugue, et l'autre, la petite Taugue; il s'étendait à l'ouest de celui de La Recluse, depuis les pressoirs de Saint- Seurin jusqu'au chemin de Soulac, en passant près du Palais- Gallien. Un titre de 1457 entre autres nous en donne la preuve : « Plan- » terium de La Taugua.... a parte Palacii-Galiane, et deinde itur versus » ruam Sancti-Germani per magnum iter. » En 1553, on trouve écrit,
tantôt « la petite Taugue », et tantôt « la petite Thoppe dernier le
» treuil de Sain et- Seurin; » et ailleurs : « Au fief de la grande Taugue » [C. de l'arch.]. Un autre manuscrit [Inv. S^And.] porte : « à La Tauba » : « Pièce de vigne seize à la paroisse de Saint-Seurin, au lieu appelé à
» La Tauba. » Ce nom est devenu, par corruption sans doute, la grande et la petite Taupe. La rue Lafaurie-de-Montbadon s'appelait, il y a peu de temps, rue de la Grande- T'aupe, et le nom de rue Huguerie a succédé à celui de rue de la Petite-Taupe. Le chemin qui se dirigeait de la croix de VÉpine vers les Arènes (rue du Palais-Gallien) coupait le quartier de La Tauga en deux parties à peu près égales.
La Tornapiqua-deu-Far : A La Tornapiqua-deu-Far; à La Tomapica (9, 18). — La Tornapiqua-deu-Far paraît avoir été en même temps : le nom des environs immédiats de la porte du Hâ : « .... loco » vocato a La Tornapiqua-deu-Far » [C. de l'arch.] (en marge de cet article est écrit : « rua de Farro »); — celui du carrefour formé par les rues du Far, du Peugue et deu Putz-lielh-deu-Far ; — celui d'une rue; — et, au xvie siècle, celui de la porte du Far elle-même. Le mot Turnpïke, en anglais, veut dire barrière. (Voir rua de La Tornepiquadeu-Far.)
Longueborne : A Longueborne (2, 21). — Localité située dans la « paroisse de Sainte-Croix, près de l'hôpital de la Peste, au delà le fossé » de la ville. » Nous devons donc placer Longueborne entre la place des Capucins et le Petit-Séminaire. Le ruisseau qui passait devant Sainte- Croix s'appelait autrefois eau de Petralonga ou V Aigue-Borde (Voir Estey de VAiga-Borda). Longueborne nous paraît être la traduction de Petralonga.
Malhorguas : lia de Malhorguas; insula de Malhorguas; île de Malhorgues, de Martogues. — Cette île, qu'à la rigueur nous ne devrions pas faire figurer dans les quartiers de Bordeaux, était située entre Lormont et cette ville : « Insula de Malhorguas, dit une liève du xve siècle citée par » Baurein [Bull, polym., année 1817, p. 260], que est inter Burdegalam et » Laureum-Montem. » On lit aussi dans un texte de 1400 [C. de l'arch.] : « Blanqua Guirodaunis, uxor Bernardi de Cornu, parrochiana Sancti- » Remegii, pro tertia parte insuie de Malhorgas quam tenet, per indiviso, » cum Ramundo Gassies. » Et ailleurs, en 1438 : « Bernardus de Cornu » pro tertia parte insuie de Malhorgas....; Thomas et Bertrandus Garsie » pro duabus partibus dicte insuie. » On sait que la famille de Gassies a gardé, pendant longtemps, une seigneurie dans les Queyries, où était
située l'île de Malhorgues. Les registres de la comptablie l'appellent île de Martogue [Arch. dép.].
Sent-Martin-deu-Mont-Judaïc : A Sent-Martin-deu-Mont-Judaïc; Sanctus- Martinus-de- Monte- Judaico , Saint- Martin- du-Mont- Judaïque (12, 18). — Quartier situé à l'ouest de la ville et près des murs; il occupait l'emplacement compris entre la place Dauphine et les rues d'ARÈs, Judaïque et de Fleurus.
On l'appelait, en 1243, le bourg de Saint-Martin : « homines de
» vico Sancti- Martini », et, en 1271, le bois de Saint-Martin : « Memo-
» riale est quod Ramundus Planter, parrochianus ecclesie Sancti-
» Severini, Burdegalensis, commorans in burgo appellato lo Boso Sent- » Martin, in salvitate ecclesie Sancti- Severini.... » [Arch. hist., t. III, p. 45 et 47].
