‹ Bôrô-Boudour dans l'ile de JavaChapitre 10 sur 33 · TROISIÈME GALERIE; PAROI POSTÉRIEURE · texte numérisé non relu

TROISIÈME GALERIE; PAROI POSTÉRIEURE

Nous voiià donc arrivés sur la troisième galerie ; nous y ferons notre tournée dans le même ordre que nous avons suivi tout à rheure , c'est-à-dire que nous commencerons par la façade Est pour tourner ensuite à gauche et pour revenir à notre point de départ. Nous n'avons ici qu'une seule série de bas-reliefs; mais les tableaux en sont aussi plus élevés que ceux de la galerie précédente. Nous avons déjà dit, page 71, qu'ils sont au nombre de cent vingl-huit et que tous ont été assez bien conservés pour être dessinés. Le lecteur peut les trouver sur les planches CCXXXI à CGXCIV.

Les treize premiers bas-reliefs nous présentent tous, à l'exception du deuxième, le Bouddha comme le principal personnage. Sur la plupart des bas-reliefs il est assis dans un petit temple sur le coussin de lotus, dans l'attitude d'une personne qui démontre ou qui enseigne. Le petit temple est resté ouvert par devant; comme il y manque ainsi une partie du mur antérieur, on peut constater que ce petit bâtiment s'accorde assez bien pour la forme et pour les détails d'architecture avec le style de Bdrô- Boudour lui-même, et spécialement avec les bâtiments à niche, dans lesquels nous avons trouvé les statues de Bouddha. Audessus des coussins de lotus on découvre d'ordinaire des draps ^ étendus les uns sur les autres, (on en compte depuis un jusqu'à six) qui dépendent alors le long de la face antérieure du piédestal de l'édifice. Le siège est pourvu d'un dossier ; sur quelques basreliefs un coussin est placé en outre contre le dossier. Les petits temples et le mobilier qui en occupe l'intérieur, ne sont pas toujours ornés de la même manière; cette divergence se montre

surtout, en ce qui concerne le mobilier, dans les dossiers 4es sièges, et pour ce qui regarde les petits temples, dans les pièces de dessus en forme de dagob ou de cloches qui s'élèvent sur des coussins de lotus , voyez PI. CCXXXII , 3; Pli. CCXXXUI--CCXXXV , 6—10; et Pli. CCXXXVl, CCXXXVII, 42, 13; ailleurs ces pièpes de dessus sont remplacées par des ornements d'un autre genre tels que nous en voyons sur le premier mur d'enceinte, voyez PL IX.

PI. GGXXXI, 1. Le Bouddha est assis sur un trône, dont le piédestal est orné de deux lions, tandis que le dossier supporte deux éléphants couchés, sur la tête desquels sont couchés deu^c autres lions qui semblent se relever; ces emblèmes marquent I0 sagesse et la force, et trahissent en outre l'origine royale €;t militaire du Bouddha. Des habitants de la terre et des esprits célestes, ces derniers portés par les nuages, lui rendent hommage en apportant des offrandes et en chantant des hymnes avec l'accompagnement d'instruments de musique ; des fleurs de lotus descendent du ciel.

— n^. 2. Le Bouddha lui-même manque sur ce tableau; cependant nous croyons devoir mettre ce tableau en rapport immédiat avec le Jbas-relief précédent, en y voyant également des hommages rendus au maître; II faut supposer alors qu'il a sa place au milieu du groupe , et que l'espace y a manqué pour placer son image; ou bien il faut admettre qu'il est représenté par le vase rempli de fleurs de lotus; nous préférons cependant prendre ce dernier objet pour un cadeau qu'on lui porte, mais auquel il faut attribuer peut-être un sens symbolique. Les sectateurs du Bouddha, parmi lesquels se trouvent plusieurs Bhikshous, ou du moins, des disciples voués à Tétat de religieux et que distingue comme tels leur calotte serrée et la simplicité de leur costume, sont réunis dans une large salle, peut-être la salle de réunion du vihâra; quant à la ligne de démarcation entre les deux séries, représentées Vaine au-dessus de l'autre, nous concevons qu'elle paraisse désigner un étage supérieur ; nous aimerions mieux cepen^ dant y voir un moyen assez défectueux de représenter des persçnne&i assises les unes derrière les autres, de manière à les

rendre toutes visibles ; le choix de ce moyen défectueux s'explique par ^ignorance de l'artiste en fait de perspective. Il résulte de cette explication, que nous ne pouvons être de l'avis de ceux, qui croient devoir attribuer un rang plus élevé ou le privilège d'appartenir à une caste supérieure , à ceux des personnages qui occupent un étage plus élevé; il y aurait cependant un peu de recherche à vouloir exclure d'avance cette opinion-là , par le seul fait que le Bouddha a fait disparaître la distinction des castes. Sur tes bas-reliefs précédents les esprits de l'air sont placés en séries, les uns au-dessus des autres comme c'est le cas ici des habitants de la terre. Là cependant il n'était pas nécessaire d'indiquer par un signe quelconque le plancher ou le plafond, vu que ces esprits sont représentés planant dans l'air et portés par les nuages.

PI. GGXXXH, 3. Le Bouddha est assis dans une attitude oontemplalive , les mains posées sur les genoux; des fleurs et des guirlandes sont suspendues au-dessus de lui dans les nuages. Le personnage qui est assis à sa droite dans la série supérieure, tient une lampe allumée dans la main gauche, et dans la main droite un éventail servant à ranimer la flamme de l'autel.

— A. Le Bouddha occupé à enseigner. Devant lui un plateau avec de Tencens allumé est placé sur un piédestal; autour de cet objet se trouvent des auditeurs debout et assis; tandis que des esprits célestes planent au-dessus des nuages. Nous ne trouvons pas ici de ligne de démarcation entre les deux séries d'auditeurs, comme s'ils occupaient des étages divers; probablement, parce que pour une raison quelconque il n'avait pas été jugé nécessaire de les représenter tous comme étant assis ; or, du moment que les personnages de la seconde série pouvaient rester debout, ils étaient toujours assez en évidence, bien que frfacés derrière les autres.

PI. GGXXXIH, 5. Le même tableau; des princes se tiennent à droite, des disciples de Brahmanes (?) à gauche, des Bhiksbous aux pieds du Bouddha. C'est la simplicité du costume et la ehevelure étrangement tressée de deux auditeurs qui nous fait tonger ici à des disciples de Brahmanes; il est possible

cependant que oe soient des gens d'une classe inférieure.

PI. CGXXXIII, 6. Encore le même tableau. En dehors des Bhikshous il se trouve aussi un grand nombre de femmes dans Tauditoire , tandis que des esprits célestes planent au-dessus des nuages.

PL GGXXXIV, 7. Encore le même tableau. Parmi les esprits célestes des deux sexes se trouve un Brahmane. Les auditeurs de condition, parmi lesquels se trouvent aussi quelques Bhikshounis ou religieuses consacrées , sont assis en deux, groupes sous des arbres symboliques, comme nous en avons déjà rencontré quelquefois sur les tableaux de la galerie précédente et comme nous en trouverons souvent sur cette galerie ainsi que sur les suivantes.

Ces arbres mystiques ou allégoriques semblent appartenir à des régions supérieures. Le Soûtra de Mândhâtri de la Divya avadâna parle de ces arbres '). U y est dit, que six miracles se montrèrent dans le séjour des Dévas Kàmâvatcharas , lorsque Bhagavat (le futur Bouddha) renonça à une existence prolongée; il arriva entre autres, que les arbres portant des fieurs, des diamants et des ornements de tout genre se rompirent. Ce sont des arbres de ce genre-là que nous voyons représentés sur notre bas-relief.

— 8. Le Bouddha, accompagné d'hommes et de femmes de condition ainsi que de Bhikshous, enseigne; au-dessus des nuages se trouvent deux esprits célestes du Brahmanisme.

U nous faut présenter ici une réflexion qui regarde également les bas-relieis que nous avons traités jusqu'ici: c'est qu'il n'est pas nécessaire d'attribuer toujours le caractère d'esprits célestes ou d'habitants de l'air aux êtres qui planent dans l'air et qui sont portés par des nuages.. D'après l'idée, tant des Bouddhistes que des sectes du Brahmanisme, ceux qui se consacraient sérieusement à une vie de contemplation et de pénitence, acquéraient par là le pouvoir de s'élever dans l'air et de se transporter soudain vers les régions les plus reculées. Voilà ce qu'il ne faut pas oublier, toutes les fois que nous voyons se mouvoir à travers

I) Voyez Barnouf, Introduction etc. p. 79, 80.

les airs des personnages vêtus d'un costume qui désigne une classe spéciale, comme c'est ici le cas des religieux Brahmanes.

PI. GGXXXV , 9. Le Bouddha est assis dans la même atli* tudOf et entouré de ses disciples, qui trouvent ici leur place sous les mêmes arbres surnaturels; un grand nombre d'adorateurs des deux sexes sont assis dans les nuages. Un d'entre eux, qui se trouve à gauche au-dessus du petit temple, semble offrir au maître un morceau d'un très grand fruit.

