CHEMINS
Jusqu'à ces derniers temps, la plupart des voies des faubourgs recevaient la qualification de chemins, et généralement on leur donnait, comme on le fait encore, le nom de la localité à laquelle ils conduisaient.
Begles : Camin de Begles (2, 20). — Ce chemin est nommé en 1400 : « magna rua de Becgla. » (Voir grande rue de Begles.)
Caudeyran : Camin de Caudeyran; chemin de Caudéran; rue de la Croix-Blanche; rue Capdeville (15, 18). — Ce chemin est signalé dès le xive siècle dans le texte suivant [C. de l'arch.] : « Johannes de Sancto- » Huberto débet pro terra de Novars, qui locus est juxta magnum iter per » quod itur, a Ponte-Longo, versus Cauderanum »
Lengon : Camin de Lengon; route de Toulouse. — Ce chemin, sur l'emplacement duquel passe la route de Toulouse, partait de la porte Saint-Julien et se dirigeait vers le sud; c'est ce qui résulte du texte suivant, daté du 2 avril 1411 : « Conoguda quod decanus, (archidiaconi) » Medulcensis (et) Sarnensis, cantor, Riperie, Stephani, Asta, de Lisano, » Embaudi, Chambonis, Brussiacalida, Cussaco, Fontepitonis, Ramaforti, » Lator, Forthonis et Maynardi et Lothis (canonges de la gleysa de Sent- » Andriu de Bordeu), an balhat de feu noet, per totz temps, à Bernard
» Cabiron...., borges de Bordeu...., totz aquetz dos trens de binha
» qui son en las Grauas de Bordeu, au loc apperat lo feu de Saya, près » de l'ospitau de Sent-Julian (*), entre la binha de Galharda de Lengon, » deuert mech jorn d'una part, et lo feu deudeyt hospitau de Sent-Julian, » deuert septentrion, d'autra part; et dura de lonc deu grand camin de
(*) Le fief de Saya ou La Saya (4, 17) (voir ci-dessus, p. 129) s'étendait donc depuis les Oahets jusqu'aux environs de l'hôpital Saint- Julien.
» Lengon, de l'un cap, entro a la binha de...., de l'autre cap » [Man. cap. Su-And. Burd. — Arch. dép.].
Mayrinhac : Camin de Mayrinliac; chemin d'Ares; rue d'ARÈs (partie de la) (12, 18). — On lit dans un titre du 1er décembre 1315 [Arch. hist., t. III, p. 49] qu'une aubarède située dans le quartier de Pont-Long confrontait, par un côté, au chemin qui conduit de Bordeaux
à Mèrignac, et, par l'autre côté, au Peugue : « et iter per quod itur
» de Burdegala versus Uayrinhacum...., et aquam vocatam La Mayre- » deu-Pengue »
Palay-Galian : Camin deu Palay-Galian (14, 22). — (Voir rua du Palay-Galian, p. 259.)
Pessac : Camin de Pessac; rua de Pessac; chemin de Pessac; rue de Pessac (6, 16; 8, 16). — Cette voie portait indifféremment au moyen âge la dénomination de rue ou de chemin. C'est ce qui résulte des textes suivants (1390) : « Reconnaissance faite au chappitre d'une pièce de vigne seize » à Sent-Caprazi, en la Grand-ruhe-de-Pessac » [Inv. S1- And.]. — (1400) « Jordanus de Sais débet pro vinea que est in Gravis Burdegale, in via » que, a trivio ubi solebat esse aviderium de Brunon, ducit versus Pessa-
» cum et pro vinea que est apud Brunon, in magna via que a porta de
» Farro ducit versus Pessacum » [C. de l'arch.].
Pount-Long : Camin de Pount-Long ; rue de P ont- Long ; rue d'ARÈs (partie de la) (12, 19). — Ce chemin allait en ligne droite, de la porte Dijaux au quartier de Pont-Long, il était dans les Graves de Bordeaux et complanté de vignes jusqu'auprès de cette porte. Le 4 novembre 1497, Pierre de l'Espine, fils et héritier universel de Me Jean de l'Espine, maître de l'œuvre de S^André de Bordeaux, et de Conthorine Johanne, vendit à honorable homme Hervé de Rubran, écuyer, scelleur de la chancellerie de Bordeaux pour le roi, et à Mathurine Bégou, sa femme, deux pièces de vignes et un jardin qui étaient dans les Graves de Bordeaux à la sortie de la porte Dijeaux, sur le chemin de Pont-Long, et une troisième pièce de vigne, un peu plus loin, dans les mêmes Graves, au lieu appelé à Maulourguet, confrontant au chemin qui va à Pont-Long, d'un côté, et au mur sarrazin, de l'autre [Arch. Bad.]. Il est probable que ce mur sarrazin
était un reste de l'édifice romain sur lequel avait été fondé le prieuré Saint-Martin.