Maubourguet : A Maubourguet , Mauburguet, Malum-Borguetum, Mauborguetum; à Sauïessa (12, 19). — Ce quartier était situé hors des portes Dijeaux et Saint-Symjahorien, dans l'emplacement occupé par la place Dauphine et les maisons situées au sud et à l'est de cette place, jusqu'à la Devise et à la rue Mériadeck. Il était, aux xive et xve siècles, couvert de jardins et de vignes; c'est ce qui résulte des textes suivants : En 1334 [C. de l'arch.], « .... solum sive casale existente in dicta parrochia » Sancti- Severitii, loco vocato apud Malum-Borgueturn ; » et ailleurs :
« pro tribus feudis quos tenet extra portam Digeus, loco vocato Mau-
» burguet. » Le 11 novembre 1497, Pierre de L'Espine, fils et héritier universel de Me Pierre de L'Espine, maître de l'œuvre de Saint-André, et dame Conthorine Johanna vendent à honorable homme Hervé de Rubran une pièce de vigne dans les Graves de Bordeaux, au lieu appelé à Maubourguet, près du chemin qui va à Pont-Long , d'un côté, et au Mur Sarrasin, de l'autre [Arch. Bad.]. Les indications suivantes [Inv. S*-And.] complètent ces renseignements : « Reconnaissance, en 1366, d'un sol de terre et de » vigne avec les murs et madères, sciz à Maubourguet, près Saint- » Martin- de- Montjudec; » en 1369 : « Reconnaissance d'une pièce de » vigne avec les buissons, vimière et aubarèdes, seize à Maubourguet, » derrière le Peugue ; » et ailleurs : « A Maubourguet, en la rue par » laquelle on va de Saint-SympJiorien à Pont-Long. » En 1365, la localité de Maubourguet s'appelait aussi à Saulesse [Inv. S1- And.]. Les murs
sarrasins et les madères dont il est parlé dans ces divers actes ne peuvent être que les restes du grand monument romain qui s'élevait entre la rue Saint-Sernin et le côté oriental de la place Dauphine.
Maucalhau : A Maucaïhau (4, 21). — C'était un quartier dans lequel avait été bâti le couvent des Cordeliers. Il s'étendait dans les deux paroisses de Sainte- Croix et de Saint-Michel, ainsi que le prouvent les deux textes suivants [Inv. Ste-Ci\] : « Reconnaissance (1391) par Arnaud » Bonneau, à l'abbé, d'un demi sol de terre avec vigne qui est au lieu de » Maucaillau, paroisse de Sainte- Croix. » — « Reconnaissance (1568) » par Odet Minvielle d'une maison située au Maucaillau, parroisse Saint- » Michel, faisant le coin de la rue Tranersanne. »
Maupertus : A Matipertus; à Mawpertuis. — Ce quartier était situé au nord des Menudas-Belhas.
Menudas-Belhas : A Menudas-Belhas, Menudes-Belhes (3, 20). (Voir à Gratacap.)
Miralh : Au Miralh; apud Mirailhum; le Mirait (4, 20). — Ce quartier était à l'extrémité méridionale de la rue qui porte le même nom. Les murs du xrve siècle le divisaient; de sorte qu'une portion était dans la ville et l'autre dans les faubourgs. Les textes qui le signalent reviendront si souvent dans la suite de cet ouvrage, que nous croyons inutile de les rapporter ici.
Molher-Morte : A Molher-Morte, Mulier-Mortua, Mouillé-Morte; à Sereya. — Voici les indications que nous trouvons [Inv. S^And.] (1338) :
« Vente faite d'une correge de vigne seize à Molher-Morte, autre-
» ment à Sereya, au cors de Terre-Nègre, près le pont de Ladors. » [C. de l'A. (1438). — Arch. mun.] : « Guilhermus Rampson pro vinea » que est apud Mulierem-Mortuam. » Un plan [PL mss., n° 133] place le tènement de Molher-Morte, ou Mouillé-Morte, au nord de l'église de Saint- Vincent-de-Ladors.
Mur-Sarrasin : Au Mur-Sarrasin. — Au moyen âge on a appelé, et on appelle encore de nos jours, dans beaucoup de localités, Murs-
Sarrasins les constructions antérieures au ixe siècle, romaines ou autres. (Voir aux Ayguatz et à Maulourguet.)
