‹ Bôrô-Boudour dans l'ile de JavaChapitre 11 sur 33 · QUATRIÈME GALERIE; PAROI POSTÉRIEURE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME GALERIE; PAROI POSTÉRIEURE

MontODS maintenant à la galerie suivante, c'est-à-dire à la quatrième ; nous trouvons de nouveau une seule série de bas-reliei8 ornant la paroi postérieure , et nous demandons à examiner cette série en suivant Tordre que nous avons suivi jusqu'ici , c'est-àdire en allant de droite à gauche. Nous avons déjà dit plus haut, page 83, que toute la série se compose de quatre vingt» huit bas-reliefs, qui tous ont été dessinés et que nous retrouvons sur les PU. CCCIII jusqu'à CCCXLVI.

Après que nous avons donné la description détaillée des bas-reliefs des galeries antérieures, il ne nous paraît pas absolument nécessaire de nous arrêter à chacun des bas-reliefs de cette galerie; pour abréger nous nous bornerons donc à donner un résumé général des tableaux et à les classer dans quelques catégories principales.

Ce qui saute immédiatement aux yeux, c'est que le sujet général est ici encore: des hommages rendus à des princes qui se distinguent en partie seulement par l'auréole; ces mêmes hommages sont aussi rendus à des temples fermés en partie, ou dont l'intérieur nous est représenté; dans ce cas-là nous y découvrons les objets auxquels, à proprement parler, les hommages sont destinés.

Ce qui est très remarquable, c'est que cette galerie ne nous offre pas des images proprement dites du Bouddha; c'est cinq fois seulement que nous reconnaissons le Bouddha lui-même, ou plutôt encore ses saints Bhikshous, dans les principaux personnages qui, assis dans un petit temple, reçoivent les hommages d%la foule qui les entoure , assise ou debout. Les cinq tableaux en ques-

tion se trouvent PI. CCCIX. 14; CCCXXV. 45; CCCXXVIII. 51; CGCXXX. 55 et CCCXXXl. 58. Quant à la calotte , bien qu'elle présente encore une ou deux élévations au-dessus du sommet de la tête, elle nous fait songer plutôt à des Bhikshous qu'à des Bouddhas proprement dits.

La plupart des personnages qui sont Tobjet d'un culte religieux sont des princes, assis dans un édifice quelconque; ceux qui les visitent sont également des princes ou du moins des hommes de condition. Les princes de ces doux catégories sont presque tous ornés de l'auréole. Sur la pi. GGGVIU. 12 le prince se distingue en outre par l'objet en forme de croissant qui s'é|^ve derrière le cou. Il arrive aussi que deux princes, assis dans la même pièce, reçoivent ensemble les hommages; voilà, par exemple, un cas qui se présente sur le n°. 15, PI. GGGX, où l'un des deux princes seulement est orné de l'auréole, c'est-à-dire celui qui seul aussi s^entretient avec les assistants; l'autre est assis à côté de lui dans une attitude attentive, portant une branche de fleurs à la main. U arrive aussi quelquefois que celui qui présente les hommages se trouve dans le même édifice que celui qui les reçoit, comme par exemple: PI. GGGVIII. 12; PI. GCGXXIL 40; GGGXXXV. 65. Dans la plupart des cas ces personnages sont assis sur des trônes pourvus d'un dossier et dont le siège est couvert d'un tapis qui retombe sur le devant, quelquefois d'un coussin travaillé avec goût; souvent aussi le siège est couvert du coussin de lotus, comme par exemple: PI. GGGIIL 2; GGGIV. 3; GGGVI. 8; GGGVII. 9; GGGVIII. 12; GGCXL 18. Quelquefois les deux personnages sont assis chacun dans un édifice séparé; dans ces cas le plus grand des deux édifices est décerné au prince qui reçoit; voyez, par exemple: PL CGGXI. 18 et GGGXII. 19; sur ce dernier bas-relief celui qui rend visite est assis dans un pendopo avec quelques-uns de sa suite. Nous remarquons encore par rapport au premier de ces deux tableaux, que celui qui reçoit la visite n'est pas orné de l'auréole, tandis que celui qui la rend en est pourvu; par C(M)tre, ce dernier est assis sur un coussin ordinaire, tandis que le oousftin de lotus, sur lequel l'illustre hôte est assis, semble

réclamer pour ce dernier sinon un rang plus élevé, au nnoins un plus haut degré de sainteté. Le saint prince reçoit aussi quelquefois les liommages et les cadeaux qu'on lui destine, assis en plein air sur un coussin que soutient un piédestal carré, comme cela se voit par exemple, sur les PU. GGCXVII. 29 et

cccxxxvm. 72.

Ailleurs nous voyons présenter les hommages tout près d'un édifice dans lequel sont assis sept personnages, qui ne se distinguent par aucune marque de rang ou de sainteté, et quUl est difficile, par conséquent, de prendre pour les objets mêmes des hommages. Il faudrait chercher plutôt cet objet dans une image de Bouddha assis , taillée au milieu de la façade au-dessus de la corniche du bâtiment, PI. CCCXIX. 34.

Ce ne sont pas seulement des religieux, des princes ou d'autres personnages de condition auxquels on rend ainsi un culte sur les bas-reliefs de cette galerie. Il arrive' souvent, et voilà ce qui distingue nos bas-reliefs de ceux des autres galeries, que l'objet des hommages rendus est un temple, ou encore les objets placés dans ces temples, et qui méritent cet honneur, soit à cause de leur prix réel, soit à cause de leur valeur symbolique; ces objets sont rendus alors visibles par la suppression du mur extérieur. Des tableaux de ce genre se voient , par exemple : PI. CCCIV. 4; CCCV. 6; CCCVI. 7; CCCVIII. H; CCCIX. 13; CCCXII. 20; CCGXIII. 21, 22; CCCXIV— CCCXVI. 24—28; GCCXVIII et GGGXIX. 31—33; GGGXX— GGGXXIl. 36—39 etc. Ces temples sont gardés souvent par un homme armé, assis tout près de ces édifices, comme par exemple, PI. GGGIV, 3, 4 et PI. GGGV. 5. Si le mur de la façade n!a pas été supprimé en entier ou en partie, il s'y trouve de portes brisées, fermées souvent , entr'ouvertes quelquefois , et auxquelles un certain nombre de marches ouvrent l'accès ; voyez , en dehors des planches que nous avons signalées tout à l'heure, PI. GGGIX. 13. Il faut supposer probablement que les trois autres façades ont aussi une entrée semblable fermée par une porte; car la PI. CCCV. 6 nous montre un saint prince entrant dans l'édifice par un passage dans la façade latérale. Observons, à propos de ce dernier

tableau, que Tartiste, forcé d'observer un peu la proportion entre l'entrée et la personne qui doit y passer, a dû donner à cette ouverture une dimension énorme en comparaison de la façade dans laquelle elle a été faite ; il va sans dire que la façade latérale doit s'accorder parfaitement avec celle de devant.

Une seule fois, PI. CGCXVII. 30, nous voyons un arbre symbolique dans le genre de ceux que nous avons décrits plus haut , mais composé d'une manière beaucoup plus capricieuse encore, placé derrière ou peut-être sur un autel, et figurant ainsi comme un objet de culte.

Nous ne sommes nullement surpris de rencontrer ici encore un grand nombre d'esprits célestes , planant sur les nuages ou volant dans l'air, ni de trouver parmi eux des Gandharvas, comme par exemple: PL GCGV. 5; GGGIX. 14; GCGXlll. 22; GGCXIV. 24; CCGXV. 26; GGGXVl. 27, 28; GGGXVll. 30; GGGXXVIII 52; CCGXXXV. 66; GGGXL. 75; GGGXLII. 80. Nous ne sommes pas plus étonnés de voir que les arbres symboliques prennent d'ordinaire ici la place des arbres naturels.

il y en a quelques-uns parmi les tableaux de cette série qui ne rentrent pas dans l'idée générale que nous y avons trouvée. Le n*. 47, PI. GGGXXVl nous montre un temple, dans lequel un saint prince se soutient sur la jambe gauche entre deux autels sur lesquels l'encens est allumé. La jambe droite relevée de travers devant] le corps, se trouve ainsi dans la même position que les deux jambes croisées des Bouddhas assis; les mains sont serrées l'une contre l'autre et les bouts des doigts élevés devant la poitrine. Des esprits de l'air planent au-dessus du temple , tandis qu'à droite de cet édifice est assis un roi avec sa suite; à gauche se trouve un autre prince, accompagné de sa suite et muni de tous les insignes de sa dignité, orné en outre, tout comme l'autre, de l'auréole; ce dernier est à genoux et apporte une offrande de parfums allumés. Peut-être faut-il voir dans ce tableau ce qu'on appelle une pénitence, c'est-àdire un acte par lequel on pouvait acquérir un degré supérieur de sainteté ; mais alors cette scène serait la seule de son genre sur tout le monument de Bôrô-Boudour ; nous avouons néanmoins qu'il

est provisoirement tout aussi diffîcile d'expliquer sa signification, que de lui trouver un rapport quelconque avec le reste des tableaux.

Le bas-relief ii , PI. CCCXXIV nous montre deux saints princes qui se rencontrent en route; on dirait que Tun d'eux, dont la suite porte des anneaux et d'autres objets précieux derrière lui, et qui compte parmi ses serviteurs un de ces gardiens farouches que nous avons déjà rencontrés plus haut, s'apprête à distribuer des cadeaux aux serviteurs de l'autre. Des colliers de perles qui, sortant dos nuages, sont suspendus au-dessus de la tôte de ces derniers, se ra|)porlent à la richesse qui les attend. Il est assez remarquable que quelques personnes dans la suite des deux princes portent de petits parasols très simples, qui servent sans doute l\ leur usage personnel et qui ne sont pas de simples insignes de leurs maîtres.

La PI. CGCXXXV. 65 interrompt la série de tableaux ordinaires par une scène tout à fait particulière. Nous y voyons un couple dansant, homme et femme ') , ayant l'un et l'autre la jambe gauche relevée vers la jambe droite, tandis que la tête est penchée plus ou moin en arrière , et que le bras droit et assez gracieusement tourné vers le cou. Les ornements, tout comme la coiffure, sont très simples; la partie inférieure du basrelièf est trop endommagée pour nous faire porter un jugement exact sur le costume des deux personnages; nous inclinerions à penser que la femme porte un sarong, l'homme un pantalon, rattachés l'un et l'autre par un lien à la hauteur des hanches. Deux personnages assis accompagnent la danse en jouant sur de petites flûtes traversières , un troisième personnage (qui a disparu maintenant en grande partie) y joint probablement le son d'un tambourin, tandis que cinq femmes qui se tiennent debout renforcent cette musique en frappant des instruments de métal qui ont la forme de gobelets.

