PAROISSES
Nostra-Dona-de-La-Plassa : Chapelle des Irlandais (p. 145). — Le nom de chapelle des Irlandais était donné, au xvme siècle, à l'église de Notre-Dame-de-La-Place.
Sent-Remedy : Parropia Sent-Arromedy (p. 149). — La paroisse de Saint- Remy, que l'on appelait dans certains textes du moyen âge Sent- Arromedy, s'étendait, au nord, jusqu'à la Jolie de Blanquefort. On lit, en effet, dans un contrat retenu par Rideau, notaire royal, que Léonard- Casimir Le Comte, captai de La Trêne, vend, le 14 mai 1776, à dame Louise Lebon, veuve de Christophe Caila, écuyer, « une metayrie appellée » de François, scittuée dans la Pahi, marais dudit Bordeaux, parroisse » Sainct-Remy de laditte ville,.... confrontant, du levant, à la rivière de » Garonne...., du nord, à la rivière de la Jallere » [Arch. La T.]. Il est probable que ces limites étaient les mêmes au xve siècle.
Senta-Crotz (p. 150). — Nous avons avancé plus haut (p. 148) que les limites de la paroisse Saint-Michel s'étendaient dans la campagne; c'était une erreur, car depuis nous avons trouvé des textes nous indiquant les limites exactes de la paroisse Sainte-Croix, et prouvant que celle de Saint-Michel était bornée, au sud, par les murs de la troisième enceinte, depuis la rue de Las-Sos-Menudas jusqu'à la porte du Miralh. Les limites assignées à la paroisse de Sainte-Croix, du côté du sud, furent confirmées, à la fin du xne siècle, par Guillaume, archevêque de Bordeaux, à propos d'un procès existant entre les chanoines de Saint-André et Gérard, abbé de Sainte-Croix (*). L'archevêque déclare qu'ayant fait faire une enquête, il lui a été prouvé que, depuis quarante ans au moins, le couvent de Sainte- Croix jouissait paisiblement de tous les droits paroissiaux dans le territoire dont les limites partaient de la maison de Bonet de Rions, sur le bord de la
(') Guillaume était archevêque de Bord, aux en 1173, et Géraud fut abbé de Sainte-Croix jusqu'en 1178 au moins.
Garonne, jusqu'au ruisseau qui est appelé YEstey-Majou, après la terre du Fresne; et, du côté de l'occident, de la haie qui est contre le bourdieu et le sol de Vivien, de Sainte-Croix, jusqu'à l'embranchement des deux
chemins conduisant à Ladors, au delà du Peyrat : « a domo videlicet
» Boneti de Rions, supra littora maris, usque ad esterium quod ultra » terram Fraxini est, scilicet, Ester-Major; et, a parte occidentali, a » spineto quod est juxta bordellura et aream Bibiani de Sancte-Crucis, » usque ad bivium euntibus ad Ladors, quod est ultra lo Peyrat. »
Dans un autre procès qui eut lieu en 1G35, nous avons trouvé les limites complètes de la même paroisse ; c'est dans un extrait du procès-verbal fait par les commissaires qui accompagnaient le procureur de l'abbé de Sainte- Croix, chargé d'indiquer les limites et de poser des piquets dans les principales stations : « Ledict Thion a dict, au nom du syndic, qu'il est tout » prest de faire ladicte montre, et, à ces fins, avoir desjà posé son premier « picquet, au-devant ladicte porte Vieille qui estoit autrement appellée la » porte du Mirailh, autrement des Vieilles-Menudes, laquelle est entre la » porte Sainct- Julien, et le boulevart Sainte- Croix ; et, dudict premier » picquet, tirant du nord vers le midi, nous a conduict environ à deux » centz pas d'iceluy, dans un chemin qui faict fourche, dont l'une partie » vient de la porte Sainct- Julien, et l'autre de ladicte vieille porte du » Mira-il; et, dudict second piquet, allant toujours du nord vers le midy, » nous a conduict, par le grand chemin, jusques au pont appelle de La » Pour (Ladors) et au ruisseau qui vient du moulin à!Ars, et s'en va » tomber dans le ruisseau du Moulin-Saincte-Croix ; sur lequel pont, et au
» milieu d'iceluy, il a posé son troisiesme piquet Le dict Thion nous
» a dict que les limites de ladicte parroisse Saincte- Croix suivaient le fil » de l'eau qui passe sous ledict pont et vient, du moulin û'Ars, dans le
» ruisseau de Saincte- Croix; et nous a conduictz dudit troisiesme
» picquet, tournant du soleil couchant vers le soleil levant...., à l'endroict » où est la fontaine Sainct-Vincent, où il a posé son quatriesme picquet; » et parce qu'il a esté impossible de passer plus avant le long dudict ruis- » seau, jusques à l'endroict où ledict ruisseau se fond et se rend dans » l'estey Saincte- Croix, nous a employé pour cinquiesme picquet, le bord » dudict ruisseau, et l'endroict où lesdictz deux ruisseaux se joignent » ensemble....; et a dict que l'estendue de ladicte parroisse, retournant du » midi vers le nord, et traversant le ruisseau et estey de Saincte- Croix, » s'estant jusques à un fossé qui fait séparation du pred appelle de Sainct-
» Ugean, et d'un autre pred appelle le Prat-pudent, qu'il a 'dict estre de » son fief; lequel fossé se rend dans l'estey appelle Majour, et, de là, dans » la rivière de Garonne; sur le bout duquel fossé, vers le couchant, et » joignant l'estey Saincte- Croix, il a posé son sixiesme picquet; et, parce » qu'il nous a esté impossible de passer le long dudict fossé, a employé, » pour limites, du costé du midy, en cet endroict de ladicte parroisse de » Saincte- Croix, ledict fossé et ledict Estey -Majour, jusques au bord de » la rivière de Garonne, faisant ledict Estey -Majour séparation de la » parroisse de Begles et de la parroisse de Saincte-Croix ; et, ce faict, a » dict que les limites de ladicte parroisse, tirant du midi vers le nord, » s'estandent le long de la rivière de Garonne, depuis ledict Estey- » Majour jusques au quay de ladicte ville de Bourdeaux, et jusques à » la rue appellée de Car~bonneau; et, de là, traversant ladicte rue, se rend » jusques à l'antienne porte du Mirait autrement des Vieilles- Menudes, à » Tendroict de laquelle il a posé son premier picquet » [Terr. Ste-Cr., 1465-16461.
SA V VETES
Sent-Andriu : Magestat Sent-Andriu (p. 151). — Nous avons dit (p. 146) qu'on donnait à l'église Saint-André le nom de Majestat ou Magestat; le texte suivant, daté du 10 février 1387, prouve que la sauveté de Saint-André s'appelait aussi la Magestat : « Fort de Labal, clerc,
» notari public, demorant en la Magestat Sent-Andriu de Bordeu »
[Terr. Sl-Seur., 1322 à 1427].
Senta-Crotz : Saubetat de Senta-Crotz. — Par suite de nos nouvelles recherches, nous croyons pouvoir affirmer, que la sauveté et la paroisse de Sainte-Croix avaient, toutes deux, les mômes limites.