-^ 10. Même tableau; les auditeurs sont assis et debout; dans les nuages se trouvent des esprits célestes portant des offrandes; un de ces derniers joue de la flûte traversière.

PI. GGXXXVI, 11. Encore le Bouddha, dans la même attitude. A côté du grand temple se trouve un autre temple plus petit y dans lequel deux Bhiksiious ; dans un autre édifice contigu , qu'on pourrait prendre aussi pour une galerie, sont trois hommes portant barbe et moustache, probablement des guerriers qui font partie de son auditoire. A droite du temple se trouvent trois auditeurs de condition royale, et derrière eux un nombre égal de Bhikshous. Dans les nuages se trouvent à droite et à gauche des esprits célestes ou d'autres saints personnages. Au-dessus des trois vieillards se trouvent deux Nâgas ou adorateurs de serpents et un Garouda. Ges hommes sont assis en apparence sur le toit de la galerie; mais il résulte des nuages qui flottent au-dessus d'eux y qu'il faut se les représenter aussi planant dans l'air. D'après les idées Bouddhistes ces deux genres de personnages habitent les étages inférieurs de la montagne de Mérou, laquelle montagne est habitée par des êtres divins '). Derrière ces trois esprits se trouve une série de drapeaux.

— 12. Le Bouddha dans la même attitude. Parmi ses auditeurs terrestres se trouvent des Bhikshous ; un Bhikshou et trois Bhikshounis se trouvent parmi ses adorateurs dans les nuages.

PL GGXXXVII, 13. Même tableau. Les auditeurs terrestres sont placés sous des arbres symboliques; dans les nuages se trouvent des Brahmanes et leurs disciples.

1) Burnonf. IntrodueU à VHistoire du Buddh. p. 600.

PI. GGXXXVn, 14. Un prince, arrivé à Tétat de sainteté, se trouve dans son palais et parait être un prolecteur de la vraie doctrine; des princes et quelques autres personnages de condition inférieure viennent lui rendre hommage. Les vases remplis de fleurs et Tencens allumé sont, ou bien des cadeaux et des hommages, ou bien des objets symboliques représentant la bonne disposition de la foule. Il nous paraît moins juste d'admettre que le prince et les personnages assis en face de lui, vouent un culte à ces vases ou à la loi dont ils sont peut-être le sym* bole; car l'attitude du prince est bien clairement celle d'un homme qui fait une démonstration.

PI. GGXXXVIII, 15. Le Bouddha n'est pas assis cette fois dans un temple, mais sur un coussin de lotus, derrière lequel se trouve un dossier; au-dessus de ce dossier les branches de l'arbre du Bouddha ou du Bodhidrouma forment une arche couronnée par le parasol et entourée de fleurs. Le coussin de lotus repose sur une tige qui s'élève de l'eau. Le saint personnage est absorbé dans des méditations. A côté de la tige sont assis deux disciples du maître. Autour de lui douze saints sont assis en trois séries qui s'élèvent l'une au-dessus de l'autre, ce qui veut dire comme nous l'avons, vu plus haut, qu'il faut se les flgurer placées l'une derrière l'autre; quelques-uns d'entre ces saints personnages rendent hommage au maftre, d'autres soutira^ nent une conversation très animée. Us sont assis tous sur des fleurs de lotus, pourvues de dossiers à l'exception de celle qu'occupe le personnage de la série supérieure qui se trouve dans le coin à droite du Bouddha ; il est possible cependant que cette exception soit due à une omission involontaire. Les fleurs de lotus des deux séries les plus éloignées s'élèvent sur des tiges, qui sortent d'arbustes en feuilles à droite du prith» cipal personnage. Les tiges manquent aux lotus des quatre saints du pijemier plan; la raison en est peut-être tout simplement celle-ci, que ces fleurs se trouvent trop près du bord inférieur du tableau. Nous trouvons encore deux personnages assis aux extrémités du premier plan, sans, qu'il y ait des fleurs de lotus pour leur servir de siège; c'est à droite du Bouddha un saint, portant une

fleur* de lotus dans la main droite, et à gauche un adorateur du Bouddha dans Tattitude d'un homnne qui fait une démonstration. Deux esprits de Tair planent au-dessus du trône, tandis qu'unç couponoe et des fleurs tombent du ciel. Quant aux coquillages qui se trouvent sur les dossiers des sièges des deux saints à ^uche du Bouddha , il faut conclure peut-être de leur présence , que ces deux personnages sont d'anciens adorateurs de Viçnou deveous célèbres. Peut-être faut-il voir dans ce tableau une assemblée de Bouddhistes réunis en synode, peut-être aussi ne faut-il y voir qu'une simple adoration du Bouddha par des saints Bouddhistes, qui se sont élevés à des degrés divers de sainteté.

C'est ici que nous quittons pour quelque temps le Bouddha; ficus ne le retrouverons que sur le soixante-quatorzième tableau à la façade ouest. Jusque là nous ne verrons que des princes, des princesses , des Bhikshous et d'autres personnages qui se sont élevés à un certain degré de sainteté Bouddhiste.

PL GGXXXVIII, 16. Un prince Bouddhiste assis dans un petit temple sur un coussin de lotus , s'entretient avec un autre saint de famille royale, qui vient le visiter; ce dernier est accompagné d'une suite distinguée, et au-dessus dé lui des esprits célestes planent sur les nuages. A droite du temple plusieurs Bhikshous sont groupés sous un arbre symbolique. Le principal personnage porte derrière la tête, en dehors de l'auréole, un croissant; il est du moins difficile d'admettre que cet objet ne serait autre chose que les deux bouts d'un châle dont la tête serait enveloppée. Peut-être cet ornement symbolique a-t-il été emprunté au Brahmanisme et a-t-il passé dans le culte Bouddhiste sans que la signification en ait été modifiée.

PI. GGXXXIX, 17. Un Bhikshou, assis dans un petit temple, est l'objet des hommages d'habitants de la terre et de religieux ou d'esprits qui planent au-dessus de lui , soutenus par des nuages. Il reçoit la visite d'un saint de famille royale. Les vides sont occupés par des arbres symboliques.

~ 18. Encore un Bhikshou occupé à faire une démonstration , entouré d'un saint de famille royale qui lui rend visite et d'autres auditeurs. Des esprits de l'air lui présentent leurs hommages et

lui apportent des cadeaux au bruit d'un tambour et de cymbales de métal. Des arbres composés de fleurs se trouvent à côté du temple et dans les nuages.

PI. GGXL ,19. Un Bbikshou est assis sur son siège sous un arbre symbolique qui remplace ici le Bodhidrouma; le Bhiksbou enseigne la vraie doctrine à un saint de famille royale qui se trouve à genoux devant lui. Parmi les esprits de l'air se trouvent quelques femmes distinguées.

— 20. Un autre prédicateur Bouddhiste, assis sur son siège sous un arbre symbolique, cette fois-ci un Bodhidrouma, fait une démonstration à un prince Bouddhiste qui est venu le voir, et qui a dans sa suite un Bhiksbou. Dans les nuages se trouvent trois couples : [l'un composé d'un prince et d'une princesse , l'autre de deux Brahmanes, le troisième de deux Gandharvas. Des fleurs et une couronne descendent sur le prince qui fait la visite.

PI. GGXLI, 21. Un saint de familie royale est assis dans son temple, absorbé dans la méditation, comme un Bouddha*, et reçoit la visite d'un autre prince avec sa suite. Le coussin de lotus manque ici.

— 22. Un Bhiksbou , assis sur son siège sous l'arbre symbolique, reçoit dans sa retraite la visite d'un prince Bouddhiste, avec lequel il s'entretient et dont la suite apporte de riches cadeaux. Parmi les esprits de l'air qui planent dans les miages il y en a deux qui apportent des coussins de lotus;' deux autres esprits font tomber des fleurs et des couronnes sur le Bhiksbou.

PI. GGXLII, 23. Une sainte princesse, assise dans un temple dans l'attitude contemplative d'un Bouddha, reçoit la visite et les hommages d'un saint de famille royale qui tombe à genoux devant elle. Des Bhikshous et des Gandharvas se trouvent dans les nuages; au<-dessus de ces derniers des guirlandes de fleurs sont suspendues aux nuages, au-dessus de la tête du prince et de sa suite.

— 24. Un pénitent Brahmane s'entretient dans sa retraite avec un saint de famille royale. Il est entouré de ses disciples des deux sexes, tandis que le prince a sa suite, composée éga-

lement d'homme» et de femmes ; parmi les esprits dans les nuages nous distinguons deux vieillards portant barbe et moustache.

Pi. GGXLII, 25. Une Bhiksbouni est assise dans un petit temple dans l'attitude d'un Bouddha. Elle reçoit la visite et les hommages d'un prince qui vient d'un côté avec sa suite, et d'une princesse qui vient de l'autre côté avec la sienne. Des es{vits planent dans l'air avec des instruments de musique, des tambours et des fleurs.