Le bas-relief qui suit immédiatement ce dernier et qu'on

1) La ressemblance qn"*!! y a dans le costnroe et dans les attributs des deux personnages noas ferait songer plutôt à deux femmes dansantes, si du moins nous pourons admettre que le dessinateur ait néglige' d^indiquer les seins sur Tune de ces deux images.

retrouve PI. CCCXXXVI. 68 , nous montre , assis au second plan derrière les principaux personnages qui se trouvent au premier, un grand nombre de ces hommes à l'air farouche et cruel , avec* leurs dents incisives sortant de la bouche comme des défenses, avec leurs cheveux ébouriffés, leurs énormes moustaches et leur barbe pointue, serrés de tous côtés les uns contre les autres. Eux aussi apportent leurs hommages et des cadeaux ou bien lèvent respectueusement les deux mains.

Ce qui est plus étrange encore ce sont les trois tableaux qui suivent. La pi. CCCXXXVII. 69 nous montre un saint prince, assis dans sa maison sur un coussin de lotus; de l'autre côté du bas-relief un autre prince est assis en plein air sur un trône dépourvu du coussin de lotus; à côté de ce dernier un autre personnage de condition se tient debout avec sa suite présentant ses hommages. Le milieu du tableau est occupé par un groupe de trois hommes dont les mains sont liées et qui se tiennent debout à côté d'un large bassin , chauffé par un grand feu et dans lequel on voit un liquide bouillant. Près de ce groupe sont deux hommes farouches, à peu près comme ceux du dernier bas-relief, armés d'un long glaive. Au-dessus des trois hommes liés s'élève un arbre symbolique, non pas composé de fleurs, de clochettes etc., mais d'un grand nombre de petits glaives droits ou de poignards disposés en forme d'éventail.

Sur le bas-relief suivant, le n». 70, même planche, d'un côté un saint prince assis dans son palais; de l'autre côté se trouve un petit temple. Au milieu du tableau se trouve un saint prince avec sa suite, debout sur un coussin de lotus et distribuant des dons , probablement des gâteaux de riz , à quelques hommes amaigris, réunis dans un lieu désert, qui lui tendent les bras; quelques-uns d'entre ces hommes ont déjà reçu leur part du gâteau.

Passons au bas-relief suivant, PI. CGCXXXVIIl 71; nous y voyons de nouveau le prince dans son petit temple, entouré d'un très grand nombre d'animaux. La scène représente une contrée boisée et rocheuse ; on y voit des lions , des tigres , des éléphants, des chevaux, des vaches, des brebis, des chèvres, des chiens.

des pourceaux, un singe et des paons, qui vivent paisiblement ensemble. Un autre saint prince s'est approché avec sa suite du séjour du premier et paraît s'entretenir avec lui.

Que faut-il penser de ces cinq tableaux? dans quel rapport se trouvent-ils avec les autres? Voilà les questions qui se présentent tout naturellement.

Ici nous sommes réduits à des suppositions. Les rois assis dans leur palais sont peut-être ici des spectateurs, des personnages de premier ordre , qui sans jouer eux-mêmes un rôle , sont témoins de Taction.

Les trois hommes liés du n^. 69 que gardent les deux hommes farouches, attendent évidemment leur châtiment; le moment approche où ils vont être jetés dans le Uquide bouillant. Il est vrai qu'ils dirigent leurs regards et qu'ils tendent les bras vers le prince qui est assis près d'eux, pour implorer sa grâce, mais ils ne réusissent pas à réveiller son attention et sa pitié, ni celle des autres saints princes; pas un de ces derniers ne trahit la moindre compassion par son regard ou par son attitude; tous ont Tair de ne pas voir ce qui ce passe près d'eux. II n'y a plus d'espoir pour les malheureux ; non seulement l'huile bouillante, ou tel autre liquide, les attend, mais raii>re qui se compose de glaives ou de poignards les menace au moindre mouvement de blessures mortelles ; s'il n'est pas plutôt le symbole des dangers sans nombre auxquels leur expose leur situation déplorable.

La Divya avadâna renferme un écrit appelé Açôka avadâna, où se lit l'histoire du roi célèbre Açôka, auquel le Bouddhisme doit beaucoup.

Une tradition concernant Açôka, qui se rapporte à la première période de son règne , lorsqu'il n'avait pas encore été converti à la doctrine du Bouddha, mérite d'être mentionnée ici, parcequ'elle peut servir plus on moins d'explication au tableau que nous avons devant nous, lors même qu'il n'y aurait aucun rapport immédiat entre l'histoire qu'elle raconte et le tableau de Bôrô- Boudour. Açoka avait nommé un farouche habitant des montagnes, Tchanda Girika, aux fonctions de bourreau, et lui avait donné un édifice dans lequel il devait exécuter les arrêts de mort et appli*

quer les difTérentes tortures. Parmi les malheureux qui entraient dans ce lieu de tourments (d'où il était impossible de sortir une fois qu'on y était entré) se trouvait aussi un reli^eux Bouddhiste, Samoudra, fils d*un marchand de Çravaptî; celui-ci fut jeté par le bourreau en présence du roi, dans une chaudière de fer remplie d'eau bouillante, de sang, ^ de graisse et d'excréments humains, et placée sur un grand feu. Mais Samoudra, qui s'était élevé par la doctrine du Bouddha à la dignité supérieure d'Arhat, résista par son pouvoir surnalurel à l'effet des flammes et du liquide bouillant; le feu s'éteignit et ne put pas être rallumé. Samoudra commença 'par s'asseoir dans la chaudière sur une fleur de lotus dans l'attitude d'un Bouddha; ensuite il s'éleva jusqu'à une certaine hauteur dans l'air, et de là il opéra un grand nombre de miracles. L'histoire se termine par la conversion d'Açôka et le châtiment de Girika, lequel fut jeté dans les flammes par ordre du prince '). Maintenant, nous n'oserions aHirmer que ce bas-relief représente un incident de l'histoire d'Açôka; mais nous croyons pouvoir songer ici d'une manière générale à un châtiment, exécuté par ordre d'un prince; à moins que l'arbre merveilleux avec ses poignards ne rende préférable d'envisager toute la scène à un point de vue symbolique. Si cette dernière acception est la vraie, il est assez naturel de penser aux châtiments qu' encourt le vice, au sort terrible réservé à l'homme qui a rejeté la doctrine du Bouddha et dédaigné le salut que le maître lui avait offert. Parmi les peines de Tenfer Bouddhiste, que l'histoire de tout à l'heure mentionne assez dans les détails *) il y en a une qui n'est pas formellement décrite à cet endroit, mais qu'on considère néanmoins comme la plus fréquente; cette peine consiste à être jeté dans une grande chaudière de fer, placée sur un feu qui ne s'étoint jamais, et remplie d'un liquide bouillant »). Il pouvait paraître assez à propos de représenter cette chaudière, et il pouvait paraître assez utile aussi d'adresser un avertissement à ceux qui visitaient Bôrô-

1) Ë. Burnonf, Introduction etc. p. 365, 372.

2) Bornouf, p. 366, 367.

8) Bumoaf, p* 644.

Boudour, en ravivant en eux la crainte des châtiments qui attendent les incrédules et du sort terrible réservé aux serviteurs infidèles.

Si nous devons voir sur ce dernier bas-relief un tableau des peines dont les méchants sont menacés, le n*'. 70 peut nous montrer la récompense qui attend les justes, ou plutôt, il renferme une exhortation à observer un des devoirs essentiels que le maître a imposés à ses disciples, le devoir de la bienfaisance envers des nécessiteux; devoir qui doit aller jusqu'à vouloir donner la vie pour l'amour des autres, si leur salut réclame ce sacrifice. Cette dernière idée nous paraît préférable, parce qu'il serait assez étrange de vouloir faire d'une distribution d'aliments le symbole général du salaire rattaché aux bonnes oeuvres; car voilà , en vérité , un salaire assez maigre vis-à-vis des peines de Tenfer qui nous ont été exposées tout à l'heure. Cette interprétation purement symbolique est également exclue par Télat de' maigreur extrême où se trouvent ceux qui sont secourus. Pour toutes ces raisons nous aimons mieux voir dans l'exemple d'un prince qui distribue des dons de charité, un encouragement à pratiquer cette vertu.

Abordons miaiintenant le rapport où ces derniers bas-reliefs se trouvent avec celui du n^'71, qui les suit immédiatement. D'après le système Bouddhiste de la métempsycose Thomme était obligé, dans le but défaire pénitence ou pour être purifié de ses péchés, de revivre après sa mort dans le corps d'un autre être, ou môme dans des objets inanimés. Cette métempsycose avait lieu en bien ou en mal , suivant que le vice ou la vertu l'avait emporté pendant la vie d'un homme; si le vice avait été plus fort, alors un animal dont le naturel s'accordait le plus avec les penchants et les défauts du pécheur, servait de séjour à son âme; si le bien avait eu le dessus, alors le défunt devait réaliser sa nouvelle existence dans le corps d'un des animaux plus nobles et plus purs. Â mesure que l'homme était devenu plus vertueux dans les périodes successives de sa nouvelle existence, il arrivait même au privilège de passer dans le corps d'un religieux , oui jusque dans le corps d'un Bouddha, pour entrer ainsi en possession du bonheur suprême.

La diversité des animaux, rassemblés autour du petit temple dans lequel le prince est occupé de sa démonstration, était faite pour poser au spectateur la question de savoir s'il voulait se préparer à une ascension , ou bien à une descente sur Téchelle de la création. Le lion, le tigre, Téléphant, le cheval, la vache, le buffle, la brebis, la chèvre, la biche, le pourceau, le singe, le perroquet, le pigeon, le paon, et d'autres animaux, se présentent à lui comme les êtres dans lesquels il doit parcourir après sa mort une nouvelle carrière; mais l'image de l'homme qui est tranquillement assis dans son temple, peut l'engager à faire un bon choix , afin que , à travers l'enchaînement des choses créées , il puisse arriver à un degré supérieur de l'existence.