Naujac : A Naujac, Nauyac; à Blâma (15, 21). — Cette localité, qui a laissé son nom à une rue existant encore, portait cette dénomination aux xive et xve siècles. Elle était complantée de vignes et située entre Saint- Seurin et le Palais- Gaîlien. C'est ce qui résulte d'une foule de textes [C. de l'arch.], parmi lesquels nous avons choisi le suivant : « .... débet pro vinea de Nauyac, qui locus est inter Sanctum-Severinum » et Arenas. » Elle portait aussi le nom de Blavia en 1449 [Liév.
P.-Berl.] : « in rua vocata deu Putz, in loco qui dicitur Blavia, alias
» Nauyac. »
Ome-de-Papon : A Y Ome-de-Papon; à V Oulme-de-Papon (3, 21). (Voir rue de V Ome-de-Papon.)
Paludate : A Paludate; apud Paludatum (1, 23). — Ce lieu, qui porte encore le même nom, est situé, sur le bord de la Garonne, au sud de Sainte- Croix. Il existait avec cette dénomination dès l'an 1420 ainsi qu'il résulte de l'extrait suivant d'un acte daté du 13 juin de cette année
[Arch. hist., t. VII, p. 416] : « fuit ordinatum quod decanus et
» P. Berlandi sint arbitri, pro parte capituli, super controversia, que est » cum domino abbate Sancte-Crucis, super decimis de Gravis et de » Paludato. »
Peugue : Au Peugue; ad Pelagum (9, 17). — Le nom de ce quartier revient très souvent dans les titres des xive et xve siècles. Il s'étendait sur les deux rives du Peugue à l'ouest des murs bâtis au xive siècle. Nous trouvons : [C. de l'arch.] qu'en 1360, Helias d'Origne possédait un jardin et une aubarède « juxta murum novum Burdegale, loco vocato au Peugue » ; qu'en 1400 et antérieurement, il était situé « rétro domum archiepisco- » jpalem »; qu'en 1457, d'après les mêmes manuscrits, ce lieu était couvert de marais, d'aubarèdes, de bois et de jardins : « Pro uno trenco nemore » et terra, rausar, albareta et bernadar. » On y trouvait aussi des vignes, ainsi qu'il résulte de l'analyse d'un contrat de 1382 [Inv. S^And.] : « Le » chapitre a investi feument Bernard Conte d'une pièce de vigne seize en » Graves de Bourdeaus, au lieu appelé au Peugue. »
Peyrat-de-Senta-Crotz : Au Peyrat-de-Senta-Crotz ; au Peyratde- Sainte- Croix (2, 22). — Les extraits suivants [Inv. Ste-Cr.] nous font connaître l'emplacement de cette localité; en 1337 : « Bail à fief en faveur » de Jean et Helies Devilla, frères, d'une maison et cuisine, au Peyrat,
» devant le cimetière de Saincte-Croix »; en 1568 : « une maison
» avec chay, jardin, cave et vignes, située en la paroisse de Saincte- » Croix, au lieu du Peyrat, devant l'abbaye. » La maison, le jardin et les vignes signalées dans une reconnaissance de 1611, consentie en faveur de Sanpetro d'Ornano, abbé de Sainte- Croix, étaient situées au lieu du Peyrat, près le boulevard de Sainte- Croix. Par suite de ces textes, nous pouvons placer le Peyrat-de-Sainte- Croix entre la partie méridionale de la rue Sainte-Croix et l'ancien mur du sud de la ville, du côté du Fort- Louis, et sur l'emplacement où les Jésuites ont bâti plus tard le Noviciat.
Peyron : A Peyron. — Cette localité était située au delà de Pont- Long et complantée de vignes : « une pièce de vigne seize outre
Pont-Long, au lieu appelé à Peyron » [Inv. S'-And.].