PL GGXLIII , 26. Un Bhikshou assis dans une grotte sous un arbre symbolique; deux Bbikshous se trouvent à genoux à côté de lui; l'un d'entre eux porte sa cruche à eau. Un prince, qui est en même temps un saint, assis également sous un arbre symbolique, est venu avec sa suite faire visite au Bhikshou. L'éléphant et les chevaux indiquent probablement » que le prince est venu d'un pays lointain.

PI. GGXLIV, 27. Un saint prince reçoit dans son palais la visite d'un autre prince ayant le môme caractère de sainteté. Le premier porte derrière sa tète l'ornement en forme de croissant^ qui ressemble cependant plutôt ici aux bouts d'un châle qui enveloppe la tète. Les arbres qui ornant ce tableau ne sont pas des arbres symboliques , mais des arbres ordinaires. Le surnaturel paraît être absent, et les esprits de l'air manquent.

— 28. Une sainte princesse assise dans un temple, tandis que des deux côtés de l'entrée se trouve une suivante portant l'émouchoir; la princesse elle-même est dans l'attitude de quelqu'un qui fait une démonstration. A gauche du temple se trouve un saint prince Bouddhiste, assis sur un piédestal rond très simple^ et occupé également à faire une démonstration. Autour de lui se trouvent sa suite et ses auditeurs des deux sexes , portant des offrandes et de. l'encens. Nous apercevons dans les nuages des esprits de l'air, parmi lesquels se trouve aussi une femme.

PI. GGXLY,*29. Un saint prince assis dans son temple ou dans son palais, reçoit la visite d'un autre prince, qui n'est pas orné de l'auréole , et s'entretient avec ce dernier. A droite de l'édiflce se trouve un arbre symbolique; un peu plus loin est un

autre prince, accompagné de sa suite, qui retourne probableitient d'une visite qu'il a faite à Tautre. Les vases remplis qui ornent le toit, sont peut-être la preuve de la richesse de celui qui habite la maison , ainsi que des vases semblables que nous déeoiih vrons dans Tédiflce au rez-de-chaussée. Les montants de la niche ou du portail dans lequel le saint prince est assis, reposent des deux côtés sur un taureau accroupi, symbole de la force, qui est à l'origine un attribut Çivaïstique, mais que l'artiste a trmsporté dans le Bouddhisme. Les esprits de l'air manquent ici.

PI. GGXLV, 30. Un saint prince, assis dans sa demeure, reçoit la visité d'un autre saint de famille royale et s'entretient avec lui. Ce dernier, accompagné de sa suite, est assis dans une attitude respectueuse sous des arbres symboliques non kia du palais; un grand vase rempli de fleurs de lotus se trouve à côté de lui. Une Gandharvi vole dans l'air. Le prince assis dans le temple, a des deux côtés une suivante portant l'émouchoir. Sous le temple se trouvent des ornements symboliques , représentant deux lions et trois éléphants.

PI. GGXLVI, 31. Deux saints de famille royale, accompagnés de leur suite, se rendent vers un temple magnifique bâti en forme de pyramide avec cinq étages; quatre femmes sont accroupies sur une large estrade. Nous croyons distinguer un grand nombre de voiles ou de châles suspendus derrière ces femmes sur une latte de traverse. Les arbres de ce bas-relief sont des arbres naturels.

— 32. Le Bouddha se tient debout sur le coussin de lotus dans l'attitude d'un homme qui fait une démonstration; il faut donc se le figurer ici en voyage pour prêcher la conversion; ses auditeurs sont auprès de lui debout ou à genoux. Des esprits de l'air, planant dans les nuages, font descendre des fleurs sur sa tète. L^un d'eux tient à la main une petite cloche ou une sonnette, comme celles dont on se sert dans les cérémenîes i*eligieuses.

PI. GGXLVII, 33. Deux saints de famille royale s'entretient nent ensemble dans un palais.

— 34. Un saint de famille royale est en voyage avec sa suite.

:D^ esprits ornés en princes font tomber des fleurs sur sa tête. PI.. GGXLYIU, 35. Deux saints de famille royale se trouvent ensemble dans un palais. Un gardien et la suite des deux princes attendent hors du palais sous un arbre.

— 36. Trots salles d'un même palais communiquant ensemble. vOans la salle du milieu deux saints de famille royale s'entretiennent ensemble, tandis qu'une foule de suivantes se trouvent dans les deux salles latérales.

PL GGXLIX, 37. Une visite à peu-près semblable; mais celui qui' fait la visite est privé de l'auréole, et la suite des deux personnages se compose exclusivement d'hommes.

— 38. Encore une visite du même genre , rendue cette fois-ci par un prince à une princesse , arrivés l'un et l'autre à un degré de jsaioteté. Une Gandharvi plane dans l'air portant une coufonne de fleurs.

PI. GGL, 39. Un pénitent Brahmane assis dans sa grotte, y reçoit la visite d'un saint de famille royale , qui prête une oreille attentive à sa démonstration et dont la suite nombreuse est assise tout près. A côté du Brahmane se trouve une table de pierre , sur laquelle l'artiste a placé sa cruche à eau, son vase pour recueillir les aumônes et une coquille dans laquelle se trouve un^ fleur. La lance en forme de trident, l'arme de Çiva, est placée contre la grotte à côté de l'entrée. Un autre Brahmane est assis dans une autre grotte un peu plus de côté; peut-être ce Brahmane est-il le disciple du premier.

— 40. Encore une visite, qu'un saint et royal personnage rend à un autre dans son palais.

PL GGLI, 41. Deux saints et royaux personnages s'entretiennent ensemble dans un palais; leur suite est assise plus bas; on des soldats de la garde se trouve hors du palais sous un arbre au bord de la mer ou de la rivière, sur laquelle le palais est situé. Un navire vient d'arriver à ce qu'il semble , et l'équipage parait occupé à plier la voile sur l'ordre du pilote. Peut-^tre ce navire a-t-il transporté l'un des deux princes et pouvons-nous admettre qu'il soit venu d'un pays de l'autre côté de la mer. .

— 42. Un saint prince porté sur une litière couverte, ac-

compagne de sa suite, dont les plus distingués sont à cheval, les autres à pied; le prince paraît être en voyage, peut^tre dans le but de faire une visite. Des esprits célestes volent à sa rencontre en portant des cadeaux.

PI. GGLII , 43. Un saint prince , peut-être celui du précédent bas-relief rend visite à une Bhikshouni, dont le serviteur et les suivantes sont assis à côté de la maison.

— 44. Un saint de maison royale rend visite à un princs, que ne distingue pas l'auréole; celui-ci le reçoit dans soû palais et s'entretient avec lui; la suite des deux personnages se trouve des deux côtés de Tédiflce.

PI. GGLIII, 46. Deux princes, peut-être ceux du précédent bas-relief, (l'auréole manque ici encore à l'un d'entre eux) sont agenouillés dans un temple , des deux côtés d'un Dagob avec des restes de Bouddha. La suite se tient hors du temple, en partie debout, en partie à genoux. Des esprits des deux sexes planent dans l'air.

— 46. Un saint prince, qui vient peut-être d'un pays étranger, à en juger par ses moustaches, est en voyage; lui-même est monté sur un char magnifique tiré par deux chevaux, tandis que ses serviteurs le suivent en foule à pied. Des esprits célestes volent au devant de lui. Son attitude, qui est celle d'un homme occupé d'une démonstration , pourrait faire supposer que le prince eût entrepris en personne un voyage de prédicateur ou de missionnaire.

PI. GGLIY, 47. Un saint et royal personnage se trouve à genoux les mains jointes à côté d'un autre prince; cé dernier qui est assis sur un trône dans son palais, parait avoir atteint une plus haute dignité religieuse , à en juger par la petite image d'un Bouddha assis qui orne sa coiflure au front. Dans la suite du prince qui rend visite à l'autre, nous remarquons un serviteur qui porte un plat avec des fleurs de lotus particulièrement grandes. Des esprits célestes sont assis dans les nuages dans une attitude qui trahit l'adoration; des fleurs descendent du ciel.

— 48. Un saint et royal personnage dans l'attitude d'un

homme qui adore, accompagné de sa suite et assis près d'un temple , écoute la démonstration d'un personnage divin , probablement un saint Bouddhiste, qu'on a représenté cependant avec quatre bras, peut-être sous Tinfluence d'idées Brahmanes; les deux bras de derrière portent le chapelet et Témouchoir. Un taureau couché se trouve au rez-de-chaussée du temple, tandis que <les Brahmanes apportant des offrandes planent dans Tair et s'approchent en volant; ces deux détails nous font supposer, que nous avons ici devant nous un dieu Brahmane converti au Bouddhisme.

PI. GGLY, 49. Un saint et royal personnage accompagné de sa suite, s'entretient avec une princesse sainte et puissante, -à en juger au moins par les trésors à côté d'elle, par ses serviteurs et par sa garde. Tous sont assis sous des arbres symboliques.

— 50. Une visite et un entretien semblables aux mômes détails du précédent bas-relief, sauf que la scène se passe dans le palais de la princesse; les femmes de la suite de celle-ci sont assises sous un arbre ordinaire, tandis que la suite du prince est assise sous un arbre symliolique, et que des esprits des deux sexes planent au-dessus des arbres.