C'est de cette manière que nous pourrons trouver au moins un certain rapport entre les bas-reliefs 69 —71 ; peut-être pourrions nous en faire autant des deux tableaux antérieurs, 65 — 68, lors même que le fil exact qui les relie nous échappe. Maintenant, si quelqu'un s'avisait de demander pourquoi l'artiste a donné aux tableaux que nous venons d'examiner, la place qu'ils occupent parmi tous les tableaux de la série , à l'exclusion de toute autre , — nous dirions que cette question doit rester sans réponse. Nous comprenons cependant que les avertissements et les leçons que renferment ces tableaux, aient été jugés propres à occuper une place parmi les scènes qui représentaient tant d'hommes excellents, que leurs vertus avaient élevés à une telle hauteur de sainteté, qui présentaient leurs hommages au maître, ou qui étaient jugés dignes eux-mêmes d'être l'objet d'un culte. Voilà en efiTet des avertissements et des leçons nullement déplacés dans ces endroits-là , et qui , par la place même qu'ils occupaient , pouvaient profiter à des observateurs intelligents.

Parmi les scènes de la vie ordinaire que nous rencontrons sur quelques-uns de ces tableaux , il faut compter celles qui nous représentent un prince en voyage ou en marche , comme s'il s'agissait d'une procession solennelle. C'est ainsi que le n®. 40, PI. CCCVII, nous le représente porté dans une litière par douze serviteurs, tandis qu'une foule nombreuse d'hommes armés marche devant lui et le suit en portant les insignes de sa haute dignité;

un éléphant fait partie des attributs de son rang. La PI. GGCXXVn. 50 nous montre le prince allant à pied, précédé par une grande foule d'hommes qui portent des drapeaux et des tambours , tandis qu'un éléphant chargé de cadeaux accompagne le cortège. L'état endommagé de la partie inférieure du bas-relief ne permet pas de juger du rapport qu'il peut y avoir entre le principal personnage et un autre saint prince, assis non loin du premier sous un arbre symbolique et accompagné d'un de ses serviteurs. Le rapport où ces tableaux et des tableaux du même genre se trouvent avec les autres, nous paraît assez simple et assez évident, $i du moins nous admettons pour eux ce que nous avons admis pour les bas-reliefs de la précédente galerie, c'est-à-dire si nous nous figurons les principaux personnages en route vers des lieux sacrés, pour y présenter leurs hommages ou pour prendre part à la transportation solennelle de reliques du Bouddha vers les monuments où elles seront conservées.

Car ce ne sont pas seulement des personnes ou des édifices qui reçoivent sur nos bas-reliefs les hommages du public religieux; ce sont aussi des restes du corps du maître, ou d'autres objets destinés à garder et à perpétuer sa mémoire. Nous avons déjà émis l'opinion , qu'il fallait se figurer de tels objets renfermés dans les vases ornés en forme de globes et dans les Dagobs sur les tableaux de la précédente galerie; nous pensons de même qu'il faut se figurer des objets de ce genre, quelquefois des images du Bouddha, gardés dans les temples fermés que nous trouvons sur quelques-uns des premiers bas-reliefs de cette série, notamment sur les nos S—1, PI. CCCIV— GCCVI; PI. CCCVffl. H; CCCIX. 13; CCCXIL 20; CCCXIIL 21; CCCXIV. 24 et d'autres. Là où l'intérieur des temples est accessible à l'oeil , nous pouvons nous assurer de la présence de ces objets, non pas directement, mais par d'autres objets qui se trouvent en rapport avec ceux-là. C'est ainsi que le vase qui se voit PI. CCCXIII. 22, est peut-être destiné à garder les restes sacrés; cependant le temple ouvert de la PI. CCCXV. 25 ne nous montre au milieu du sanctuaire que l'autel ou le candélabre avec l'encens allumé. Ailleurs, PI. CCCXV. 26; CCCXX. 35,36,

ce sont des flears de lotas et d'autres flears, plantées dans de gprands vases qu'on a placés en partie entre des candélabres portant l'encens allumé, qui occupent les premières places dans le sanctuaire; mais ces fleurs ne sont ici évidemment que des offirandes naturelles ou le symbole d'hommages offerts au Bouddha, à son image, ou à ses restes sacrés.

Quant aux temples eux-mêmes, nous rencontrons sur cette galerie quelques particularités qui ne sont que secondaires sur les galeries précédentes, ou bien qui se présentent seulement ici. On peut dire en général que ces édiflces sont beaucoup plus ornés sur cette quatrième galerie que sur les autres; ils y occupent une plus grande place sur les bas-reliefs, et sur plusieurs tableaux ces petits temples semblent même être les principaux objets de la scène; voyez, par exemple, PI. GGGXIII. 21; CCGXIY. U; GGCXV. 25, 26 et GGGXXII. 39, où les ornements et les attributs symboliques sont trop nombreux pour que nous essayions d'en donner une description exacte. Il nous arrive même de rencontrer des groupes de temples, comme par exemple, PI. GGGXY. 26; GGGXXII. 29 et GGGXIl. 20, où nous voyons un temple construit entre deux temples plus petits. PI. CGGXVIII. 31 nous montre un temple qui n'a pas seulement les ornements ordinaires, mais qui porte, en outre des lions assis sur son faite , et qui est entouré d'énormes pavillons , tout comme les temples du bas-relief GGGXIL 20. Parfois on dirait que l'artiste a voulu utiliser tous les coins de son tableau, et qu'il a voulu le garnir , partout où cela pouvait se faire , de fleurs placées en partie dans des vases, de draperies et d'autres ornements, parfois même de candélabres et d'autels avec de l'encens allumé, PI. GGGXY. 25. Une particularité que présentent les formes générales des temples de cette galerie , du moins sur plu* sieurs bas-reliefs, surtout à commencer par la PL GGGXYIIL 32 , consiste en ceci qu'ils ressemblent plutôt à des étages supérieurs ou bien à des combles de temples, qu*à des temples entiers; voilà une particularité qui se présente surtout sur les n^ 33, PL GGGXIX , et 35 , PL GGGXX , et sur ceux que nous avons déjà mentionDés plus haut. La prodigalité en fait d'ornements

est souvent poussée si loin qu'il en résulte les mélanges les plus capricieux. C'est ainsi que sur le bas-relief 24 , PI. CCCXiV, non seulement le temple est surchargé de toute part de fleurs , mais à côté du temple apparaissent deux Gandharvas , planant dans Tair et soutenant un dais colossal composé entièrement de fleurs et de grains de semence, tandis que les Gandharvas eux-mêmes sont encore entourés de groupes de fleurs qui flottent entre eux. Sur le bas-relief qui précède immédiatement ce dernier , un ornement plus riche encore , mais composé d'objets du même genre, s'élève au-dessus d'un saint prince qui est assis avec sa suite. Peut-être l'artiste n'a-t-il eu d'autre intention que celle de combler les lacunes qui restaient au-dessus des princi> paux personnages; mais pour réaliser son idée, il a pris des ornements qui, sans avoir peut-être eux-mêmes une signification symbolique, se composent pourtant d'éléments familiers au symbolisme.

Revenons un moment à nos temples, dont plusieurs se distinguent par d'autres particularités encore. Dans le sanctuaire que nous montre PI CCCXIIl. 22 nous voyons une grande cloche suspendue entre deux cloches plus petites, tandis qu'un grand nombre de clochettes de différent volume sont attachées au dehors de la corniche. Nous reparlerons tout à l'heure de ces clochettes; pour le moment nous nous bornons à observer qu'on s'en sert encore dans \e culte Bouddhiste et qu'on les suspend habituellement dans les temples.

Quelques-uns de ces édifices nous montrent des attributs symboliques qui rappellent plutôt les particularités du Brahmanisme, tels que le trident sur les PII. CCCXII. 20; CCCXXXVII. 60 et CCCXLIV. 83; la conque des guerriers sur le premier de ces trois tableaux; les tridents et la roue ou le disque sur la PI. CCCXXXV. 65.

Un grand nombre de temples, quelquefois aussi des palais, même un pendopo, se distinguent par les nuages qui suivent les contours de la partie supérieure de ces édifices, et qui sont représentés ainsi comme s'ils les touchaient de près. Voyez > par exemple: PI. CCCIY. 3; ensuite PI. CCCYIII. 12 jusqu'à COCXIIi.

24; CCCXXXVI. 67— CCCXXXVII. 70 ; CCCXL. 75, 76 ; CCCXLII. 80; CCCXLIII. 81; CCCXLV. 86. Il saute aux yeux que la manière dont ces nuages ont été mis ici en rapport avec les édifices, est tout à fait différente de celle que nous avons vu appliquer sur les bas-reliefs précédents. Si nous pouvions nous fier à la fidélité parfaite des dessins de M. Schônberg Miilder, nous en tirerions la conclusion , qu'en général les nuages sont très mal travaillés sur les tableaux de la paroi postérieure de la quatrième galerie; lors même que nous voudrions tenir compte des difficultés presque insurmontables que ce travail a dû présenter pour Tartiste. Pour faire ressortir les défauts de ce travail , nous pourrions renvoyer le lecteur à presque tous les bas-reliefs de cette série ; mais nous nous bornons à signaler celui du n^. 29 , PL CCCXYII. Maintenant ,^ si le dessin des nuages est en général assez défectueux, il est permis de se demander si la manière étrange dont ils ont été disposés autour des parties supérieures des temples, doit être mise uniquement sur le compte de la maladresse du sculpteur? Il nous paraîtrait au moins paradoxal de conclure de cette particularité, que ces tableaux nous transportent dans un des cieux du Bouddhisme, et que les personnages que nous apercevons dans les temples entourés de nuages, ont déjà été élevés dans le ciel à cause de leurs mérites. Nous inclinerions bien plutôt à penser qu'on a voulu glorifier ces petits temples en représentant leurs faîtes et leurs flèches s'élevant jusque dans les nuages. Mais nous préférons à toutes ces explications Tidée très simple, que ces écarts dans la forme des nuages doivent être mis sur le compte d'une exécution défectueuse; l'artiste auraît dû représenter ces nuages comme s'élevant au-dessus des édifices ou flottjmt derrière eux au loin; c'est par sa maladresse qu'il les a mis en contact immédiat avec les bâtiments.