Peyron-de-Sent-Projeyt : Au Peyron-de-Sent-Projeyt; au Perronde- Saint-Projet. — L'extrémité orientale de la rue des Trois-Conils s'appelait quelquefois rue du Peyron. Nous trouvons [Inv. S*- And.] qu'en 1389, le chapitre investit Jehan de Lur, prêtre, « d'une maison seize au » Peyron ». et, dans le même article de ce manuscrit, qu'en 1391, une reconnaissance est faite au même chapitre « d'une maison seize au Peyron- » de- Sainct -Projet »; enfin cet extrait ne doit laisser aucun doute sur l'emplacement de ce quartier : « Reconnaissance au chapitre du jardin, » cazau ou plasse, en la parroisse de Notre-Dame-de-La-Plasse, qui a son » entrée par la rue par laquelle on va du portail Saint-André au Peron- » de- Saint-Projet. » La rue dont il est ici parlé est la rue des Trois- Conils. Le Peyron était-il pris pour la rue, ou pour le quartier situé devant l'église? Chacune de ces deux hypothèses peut être vraie. Voici, en effet, ce qu'on lit ailleurs, à la date de 1374 : « Accord fait entre dame » Séguine de Noaillan et Pierre du Bedat, par lequel ladicte de Noaillaû
» laisse audict du Bedat une maison seize en la parroisse Sainct-
» Project, en la ruhe appellée au Peyron-de-Sainct-Project, alias ruhe du » Peyron. »
Pipas : A Pipas ; à Pipaux; à La Mota (10, 18). — Le tènement de Pipas est, dit l'abbé Baurein [Var. Bord., t. III, p. 324 et suiv.], celui dans lequel a été construite la Chartreuse; c'était là aussi que s'élevait le monument appelé la Tombe de Caïphas. Dans un plan [PI. mss., n° 136], ce tènement est situé au sud du ruisseau de La Motlie, près des murs de la ville ; il y est ainsi désigné : « terrain appelé à La Motlie, autrefois à » Pipas. » On voit par un autre plan [n° 137] que ce tènement occupait une langue étroite de terrain sur la rive gauche du Peugue, c'est-à-dire au nord de ce ruisseau, et remontait au delà de la Chartreuse. C'était, en conséquence, la portion de la ville actuelle située sur les deux rives de la Devise, depuis la Mairie et le bas de la rue Bouffard jusqu'aux environs du Boulevard extérieur derrière la Chartreuse.
Ce quartier, qui s'appelait aussi à Pipaux, était en partie couvert de vignes aux xive et xve siècles [Inv. Sl-And.].
Plantey-deus-Judius : Au Plantey-deus-Judius, Planterium-Sancti- M artini-de- Monte- Judaico ; au Plantier-des- Juifs (11, 18). — Suivant un texte de 1373 [Arch. hist., t. III, p. 55], cette localité était située près du chemin commun qui va à Pontebet, un autre chemin commun et « lou » riu deu Peugue ». D'après l'abbé Baurein, elle était placée entre la chapelle Saint-Martin et le ruisseau de la Devise. C'est au Plantierdes- Juifs, dit cet auteur [Var. Bord., t. III, p. 333], qu'on enterrait les israélites , et il donne le texte suivant à l'appui de son assertion : « Plan- » terium- Sancti-Marlini-de-Monte- Judaico in quo planterio sepeliuntur » Judei. » Elle occupait le terrain compris entre les rues Mériadeck et Dauphine.
Pont : Au Pount; ad Pontem; le Pont- Saint- Jean (7, 22). — Ce quartier était situé, sans aucun doute, près de l'embouchure du Peugue, dans les environs de la porte Saint-Jean. Il paraît avoir été habité, depuis le xive siècle, au moins, par les marchands de grains : « Item recepi, dit un » texte de 1343 [C. de l'arch.], a Petro Ballaguerii et duobus aliis mer- » catoribus de Ponte, pro pretio vm scartarum siliginis ad mensuram » Burdegale, pretio cujuslibet scarte xl solidos Burdegale.... » — « Item » recepi a Petro Dardena, et Petro Ballaguerii et quodam alio mercatore » de Ponte, pro pretio xv scartarum avene ad mensuram Burdegale,
» pretio cujuslibet escarte xl solidos Burdegale. » D'un autre côté Lacolonie, dans un mémoire manuscrit appartenant à M. Honoré Sclafer, nous apprend que, pendant la disette de 1747 et 1748, « on déposoit les » grains qui arrivoient à la ville dans un lieu auprès de la rivière, qu'on » appelle le Pont- Saint- Jean, qui est l'endroit où les marchands de cette » denrée habitent. » La rue du Chai-des-Farines est située en partie dans l'ancien quartier du Pont.
Pount-Loung : A Pount-Loung ; apud Pontem-Longum (11, 17). — Ce quartier, qui faisait partie des Graves de Bordeaux et de la paroisse de Saint- Seunn, était situé près du Peugue. Son nom est encore celui de la même localité. Aux xive et xve siècles, il était en partie complanté de vignes; actuellement, il est couvert de maisons. Une rue de ce quartier s'appelait récemment encore rue Pont -Long. Les titres suivants
[C. de l'arch.] confirment ce que nous venons d'avancer : « ratione
» terre et albarete que sunt ultra Pontem-Longum prope et infra Pela-
» gum. » On lit ailleurs, en 1387 : « Pontem-Longum in Gravis
» Burdegale; » en 1400 : « pro vinea, casale et trilhea...., in
» parrochia Sancti-Severini, in magna via que a Porta-Digaus ducit » versus Pontem-Longum ; » plus loin : « vinea que est in Gravis, apud
» Pontem-Longum; » et enfin en 1457 : « pro quadam pecia vinee
» quam tenet in prima rueta per quam itur a Ponte-Longo versus Pela- » gum. » Ce quartier faisait partie du tènement de Pipas. On lit en effet ces mots : « à Pont-Long ou Pipas » dans un autre manuscrit [Archev. Bord.].