PI. CCLVI, 54. Un prince, prosterné la face contre terre, présente ses hommages à une sainte princesse, qui est assise sur une estrade couverte de coussins, entre six grands vases remplis d'offrandes ou de trésors. Les deux principaux personnages sont assis sous des arbres symboliques, la suite du prince se trouve sous un arbre ordinaire.

— 52. Un saint et royal personnage s'entretient avec une sainte princesse dans le palais de la dernière. La suite du prince se trouve hors du palais sous un arbre symbolique.

PL GGLVII, 53. Un entretien comme celui du précédent tableau, sauf que le prince est assis hors du palais. La suite se trouve sous un arbre symbolique.

— 54. Un saint et royal personnage fait un voyage, assis sur un trône magnifique couvert d'un dais et porté par un éléphant, qu'un de ses serviteurs conduit par une corde; le cornac, qu'on reconnaît au crochet qu'il porte, marche également à côté

de ranimai, et entoure la trompe du bras gauche. Quatre personnages qui semblent être des princes, suivent la procession à cheval; les hommes inférieurs de la suite marchent à pied derrière l'éléphant. Des esprits célestes portés par les nuages, volent au devant du prince dans une attitude respectueuse.

Pi. GGLVIII, 55. Deux personnages de condition, acconipag^ nés de leur suite qui apporte des cadeaux et des offrandes, sont assis dans un pendopo, et s'entretiennent avec un saint de famille royale ; celui-ci est assis dans un palais , tandis que des esprits célestes , planant dans les nuages , volent vers lui en apportant des cadeaux au son de tambours et de cymbales.

— 56. Un saint de famille royale, prosterné respectueusement à rentrée d'un palais, dans lequel est assise une sainte princesse de haute famille. A en juger par les lions sur le toit, on pourrait supposer qu'elle appartient à la caste des guerriers. Deux esprits des deux sexes planent dans les nuages.

PI. GGLIX, 57. Un saint prince rend visite à une princesse qui est également une sainte, et s'entretient avec elle; l'un et l'autre accompagnés de leur suite, sont assis sous des arbres;, c'est-à-dire peut-être dans un jardin. Une Gandharvi est assise sur le dossier du trône de la princesse.

— 58. Un saint prince qui est en voyage avec sa suite, rencontre une longue file de princes , qui lui rendent hommage» Des esprits planent au-dessus de lui dans les nuages.

PI. GGLX, 59. Un saint prince, respectueusement prosterné sur un tabouret dans le vestibule d'un palais magnifique, prête l'oreille aux démonstrations d'une sainte princesse. Deux esprits célestes planent dans les nuages.

— €0. Un saint prince et une sainte princesse s'entretiennent ensemble, assis l'un et l'autre dans le palais de la dernière, tandis que leur suite se trouve dans les galeries latérales. Des esprits planent dans les nuages.

PL GGLXI, 61. Un saint prince est assis dans son palais dans l'attitude d'un homme qui fait une démonstration; à oôté de lui se trouvent son éléphant et ses serviteurs endormis. Des

espriU célestes planant dans les nuages lui apportent des offrandes.

PL GCLXI, 62. Un saint prince rend hommage à une sainte princesse qui est assise dans son palais; le prince se trouve à rgenoax à l'entrée de l'édifice. Des esprits célestes des deux «exes planent dans les nuages.

PI. GGLXII, 63. Même tableau, sauf qu'il se trouve deux suivantes des deux côtés de la princesse , portant Tune et l'autre l'éinouchoir, tandis que trois autres suivantes se trouvent adroite bors du palais. Nous remarquons trois personnages, parmi lesquels un Brahmane, dans la suite du prince qui rend hommage et qui apporte des cadeaux; lui-môme est assis sur un coussin. Des esprits célestes planent dans l'air.

— ' 64. Un palais dans lequel un saint prince, assis sur un IrAne élevé , s'entretient avec un autre, qui est assis devant lui sur le sol et dont la suite est assise bors du palais. Dans une partie de la salle qui se trouve derrière le saint prince sont assis trois personnages de condition de sa suite. Des esprits oélestes planent dans les nuages.

. . PL GGLXm , 65. Une sainte princesse , dont le trône se distingue de nouveau ici par les lions qui le portent , est occupée à faire une démonstration devant un personnage illustre, lequel, assis dans la même salle de son palais , est venu lui faire visite el dont les gestes annoncent l'admiration. La suite de ce deroîer personnage se trouve dans l'antichambre du palais. Des esprits planant dans les nuages rendent hommage à la princesse.

— 66. Une princesse, assise dans son palais, s'entretient avec un personnage de condition, assis au dehors sous un para^ sol dans l'attitude d'un Bouddha. La suite de ce dernier est assise près de lui sous un arbre naturel.

PI. GGLXIY, 67. Un prince est tombé à genoux sur le soubassement du palais d'un saint de famille royale. Il peut paraître étrange que la suite du premier se compose seulement de deux femmes, agenouillées derrière lui sous un arbre symbolique; la «lite de l'autre prince est assise de l'autre côté du palais sous un. arbre ordinaire.

— 68. Un saint prince est assis avec son illustre épouse

dans son palais, lequel est entouré d'une clôture de palissades. En dedans de cet enclos sont assis deux serviteurs; en dehors de l'enclos , près du portail , se trouvent deux gardes. Une sainte princesse sort des nuages et vole vers le palais.

PI. GGLXV, 69. Un prince est assis dans son palais, ayant une suivante à droite et à gauche de son trône. A droite du palais se^ trouvent une femme et un homme de sa suite; à gauche devant le palais un saint prince est assis sous un arbre symbolique. Des esprits célestes planent dans les nuages.

— 70. Un Brahmane est assis sur son trône dans un pendopo richement orné ; à côté de lui Tencens est allumé sur un autel ; quatre disciples du Brahmane sont assis à droite du pendopo sous un arbre symbolique. Encore plus à droite un prince, accompagné de deux autres princes et d'un serviteur, est respectueusement assis et écoute la démonstration du Brahmane. Deux esprits célestes planent dans les nuages.

PI. GGLXYl, 7i. Un saint prince, assis dans son palais sur un trône que portent des lions, s'entretient avec un prince qui est assis près de lui sur le sol , et dont la suite est assise dans la galerie attenante.

— 73. Un prince assis dans son palais avec ses deux femmes, reçoit la visite et les hommages d'un autre personnage illustre et de sa suite. Au-dessus de ce dernier deux esprits planent dans les nuages.

PI. GGLXVn , 73. Un prince , accompagné de sa suite et précédé de deux femmes de condition, se promène sur les nuages, tandis que des fleurs et des couronnes descendent sur tous.

— 74. G'est ici que nous retrouvons de nouveau le Bouddha; QOtts le retrouverons encore sur quelques tableaux suivants. Le bas-relief que nous avoujs sous les yeux , le présente assis sur son trône sous le parasol et plongé dans des méditations profondes, tandis que ses mains jointes reposent sur ses genoux; le siège immédiat du Bouddha est une fleur de lotus qui s'élève hors de l'eau sur une tige épaisse entre un grand nombre de fleurs semblables et de feuilles. Quatre saints de famille royale sont assis

deux à deux à droite et à gauche du Bouddha; leur siège est également un trône mais sans dossier, porté comme celui du Bouddha par des fleurs de lotus, tandis que des deux côtés de ces trônes s'élèvent des fleurs de lotus et des tiges pourvues de feuilles; ces quatre personnages ne se distinguent les uns des autres que par Tattitude des mains et par quelques petites modifications apportées dans les détails de la coiflure et des ornements. Des guirlandes et d'autres ornements de fleurs, suspendus aux nua* ges , flottent au-dessus de leurs tête. L'ensemble représente évidemment un tableau symbolique de princes que leurs vertus ont fait admettre dans la société du Bouddha.

PI. GGLXYIII, 75. Le Bouddha est assis dans la même attitude que sur le précédent tableau; il prêche sa doctrine à quelques femmes qui lui apportent leurs hommages, sur les bords d'un courant dans lequel nagent des poissons et des tortues. Des esprits célestes portés par les nuages, lui apportent des offrandes et le couvrent de fleurs. Devant lui se trouve un arbre symbolique.

— 76. Le Bouddha se tient debout sur le coussin de lotus et prêche devant un grand nombre de femmes. Derrière lui se trouvent trois serviteurs. Sur les nuages on voit un grand nombre d'esprits célestes de rang et d'âge divers, qui versent sur lui àes fleurs et d'autres dons.

PI. GGLXIX , 77. Une sainte princesse prêche dans son palais la doctrine du Bouddha et s'entretient , à ce qu'il semble , avec un personnage de condition , assis à sa gauche sur le sol et dont la raite attend hors du palais. Dans les nuages se trouve un esprit céleste tenant une offrande sur un plat.

— 78. Ici encore le Bouddha est debout; peut-être faut-il se le représenter en voyage dans le but de prêcher sa doctrine; à côté de lui se trouvent un saint de famille royale et un Bhikshou; le prince est représenté également dans l'attitude d'un prédicateur. Un nombre considérable de femmes distinguées, qui ge tiennent debout sous des arbres symboliques ou du moins près de ces arbres, apportent leurs hommages au maître, de concert avec quelques esprits célestes qui planent dans lés nuages.