Il faut encore fixer l'attention de nos lecteurs sur quelques bâtiments étranges qui s'écartent entièrement de tous les autres. Nous les trouvons PI. CCCXVI. 27 , 28 , sur deux tableaux qui se touchent. Le premier nous montre une espèce de temple , composé en grande partie, et sauf les pilastres et les moulures, d'orne-

ments qui paraissent être symboliques. Ce qui est très caractéristique parmi les détails de ce bâtiment, ce sont des objets, que nous n'avons pas encore réussi à reconnaître et qui semblent consister en un disque ou un globe (peut-être un fruit?) placé sur une fleur de lotus, en sorte que la partie inférieure du globe est couverte par les feuilles relevées de cette fleur. La corniche de Tédifice se compose de ces mêmes disques ou glèbes, mais sans les fleurs de lotus, tandis qu'un autre globe, placé sur la fleur, flotte dans Tair parmi quelques autres fleurs; dans rintérieur du temple , à la place d'honneur un objet semblable paraît avoir été suspendu. Nous trouvons encore de ces disques ou globes sur les PU. CCCXV. 25 et CCCXXI. 37. L'édifice du bas-reUef suivant a également une forme très bizarre. Une partie du toit semble avoir trop souffert sur Toriginal pour pouvoir être représentée ' fidèlement ; peut-être même l'exactitude du dessin tout entier laisse-t-elle à désirer. On dirait que l'édifice entier est une espèce de galerie couverte, mais ouverte tout autour et qu'une coquille remplie de fleurs y est placée sur une élévation entre deux écrins en forme de temples. C'est évidemment à la coquille et à son contenu qu'il faut attribuer le plus de valeur, probablement à cause de sa signification symbolique; sans cela nous serions assez disposés à voir dans les deux écrins des reliquaires Bouddhistes renfermant des objets consacrés au Bouddha ou qui viennent de lui.

Nous avons parlé tout à l'heure de cloches qui se trouvent à l'intérieur d'un des temples et qui en ornent également le dehors. Ce n'est pas seulement sur cet édifice que nous les rencontrons; il y a plusieurs bas-reliefs où nous les voyons rattachées d'une manière assez singulière au devant de la coiffure des principaux personnages, soit comme simple ornement, soit comme un signe distinctif; représentées de cette manière les cloches ont ceci de particulier, qu'elles ont tout à fait la forme d'une sonnette et qu'elles sont pourvues d'un manche. Le détail en question se présente: PI. CCCIII. 2; PI. CCCV. 5; CCCV1.8; CCCVIL 9, et plus loin PI. CCCXXIL 40. CCCXXIIL Ai ; CCCXXIV. 43; CCCXXVI. 47 et 48; CCCXXVIl. 50; CCCXXIX.53; CCCXXX.

56; CCCXXXm. 62; CCCXLl. 77; CCCXUI. 80; CCCXLIII. 81.

Nous ne nous sentons pas en mesure de donner une explication satisfaisante dé cet objet; la sonnette, comme nous l'avons déjà dit, faisait partie des ustensiles du temple et était par conséquent un objet sacré. Peut-être, à cause de la ressemblance de ces objets avec les Dagobs, faut-il y voir un monument Bouddhiste, représentant un reliquaire où les restes sacrés sont conservés. Dans ce cas la petite cloche remplacerait avec quelques modifications la statuette du Bouddha que nous avons trouvée sur la galerie précédente, dans la coiffure de quelques-uns des premiers personnages. Celui qui porte cet insigne paraît être sur tous ces tableaux le principal personnage, bien qu'il ne soit pas toujours orné de Tauréole et qu^il ne soit pas toujours assis sur le coussin de lotus ; quelquefois , en effet , nous le voyons assis sur un coussin ordinaire ou bien sur un siège couvert d'un tapis qui retombe en avant. Les deux derniers des tableaux que nous avons cités, nous le montrent accompagné respectivement de six et de cinq princes saints assis près de lui, tandis qu'un autre saint prince s'approche du palais avec sa suite. Le palais ou le temple du n^. 62, PI. CCCXXXIII se distingue par des formes bizarres et des ornements symboliques; le coussin de lotus sur lequel le prince est assis, est travaillé avec beaucoup plus de soin et est beaucoup plus achevé que sur les autres bas-reliefs.

Une observation générale , qui se rapporte aux couronnes royales et aux autres coiffures, c'est que leur forme et les éléments dont elles se composent, diffèrent notablement de ce que nous avons vu sur les précédents bas-reliefs; cette différence se voit surtout dana les coiffures ornées des clochettes dont nous parlions tout à l'heure. Ces coiffures semblent être faites d'une quantité de rubans ou de bandes tressées. Une coiffure assez singulière et travaillée en partie de la façon indiquée ' couvre la tête d'un saint que nous montre le n'. 86, PL CCCXLV, et qui s'entretient avec quatre hommes de condition, assis dans un pendopo, tandis qu'il y attend la visite d'un cinquième qui arrive accompagné de sa suite.

Parmi les objets qui , en dehors de ceux dont nous avons déjà

fait mention, flottent en Tair ou descendent des nua^s, il faut compter en premier lieu des fleurs, qui sont très fréquentes; puis des coupes renversées on des couvercles de vases en forme de cloches, ornés de draperies et garnis aux bords d'une marge de perles; des flammes semblent monter de quelques-uns de ces vases, voyez PI. CCCXV. 25. Nous y voyons encore des vases ou des coupes garnies de fleurs, comme par exemple, d?. 26, même planclie; des vêtements, PI. GGGXVIH. 29; des chapelets PI. CCCXXiV. A4; des perles qui sortent de grandes cruches renversées; ainsi que des fruits, des oiseaux , des paons et des perroquets tenant des fleurs et des rubans dans le bec et dans les pattes. PI. CCCX. 46; CCCXX. 36.

Parmi les objets dont nous n'avons pu nous rendre compte jusqu'ici , est un disque énorme soutenu par un manche et d'iioe dimension qui ne présente plus la moindre proportion avec les autres objets du tableau ; cet objet est placé en guise d'insigne auprès d'un saint prince assis à côté d'un petit édifice et qui s'entretient avec un autre saint prince, siégeant à l'inté^ rieur de l'édifice. Peut-être ce disque peut-il être comparé aux objets en forme de disque ou d'hémisphère, que nous présente la PI. CCCXVI. 27 , à l'exception près , toutefois , que là ces objets n'ont pas de manche et qu'ils sont placés sur une fleur de lotus ou qu'ils flottent en l'air , comme par exemple sur la PI. CCCXVI. 25.

Nous croyons avoir passé en revue les points essentiels et les particularités les plus intéressantes que présente la série de tableaux de cette paroi. Cependant, avant de monter à la galerie suivante, il faut nous arrêter encore un moment au dernier bas-reliéf de notre série, le n®. 88, PI. CCCXLVI. Ce dernier tableau nous* montre un saint prince, debout entre fdeux arbres symboliques de hauteur égale, et levant respectueusement les mains dont il tient les paumes serrées l'une contre l'autre. Brumund pense qu'une partie de ce tableau a été supprimée, manque d'espace, parce que le compartiment qu'il occupe touche immédiatement à la porte. Cette supposition admise, ii se croit en droit d'en conclure que les artistes de Bôrô-Boudour auraient travaillé souvent sans beaucoup de jugement, comme des automates plutôt

que 'comme des hommes de goût et de réflexion; il va même jusqu'à penser que leur but était avant tout de remplir les vides de leurs cadres, et qu'ils se souciaient fort peu de faire ce travail suivant un plan bien médité et d'observer le rapport intime que les différents sujets devaient présenter entre eux. Sans cela , pense-t*il , ces hommes n'auraient pas donné ici la moitié d'iffl tableau qui avait déjà souvent été représenté en entier. Nous ne saurions nous rallier à cette idée de Brumund , et nous sommes plutôt de Tavis de M. Wilsen. Ce dernier pense que la persmne en question se distingue des autres en ce qu'elle naarche vers l'entrée de la galerie supérieure; voilà pourquoi il voudrait y voir un des hommes auxquels leur instruction plus profonde permet de s'élever encore d'un degré sur l'échelle de la création, d'atteindre une sainteté plus grande et de monter vers un ciel supérieur. Pour arriver à ce but le prince marche dans le chemin qui conduit par la porte à la galerie suivante , c'est-à-dire aux régions supérieures où demeurent les Bouddhas. Il va sans dire toutefois que nous ne saurions affirmer que telle a été l'idée de l'artiste Icmqu'il a projeté son oeuvre ; il y a lieu de craindre , en effet , que M. Wilsen n'ait puisé son idée que dans sa propre fantaisie et qu'il n'ait prêté à l'artiste une manière de voir que celui-ci n'a jamais eue. Voilà pourquoi nous aimerions proposer une autre explication. Ne pourrait on pas mettre ce dernier bas-relief en rapport avec le premier, celui du n®. 1 PI. GGGIII? Le prince qui sur ce premier bas-relief est assis dans un petit temple et qui y reçoit les hommages du saint prince à droite de ce bâtiment, pourrait être alors également l'jobjet des hommages du prince qui occupe le dernier bas-relief de l'autre cêté de la porte. Et lors même qu'un tel rapprochement pourrait paraître un peu recherché , serait-il mal à propos de se figurer le prince qui clôt la série, prenant tout simplement une attitude respectueuse à côté de l'entrée, parce que celle-ci ouvre Taccès d'un endroit plus glorieux et plus sacré que celui où il se trouve lui-même? Nous n'aurions pas à nous étonner alors de ne pas trouver l'objet du culte représenté sur ce même bas-relief; car cet objet ne serait autre que les nombreux Bouddhas de l'étage supérieur.

Arrivés ainsi à la fin de notre examen et de nos réflexions, et faisant passer les tableaux de cette galerie une dernière fois devant notre esprit, voici le sujet principal, l'idée maîtresse que nous y trouvons: hommages rendus à de saints personnages, des princes et des religieux mais surtout à des princes , qui se sont distingués par leur zèle dans l'oeuvre de la propagande Bouddhiste et par la consécration absolue de leur vie au maître; puis, hommages rendus aux édifices sacrés, aux Tchâityas dans lesquels on conserve une image du Bouddha, quelques restes de son corps, tel ou tel objet dont il se servait, ou qui ont été érigés dans les endroits que sa présence avait rendus célèbres '). L'exemple de ces rois doit stimuler le zèle de la foule qui a entrepris le pèlerinage vers les différentes galeries, et rengager à les imiter. Pour donner plus de force à celte exhortation , quelques-uns des tableaux doivent attirer la pensée sur le châtiment qui attend les méchants et les incrédules de l'autre côté de la tombe.

l) Voyes mr les Tchàitjras, K. Bnrnovf. Introduction etc. p. S4S note t.

