‹ Bordeaux vers 1450Chapitre 27 sur 79 · PLAGES · texte numérisé non relu

PLAGES

Si les rues étaient généralement étroites, les places n'étaient pas spacieuses non plus; on ne pouvait pas s'étendre dans une ville forte. Les plus grandes étaient celles du Marché, de Saint-Projet, de Saint- André et de YOmbrière.

Brayac : Plassa de Brayac; sou de Brayac; sol de Brayac, de Blayac. — Les documents que nous possédons sur cette place, qu'on appelait aussi sol, sou, son, de Blayac, de Brayac, et enfin à Brayac [Inv. S^And.], ne nous permettent pas d'assurer si elle se trouvait à l'extrémité méridionale ou septentrionale de la rue de Brayac. Ils disent, en 1341 : « Une » maison en la ruette par laquelle ou va vers Brayac; » en 1366 : « Re- » connaissance faite au chapitre d'une place près la place de Brayac; » en 1367 : « Reconnaissance faite au chapitre d'une place sive sol sciz au » lieu appelé sol de Blayac; » et enfin, en 1381 : « Reconnaissance au » chapitre d'une maison seize en la rue par laquelle on va de rue Cas- » tillon vers le sou de Blayac, paroisse de Puy-Paulin. » Comme la rue Castillon s'étendait du bout de la rue Margaux à la rue Porte-Pif eaux, et que, dans cet endroit, ces deux dernières rues faisaient partie de la paroisse Puy-Paulin, on ne peut dire quelle était celle qui est désignée dans ce texte. Cependant il est certain que la place de Brayac se trouvait à l'ouest de la rue de Brayac, parce que cette rue séparait la paroisse de Saint-Mexent de celle de Puy-Paulin, et que la place de Brayac était située dans cette dernière paroisse.

Ganteloup : Plassa de Canteloup; place de Pey-Moton; place de Canteloup (4, 22). — Nous ne savons si cette place portait le même nom au xve siècle; nous ne connaissons que deux documents qui nous la signalent. Le premier de 1644 est une reconnaissance d'une vieille maison située en la place de Canteloup [Inv. Ste-Cr.]. L'autre, de 1651

[Bénéf. S^Mich.], lui donne le nom de place de Pey-Moton, et s'exprime ainsi : « Une maison en la place de Pey-Moton (place de Canteloup). »

La Crabeyra : Plassa de La Crdbeyra ; place de La Crdbarie, de La Cabrerie (6, 21). — Cette place était située, suivant un acte de 1491 [Terr. Bos.], sur le bord des fossés de Porte-Bouaueyre : « L'ostau et •» place de La Crdbarie, qui era sus lofossat debant la porta deu conbent » deus Frais-Menuts. »

Nous croyons qu'elle occupait l'emplacement de la rue de I'Observance.

La Gorderia : Plassa de La Corderia (12, 22). — Elle était, à ce qu'il paraît, vers l'extrémité nord-ouest de la rue du Burga; elle disparut lors de la reconstruction du cliâteau Trompette [Mais. dém.]. Elle devait occuper à peu près l'emplacement du cours de Tournon et des maisons qui sont entre le bout méridional de la rue Boudet et du cours du Jardin-Public.

Landiras : Plassa de Landiras. (Voir oustau de Landiras.)

Sent-Andriu : Plassa de Sent-Andnu; platea Sancti- Andrée, place Saint-André; place Pey-Berland (partie de la) (9, 19). — Cette place existait dès l'an 1262 : « Item, dicimus quod platea Sancti-Andree est » paduentum » [Liv. Bouill., p. 370]. Elle était située derrière l'abside de la cathédrale et bornée, au sud, par des maisons et par le clocher de Pey-Berland, à l'est, par les églises de Saint- Sauveur et de Notre- Dame-de- La- Place, et, au nord, par une ligne de maisons qui se dirigeaient depuis la façade de cette dernière église jusqu'au Doyenné.