Ui

PI. GGLXX , 79. Une sainte princesse , issue d'une famille tfû appartient à la caste militaire, à en juger par les lions qui supportent son trône, est assise dans son palais, plongée dans la méditation, et reçoit les hommages de différents personnages, assis en partie dans la même pièce , en partie dans une pièce contigue.

— 80. Ce tableau ressemble assez au précédent, sauf quelques modifications, parmi lesquelles nous signalons l'attitude de la princesse, et de trois de ses auditeurs; c'est l'attitude de personnes qui font une démonstration.

PI. GGLXXI , 81 . Le Bouddha est assis dans un petit temple , occupé à faire une démonstration; à sa gauche ses Bhikshoos sont assis sous un arbre symbolique, tandis qu'un prince, assis à droite et\ accompagné de sa suite lui présente ses hommages. Des esprits célestes se voient dans les nuages.

— 82. Une sainte princesse , assise dans un petit temple ou dans son palais; à sa droite se trouvent ses suivantes, à sa gauche un prince qui vient la voir avec les hommes de sa suite. Des esprits célestes planent dans les nuages.

PI. GGLXXII, 88. Une sainte princesse, assise dans son palais , s'entretient avec un prince, également un saint, qui est assis non loin du palais dans une attitude respectueuse, et dont la suite est assise derrière lui sous un arbre. Trois esprits portant des émouchoirs et un chapelet planent dans les nuages, l'un d'eux joint respectueusement les mains.

— 84. Un saint prince, assis dans son palais, s'entretient avec un autre prince, assis près du palais; ce dernier est venu lui faire visite, porté par un éléphant et entouré de son escorte. Un arbre symbolique se trouve sur l'arrière-plan.

PI. GGLXXIII, 85. Un saint prince, accompagné d'une suite nombreuse et distinguée, fait visite à une sainte princesse de la caste militaire et s'entretient avec elle.

— 86. Un prince , accompagné de sa suite , est assis auprès d'un Bhikshou, qu'il est allé voir dans sa retraite, une grotte creusée dans les rochers. A côté du Bhikshou se trouvent deux de ses disciples. Derrière la suite du prince est un arbre sym*

bôlique, tandis que des arbres naturels se trouvent entre les rochers. Une fleur de lotus et des draperies sont suspendues aux nuages.

PI. GGLXXIV, 87. Un prince, assis dans son palais , enseigne un autre prince , qui se trouve près du palais. La suite du dernier est assise sous un arbre symbolique, celle du premier est assise de l'autre côté sous un arbre naturel.

— 88. Encore un pnnce dans la même attitude; son auditeur, un autre prince qui lui fait visite, est à genoux devant lui, les mains appuyées sur le sol; dans sa suite se trouve un vieux serviteur. A droite du palais on voit la suite du prince enseignant, dans laquelle se trouvent des gardes à la physionomie farouche et aux cheveux ébouriffés, qui apportent des cadeaux. Des esprits célestes planent au-dessus d'eux dans les nuages.

PI. GGLXXV, 89. Un tableau à peu près semblable, sauf que le prince qui rend visite à l'autre et qui est assis à côté du palais, tient à la main un objet ovale, peut-être un fruit qui doit servir d'ofPrande. De l'autre côté du palais on voit arriver également un personnage de condition, accompagné d'une suite, qui apporte des cadeaux, .out comme les esprits qui planent dans les nuages.

— 90. Une Bhikshouni, issue d*une famille de la caste militaire, comme l'indiquent les Singhas qui ornent le soubassefuent de son petit temple, est assise sous un arbre symbolique avec sa suite, dans laquelle se trouve aussi une Bhikshouni. tJn prince, ayant sa garde à quelque distance, est assis dans le vestibule du temple sous un arbre symbolique. Un esprit céleste s'approche en volant rapidement, portant une corbeille remplie de cadeaux sur l'épaule gauche.

PI. GGLXXVI, 9i. Une sainte princesse, assise dans son palais, «'entretient avec un prince, également un saint, qui est assis à côté d'elle. Plusieurs personnages de condition se trouvent dant kl suHe du dernier.

— 92. Une conversation du môme genre , sauf que les deux prificipaux personnages sont assis dans la môme pièce, n'ayant m l'un ni l'autre l'auréole derrière la tète; notons encore cette

différence, c'est qu'ici la princesse est le personnage qui écoute, tandis que sur l'autre bas-relief c'était le prince.

PI. GGLXXVII , 93. Un prince se trouve à quelque distance de son palais, distribuant des dons.

— 94. Le Bouddha se tient debout sur un coussin de lotus , c'est-à-dire qu'il est représenté voyageant pour prêcher sa doctrine. Deux esprits qui planent dans les nuages soutiennent un dais au-dessus de sa tête, d'autres esprits volent après lui; l'un d'eux se distingue par ses longues boucles. A la droite du Bouddha se trouvent deux de ses Bhikshous; à sa gauche un prince agenouillé, entouré de sa suite qui apporte des cadeaux de fleurs et d'aliments.

PI. GGLXXVIII, 95. Due princesse, assise dans sa chambre, s'entretient avec six hommes de condition qui se tiennent debout dans un pendopo ou près d'un pendopo et parmi lesquels il en est un qui paraît appartenir à la caste militaire.

— 96. Deux princes, entourés de leur suile, apportent des hommages et des offrandes à un Dagob qui renferme des reliques d'un Bouddha. Un esprit offre des offrandes de fleurs dans les nuages tandis que des fleurs de lotus descendent sur le Dagob.

PI. GGLXXIX, 97. Un prince, prêt à entrependre un voyage, assis sur son éléphant et accompagné de sa suite , qui se compose d'hommes et de femmes.

— 98. Un Dagob de Bouddha dans un édifice qui a la forme d'un temple. A côté de ce Dagob un personnage de condition, accompagné de sa suite, est respectueusement assis dans une annexe ou une galerie de l'édifice. Quatre esprits des deux sexes planent au-dessus des nuages. Ge qui dans le temple doit attirer un peu not/*e attention, ce sont les tortues qui figurent au-pied du soubassement comme des ornements d'architecture et qui ont probablement aussi une signification symbolique; la forme de la tourelle au-dessus du Dagob rappelle les cônes du même genre , qui se composent de treize parties et qu'on rencontre sur les Tchâityas dans le Népal.

PI. GGLXXX, 99. Un saint prince Bouddhiste, assis dans un petit temple ou dans un palais et plongé dans la méditation ,

reçoit les hommages d'un autre prince accompagné d'une suite. Dans les nuages se trouvent des esprits célestes , parmi lesquels , à ce qu'il semble un Brahmane. Sur le toit quatre personnes gesticulent avec beaucoup de vivacité; ce nombre et ces mouvements ont probablement une signification symbolique.

PI. GGLXXX, 100. Un saint prince Bouddhiste, qu'un grand nombre d'attributs mettent en rapport avec les dieux du Brahmanisme, nous est représenté ici occupé à enseigner, entouré de plusieurs auditeurs de rang divers, dont quelques-uns appartiennent à la terre, tandis que d'autres, des esprits célestes, planent dans les nuages. Un saint prince , accompagné de sa suite, vient lui présenter ses hommages. Le principal personnage est assis dans une caverne sur le coussin de lotus que supportent quatre lions ou Singhas. Derrière le coussin de lotus sont couchés des deux côtés des éléphants, sur la tête desquels est assis un Bhikshou. Le dossier du trône sur deux lions bondissants, tandis que nous découvrons sur le dossier deux autres lions assis et deux serpents. L'ouverture dans la voûte de la caverne est couverte d'un parasol orné, au-dessus duquel s'élèvent une fleur de lotus et deux émouchoirs. Le saint lui-même a quatre bras, dont les deux bras droits font un geste démonstratif, tandis que celle des deux mains gauches qui se trouve le plus en avant tient une fleur de lotus , l'autre le crochet de cornac. La coiffure du saint se distingue par les nattes arrangées selon les rites du Brahmanisme et par la petite statuette du Bouddha au front.

PI. GGLXXXI, 101. Un saint prince Bouddhiste, orné d'attributs Brahmanes, est assis dans un palais ou dans un petit temple, sur un coussin de lotus que portent trois lions. Il n'est resté des quatre mains que la main gauche postérieure, laquelle tient une fleur de lotus.- La coiffure est ornée d'une petite statuette de Bouddha , tout comme sur le bas-relief précédent. Des habitants de la terre et du ciel, les derniers placés en deux rangées, dont Tune s'élève au-dessus de l'autre, en partie des personnages de famille royale, lui apportent leurs hommages.

— 102. Un saint, prince Bouddhiste, comme nous en avons vu plus haut, sauf qu'il a six bras dont quatre mains seulement

8(Nit restées intactes; la main droite de devant est étendue vers le sol, celle de derrière tient le chapelet; la main gauche de devant, élevée à la hauteur du sein tient la fleur de loèos et fait un geste démonstratif; la main du milieu tient waie cruche d'eau. Des personnages de condition se tiennaiit des deux côtés dans une attitude respectueuse. Des esprits céleslea, planant dans les nuages, semblent être des serviteurs.