GINUUlÈHfi GALERIE; PAROI POSTÉRIEURE.

Nous montons maintenant à la cinquième ou dernière galerie , et nous y trouvons , taillée dans la paroi postérieure, une série de soixante-douze bas-reliefs, comme nous avons déjà observé page 92; trois des bas-reliefs qui se trouvent à l'angle nordouest étaient trop endommagés ou trop enfouis sous le gravois pour pouvoir être dessinés. Les soixante-neuf qui restent ont été représentés sur les Pli. CCCLVI— CCeLXXXVlII.

Ce qui doit attirer immédiatement notre attention, c'est que les tableaux de cette série se distinguent de ceux qui précédent, par une grande abondance d'images du Bouddha, dont nous en trouvons jusqu'à dix-sept réunies sur un même «bas-relief. Il n'est donc pas superflu de nous arrêter un moment à chacun do ces tableaux.

PI. GGGLVI. 1. Ce tableau nous présente huit Bouddhas assis et deux Bouddhas qui se tiennent debout, tous sur des coussins de lotus, tandis que pour les deux derniers ces coussins reposent sur cinq feuilles de lotus qui sortent d'une seule et même tige. Les Bouddhas ne se distinguent les uns des autres (et voilà une observation qui s'applique également aux autres bas-reliefs de cette galerie) que par la variété des ornements qui forment le sommet de leur coiffure, dont nous parlerons plus bas, et par l'attitude des mains. Les Bouddhas qui se tiennent debout portent, comme de coutume, un bout du manteau dans la main gauche. Quant aux différentes manières de tenir les mains, il y en a six, et nous en parlerons exprès en traitant des images du Bouddha renfermées dans les niches;

mais nous n'en trouvons que Iroîs sur les Bouddhas de notre galerie. Entre les Bouddhas de notre tahleau qui ooeiipent la série inférieure sont trois princes assis, dont deux se distinguent par Tauréole; l'un de ces deux est assis sur un coussin de lotus, tout comme les Bouddhas; l'autre, derrière lequel un suivant de condition élève l'émouchoir , s'est mis à genoux. Le troisième prince, qui se tient plus en arrière, a les mains respectueusement serrées l'une contre l'autre ; il a en outre cette particularité, qu'il a passé très familièrement l'avant^bras gauche sous le bras droit du Bouddha à côté de lui. Il est possible cependant qu'il faille songer ici à une erreur du sculpteur ou du dessinateur, et que la main gauche du prince aurait du rester cachée derrière la main droite du Bouddha. Des fleurs qui flottent dans l'air remplissent l'espace qui reste entre les difiërentes images.

PI. GGGLYI. 2. Dans la série supérieure sont assis six Bouddhas présentant trois, ou à la rigueur quatre attitudes différentes des nfains; si nous préférons en compter trois seulement, c'est qu'il ne nous semble pas y avoir de différence réelle sur ce point entre le premier (à gauche du spectateur) , le quatrième et le sixième. Ces Bouddhas sont séparés les uns des autres par de petits arbres symboliques, tandis que les deux qui se trouvent aux deux extrémités de la série, en sont également flanqués de l'autre côté. La série inférieure nous présente sept princes et quelques autres personnages de condition, parmi lesquels il y en a qu' accompagne leur suite. Quatre de ces princes sont assis sur des coussins de lotus et trois d'entre eux portent l'auréole; cet ornement a été peut-être aussi un attribut du quatrième, mais il a diçparu avec la tête et toute la coiffure. Un cinquième prince parait se distinguer également par l'auréole ; mais celui-ci n'est pas assis comme les autres sur un coussin de lotus; trois de ces quatrerla semblent former le groupe principal , aussi bien par la place centrale qu'ils occupent que par l'attitude des mains, qui est la même pour tous.

PI. GGGLYII. 3. Huit saints princes et deux Bouddhas sont assis sur des coussin^ de lotus ; quatre de cqs princes se

troutent avec les Bouddhas sur la série supérieure; les autres ont trouvé leur place sur la série inférieure, et cette même place a été assignée à un cinquième prince, que Tauréole désigne également comme saint, mais qui n'est pas assis sur le coussin de lotus et derrière lequel l'espace qui reste encore est -occupé par cinq disciples. Presque tous tiennent à la main de longues tiges avec des fleurs, ou bien ont les fleurs à côté d'eux. La série supérieure nous montre encore des fleurs, des ornements formés de rubans et de fleurs, en outre un autel pourvu d'encens allumé et un magnifique vase couvert qui contient une fleur; tous ces objets flottent entre les images. Un 'seul des princes qui sont assis sur les coussins de lotus, celui qui occupe la place du milieu dans la série inférieure , est représenté plongé dans de profondes méditations; les autres sont tous assis dans l'attitude d'hommes préoccupés très vivement d'une démonstration.

PI. GGGLYII. A. Un Bouddha dans son temple; à droite et à gauche deux autres sont assis en plein air sur des coussins de lotus à côté d'arbres symboliques. Au-dessous de ce groupe on voit à gauche de l'édifice quatre saints princes agenouillés et à ^droite trois personnages assis d'un rang inférieur;

PI. GGGLVIII. 5. Le Bouddha est assis dans son temple; des esprits de Tair planent dans les nuages. A gauche du temple cm saint prince est assis sur un coussin de lotus, tandis que deux princes sont assis derrière lui; de l'autre côté se trouve un prince agenouillé avec deux suivants.

— 6. La première série nous présente trois Bouddhas assis sur leurs coussins de lotus. Gelui du milieu se distingue des aetres, d'abord par l'attitude des mains, et ensuite par une seconde auréole très grande entourée de flammes; les deux autres ont à côté d'eux des arbres symboliques ou des branches de ces arbres. Des deux côtés du Bouddha que nous avons mentionné en premier lieu se trouvent deux saints princes, assis également sur des coussins de lotus. La série inférieure nous montre deux saints princes assis, avec leur suite.

PI. GGGLIX. 7. Un Bouddha dans son temple; à sa droite

ost un saint prince assis sur un coussin de lotus, qui tient à te main un objet ovale*, peut-être un fruit i un gâteau de rit ou autre chose de ce genre; à côté de lui un autre prince est assis sur le sol. Des deux côtés se trouvent un grand nombre de personnes qui font de la musique sur divers instruments, tels que des trompettes, des flûtes, des tambours qu'ils battent soit des mains soit avec des baguettes , des cymbales et une ciodiette suspendue à une petite baguette courbée. Remarquons parmi les musiciens un géant ou un sauvage. Les nuages portent de grand vases qui déversent des choses présieuses ou des oflrandes de fleurs.

PI. GGGLIX. S. Un Bouddha^ orné de deux auréoles, assis sur le coussin de lotus entre deux arbres symboliques; à (koite et à gauche de ce personnage se trouve un saint prince, iissis également sur un coussin de lotus, et à côté de Tun et de l'autre de ces deux personnages, des hommes de condition de leur suite. Un homme de la suite du prince qui se trouve à la ilroite du Bouddha, se distingue par Taiiréole. Dans la série inférieure au milieu du tableau, juste au-dessous du Bouddha, un saint prince est assis sur un coussin de lotus entre deux autres hommes de condition, ornés également de Tauréole* A droite et à gauche se trouve la suite de ces princes. Des fleurs et des vases remplis d'encens allumé flottent dans liair.

PL CCCLX. 9. La série supérieure nous montre quatre Bouddhas, qui tiennent les mains de trois manières différâtes. Entre eux et à côté d'eux on voit cinq parasols, eom|}Osés de trois, de quatre et de cinq étages superposés. Dans la série inférieure se trouve d'un côté un saint prince avec trois disciples, assis près d'un arbre symbolique contre lequel ont été placés trois grands vases remplis de choses précieuses; de l'autre côté sont trois personnages de condition qui apportent leurs hom^ mages et leurs cadeaux.

— 10. Un Bouddha assis sur un coussin de lotus placé sur la tige d'une fleur; des esprits célestes planent dans les nuages avec (les colliers de perles et des rubans. Au-dessous du Bouddha un saint prince est assis sur un coussin de lotus, accompagné de sa suite

dans laquelle se trouvent quelques hommes occupés à faire de la musique sur des tambourins et des cymbales. A gauche du Bouddha» au-dessus de la tête des personnages qui sont assis en dessous, on aperçoit le toit d'un édifice sur lequel sont placées quelques perches munies de pavillons.

PI. GGGLX. il. Un Bouddha assis dans son temple; des esprits de Tair planent dans les nuages. A droite et à gauche du temple deux saints princes sont assis sur des coussins de lotus sous des arbres symboliques, l'un et l'autre accompagnés de leur suite. Les attributs de ces deux derniers personnages présentent encore une particularité, c'est que les émouchoirs y semblent remplacés par des boucles d'une chevelure humaine, mises à couvert sous les parasols qui se distinguent également par des formes assez étranges.

PI. GGGLXI. 12. Trois Bouddhas, dont celui du milieu est omé de deux auréoles, sont assis sur des coussins de lotus soutenus par des tiges; des esprits célestes munis d'offrandes planent entre eux dans les nuages. La seconde série nous présente deux saints princes debout sur des coussins de lotus et s'élevant par ce moyen jusque dans la série supérieure à droite et à gauche du Bouddha qui occupe la place du milieu.. Un autre saint roi est assis entre eux sur un coussin dç lotus au^essous du Bouddha, entre deux vases à offrandes qui contiennent des cierges (?). D'un côté du tableau un quatrième saint prince s'est encore mis à genoux, accompagné de ses quatre suivants de condition; de l'autre côté huit autres hommes de condition, tous à genoux, apportent leurs cadeaux.

— 13. Au milieu du tableau se trouve un Dagob ou un édifice en forme de cloche sur un coussin de lotus; dans cet édifice un Bouddha est assis dans une attitude qui annonce la démonstration. Des deux côtés du Dagob se trouvent deux Bouddhas assis sur des coussins de lotus avec des tiges. Les cinq Bouddhas se distinguent par cinq manières différentes de tenir les mains. Des esprits célestes planent dans les nuages. Parmi ces esprits se trouvent quatre Bouddhas et un assez grand

nombre de personnages de condition, dont Ton est oroé de Tauréole comme un saint personnage.

