‹ Bordeaux vers 1450Chapitre 60 sur 79 · MAISONS · texte numérisé non relu

MAISONS

Abbas-de-Sent-Salbador-de-Blaya (p. 437). — H. Lopes [Liôv. Sl-And.] donne la liste des différents propriétaires de la maison de l'Abbé de Saint-Sauveur de Bïaye, depuis messire Eymery Constantin, dernier abbé qui l'ait possédée, vers 1463, et jusqu'en 1685. Cette maison, suivant Lopes qui confirme l'exactitude des textes déjà cités, était pourvue d'une galerie et faisait le coin des rues de Lartigue et Judaïque. A Eymery Constantin succéda Johan de Brosseronde; à celui-ci, Etienne Rodier, prêtre; la maison appartint ensuite à Pierre Moreau, procureur en la cour; puis au gendre de ce dernier, Arnaud de La Fargue, procureur en la cour, et à Jeanne Moreau, sa femme; vint après Jacques d'Eydie, receveur

provincial des rentes constituées en Guienne; et enfin Jacques d'Eydie, conseiller du roi en la cour des Aides.

Arnaud-Miqueu : Oustaus cV 'Arnaud- Miqucu (p. 439). — Arnaud- Miqueu, bourgeois et jurât de Bordeaux, commandant des milices bourgeoises en 1421, devait posséder des maisons dans la rue qui portait son nom (voir p. 175); il en avait aussi une, en 1439, au bout occidental de la rue du Far, à côté de celle de Tronque de Bourbon, veuve de Jean de Jales, chevalier, ainsi qu'il résulte du titre suivant, daté du 4 mai 1439 : « Conoguda causa sia que la nobla doua madona Trenqua de Borbon, » bepda, molher qui fo deu noble homme mossen Johan de Jales, caua-

» ley...., reconogo que era a et ten (deu capitre de Sent-Seurin)....,

» tôt aquet hostau en que a doas estagas, ab lo casau et yssida qui es de » part detras...., en la parropia de Fcnta-Fvlalia de Bordcu, en la rua » apperada deu Far; ayssi curn es entre l'hostau et casau de Arnaud » Miqueu, borges de Bordeu, d'una part, et lo camin comunau deuert » occident, d'autra part; et dura et ten en long de la rua de part dauant, » de l'un cap, entro au mur de la bila, lo camin comunau entre mech, de » l'autre cap....; loquau auantdeit hostau...., l'auantdeyta Trenqua de » Borbon aue agut de Johanna de Treulon, molher qui fo de Arnaud » Descambit, borges de Bordeu » [Terr. S'-Seurin].

Eyquem : Oustaus d? Eyquem,; maisons de la famille Eyquem (p. 446). — Nous avons vu que les Eyquem ou Ayquem, ancêtres de Michel de Montaigne, possédaient, au xve siècle et au xvie, de nombreuses maisons à Bordeaux; qu'une des deux tours, situées à l'embouchure du Peugue, était nommée tour ^Eyquem de Montaigne; et qu'une rue, connue auparavant sous la dénomination de rue de Sarlat ou de Jolw.n- Lopays fut appelée rue de Montaigne à cause des maisons qu'y possédaient les Eyquem. Quelques actes insérés dans les terriers du chapitre de Saint-Seurin constatent en outre qu'au commencement du xve siècle, un Gaillard Eyquem, bourgeois et marchand de Bordeaux, habitait la paroisse de Saint-Michel , probablement dans la rue de La Ronsselle, et possédait, en 1414, une maison dans la rue qui, de la porte de VOme-de-Casse, se dirigeait vers la tour à'Audeyoïe, en suivant le bord de la rivière; et qu'il en avait une autre, en 1438, dans la rue qui, de la porte de La Grave, se dirigeait vers la Fusterie; qu'enfin, en 1433, les

héritiers de Guilliem Ayquern en avaient une dans la rue du Far-de-Lesjparre. Voici des extraits de deux de ces actes; le premier est daté du 10 mai 1414, et le second du 15 février 1433 : « Conoguda causa sia que » Galhard Ayquem, mercliant de la parropia de Sent-Migueu et borges

y> de Bordeu...., reconogo que ed a et ten...., deu capitre de Sent-

» Seurin...., tota aquera maytat, per no deuis, de tôt aquet hostau o » chay...., qui es en la parropia de Sent-Remedi de Bordeu, en la rua » publica qui ba, de l'ostau de Bernard de Corn, bert la tor à'Audei/oïa....;

» et dura et ten en lonc de la yma de la mai* de part dauant » —

« tôt aquet hostau...., en la parropia de Sent-Pey de Bordeu, en la

» rua apperada deu Far-de-Zesparra, ayssi cum es entre l'ostau deus

» hereteys de Guilliem Ayquem , et dura et ten en long de ladeita

» carreira, de part dauant, de l'un cap, entro au casau de Johan de Cale, » de l'autra cap. »

Maderan : Oustaus de Maderan; maison de la famille de Maderan. — Un acte du 28 janvier 1415 prouve que la famille de Maderan, descendant du notaire Pierre de Maderan, fondateur du couvent des Chartreux (voir p. 355), avait une maison située dans la rue Porte-Dijeaux .- « Cono- » guda causa sia que Francesa Bruaya, molher de Arnaud de Maderan qui » fo...., de la parropia de Sent-Arromedi de Bordeu, tutayritz donada per » l'ondrable et discret senhor mossen l'officiau de Bordeu, à las person-