PI. GGLXXXII, 103. Un saint prince Bouddhiste est dans son petit temple, dans Tattitude d'un homme occupé d'i démonstration; à côté du temple se trouve un autre saint prince, qui écoute assis sur une pierre carrée. Des deux côtés se trouvent une suite et des auditeurs. ^Des esprits célestes planent dans las nuages. Derrière le petit . temple se trouve un arbre symboliqM; entre ses branches deux Brahmanes planent également dans les nuages.

— 104. Un saint prince Bouddhiste, ayant des attributs Brahmanes, est assis sur un coussin de lotus qui est placé sur un piédestal ou un autel et derrière lequel s'élève un arbre symbolique. Des deux mains antérieures reposent sur les genoux; la main droite postérieure tient le chapelet, la main gauche rémouchoir. La coiffure se distingue des images du même genre , que nous avons trouvées sur les précédents bas-reliefs n^'^ 100, 101 , 102', par l'absence de la natte tressée d'après les rites du Brahmanisme et de la petite statuette de Bouddha , qui ne se trouve devant la coiffure. La scène représente un endroit isolé dans une forêt, entouré de rochers. Des personnes de condition diffirente écoutent respectueusement. Des esprits célestes des deux sexes , planant dans les nuages , présentent leurs hommages , entre autres en battant le tambourin et des cymbales.

PI. GGLXXXIII, 105. Une femme, assise dans l'entrée de son palais, adresse la parole à un saint prince qui est assis près d'elle et qui Técoute très respectueusement. La suite du prince se trouve derrière lui sous un arbre symbolique. Un choeur d'esprits célestes se trouve dans les nuages portant des cadeaux; deux d'entre eux battent le tambourin et leseymbales, tandis que de deux Ghandarvis l'une joue d'un instrument à cordes.

PI. GGLXXXIII, 106. Une sainte princesse, assise dans son palais, s'entretient avec un prince qui se tient avec sa suite sous on arbre symbolique à côté de rédiflce, et qui porte derrière sa tète, en dehors de l'auréole, le croissant que nous avons déjà rencontré plus d'une fois; de l'autre côté du tableau la suite de la princesse se trouve également sous un arbre symbolique. Des

prits célestes planent dans les nuages au-dessus du palais, qui surmonté de cinq ornements en forme de trident, ce qui indique un rapport avec le culte de Çiva.

Pi. GGLXXXIV, 107. Une sainte princesse est assise dans goo palais sur un trône sontenu par des lions, et semble faire une démonstration à un saint prince , assis respectueusement près du trône de la princesse. La suite de ces deux personnages est assise dans la môme pièce du palais à droite et à gauche du trône. Des esprits célestes planent dans les nuages.

— 108. Une sainte princesse, agenouillée dans un temple sur un trône en forme d'autel, s'entretient avec un saint prince qui semble porter un fruit dans la main droite. La suite de ces deux personnages est assise sous des arbres symboliques. Deux esprits célestes d'âge et de condition différents planent dans les nuages.

— 109. Une sainte princesse, assise dans son palais ou dans jsn temple, est occupée à démontrer ou à prêcher, tandis qu'un prince est assis respectueusement à côté de l'édiflce. Des esprits célestes planent dans les nuages, d'où descendent des fleurs et des draperies. La suite de ses deux personnages est assise sous des ^ffbres naturels. Ce qui mérite spécialement notre attention, c'est une des femmes de la suite de la princesse, armée d'un grand glaive qu'elle porte levé devant elle.

Pli. CCLXXXV, 110; CCLXXXVI, 111, 112. Chacun de ces trois . bas-reliefs présente une sainte princesse , assise dans son palais ou dans un pavillon , occupée d'une démonstration ou d'une méditation; un prince écoute assis ou debout devant elle; ce dernier personnage est représenté sur le n^*. 112 avec l'auréole ^sralement, tandis que sur le n^. 111 il porte encore l'ornement en forme de croissant derrière la coiffiire. Le n^. 112 nous

montre le palais ou le petit temple à quelque distance. Des esprits célestes ou des esprits de l'air planent comme d'habitude daos les nuages.

PL GGLXXXVII, 113. Voici un tableau qui diffère notablement de tous ceux dont se compose la série. Le Bouddha est assis sur son coussin de lotus dans l'attitude d'un homme qui médite. Le coussin est porté par deux lions, tandis que des tapis étendus sous le coussin en dépendent en draperies. En dehors de l'auréole ordinaire il en a encore une autre beaucoup plus grande, qui s'élève depuis son siège jusqu'au-dessus de sa tête, couverte par les branches d'un arbre symbolique qui représente ici le Bodhidrouma et dont les l)ords font rayonner des flammes. A gauche du Bouddha sont deux suivantes qui Iw rendent hommage. Tout l'espace à droite est occupé par une foule de personnes de rangs divers, qui agitent viveoient des armes de tout genre, comnoie s'ils s'amusent à un combat simulé plutôt que de se battre en réalité. Les armes dont ils se servent sont de petits boucliers oblongs ou ronds, des glaives de forme différente, des poignards et même une massue. Il est difficile de songer ici à un combat réel, car la troupe agite évi* demment ses armes à coups perdus. Peut-être l'ensemble fournit-il un tableau symbolique des troubles et des luttes auxquels exposent les passions humaines et les convoitises de ce monde , opposés au repos calme et sans trouble du disciple de Bouddha qui s'est élevé au-dessus de ces agitations.

— 114. Un temple, ou le palais d'une sainte princesse dont les suivantes se trouvent à droite de l'édifice fermé, tandis que quelques personnages de famille royale se sont approchés de l'autre côté avec leurs dons. Des arbres symboliques se trouvent sur l'arrière-plan. Au-dessus de l'édifice se trouvent des esprits célestes portés par les nuages et présentant leurs honmiages.

PI. GCLXXXVIII, 115. Un Brahmane, ou un autre personnage de condition, qui s'est voué à l'état religieux et qui semble avoir déjà acquis une grande célébrité par son savoir ou par sa dévotion; il est assis sous un arbre symbolique sur un piédestal couvert de tapis et de coussins; à côté de lui se trouvent adroite

sa ôniche à eau, placée sur un bâton qui se termine en trois pointes et qu'on a enfoncé par l'autre bout dans le soi derrière deux de ses disciples , tandis que devant lui un prince et sa suite lui offrent leurs dons et leurs hommages. Des esprits, parmi lesquels un Brahmane et un Bhikshou, planent dans les nuages, portant des cadeaux.

PI. GCLXXXVIII, 116. Une princesse, assise dans son palais mais que Tauréole ne distingue ici comme étant sainte, s'entretient avec un autre saint prince, qui est assis avec sa suite sous an arbre symbolique à côté du palais. En dehors des esprits célestes qui planent, comme d'ordinaire, dans les nuages, et parmi lesquels il s'en trouve un qui tient un instrument à cordes à la main , nous voyons encore deux Gandharvas assis sur Tarbre.

PI. GGLXXXIX, 117. Une princesse, assise dans le palais avec sa confidente, y reçoit la visite d'un prince, accompagné de deux hommes de condition de sa suite. Les dames d'honneur de la princesse se trouvent de l'autre côté de Tédiflce, au-dessus duquel deux esprits , planant dans les nuages , font office de serviteurs, en portant les émouchoirs. Les Singhas qui se trouvent sur les différents étages du palais nous engagent à ranger la femme dans une famille de la caste militaire.

— 118. Un saint prince s'entretient dans son palais avec un autre prince qui est assis dehors. Des esprits célestes battent dans les nuages le tambourin et les cymbales.

PI. GGXG, 119. Un prince, assis dans son palais entre deux de ses suivantes, tandis qiie les autres femmes se trouvent dehors, reçoit la visite d'un a^itre prince. Des esprits planent dans les nuages. Sur un toit à deux étages, entourés l'un et l'autre de balustrades, nous découvrons un grand nombre de vases à provision (?) , entre lesquels plusieurs serviteurs témoignent leur gatté par leurs mouvements et leurs gestes.

-*- 120. Une princesse est assise dans une des pièces de son palais, tandis que deux de ses jsuivantes se trouvent dans une pièce contigue; dans l'autre chambre attenante est un prince qui lui présente ses hommages et que sa suite attend hors du palais

sous un arbre symbolique. De l'autre côté du palais les suivantes de la princesse sont assises les unes à côté des autres en deux rangées superposées. Des fleurs descendent auprès de la princesse et des esprits célestes planent dans les nuages.

PI. GGXGI, 121. Un prince est assis dans son palais, dans l'attitude d'un homme absorbé dans la méditation, sur un trône dont le dossier est orné des deux côtés d'une tête d'éléphant sur laquelle est assis un serviteur. A droite et à gauche se trouvent des hommes et des femmes de condition qui viennent lui présenter leurs hommages. Quatre Gandharvas sont assis sur le mur ou sur le toit des galeries à côté du palais.