Porta -Espaignau : A Porta -Espaignau, Porta -Espanos; apud Portum-Despanos (9, 18). — Située sur le Peugue, en dehors de la porte du Far, cette localité est ainsi signalée par l'abbé Baurein [Ms., p. 192] : « Porte ou port des Espanos, dont il est fait mention dans » l'extrait suivant d'une liève du milieu du xive siècle en ces termes : » in parrochia Sancte-Eulalie, apud Portam-Espanos, qui locus est ultra » Farrum et citra Aviderium, inter magnam ruam que de Farro ducit » directe versus Sanctum-Laurentium, ex parte meridiei, et inter Pelagum » ex parte septentrionis. J'avouerai cependant que dans le manuscrit dont » j'ay tiré cet extrait, la lettre a dans le mot portam étoit un peu effacée, » et qu'ainsi il me parut douteux s'il y avoit portam ou portum ; je croirois
» que portum conviendroit mieux à l'état des lieux; il n'y a jamais eu de » mur de ville dans ce local, par conséquent point de porte; au lieu qu'il » y a sujet de présumer que le marais des Allées étoit anciennement une » espèce de bassin, dans lequel les vaisseaux/entroient par le ruisseau du » Peugue et par les anciens fossés de ville ; or, le local dont il est ici » question bordoit, vers le nord, le ruisseau du Peugue. »
Ce que l'abbé Baurein a pris pour un port n'est qu'une localité appelée en gascon Porta-Esjpaignau ; voici comment elle nous est signalée en 1300 [Inv. S'- And.] : « Baillette faite, par le chapitre, de toute icelle pièce » de désert seize en Graves, au lieu appelle à Porte- Espaignau, desa » Labidey-Brunon. » On la trouve désignée de la façon suivante en 1355 [C. de l'arch ] : « apud Portam-Despanos », et ailleurs, la même année : « apud Portam- Despanos sive apud Pelagum », et encore, en 1360: « apud Portam-de-Spanos sive de Farro » . Ce qui nous donne la certitude que les textes désignent par ces mots non seulement une localité, mais la porte du Far elle-même. (Voir porta deu Far.)
Port-Peyron : A Port-Peyron. — Ce quartier était situé en face de Bordeaux : « ante villam Burdegale ». En 1360, il est désigné comme
étant dans la localité de La Souys : « Raymundus Monetarii pro
» vineis quas solebat tenere Arnaldum Micol de Basato apud Lassoys » sive a Port-Peyron, » et en 1375 : « apud Lassoys et a Port-Peyron ». Ailleurs, et la même année, Port-Peyron est confondu avec 2Vajet .• « apud l'rajectum sive Port-Peyron » [C. de l'arch.]. La même indication se trouve dans un acte de 1535 [Terr. de l'arch.] : « Jehan de La » Fargue, procureur de Marie David, veuve de Gaillot Grimard, reconnaît » une pièce de vigne scituée à Florac, au lieu appelé au Port-Peyron, » autrement à Tugeyt. » Cependant, en 1457, on trouve une indication qui paraît prouver que le lieu de Port-Peyron n'est pas le même que Trajet, mais qu'il était entre ce dernier quartier et celui de La Souys : « .... apud Port-Peyron, apud Lassoys videlicet inter portum de Trajecto » et portum de Lassoys, incipiendo a parte portus predicti de Trajecto, » et deinde progrediendo versus Lassoys » [C. de l'arch.]. De son côté, Belleyme place le port de Port-Peyron au sud de celui de La Souys. Nous pensons qu'on doit adopter comme exacte l'indication fournie par Belleyme; la divergence des textes anciens nous y autorise. En 1537 [C. de l'arch.], Port-Peyron s'appelait La Bastide -Vieille : « Maistre
» Jehan de Marsis, advocat en la court, filz de maistre Morice de Marsis » et de Blanquine Miqueu, doibt cinq tiers de vin pour raison du fiefz » qu'il tient dudict seigneur à La Bastide -Vieille, autrement au Port- » Peyron. »
Prat : Au Prat (12, 22). — C'était un petit quartier à l'ouest du château Trompette, dans la partie nord-ouest de la place des Quinconces. Des maisons y furent bâties vers le xve siècle, et une rue qui passait sur son emplacement s'appela rue du Prat. Il nous est signalé dans un texte
de 1354 [C. de l'arch.] en ces termes : « ratione assence décime que
» est apud Audeyola et apud lo Prat rétro chaya. »
Putz de Malamort : Au Putz de Malamort; au Puy, au Puis, etc., de Malamort; Podium, Puteus de Malamorte; au Puits de Malemort (11, 20). — C'était une localité située près de l'extrémité supérieure de la rue du Puits-de-Malemort, c'est-à-dire entre la rue des Remparts, à l'ouest; la rue Porte-Dijeaux , au nord, et la rue des Facultés, à l'est :
« de xii denariis receptis a Geraldo de Turre pro censu annui
» (m0 ccc°) lui0 debito ratione domus que est ad Puteum de Malamorte, in rua Sancti-Pauli » [C. de l'arch.]. (Voir rua Sent-Pau.)