PL GGGLXII. U. Un seul Bouddha, qui se tient debout, occupe toute la hauteur du bas-relief. Des deux côtés se trouvent dans la série supérieure trois Bouddhas assis, présentaRt trois manières différentes de tenir les mains. La série iaférieoffe BOUS noontre trois saints princes; deux de ces trois sont assis à gauche de ce grand Bouddha en compagnie de deux autres princes qui ne portent pas toutefois l'auréole , tandis que le troisième est assis à droite du Bouddha avec deux suivants. Des deux côtés de rimage principale un candélabre placé sur un coussin de lotus porte de l'encens allumé et un grand cierge (?).

— 15. Un Bouddha est assis sur son coussin de lotus^ entouré des branches et des fleurs d'arbres symboliques, sa^ montés d'un parasol. Il porte sur la tête une calotte ooniforme dont nous parierons plus bas. Des esprits, portant des offrandes d'encens allumé et d'autres dons, planent dans les nuages. A droite du Bouddha se trouve un autel ou un candélabre contenant de Tencens allumé et des fleurs, et à côté de cet autd un saint prince et sa suite se sont mis à genoux. De l'autre côté un saint prince est assis sur un coussin de lotus, et sa suite est assise derrière lui.

PI. GGGLXIII. 16. Voici une assemblée de six Bouddhas, dont la série inférieure nous en montre quatre , assis tous sur des coussins de lotus avec deux saints princes assis entre eux également sur des. coussins de lotus; la couronne des deux princes est ornée au front d'une statuette représentant un Bouddha assis. La série inférieure nous montre aux deux extrémités du bas-relief les deux autres Bouddhas ornés d'auréoles. Entre ces deux Bouddhas se trouvent un saint personnage, assis également sur un coussin de lotus mais dont la tête et le bust» ont presque complètement disparu, et quelques hommes assis dans une attitude respectueuse , dont deux présentent leurs hommages aux deux Bouddhas, tandis qu'un troisième s'adresse au saint personnage que nous venons de signaler.

: — 17. Un Bouddha assis dans un temple est l'image prni-

oipate de ce tableau. Des deux côtés du temple la série supérieure nous montre deux Bouddhas assis, chacun entre deux samts princes et ornés Tun et Tautre de deux auréoles. Tous ces personnages sont assis sur des coussins de lotus pourvus de tiges. La série inférieure nous montre à gauche du temple, un saint prince assis sur un coussin de lotus et cinq hommes de sa suite; plus loin à gauche un saint personnage de eondition avec quatre autres hommes de condition, apportant une nffirande d'encens allumé.

PL GGGLXIV. 18. La série supérieure nous présente un cénacle de dix Bouddhas assis sur des coussins de lotus qui tiennent les mains de trois manières différentes. Un de ces Bouddhas, qui en à cinq autres à sa gauche et quatre à sa droite, se distingue par un énorme disque lumineux, semblable au disqne du soleil, placé derrière lui, mais non pas garni de flammes sur les bords. La série inférieure nous montre un saint prince accroupi sur un coussin de lotus, qui rend hommage à sept autres princes également assis sur des coussins de lotus. Derrière le premier se trouve un autre saint prince, non pas assis sur un tel cousmn; celui-ci apporte un candélabre avec de Tencens allumé, qu'il lient par un manche recourbé; derrière lui se trouvent cinq hommes de sa suite.

— 19. Un saint prince est assis dans un temple; au rez-deehaussée de cet édifice se trouvent deux serviteurs. A côté du tem{rfe se tient un autre saint prince avec quelques hommes de sa suite. De Tautre côté se trouvent quelques hommes de condition qui distribuent des dons à d'autres personnes, parmi lesquelles nous distinguons deux Bhikshous.

PL GGGLXY. 20. Un saint prince portant une couronne très, élevée est assis dans un temple sur un coussin de lotus. A côté du temple se trouve à gauche un autre saint prince assis sur une pierre, et derrière lui se trouve sa suite. A côté de ce dernier un cierge très long s'élève auprès du temple, tandis qu'une perche garnie d'un pavillon s'élève de l'autre côté de ce temple. Une image de Bouddha est assise du ménie côté , un peu pks haut, sur un coussin de lotus, entre deux saints princes qui

sont assis un peu plus bas, également sur des coussins de lotHs; la couronne d'un de ces deux derniers se compose de rubans tressés et est ornée au front d*une statuette de Bouddha. Quatre Bhikshous sont assis à terre auprès d'un grand vase qui se trouve au milieu et qui contient des fleurs.

PI. GGGLXY. 21. Le Bouddha est assis sur un trône élevé à côté duquel se trouvent deux saints princes qui lui rendent hommage; de ces deux un seul est assis sur un coussin de lotus. Leur suite se trouve plus loin. De Tautre côté une foule de personnes , en partie à genoux , en partie debout ou assises, parmi lesquelles nous distinguons des Bhikshous, apportent des fleurs et d'autres offrandes. Des esprits célestes planent dans les nuages.

PI. GGGLXVL 22. Un Bouddha est assis dans son temple. A sa droite un saint prince est assis sur un coussin de lotus; à sa gauche un saint prince s'est mis à genoux; l'un et l'autre sont accompagnés de leur suite. Des esprits célestes ptaneat dans les nuages.

— 23. La série supérieure nous présente trois Bouddhas assis sur des trônes couverts de coussins de lotus. La série inférieure nous montre un troisième Bouddha, assis également sur un trône entre deux saints princes accompagnés de leur suite, qui sont assis à droite et à gauche du trône.

PI. GGGLXVn. 24. Un saint prince est assis dans l'attitude contemplative d'un Bouddha dans un temple sur un coussin de lotus; un autre saint prince, accompagné de sa suite, s'est agenouillé à gauche. A droite du temple se trouvent une foule de personnes parmi lesquelles des Bhikshous à genoux. Des esprits célestes planent dans les nuages.

— 25. Un saint prince est assis sur son trône couvert d'un coussin de lotus; à gauche un autre prince est assis avec sa suite qui est en partie assise , en partie debout. De l'autre côté quatre princes, dont les suivants apportent des fleurs, se sont mis à genoux. Des esprits planent dans les nuages.

PI. GGGLXVIIL 26. Un Bouddha est assis dans son temple orné de sept Dagobs ou bâtiments en forme de cloches. Des

deux eôtés se tient un saint prince avec sa suite. Des esprits de l'air planent dans les nuages avec des offrandes de fleurs.

Pi. CGGLXVIII. 27. Un saint prince est assis sur son siège de lotus dans un petit temple ou un palais, au-dessous duquel sont assis ses serviteurs ; un autre saint prince accompagné de sa suite s'agenouille devant l'édifice. Des esprits de Tair planent dans les nuages.

— 28. Tableau semblable au précédent.

PI. CGGLXIX. 29. Un Bhikshou est assis dans un temple sur un coussin de lotus. A côté de lui est assis à gauche Un saint prince accompagné de sa suite; à droite sont assis d'autres suivants ou d'autres disciples parmi lesquels un Bhikshou. Une foule d'esprits des deux sexes planent dans les nuages, font de ia musique et apportent des fleurs.

— 30. Un saint prince est assis dans un temple sur son Irtoe de lotus; à gauche est assis un autre prince avec sa suite. Un grand nombre d'esprits célestes planent dans les nuages à droite de l'édiflce; ils sont répartis en deux séries l'une au-dessus de l'autre; la série inférieure se compose exclusivement de femmes.

PL GÛCLXX. 34. Un saint prince assis dans son temple sur un coussin de lotus; à gauche du temple un autre saint prince , debout lui-même , taudis que sa suite est assise derrière lui. A droite un grand nombre de Nâgas ou adorateurs de serpents, hommes et femmes apportant des fleurs et des offrandes d'encens.

— 32. Un saint prince comme sur le précédent tableau, msôs sans le coussin de lotus. D'un côté un autre prince se tient debout et cause avec lui; de l'autre nous voyons huit géants , dont quatre assis et quatre debout. Un détail remarquable sont les deux trisoulas sur le temple.

PI. GGGLXXI. 33. tJn saint prince assis dans son temple sur son trône de lotus ; à gauche du temple un autre saint prince, dont l'image a presqu' entièrement disparu, accompagné de sa suite; à droite quatre Brahmanes qui lui rendent hommage. Des esprits célestes dans les nuages^

PI. GGGLXXl. 34. Un saint prince assis comme sur ie tableau précédent. A gauche du temple un autre saint prince accompagné de sa suite s'est mis à genoux; à droite une foule de personnes qui présentent leurs hommages, disposées en trois rangées, Tune au-dessus de l'autre, c'est-à-dire assises les unes à côté des autres. Dans cette foule on compte des Brahmanes, des Bhikshous etc. Des esprits célesties planent dans les nuages. PI. GGGLXXIL 35. Un saint prince, comme sur le précédent tableau, mais sans le coussin de lotus. A côté du temple à gauche un autre saint prince s'est mis à genoux accompagné de sa suite ; à droite trois Nâgas et deux géants sont assis dans une attitude respectueuse. Dans les nuages à gauche des esprits célestes, à droite des Brahmanes, des Garoudas et un Gandharva. — 36. Un saint prince assis dans son temple sur un coussin de lotus; un autre saint prince est assis à gauche du temple avec sa suite; à droite quatre personnages agenouillés apportent des fleurs et de l'encens. Des esprits de l'air planent dans les nuages.

PI. GGGLXXIH. 37. Un saint prince (?) assis comme sur ie précédent tableau, sans le coussin de lotus toutefois. (La tête et la coiffure ont disparu). Un autre prince qui lui présente ses hommages, est assis avec sa suite à gauche du temple. A droite se trouvent des femmes agenouillées et quelques autres personnes assises ou debout qui battent des tambourins et paroni les quelles il en est une qui joue d'un instrument à cordes. Des esprits de l'air des deux sexes planent dans les nuages.

— 88. Un saint prince assis sur son trône de lotus. A gauche est assis un saint prince avec sa suite; à droite quelques femmes assises dans une galerie ouverte. Des esprits de l'air planent dans les nuages portant des fleurs , des émouchoirs «t un éventail.

PI. GGGLXXIY. 39. Encore un saint prince, comme sur les bas-reliefs précédents, mais dans l'attitude d'un Bouddha. A sa gauche est assis un saint prince accompagné de sa suite; à sa droite un dieu ayant dix bras, probablement un dieu du Brahmanisme, tombé à terre et tenant dans les mains des glaives,

des-, flèdbes, des âros et un croc de cornac; derrière le dieu tombé et autour de lui se trouvent quelques femmes. Des esprits de Fair planent dans les nuages.