— 122. Un prince est assis daos son palais, dont le mur postérieur se compose d'un grillage. Sa suite est assise à sa droite, tandis qu'un Gandharva est assis sur trois grands vases à provision. A gauche du palais est un prince entouré de sa suite qui s'entretient avec le premier. Sur l'arrière-plan s'élèvent des arbres symboliques. Dans les nuages on voit des esprits célestes, parmi lesquels il y en a quelques-uns qui font de la musique sur une cithare, sur des tambourins et des cymbales.

PI. GGXGII, 123. Un prince est assis sur son siège, dans un palais dont trois pièces sont visibles, entre deux suivantes qm se tiennent debout à côté de lui. Il adresse la parole à un autre prince, qui est assis dehors avec sa suite et qui écoute respectueusement. Des esprits célestes planent au-dessus du pa* lais, et deux arbres symboliques s'élèvent également au-dessus des nuages; auprès d'un de ces arbres se trouve un couple de Gandharvas.

— 124. Un religieux Brahmane, assis dans un petit temple, s'entretient avec un prince ou bien lui donne de l'instruction; le prince est assis avec sa suite à côté de l'édifice, tandis qu'un peu plus loin quatre personnages de condition se tiennent debout sous un arbre symbolique. Parmi les esprits célestes dans les nuages se trouve un couple de Gandharvas ; de ces deux la femme joue d'un instrument à cordes.

PI. GGXGIII, 125. Un prince et une princesse reçoivent dans leur palais la visite d'un autre prince «t de sa suite. Dans les

nuages se voient des esprits célestes, parmi lesquels nous croyons distinguer deux Brahmanes.

PI. GGXGIII, 126. Un temple ou un palais fermé, auprès duquel se trouve un prince présentant à genoux ses hommages; à droite et à gauche des hommes et des femmes sont respectueusement assis sous des arbres symboliques. Dans les nuages nous Yoyons des esprits célestes avec des offrandes, Témouchoir, un instrument à cordes etc.

PL GGXGIV, 127. Un temple ou un palais, dont l'entrée principale est entr^ouverte. Des deux côtés se trouve une foule qui présente ses hommages, et dans laquelle nous distinguons des princes, ou du moins des personnages de haute condition et quelques femmes. Au-dessus des nuages s'élèvent un grand nombre d'esprits célestes de différentes classes, parmi lesquels un Brahmane, tous dans la même attitude respectueuse.

— 128. Un saint prince est assis dans un temple ou dans un palais, sur un coussin de lotus que supportent quatre lions au Singhas assis et deux figures d'hommes accroupris; deux figures du même genre et deux lions bondissants sont placés contre le dossier du siège. Le prince est assis dans une des attitudes du Bouddha qui marquent la démonstration, et tient dans la main droite la tige d'une fleur de lotus. Autour du temple se trouvent un grand nombre d'habitants de la terre et du ciel, qui présentent leurs hommages par des offrandes, des eadeaux, des prières et de la musique. Ge sont les assistants de la rangée supérieure, de celle que nous avons certes le droit de nous figurer élevée au-dessus des nuages , — à en juger par les deux images qui planent au-dessus du temple , — qui annoncent les louanges du prince au bruit de la cithare et d'autres instruments à cordes, de bassins, de cymbales et de tambourins. A droite du prince on distingue entre autres deux adorateurs des Nftgas, qui se font reconnaître facilement aux serpents entortillés dans leurs cheveux , et à droite , en première ligne , un géant ou un sauvage, marqué par ses cheveux ébouriffés, ainsi qu'un esprit à tête d'oiseau ou un Garouda.

Nous voici arrivés au bout de la série de tableaux qui forment

les bas-reliefs de la paroi postérieure de cette galerie. De même que le premier tableau nous présentait le Bouddha comme l'objet des hommages de tous les êtres , de même aussi le dernier nous a présenté un saint prince glorifié de la même manière. Cette coïncidence ne nous paraît pas fortuite, ni motivée par un simple , arrangement artistique; nous croyons plutôt que ces deux tableaux nous donnait d'une manière générale , l'idée qui domine toute cette série de bas-reliefs , c'est-à-dire des hommages présentés au Bouddha , à des princes et à des princesses qui se sont élevés à un degré de sainteté en protégeant la doctrine du Bouddha , en la prêchant et en favorisant la propagande Bouddhiste, ou enfin à tous ceux qui, bien que n'appartenant pas à une maison royale, se sont rendus utiles pour la propagande Bouddhiste.

Après avoir fait passer en revue les différents bas-reliefs, nous présenterons encore quelques réflexions.

Nous rencontrons les Bouddhas proprement dits, c'est-À-dire ceux qui se distinguent comme tels par leur attitude, leur costume , leur coifiure etc., et qui ressemblent sous tous ces rapports aux images du Bouddha que nous trouvons dans les niches des murs d'enceinte et sous les Dagobs des terrasses circulaires, — nous rencontrons , dis-je , ces Bouddhas parfaits sur les bas-reliefs 1 , et 3—43 PII. CCXKXl et CCXXXII— GCXXXVII ; PU. GCXXXVIU. 15; CCLXVII. 74; CCLXVIH. 75; GCLXIX. 78; CCLXXL 84; GGLXXVIII. 94 et GGLXXXVII. 443. Le Bouddha nous app^ ratt encore, debout, il est vrai, mais marqué du reste de tous les signes distinctifs d'un Bouddha , sur les PU. GGXLVI. 32 ; GGLXVHL 76; GGLXIX. 78 et GCLXXVII. 94; donc en tout sur vingttrois bas-reliefs. — Il est représenté assez rarement absorbé dans la spéculation abstraite, comme par exemple, PL GGXXXII. 3 et GGLXXXVII. 413. Nous le voyons d'ordinaire avec des gestes qui indiquent la démonstration, enseignant m» disciples et d'autres auditeurs; c'est sur ces tableaux-là . que Tarliste veut évidemment nous faire reconnaître en lui le prédicateur , mais le prédicateur devenu , depuis qu'il a quitté ce monde , un objet d'hommages religieux et d'une vénération respectueuse.; hommages, qui furent rendus peu de temps après sa mort à ses

images et aux restes authentiques ou prétendus de son corps. C'est là ce qui explique l'attitude respectueuse des auditeurs, grands et petits; on aurait tort de conclure de leurs gestes^ qu'ils ne sont venus ici que pour adorer une image du maître. L'étroitesse des édifices où le Bouddha est assis , pourrait faire naître chez quelques-uns ridée, qu'il ne faille y voir que des niches ou des bâtiments à niche, comme nous en avons vu sur lee murs d'enceinte; dans ce cas l'image seule du Bouddha aurait pu y trouver de la place et il ne faudrait pas y chercher le Bouddha lui-même. Nous aurons plus tard encore l'occasion de combattre plus spécialement cette opinion; pour le moment nous nous bornons à faire observer, que, toutes les fois que le Bouddha est représenté en mouvement ou du moins en plein air, l'intention de l'artiste a été indubitablement de le faire voir en personne et non pas de montrer son image seulement.

C'est ici qu'il faut placer une réflexion qui ne se rapporte pas seulement aux artistes de Bdrd-Boudour , mais qui est d'une application générale aux oeuvres d'art de tous les peuples et de tous les temps, -^ c'est que les proportions exactes et la mesure adoptée en principe n'ont pu être observées strictement que pour les différentes parties de l'image humaine. L'espace â<»it l'artiste disposait, n'était pas assez grand pour lui permettre d'en faire autant pour tout l'accessoire de la mise en scène. La logique aurait réclamé pour tous ces objets-là des dimensions proportionnelles à celles des images. Mais l'application rigoureuse de cette méthode aurait demandé plus d'espace que l'artiste n'en avait à sa disposition. Alors il abandonnait sa norme primitive et modifiait successivement les dimensions pour chacun des objets qu'il avait à représenter. Des nuages, des montagnes, des palais, des maisons, des navires, des chars, des éléphants, des chevaux et d'autres animaux, des arbres etc. étaient repréa^tés d'après une mesure et avec des dimensions qui devaient les empêcher de franchir les limites de l'espace qu*il fallait réserver aux personnages. Oui souvent les principaux personnages bénéficiaient seuls des proportions normales, et la mesure réduite était appliquée aux personnages secondaires. Ce n'était pas