Senta-Crotz : Plassa de Senta-Crotz; place de Sainte-Croix; pradeau du Moulin; place du Moulin (1, 23). — Cette place est celle que l'on appelle maintenant place du Moulin. Elle est signalée dans les extraits suivants [Inv. Ste-Cr.] : en 1331, « Bail à fief consenti par l'abbé de Sainte-Croix en » faveur d'Eymar de La Molina, d'une maison en la sauvetat de Sainte- » Croix, entre l'yme mer et la place de l'abbé et du monastère. » Entre la rivière et le monastère il n'y avait que la place qui s'étendait devant le moulin. En 1574 : « Vente par Jacques Vincens à Estienne Brutin d'une » chope ou estable en la place Sainte-Croix, au-devant le moulin dudit lieu. »

BORDEAUX VERS 14 50. Iftl

Sent-Elegi : Plassa de Sent-Elegi, de Sent-Jacmes, de V Oustau-de- Bïla, deu May; place de Saint-Eloy, de Y Hôtel- de -Ville; cours des Fossés (partie du) (6, 21). — Cette place était devaut la porte Saint-Eloy , au bout oriental des fossés de VHôtel-de-Ville.

Sent-German : Plassa Sent-German; place de Tourny (13, 22). — Cette place est occupée maintenant par celle de Tourny. Nous ne savons si elle existait au xve siècle; les documents que nous avons trouvés concernant cette place sont tous postérieurs à cette époque.

Sent-Pey : Plassa Sent-Pey; place Saint-Pierre (8, 23). — Le Livre des Bouillons, p. 369, s'exprime ainsi : « In primis, dicimus quod portus et » platea Sancti-Petri, prout extenduntur a domo Ruffati Viguerii usque » ad turrem novam de Tropeyta, prout sunt extra muros, usque ad ymum » maris, sunt paduentum. » Cet extrait est daté du 29 octobre 1262. Nous trouvons encore dans le même ouvrage (p. 249) que, cent vingt ans plus tard, le 28 octobre 1392, Jean, duc de Lancastre, concéda aux maires et aux jurats de Bordeaux le droit de bâtir « es places de Sainct-Progeit, » porte Bequeyre, de l'une coste et de l'autre, a la porte Seint-Elegi, a la » porte des Carmes et a la porte de Les Eyres, a Porte-Medogua, dedeinz » et defors, et en la place de Saint-Piere »

Par cette dernière citation, nous voyons que la place Saint-Pierre existait encore à la fin du xive siècle, et par la première qu'elle ne pouvait être située qu'à l'est de l'église et sur le bord de la rivière. Le maire et les jurats profitèrent de l'autorisation qui leur était accordée, et c'est probablement depuis lors que disparut l'ancienne place Saint-Pierre, située hors des murs romains, entre ces murs et le fleuve, depuis la Devise jusqu'au ruisseau de la fontaine de Tropeyte. Cette place fut remplacée par des maisons que les magistrats municipaux donnèrent à fief.

Sent-Projeyt : Plassa de Sent-Projeyt; platea Sancti-Proj ecti ; place de Sainct-Progeit; place Saint-Projet (9, 21). — Cette place existait dès 1392 [Liv. Bouill., p. 249] ; elle était située au nord de l'église Saint-Projet et occupait à peu près l'emplacement de la place qui porte encore le même nom, puisqu'elle était au bout oriental de la rue de Guillaume- Arnaud- Monader (rue des Trois-Conils), ainsi que nous l'apprend le texte suivant

[C. de l'arch.] : « que ducit directe a porta Sancti-Andree, versus

» quadrivium in platea Sancti-Projecti; » et au bout occidental de la rue Saint- Symêon. (Voir cette rue, p. 303, et carrefour Saint-Projet.)

Umbreyra : Plassa de YUmbreyra; platea de Y Ombreyra, Umbrerie; place de YOmbricre; platea Burdegale, place Brutus; place du Palais (7, 22). — Cette place est signalée, dès l'an 1262 [Liv. Bouill., p. 370J, en

ces termes : «Item, dicimus quod portus et platea de YOmbreyra et

» prout extenduntur a domo Guilhelmi Artus usque ad esterium, et a domo » que fuit Pétri de Ebradi, et a domo prepositure de Umbreria usque ad » ymum maris, sunt paduentum. » Et ailleurs [p. 28] : « .... infra plateam

» Umbrerie Burdegale, coram Castro Burdegale » Elle s'étendait, à

l'est du château de YOmbricre, jusqu'à la Garonne avant la construction des remparts qui bordaient le fleuve, et jusqu'à ces remparts après leur construction. On l'appelait place du Palais au xvnr3 siècle; pendant la première République on l'a nommée place Brutus. Ce nom a été remplacé par celui qu'elle avait auparavant.

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