» nas de Eamon de Maderan, de Guiraud de Maderan et de Pey de

» Maderan, filhs pupilles et hereteys deudeit Arnaud de Maderan, de

» ladeita parropia de Sent-Arromedi...., reconego que losdeitz Ramon

» de Maderan, Guiraud de Maderan et Pey de Maderan an et tenen en

» comun et per no deuis, deu dean et capitre de Sent-Seurin de

» Bordeu...., tôt aquet hostau, ab lo forn qui es dedentz...., en la parropia » de Nostra-Dona- de- Pvxli- Paulin, en la carreria per laquau hom ba » de la forcada de Font-Joyn, bert porta Digeus. » Un autre titre du 25 novembre 1420 signale, comme appartenant à la même famille, une

maison située dans la paroisse Saint-Remi .- « hostau...., en la parro-

» pia de Sent-Arromedi, en la gran carreyra apperada de Sent-Arromedi,

» ayssi cum est entre l'ostau deus hereteys de Arnaud de Maderan

» notari public » [Terr. S^Seurin].

Pour donner au lecteur l'idée de ce qu'étaient, dans certains quartiers, les agglomérations de maisons, nous donnons ici deux plans qui existent en grande dimension aux Archives départementales, et représentant la partie de la paroisse de Sainte -Croix, située au nord-ouest de l'abbaye. Ces plans, où toutes les maisons sont indiquées, ont été exécutés au xvme siècle. Ils sont complétés par des légendes extraites d'actes anciens, et inscrites sur l'emplacement des maisons.

Dans le premier de ces plans [PL mss., n° 135], dont voici la réduction, sont tracées les rues du Moulin- de-Sainte- Croiœ (p. 252), d' Arnaud- de-

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Laubergaria (p. 174), de Nacamn (p. 254), des Galleres (p. 240) et de La Fusterie (p. 233). Les légendes qui le couvrent ne sont pas datées; mais les noms qu'elles contiennent et quelques autres particularités prouvent que ces légendes sont extraites de documents du commencement du

xve siècle, au moins, et qu'ainsi nous avons l'état du quartier vers cette époque.

Le Plan a pour titre : « Plan carte du terrein sur lequel sont bâties nos » raffineries. » Les numéros, placés dans cette réduction, correspondent aux légendes suivantes, inscrites à la même place, dans le dessin original.

1. — « Colinus de Valentinas débet celerario 3 s. 4 d. 8 d., à la chapelle » de l'abbé, et 12 s. au pitancier, ratione cujusdam soli, inter murum » viridarii, ex parte una, et solum Vitalis Gaufridi, de Sancto-Macario, » ex altéra; plus un bian. Vicentius Conquas, même confrontation. »

2. — « Vitalis Gaufridi, de Sancto-Macario, débet celerario 12 d. et » unum bianum, ratione cujusdam soli, inter solum predicti Colini de » Valentinas, ex parte una, et domum Pétri deu Luco, ex altéra; et durât » in longum a carreria usque ad solum Johannis de Insula, tinctoris. »

3. — « Joliannes de Insula, tinctor, débet 2 sol. pitanciario, ratione » cujusdam soli, inter issidam domus Pétri deu Luc, ex parte una, et » solum Colini de Valentinas, ex altéra; et durât in longum a carreria » publica usque ad solum Vitalis Gaufridi, de Sancto-Macario. »

4. — « Petrus deu Luc, de Bazas, débet 12 den. celerario, 12 d. piscio- » nario, 12 d. capelle abbatis, et unum bianum, ratione domus quam » habet inter solum predicti Vitalis, ex parte una, et domum Raymondi » Augerii, ex altéra; et durât in longum ex una carreria usque ad aliam. »

5. — « Ramundus Augerii débet n solidos celerario, xvm den. piscio- » nario, et n sol. capelle abbatis, et unum bianum, ratione cujusdam » domus et medii soli quam habet inter domum predicti Pétri deu Luco, » ex parte una, et domum quam Arnaldus Barrani tenet a Seguino » Carpentarii, ex altéra; et durât, in longum, ab una carreria ad aliam; » et médius solus durât a carreria usque ad exitum domus Arnaldi » Barrani. »

6. — « Seguinus Carpentarii débet xn den. piscioniario et xxn den. » capelle abbatis, ratione domus quam habet inter domum sive solum » predicti Raymondi Augerii, ex parte una, et solum Guillelmi Augerii, » ex altéra; et durât in longum a parte carrerie, a parte anteriori, usque » ad solum Pétri de Saubiolas et Alemane Guilhem, ex alio capite. »

7. — « Petrus de Saubiolas débet 4 solidos pitanciario, ratione dimidii » soli, inter dimidium solum Alemane Guilhem, ex parte una, et solum » Raymondi Augerii, ex altéra; et durât, in longum, a carreria publica » usque ad domum Seguini Carpentarii. »

8. — « Alemana Guilhero. débet un solidos pitanciario, pro quodam » diniidio solo quod est inter solum Guillelmi Augerii, ex parte ima, et » dimidium soluni Pétri de Saubiolas, ex altéra; et durât in longum a » carreria publica, ex uno capite, usque ad dornum Seguini Carpentarii, » ex altero. »

9. — « Guillelmus Augerii débet xn den. piscionario, et 12 d. cappel- » lanie abbatis, ratione soli quem liabet inter dornum predicti Seguini » Carpentarii, ex parte una, et soluni Guillelmi de Maserolis, de Cambes, » et Pétri de Luco, de Bauregio, ex altéra; et durât in longum ab una » carreria usque ad aliam. »

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