PL GGCLXXIV. 40. Un Bouddha est assis dans un temple surmonté de flèches en forme de Dagobs. Des deux côtés du tdfople e$t assis un prince avec sa suite; celui qui se trouve à droite est orné de Tauréole. Des esprits de Tair planent dans les nuages.

PI. GGGLXXV. 4fl. Un temple, dans lequel un coussin est plaeé m guijset de dossier sur un coussin de lotus. A droite iKi saint prince est assis» dans l'attitude d'un Bouddha qui médite sur un coussin placé sur une élévation; à ses pieds sont assis trois serviteurs. A gauche près du temple est assis un autre, saint prince avec deux de ses serviteurs.

— 42. Quelques femmes sont assises dans un palais; une d'entre elles regarde son visage dans un miroir convexe muni d*un manche gracieusement travaillé. Quelques gardes, parmi lesquels deux Nâgas, se trouvent dans la cour d'honneur qu'entoure lUie balustrade, et à laquelle un portail élégant ouvre l'accès. Hors de la porte se trouvent deux saints princes, qui semblent s'éloigner de l'édifice avec leur suite.

PI. , GGGLXXVL 43. Un prince est assis dans son palais et tient une colombe à la main; à droite se trouvent quelques-uns de ses serviteurs., qui vouent également leur attention à quelques animaux, à un. écureuil, à une couple de jeunes biches et à des oiseaux; Tun d'eux tient à la main une cuvette remplie de nourriture, d'où il fait manger un petit oiseau qui s'est. posé sur un réservoir d'eau rempli de lotus. A gauche de l'édifice un autre prince accompagné de sa suite, dont une partie est assise, une autre partie debout, se tient dsins une attitude respectueuse.

— 47. Dans la série supérieure nous trouvons trois petits temples ; celui du milieu renferme un Bouddha, les deux autres chacun un saint prince Bouddhiste. Dans la série inférieure, au-dessous, de 430S temples, nous voyons deux saints princes, dont Tun est accroiipi, Tautre assis dans une attitude respectueuse , accompagnés

Tun et l'autre de leur suite et se tenant près d'un grand vase rempli de fleurs de lotus et près d'un petit autel à eneeos; de l'autre côté de Tautel se trouvent quelques Bhikshous.

PI. GGGLXXVn. 48. Quatre princes, dont deux sont emés de Tauréole en signe de sainteté, sont en marche avec leur suite qui se compose d'hommes et de femmes de condition; quelques grands personnages se sont mis à genoux devant eux et leur offrent des cadeaux. Des esprits de Tair planent dans les nuages et des fleurs descendent du ciel sur le cortège.

— 49. Quatre saints princes en voyage avec leur suite se trouvent dans une contrée rocheuse, où un grand nombre d'hommes nécessiteux les attendent pour implorer leur secours.

PI. GGGLXXYIII. 50. Un Bouddha assis sur un trône de lotus entre deux princes assis sur des trônes semblables; celui de ces deux princes qui se trouve à droite, est seul orné de l'auréole et porte seul une statuette de Bouddha devant sa couronne tressée; l'autre porte dans sa couronne, également tressée de rubans, le signe distinctif d'une sonnette. Au-dessous de ces trois images se trouvent dans la série inférieure deux saints princes, assis par terre avec leur suite et recevant les hommages de quelques Bhikshous assis devant eux.

— 51. Un saint prince est assis dans un temple sur un coussin de lotus; en dehors du temple est assis un autre prince avec sa suite. Des esprits de l'air planent dans les nuages.

PI. GGGLXXIX. 52. Un saint prince comme sur le précédent tableau; à sa gauche se trouve un autre prince debout avec sa suite. A droite du temple se passe la scène suivante: trois Brahmanes , assis dans une espèce de pendopo , y reçoivent de l'argent dans des sacs, et quelques autres personnes reçoivent d'autres cadeaux , le tout de la part du premier des deux pripces.

— 53. Nous distinguons dans la série supérieure neuf Bouddhas assis sur des coussins de lotus, présentant quatre attitudes différentes dans la manière dont ils tiennent les mains; à droite et à gauche un Bhikshou est assis dans l'attitude d'un homme qui adore; on remarque dans l'air le disque du soleil au^iessos de la tête d'un des Bhikshous à droite des Bouddhas , tandis

que le croissant repose à gauche sur une fleur de lotus. La série inférieure nous montre deux saints princes, Tun assis sur un coussin de lotus, ayant leur suite derrière eux.

PI. GGGLXXX. 54f. Sept Bouddhas, assis comme sur le précédent tableau, présentant trois manières différentes de tenir les mains ; aux deux extrémités de cette série se trouve un Bhikshou debout mais sans calotte pour couvrir la chevelure. Au-dessous de cette série de personnages se trouve un troisième Bouddha, assis comme les précédents, ayant un serviteur assis derrière lui. Viennent encore deux saints princes avec leur suite.

— 55. Un saint prince est assis dans un petit temple sur un trône de lotus; à gauche un autre prince, sans Tauréole toutefois, est assis près de Tédifice; derrière lui se trouve sa suite. Un grand nombre d'oiseaux sortant des nuages s'approchent, en volant du temple, tandis que des animaux quadrupèdes de tout genre, des bêtes fauves aussi bien que des animaux apprivoisés, et jusqu'à des serpents, y courent également.

PI. GGGLXXXI. 56. Un saint prince est assis dans un petit temple sur un coussin de lotus. Hors du temple à gauche est assis un autre saint prince. Trois Bouddhas sont assis à droite de l'édifice sur des trônes de lotus, et au-dessous d'eux trois saints hommes de condition , également sur des coussins de lotus ; ceux-ci ont une coiffure nattée ; derrière eux un homme à genoux.

— 57. Un Bouddha assis dans son temple, ayant à droite quelques serviteurs ; à gauche deux saints princes se sont avancés avec leur cortège jusqu'au temple.

PI. GGGLXXXII. 58. Trois Bouddhas assis sur des coussins de lotus; l'un d'eux a en dehors de l'auréole ordinaire, une grande auréole d'où rayonnent des flammes. Au-dessous d'eux six saints hommes de condition sont assis sur des coussins de lotus. Deux sai n princes se trouvent tout près avec leur suite.

— 59. La série supérieure nous montre trois Bouddhas assis sur [des trônes de lotus; la série inférieure nous présente deux saints princes assis avec leur suite des deux côtés d'un arbre symbolique.

PI. GGGLXXXIII. 60. Deux temples, dont l'un est orné de

petits bâtiments en forme de cloches, tandis que l'autre se distingue par des ornements en forme de trisouias. A côté du plus avancé des temples un saint prince se tient debout sur un coussin de lotus; de Tautre côté un autre saint prince s'élève dans Tair, tandis qu* au-dessous de lui un grand nombre de fleurs deiscendent à terre. A gauche du second temple se trouvent deux saints princes avec leurs serviteurs.

PI. GCGLXXXIII. 61. Un Bouddha assis dans son temple sur un trône de lotus devant lequel on a placé cinq grands vases remplis de fleurs. A côté du temple est assis un Bbik^hou, tandis que deux serviteurs apportent des aliments. A gauche du temple deux princes agenouillés accompagnés de leur suite, l'un sur un coussin de lotus, l'autre sur une pierre.

PI. GGGLXXXIV. 62. Un Bouddha dans son temple ; à gauche deux saints princes avec leurs serviteurs; les princes ne sont pas assis sur des coussins de lotus.

— 63. Un saint prince est assis dans un petit t^nple sur un coussin de lotus, sa suite se trouve à droite; à gauche un prince accompagné de sa suite présente ses hommages. Des esprits de Tair planent dans les nuages.

— 64. Un saint prince, comme sur le précédent tableau, non pas assis toutefois sur un coussin de lotus. A droite une distribution de vêtements et d'autres dons en faveur de quelques gens parmi lesquels des Brahmanes. A gauche im autre saint prince se tient debout accompagné de sa suite.

PI. GGGLXXXY. 65. Un saint prince est assis dans l'attitude d'un Bouddha, sur un coussin de lotus dans un temple et y reçoit la visité et les hommages d'un autre saint prince accompagné de ses trois suivants. A droite du temple se trouvent, en dessus, trois Bouddhas présentant trois manières différentes de tenir les mains , assis sur des coussins de lotus qui sont pourvus de dossiers; au-dessous d'eux un Bhikshou qui reçoit les homm^;es de quatre hommes assis devant lui. Des fleurs descendent des nuages sur le petit temple.

— 66. Un saint prince, assis dans son petit temple adreaae son enseignement ou ses démonstrations à sept saints hoiaoïes,

qui sont assis à sa droite dans un pendopo, et à un autre saint prince assis à gauche du temple sous les arbres avec une suite composée de cinq personnes. Des fleurs descendent des nuages. PI. GCCLXXXYI. 67. La série supérieure, nous montre un Bouddha assis sur un coussin de lotus et orné d'une seconde auréole très grande, occupant une place entre deux autels qui portent de Tencens allumé, et entouré d'esprits célestes qui planent dans les nuages. Au-dessous de lui deux Bouddhas sont assis sur des trônes de lotus , et entre ceux-ci un saint prince est assis sur son coussin de lotus ; à droite des Bhikshous assis , à gauche des hommes de condition sous des arbres symboliques.

— 68. Un Bouddha assis dans un temple sur son coussin de lotus. A côté de lui deux saints princes qui se tiennent debout, tandis que les femmes de leur suite s'agenouillent à qudque distance derrière eux devant un temple. Deux esprits célestes des deux sexes s'approchent en volant sur les nuages.

PI. GGGLXXXVH. 69. La série supérieure nous présente un Dagob en forme dé cloche sur un coussin de lotus et , de chaque côté, trois Bouddhas assis également sur des coussins de lotus. La série inférieure présente deux saints princes, l'un et l'autre accompagnés d'une suite de personnages royaux; la suite de l'un de ces deux princes se distingue par des coifibres tressées de rubans eu de bandes de toile.

— 70. Un Bouddha assis dans son temple sur un trdne de lotus, à gauche deux saints princes avec leur suite, l'un à genoux , l'autre assis auprès du temple ; à droite quelques personnages assis auprès d'un petit temple, parmi lesquels trois Bhikshous. Sur les nuages des esprits de l'air, parmi . lesquels on distingue à droite quelques esprits féminins et un Gandharva. Au-dessus du temple à droite le disque du soleil, à gauche le croissant, l'un et l'autre sur des coussins de lotus.