Puyade : La Puyade; La Pujade (11, 19). — La hauteur qui est près de la porte Dijeaux et de la tour du Dragon s'appelait La Pujade en 1537 [C. de l'arch.], et probablement auparavant.
Les mots gascons Puy, Pujade, Puyade, Puyaduy, Poyador, etc., veulent dire hauteur. Les points culminants de la ville de Bordeaux portaient anciennement ces noms ou leurs variantes.
Puyaduy de La Fusteria : Au Puyaduy de La Fusteria (5, 22). — Le Puyaduy de La Fusteria devait être situé entre la rue de La Fusterie et celle des Faures. Il nous est signalé dans un texte de 1553 [Denomb.] : « Damoiselle Serenne de Verteuilh, demeurant en reue » Neufve, pour la maison où est la voulte qu'elle tient au Puyaduy de » La Fusterie. »
Puyaduy de Las Salineyras : Au Puyaduy de Las Salineyras; Poyador de Las Salineyras; Puyatorium de Las Salineiras, des Sali-
nières; Las Salineyrias (5, 22). — « C'est, dit Baurein [Ms., p. 180], la
» montée ou la hauteur des Saliniaires il est fait mention de cette
» montée dans un ancien titre latin du xiir3 siècle en ces termes : domus » que est apud Gravam, in parrochia Sancti-Michaelis Burdegale, loco » vocato ad Poyatorium de Las Salineiras. » Le Puyaduy de Saliniaires est donc compris entre l'ancienne rue des Fauves et les murs du premier accroissement, depuis la porte Bouqueyre jusqu'à la rivière.
Le quartier des Salinières paraît avoir occupé le pied de cette hauteur. En effet, nous voyons dans un texte du 27 juillet 1407 [Jurade] qu'il est situé entre la tour du Pin et La Roussette, et Baurein [Ms., p. 180, v°] cite un titre de 1420, où il est dit, au sujet d'une maison située dans la paroisse de Saint-Michel : « foras deu portau de La Rosella, au loc » apperat à Las Salineyras. » En latin, on appelait probablement ce quartier « Salineria ». C'est ce qui paraît résulter du titre suivant, de 1400 : « Amaneva Leonis, uxor Pétri Gombaudi de Salineriis, parro- » chiana Sancti-Michaelis Burdegale » [C. de l'arch.].
Puyaduy de Pey- Armand : Lo Puyaduy de Pey-Armand; Poyador, Pojador, Puyador Pétri- Arman di; de Pierre-Armand (5, 22). — Voici ce qu'en dit Baurein [Ms., p. 201] : « Il en est fait mention dans » une liève du milieu environ du xive siècle en ces termes : In parrochia » Sancti-Michaelis, in altéra parte ipsius rue Sancti-Michaelis , super » Gravam, que est versus occidentem, ante locum qui dicitur lo Pojador » Petri-Arman. Ce mot gascon « Pojador » signifie un lieu élevé; on » remarque, en effet, une espèce d'élévation entre le Marché-Neuf et la » porte de La Grave. C'est cette élévation qui est appelée dans cette » liève Pojador de Pierre- Arman. Cette rue porte encore aujourd'hui le » nom de Pujaduy. »
Les maisons qui sont entre l'extrémité méridionale de la rue Maubec et l'ancienne rue Pujaduy ou Pichadey occupent donc l'emplacement du Poyador de Pierre- Arman.