Putz : Gamin deu Putz; chemin du Puits; rue ou chemin des Petitz- Pîùtàau;TuePutoye;v\ie Saint-Fort (14, 20). — Ce chemin est signalé dans un texte de 1457 [C. de l'arch.]; il était dans la paroisse Saint-Seurin, au lieu dit à Naujac. Ce qui suit se lit dans un autre texte du même manuscrit, en 1560 : « En la rue ou chemin des Petitz-Putliau, au lieu où est dict Blavia » alias Naujac, lequel chemyn conduict au puy du Peyron devers orient. ...» Ce chemin a été remplacé, par la rue Saint-Fort, qui conduit de la rue du Palais-Gallien à la rue Rodrigues-Pereire, autrefois rue Trenqueyra. On le trouve dans les plans du xvme siècle sous le nom de rue Putoye.
Sent-Genest : Camin de Sent-Genest; chemin de Saint- Genès; rue de Saint-Genès (6, 16). — Ce chemin est signalé de cette façon en 1400 [C.
de l'arch.] : « pro vinea que est in magna via que, a portale Sancte-
» Eulalie, ducit versus Sanctum-Genesium »
Sent-Jacmes : Camin de Sent-Jacmes, de Sent-Jagmes, de Sent- Jacqmes; camin Roumiu; Magna-via-Sancti-Jacobi; chemin de Saint- Jacques; chemin de Bayonne; route de Bayonne (9, 17). — L'existence et le nom de ce chemin nous sont révélés, en 1400 [C. de l'arch.], de la
manière suivante : « pro trencio vinee situate in magna via que, ab
» ecclesia Sancti-Genesii, ducit versus novam crucem et magnam viam » Sancti-Jacobi » Cette nouvelle croix occupait probablement l'emplacement de celle qui a été reconstruite, au xvir9 siècle, au croisement de la rue de Saint-Genès et de la route de Bayonne. Un acte de 1448 [Man.
cap. Su-And. Burd. — Arch. dép.] s'exprime ainsi : « et dura et ten
» en long deu gran camin comunau, de Sent-Jagmes, de l'un cap, entro » à la rueta comunau de l'autra cap. » Le chemin de Saint-Jacques s'appelait aussi chemin Roumiu, dénomination qui peut se traduire par chemin des Pèlerins; c'était celui que suivaient les pèlerins qui se rendaient à Saint- Jacques-de-Compostelle, et sur lequel, de distance en distance, on trouvait des hôpitaux et des prieurés servant, en môme temps, de station pour les voyageurs, et d'asile pour les malades.
Sent-Laurent-d'Escures : Camin de Sent-Zaurent-d' Fscures ; Magna-
rua- Sancti-Laur entii; rue Mouneyra (9, 17). — Ce chemin conduisait en droite ligne de la porte du Far à la chapelle de Saint-Laurent-d' Escures. Il portait aussi quelquefois le nom de rue [C. de l'A. — Arch. mun.j : « Gui- » lhelmus de La Sala, pro vinea que est in magna rua Sancti-Laur entii. ...» Il était tracé sur le sommet des coteaux qui bordent la rive gauche du Peugue. Ce chemin, au xviir9 siècle, partait de la porte du Far, traversait le cours d'ALBRET à soixante toises au nord de la rue Dufau [PL mss., n° 128]. La rue Mouneyra paraît occuper aujourd'hui le même emplacement.
Sent-Nicolay : Camin de Sent-Nicolay ; via Sancti-Nicliolai, Nicholay (4, 16). — Ce chemin se dirigeait de la porte de Sainte- Eulalie vers l'église Saint-Nicolas. Il nous est signalé de cette façon en 1355 [C. de
l'arch.] : « inter magnam viam Sancti-Genesii et viam Sancti-
» Nicholai, — Sancti-Nicholay . »
Soulac : Camin de Soulac; Magna-via-de-Solaco ; rue Fondaudége (15, 22). — Le texte suivant, de l'an 1400 [C de l'arch.], prouve que la rue Fondaudége a très probablement remplacé le chemin de Soulac .- « Johannes d'Ayraco débet pro magna pecia vinee que est prope fontem » d'Audeuya, in Magna-ma-de-Solaco. »
Il existait quelques chemins auxquels on ne donnait pas de nom particulier; on les désignait ainsi : chemin qui conduit de à : « Petrus
» Rampnulphi débet, pro vinea que est in via que ducit versus pontem » deu Guy, loco vocato apud Aviderium Sancte-Crucis » [C. de l'A. — Arch. mun.]. — « Vente par Pierre de Gabarat à Martin de Listrac d'une » pièce de vigne située dans la paroisse de Saincte- Croix, le long du » chemin qui conduit aux Menudes. » Ce dernier extrait d'un titre de 1351 [Inv. Ste-Cr.] n'est pas assez précis pour nous apprendre si ce chemin passait dans la ville ou hors des murs; nous savons seulement qu'au xvie siècle, il existait un chemin public passant dans l'intérieur de la ville et conduisant du portail de l'église Sainte-Croix à l'hôpital de La Peste (voir porge de YBospitau de La Pesté) ; ce chemin se prolongeait peut-être jusqu'aux Mermdes.
Nous pourrions indiquer une grande quantité d'autres chemins désignés d'une manière analogue ; mais cette nomenclature ne serait d'aucune utilité.