PL GGGLXXXVIIL 71. Ce tableau ressemble beaucoup à celui du premier bas-relief, PI. GGGLYI, mais les Bouddhas y sont encore plus nombreux. Us se distinguent seulement les uns des asQtres: par quatre différentes manières de tenir les mains, auxquelles il faïadra ajouter encore une cinquième manière ^sinous y

joignons les Bouddhas qui se tiennent debout. La série supérieure nous en montre sept, tous sur des coussins de lotus; des deux côtés de celui du milieu est un Bouddha qui se tient debout sur un coussin de lotus ; ce dernier objet repose sur trois feuilles qui sortent d'une tige de lotus. La manière dont le Bouddha qui se tient debout a posé les mains est tout à fait exceptionnelle ; nous ne l'avons rencontrée ni sur un des bas-reliefs de Bôrô- Boudour, ni ailleurs. Les paumes des deux mains sont tournées en dehors et les mains relevées obliquement en avant jusqu'un peu au-dessous des épaules. La série inférieure nous montre trois Bouddhas assis à droite et trois autres assis à gauche, tous sur des coussins de lotus, tandis qu'au milieu entre les deux Bouddhas qui se tiennent debout, nous trouvons deux saints princes agenouillés.

PI. GGGLXXXIX. 72. Dix-sept Bouddhas assis sur des coussins de lotus et présentant quatre manières différentes de tenir les mains. La série supérieure en a neuf, dont les coussins de lotus reposent sur des tiges. La série inférieure en a trois à gauche et cinq à droite; entre ceux-ci, au milieu du tableau, deux saints princes, assis également sur des coussins de lotus.

Ce qui a dû nous frapper le plus dans notre tournée par cette dernière galerie, c'est évidemment le grand nombre de Bouddhas que nous y rencontrons. Nous avons passé en revue un nombre de soixante-neuf bas-reliefs et nous y avons trouvé jusqu'à cent quarante-cinq Bouddhas ; puis , ce qui ne s'était pas non plus présenté jusqu'ici, nous les trouvons souvent réunis en grand nombre, jusqu'à quinze et dix-sept, sur un seul et même tableau.

Sur les tableaux où le Bouddha se présente seul, nous le trouvons d'ordinaire dans un petit temple dont la face antérieure a une ouverture qui rappelle celle des bâtiments à niche au-dessus des murs d'enceinte ; voyez Pli. OCCLVIH. 5 ; CCCLIX. 7 ; CCaX. 41; CCCLXVL 22; CCCLXVIH. 26; CCCLXXIV. 40; CCCLXXXl. 57; CCCLXXXIIL 61; CCCLXXXIV. 62, CCCLXXXVL 68; GGGLXXXYIL 70. Nous le rencontrons quelquefois sans temple, par exemple, PI. GGGLIX« 8, sur un coussin de lotus qui flotte dans l'air; PI. GGGLX. 10, sur un coussin de lotus qui s'élève

sur une haute tige; Pi. GGGLXII. 15, planant dans l'air sur un trône de lotus ; PI. GGGLXV. SI , sur un trône élevé dont la partie inférieure a tout à fait la forme d'un petit temple, et PL GGGLXXVIIL 50, sur un trône de lotus muni d'un dossier et couvert d'un coussin de lotus. Toutes les fois que nous trouvons deux ou plusieurs Bouddhas sur un même tableau, chacun d'eux est assis sur son propre coussin de iotus. Pour quelques Bouddhas le coussin de lotus repose sur une tige qui s'élève derrière ou entre les images de la série inférieure; d'autres flottent dans l'air sur leurs coussins de lotus, ou bien reposent sur une bande qui sépare quelquefois les deux séries.

Si les Bouddhas ne se présentaient réunis qu'au nombre de trois, de quatre ou de cinq, nous songerions dans le premier cas à la trimourti ou la trinité Bouddhiste (Bouddha la doctrine, Dharma la loi et Sangka l'association spirituelle); le second cas nous ferait songer aux Bouddhas qui ont déjà été incarnés, et le dernier aux cinq Dhyàni-Bouddhas. Mais nous les voyons quelquefois au nombre de six à dix, oui nous en trouvons jusqu'à quinze et dix-sept ensemble, ce qui nous empêche de trouver dans le nombre, un détail bien important ou bien caractéristique qu'il faudrait mettre ea rapport avec une partie spéciale d'un système religieux. Mais lors même que ces groupes plus nombreux ne nous empêcheraient pas de faire admettre une interprétation de ce genre, il y aurait toujours encore d'autres objections trop importantes à faire contre l'application de ces chiffres aux représentations Bouddhistes que nous venons de signaler. Il existe deux tableaux de la trimourti ou trinité Bouddhiste, celui des sectes athées et celui des sectes théistes, que Hodgson nous a fait connaître ') ; mais les images de ces deux tableaux s'écartent tellement de nos Bouddhas en un grand nombre de détails, oui dans presque tous les détails qui nous paraissent caractéristiques, qu'il faut abandonner toute idée de la trimourti.

Il faut faire une réflexion analogue par rapport aux cinq Bouddhas réunis, que nous ne rencontrons d'ailleurs qu'une seule

t) Voyez )b rendrait cité pege 268, note 1.

fois, PI. GGGLXL 43; la manière dont les Bouddhas tiennent les mains diffère notablement de ce que nous voyons sur les images des cinq Dhyftni-Bouddhas telle que Hodgson nous les a transmises ') ; et comme c'est là un trait assez caractéristique , nous renonçons à vouloir retrouver ces Dhyâni-Bouddhas sur le bas-relief indiqué.

Nous ne croyons trouver qu'un seul motif qui ait pu engager les artistes de Bôrô-Boudour à garnir les bas-reliefs de ces groupes variés de Bouddhas; c'est l'intention de réunir un nombre plus grand de Bouddhas à mesure qu'on arrive sur une terrasse supérieure et qu'on s'approche du sanctuaire proprement dit, c'est-à-dire du grand Dagob sur la terrasse supérieure. Il faut mettre sans doute sur le compte de la môme intention le nombre excessivement grand de Bouddhas placés des deux côtés de l'entrée principale de la façade orientale qui conduit aux terrasses, surtout sur les deux tableaux qui terminent la série et qui se trouvent par conséquent le plus près du saint lieu vers lequel le pèlerin se dispose à monter.

Il semble ressortir encore d'une autre particularité, que les artistes ont attribué une valeur spéciale à la cinquième galerie : c'est la manière soignée dont les bas-reliefs ont été exécutés; tous se distinguent en effet très avantageusement, aussi bien par l'élégance des dessins et par la bonne disposition des groupes que par la manière vraiment excellente dont les images ont été sculptées. Un examen superficiel des tableaux justifie déjà suffisamment cette conclusion. On pourrait croire cependant que ces éloges doivent être adressés plutôt à M. Wilsen qu'aux artistes de Bôrô-Boudour — et nous ne nions pas que la comparaison de ces dessins avec les dessins assez défectueux sous plus d'un rapport que M. Schônberg-Miilder à donnés de l'avant-dernière galerie, semble justifier un peu cette supposition. Mais nous en appelons aux déclarations expresses de M. Wilsen lui-même, qui reconnaît le plus grand mérite aux tableaux de la paroi postérieure que nous venons de passer en revue.

l) Hodgeou Sketch of Buddkism, Fil. 111 et VII.

En faisant abstraction de quelques rares tableaux qui se raj)portent à d'autres sujets, nous pouvons dire que le sujet général, plus clairement avoué encore ici que sur la galerie précédente, est le culte du Bouddha, ou de saints qui se sont déjà élevés à la dignité de Bouddha, et d'hommes éminents (presqu 'exclusivement des princes et des religieux) qui vont atteindre un jour celte dignité; déjà ils sont l'objet des mêmes hommages que les Bouddhas et ils reçoivent également la récompense distinguée d'ôtre admis dans la présence de ces saints personnages et d'habiter avec eux la même résidence élevée. Le nombre des princes que nous voyons réunis ainsi sur un seul et même tableau, est quelquefois assez grand; la plupart d'entre eux portent l'auréole derrière la tétê en signe de sainteté, ou bien sont assis sur des coussins de lotus, tout comme les Bouddhas eux-mêmes.

Dans ce genre nous en rencontrons: trois PI. CCCLIX. 8; quatre PI. CCCLVII. 4; CCCLXXVII. 48, 49; cinq PI. CCCLXII. 14; CCCLXni. 17 et CCCLXVII. 25; six PI. CCCLXi. 12; sept PI. CCCLXIV. 18; huit, peut-être neuf, PI. CCCLVI. 2, et neuf PI. CCCLVII. 3. Le plus souvent cependant — et voilà encore un point par où ces bas-reliefs se distinguent de ceux de la précédente galerie — nous voyons deux princes qui font ensemble la même oeuvre; ceci se voit surtout là où nous trouvons un ou plusieurs Bouddhas. Si le nombre des princes est plus grand , il y en a d'ordinaire deux d'entre eux , une ou deux fois il y en a même plus, qui se mettent en avant et qui se distinguent alors des autres par quelques attributs tels que Tauréole, le coussin de lotus, ou par la place qu'ils occupent. S'il n'y en a que deux, il semble le plus souvent que l'un de ces deux ait une dignité pins grande; ce qui arrive surtout là où il n'y a pas de Bouddha pour êti*e l'objet des hommages communs. C'est ainsi que la PI. CCCLXII. 14 nous montre, par exemple, cinq princes dont trois se distinguent des autres par la place qu'ils occupent et par l'auréole; la PI. CCCLXI. 12 nous en montre trois qui se distinguent également par les coussins de lotus sur lesquels ils sont assis, tandis qu'un quatrième se distingue seulement par son auréole. La PI. CCCLXIV. 18 nous montre

sept princes qui reçoivent les hommages de deux autres; l'un

de ces derniers a, tout comme les sept qui reçoivent les honmia-

geS) Tauréole et le coussin de lotus, tandis que l'autre n'est

orné que du premier de ces deux signes distinctifs. Huit sur les

neuf princes de la PI. CCCLVII. 3, qui portent tous l'auréole,

se distinguent également par l'auréole et par le coussin de lotus;

la PI. CCCLYI. 2 attribue la même distinction à quatre princes.

Nous voyons deux princes, mais dont l'un occu|)e une place plus

élevée dans le culte voué au Bouddha , par exemple , PL CCCLVl. 1 ;

PI. CCCLVIII. 56 (série inférieure) ; CCCLIX. 7 ; CCCLXV. 21 ;

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