Puyaduy de Puch-Paulin : Puyaduy de Puy-Paulin; La Pujade; La Puytade de Puy-Paulin (10, 21). — Les textes suivants, de 1553 [Denomb.], nous signalent cette hauteur sans nous donner précisément sa place : « Pour une maison et jardrin.... au Puyaduy de Puy-Paulin »; et « une maison seize en la parroisse de Puy-Paulin, au lieu appelle à
» La Pujade ». Nous croyons cependant que la localité à laquelle on donnait ce nom était à l'est de l'église Notre-Dame-de-Puy -Paulin, parce que la rue Saige s'appelait alors rue de La Puytade-de-Puy-Paulin et rue de La Pujade. Pujade, Puytade sont synonymes de Puyaduy.
Puyaduy de Sent-Miqueu : Puyaduy, Puyador, Puyator, Peyator, Portador de Sent-Miqueu, Sancti-Michaelis, de Saint-Michel (4, 22). — « Ce qui peut, dit Baurein [Ms., p. 201, v°], être entendu, tant de
» l'élévation sur laquelle est construite l'église Saint-Michel que de la
» rue même de La Grave, qui va toujours en montant jusqu'à la place » du Marché-Neuf. L'extrait suivant d'un titre de 1327 : in parrochia » Sancti-Michaelis Burdigale juxta primum Puyatorium, donne à en- » tendre qu'il y avoit dans cette paroisse plusieurs Puyaduy.... Dans un » titre de 1483, il est fait mention d'une maison située au lieu appelé au » Puyaduy de Sent-Miqueu, qui confrontoit à la rue Maubec. »
Le Puyaduy s'étendait dans la rue Sainte-Croix jusqu'à la rue des Fours et peut-être au delà [Denomb.]. C'était évidemment la hauteur sur laquelle est située l'église Saint-Michel, et les environs de cette église. Cette localité portait déjà, en 1262, le nom de Poyador, Puyator, Pujator et Portador [Liv. Bouil., p. 368].
Puy Grabey : A Puy Crdbey (8, 18). — Les textes suivants [Inv. S^And.] nous donnent à croire que le Puy Crdbey était situé à l'est de I'Hôpital actuel : « Reconnaissance, en 1344, au chapitre de toute cette » maison et terre qui est au Puy Crdbey; » en 1416 : « pièce de vigne » qui est en la rue de Y Estelle, au lieu appelé à Puy Crdbey. » Nous savons que la rue de Y Estelle aboutissait au cimetière de Sainte-Eulalie. (Voir rua deu Putz-belh-deu-Far.)
Queyrias : Las Queyrias, Cayria, Caria; Les Queyries. — Cette localité, qui s'étendait à l'est de La Bastide, est assez souvent nommée dans les titres des xive et xve siècles avec cette désignation : « apud » Cariam, — Cayriam, ante civitatis Burdegale » . Déjà à cette époque, elle était presque entièrement complantée de vignes [C. de l'arch.].
Sent-Caprazi : A Sent-Caprazi; à Saint- Cadrais (6, 17). — Ce quartier occupait l'emplacement où se trouvent le réservoir de Sainte-
Eulalie, la caserne Saint-Raphaël et les rues adjacentes; c'est ce qui
résulte des deux extraits suivants [Inv. S1- And.] : « au lieu appelé
» à Sainct-Caprazi, près les fossés de ville.... », — « au plantey de » Sainct-Caprazi, près le portail de Saincte-Eulaye ». Les Comptes de l'archevêché nous donnent des indications analogues; en 1355 : « apud » Sanctum- Caprasium sive in via de Pessaco » ; en 1359 : « apud Sanctum- » Caprasium, sive in via Sancti-Nicholai »; en 1400 : « Dauderonus de » Fano, parrochianus Sancte-Eulalie Burdegale, pro magna pecia vinee » que est apud Sanctum- Caprasium, prope fossatum ville. » Un plan manuscrit [Arch. dép.] place en effet le quartier de Saint- Cadrais près des fossés de ville.
Sent-Julian : à Sent-Julian; à Saint-Julien (4, 18). — Ce quartier était situé en dehors de la porte Saint-Julien. Il renfermait l'hôpital du même nom.
Sent-Laurens-d'Escures : A Sent-Laurens-d' Escures. — C'était une localité située à l'extrémité occidentale de la rue Mouneyra, près des Boulevards extérieurs. Elle renfermait une certaine quantité de tènements [Bénéf. SMMich.].
Sent-Ladre : A Sent-Ladre; à Saint-Lazare (13, 20). (Voir à La Reclusa.)
Sent-Syphorian : A Sent-Syphorian ; apud Sanctum- Simphoriamim, Sanctum- Syphorianum, Sent-Syphorian, Sent-Sufrian, Sent-Surian, Saint- Symphorien (11, 19). — Le quartier de Saint- Symphorien était voisin et à l'ouest de celui de Maubourguet; il était situé dans la paroisse de Saint-Seurin, et en partie complanté de vignes; tout ceci résulte des textes suivants de l'an 1400 [C. de l'arch.] : « pro duobus solis in quibus » est vinea que sunt in parrochia Sancti-Severini, apud Sanctum- Sypho- » rianum, alias Simphorianum et Mauborguetum ; » et ailleurs : « .... ultra » portam Sancti-Simphoriani.... Bernardus Bethonis, parrochianus Sancte- » Eulalie, pro solo et vinea que sunt ibidem apud Sanctum- Simphoria- » num. » On appelait aussi cette localité a Sent-Sufrian, à Sent-Seurian. Ces mots sont une contraction gasconne de Saint- Symphorien. (Voir porta Sent-Syphorian.)
Serressit-de-Gachey : Au Serressit-de-Gachey (1, 22). — Localité située dans la troisième enceinte de la ville, entre le cimetière de l'hôpital de La Peste, le jardin de Sainte-Croix et les murailles de la ville.
Sos Menudas : A Sos Menudas. (Voir à Gratacap.).
Terre-Negre : A Terre-Negre. — C'est un quartier qui existe encore sous le même nom au delà du Palais-Gallien ; une rue appelée de Terre- Negre s'y trouve maintenant. Un autre quartier de Terre-Negre était, au xive siècle, situé dans la paroisse de Sainte -Eulalie [Inv. Ste-Cr.] : « Reconnaissance par Pey-Johan, en faveur de l'abbé, de deux courèges » de vigne au plantier de Terre-Negre, paroisse Saincte-Eulalie, Graves » de Bordeaux. » Ailleurs : « plantier de Terre-Negrey vers le chemin de « Bègles», et ailleurs, en 1462 : « Terre-Negre, autrement au Bequet». Terre-Negre était, au xvme siècle [Cart. Bell.], situé dans l'emplacement occupé maintenant par le Cimetière des Israélites et les terrains adjacents.
Tropeyta : A Tropeyta, Tropeyte, Troupeta; burgus de Tropeyta. ou bourg de Tropeyte; à Trompette (9, 23). — Le quartier de Tropeyte, qu'on appelait aussi, au xve siècle, burgus de Tropeyta, bourg de Tropeyte [Bénéf. S*-P.], n'était pas seulement l'emplacement où a été construit le château T'rompette; il s'étendait au sud jusqu'à la Devise; c'est ce qui résulte des textes suivants. En 1262 [Liv. Bouil., p. 368] : « et » plus, que a Tropeyta es paduens, de la porta deus Paus entro a la » mayson de Miqueu de Médoc; » et en 1415 [Jurade], alors que les clés des diverses portes furent remises aux nouveaux jurats : « las de Tro- » peyta, so es a ssaber, de la tor à'Audeyola entro a porta deus Paus » inclusiue, (furent confiées) à Arnaud de Bros; » et ailleurs : « fo ordenat » garda à Tropeyta, de la rulha Sent-Pey entro Audeyola. »
Le premier texte nous apprend que la porte des Paux est comprise dans le quartier de Tropeyte, et l'autre, que ce quartier s'étendait de la rulha ou ruisseau Saint-Pierre jusqu'au quartier d'Audeyole; et comme il ne pouvait y avoir d'autre ruisseau entre Saint-Pierre et Audeyole que celui qui descendait de la fontaine de Tropeyte, lequel, passant dans la paroisse de Saint-Rémi, ne pouvait porter le nom de rulha de Sent-Pey,
cette rulha devait être la Devise, qui coule au sud et à toucher l'église Saint-Pierre. Nous devons donc admettre que ce quartier s'étendait sur le bord de la rivière, depuis la Devise jusqu'au quartier à'Audeyole.
Umbreyra : A VUmbreyra, Umbraria, Omhreire, Ombreyre; à l'Ombrière (7, 22). — Ce quartier ne peut être que la portion de la ville dans laquelle était situé le château de V Ombrière. On trouve dans certains textes : « Umbraria, ad Umbrariam », pour désigner les environs de ce château et la place qui s'étendait entre lui et la Garonne.
ROKDEAUX VERS 1450. ]/jf)