tout. Il fallait faire à la vérité d'autres sacrifices encore. Des montagnes, des arbres, des maisons etc. devaient se contenter d'un à-peu-près, pour ce qui concerne les formes que l'artiste donnait à ces objets et dans la manière dont il les disposait par rapport à la perspective. Dans tout cela l'artiste faisait ce qu'il pouvait. Ces objets ne devaient servir au fond qu'à désigner iee lieux où se passait la scène; et voilà ce qu'ils pouvaient fort bien ^ lors même que la proportion entre ces objets et le principal personnage était rompue et que leurs dimensions avaient dû subir une trop grande réduction. Une telle méthode, admise pour ainsi dire par une convention tacite et que l'usage avait justifiée, n'ofiensait en rien l'oeil du spectateur; elle suffisait parfaitement pour indiquer le théâtre de l'action , et venait plus vîte et mieux en aide à l'imagination que ne l'auraient Tait des inscripti<Mi8 ou des commentaires. Getta manière de représenter les objets était une espèce d'écriture figurée, qui exprimait des phrases entières par un seul signe. Deux ou trois arbres, souvent même un seul, représentaient un jardin ou une forêt; un seul édifice montrait que la scène se passait dans une ville ou près d'une ville; puis suivant la différence de formes et d'ornements, cet édifice devait représenter une maison, un temple ou un palais. Si la scène se passe, en tout ou en partie, dans l'intérieur d'un édifice , alors il n'est plus guère possible de conserver les proportions exactes, et l'enceinte est tellement rétréoie qu'il reste à peine assez d'espace pour les personnes qui s'y trouvent. S'agit-il (et voilà ce qui est le plus fréquent) de représenter une action qui se passe en partie dans un édifice, en partie au dehors, le seul moyen de faire les deux parts consiste à représenter le profil de la maison, à enlever un des murs ou à y faire une ouverture qui ne correspond à rien dans la réalité, mais qui ne blesse pas l'oeil et qui permet d'observer convenablement tout ce qui se passe dans l'édifice. Il résulte de ce que nous venons de dire que, si les édifices sont trop petits, beaucoup trop petits même en proportion des personnages qui 8*y trouvent assis ou debout , — rien ne nous oblige pourtant smger ici à des édifices aussi petits que les bâtiments à niche que

nous avons trouvés sur les murs d'enceinte. Ces édifice.; représentent suivant les circonstances et en partie aussi suivtmt leur forme: une maison, un palais, un temple, ou des parties de maisons et de palais, telles que des galeries, des p6ndo])os, des salles d'audience et d'autres salles du même genre; ils nous disent seulement qu'il faut nous représenter cette partie do l'action comme se passant dans un palais, dans un temple etc. Il arrive souvent, comme on aura remarqué, que le principal personnage se trouve dans l'intérieur de l'édifice, tandis que son interlocu« four, qui doit passer, lui aussi, pour un des personnages de premier ordre, se trouve au dehors du palais ou du temple. Il ne ffmdrait pas conclure de cette disposition que des visites, des audiences, des hommages ou des instructions se donnaient ou se fiaûsaient de cette manière-là. Il ne faut voir dans la place qu'occupe le principal personnage, c'est-à-dire dans l'intérieur du palais, du temple ou de la salle, qu'une place d'honneur qui marque seulement son rang plus élevé ou le degré supérieur de sainteté auquel il est parvenu. Pour ce qui est des noms que nous a^nms donnés aux édifices dans lesquels se trouvent les Bouddhas et les prédicateurs, souvent aussi des princes et des princesses ayant un caractère de sainteté, il est assez indifférent qu'ils sHippellent des temples ou des palais. On pouvait choisir un temple ou un palais indistinctement, si la personne devait ses titres à la vénération des hommes , à ses mérites sur le terrain du pouvoir temporel, du savoir ou de la piété; mais dans le cas où ces personnes s'étaient spécialement distingués comme protecteurs et prédicateurs de la doctrine du Bouddha, il fallait les placer de préférence dans des temples; le temple devient alors le séjour du prince, de la princesse ou de tel autre personnage à cause du caractère religieux qui lui est attribué, à cause de la relation où il se trouve avec le Bouddha. A ce point de vue nous pourrions fort bien considérer les bâtiments à niche sur les murs d'enceinte comme étant des temples, dans lesquels réside le Bouddha; peut-être faudrait-il y voir le séjour des immortels, le paradis sans bornes, le ciel infini qui est le trône du Bouddha. Après le Bouddha lui-même nous avons rencontré dans cette

dernière série les religieux consacrés des deux sexes, les Bhiksbous et les Bhikshounis qui prôchent, tout comme leur maître, dans un édifice ou en plein air et que la foule écoute avec le même respect, ou qui, plongés quelquefois dans leur méditation, sont seulement des objets d'hommages et de vénération. Pour ce qui est de ce dernier point, nous pouvons admettre, lorsqu'il s'agit de tableaux qui font suite ou qui présentent ensemble quelque rapport , que le prédicateur est encore plongé dans ses méditations au moment où l'étranger se rend vers sa demeure, et qu'il se réveille pour ainsi dire de cette absorption dans laquelle il vit habituellement , lorsque la visite a été annoncée et que l'entretien a commencé. Voilà un cas qui se présente, par exemple PI. CCXXXIX. 47, comparé avec le bas-relief suivant; sur le premier un saint prince se rend vers un Bhikshou, mais ce dernier n'a pas encore été informé de la visite et n'a pas encore été troublé dans ses calmes réflexions, tandis que sur le tableau qui suit immédiatement après, le n®. 18, il a déjà reçu l'étranger et il lui communique son enseignement. Sur les deux bas-reliefs que nous venons de citer, le Bhikshou est 'assis dans un temple; ailleurs, PI. GGXL. 19; GGXLI. 21, il est assis en plein air sous un arbre, et PI. GGXLIII. 26 dans une grotte. Sur la PL GGXLIII. 25, nous croyons pouvoir reoonnattre une Bhikshouni, bien que la chose soit un peu douteuse; la coiffure et les colliers pourraient désigner peut-être une princesse ou une autre dame de haute condition , qui n'a pas encore obtenu la haute dignité spirituelle, ou qui du moins n'en a pas encore pris les insignes. Mais ce qui est positif, c'est que plus loin , PI. GGLII. 43 et GGLXXV. 90, nous avons trouvé des Bhikshounis dans leurs demeures.

Nous avons pu voir également d'autres personnes occupées à enseigner; peut-être faut-il voir en celles-ci de savants Brahmanes qui avaient acquis une grande réputation de^ savoir et de sainteté, et qui avaient été convertis plus lard au Bouddhisme; voyez PI. GGXL. 20; GGLXXXVIII. 115 et GGXGII. 124. Il est bien sur qu'il faut voir PI. GGXLII. 24 un religieux Brahmane, enseignant un saint prince, avec lequel il s'entretient

à l'ombre de quelques arbres , el qu'il faut en voir un autre PL GGL. 39, communiquant également sa doctrine à un saint prince , non loin de la grotte dans laquelle il s'est retiré du monde. A tous ces prédicateurs , comme aux Bhikshous et aux Bhikshounis manque cependant l'auréole , c'est-à-dire le symbole de sainteté dont le Bouddha lui-même est toujours marqué sur cette galerie, et qui distingue aussi la plupart des princes ou des princesses qui occupent la place d'honneur sur les bas-reliefs. Nous rencontrons à tout moment des princes et des princesses ayant un caractère de sainteté et adressant la parole à des auditeurs de tout rang , tout comme le Bouddha lui-même , ses Bhikshous et ses Bhikshounis; d'où il est permis de conclure que ces communications ont pour objet l'enseignement de la doctrine. Il faut voir encore une particularité des tableaux de cette dernière galerie dans le fait qu'il y a là tant de princesses revêtues d'une haute dignité spirituelle. Ces princesses peuvent même s'élever si haut, que la PI. GGLVIU. 56 nous représente un saint prince à genoux devant une princesse, tandis que, prosterné, il appuie ses deux mains sur le sol; c'est là un homniage qu'un prince rend ailleurs, PI. CCLXIV. 67, à un prince ayant un caractère de sainteté (ce caractère est désigné ici comme partout par l'auréole). Mais la vénération vouée à une femme va encore plus loin , car nous rencontrons une fois , PI. CCLVI. 51 , un prince , dépourvu cependant de l'auréole , qui , à genoux devant une sainte princesse, s'est jeté par terre, la face appuyée sur les mains, qu'il tient étendues sur le sol. Voilà certes le plus grand hommage qu'on puisse rendre à quelqu'un , à l'exception peut-être de la marque de vénération toute particulière dont le Bouddha lui-même est l'objet, et qui consiste à toucher ses pieds du front'). Deux fois des hommages sont rendus à un saint prince ou à une sainte princesse, plongés l'un et l'autre dans la méditation dans l'attitude du Bouddha , comme si le Bouddha lui-même en était l'objet ; voyez PI. GGLXXX. 99, où le prince, et PI. GGXLII. 23, où la princesse est l'objet de ces hommages. Ailleurs , PI. GGLXIV.

(t Yoj%t p*r exemple Burnonf, Introduciùm pp. 250/254 ele.

67 , un prince s'est prosterné , les mains appuyées sur le sol , devant un autre prince, dont la supériorité semble être indiquée par Tauréole; tandis que sur un autre bas-relief, PI. GGLXXXIII. 105 , un saint prince est assis respectueusement et les mains jointes devant une princesse, assise à son tour dans la porte du palais, et qui lui adresse la parole. Nous aurions pensé qu*iei la princesse à laquelle les hommages sont présentés, eût du être représentée ornée de l'auréole; pourtant nous ne trouvons pasrar elle ce signe distinctif de sainteté et nous nous sentons bien un peu obligés d'en conclure que l'artiste a supprimé parfois cel insigne par erreur. Un tableau très intéressant c'est celui que présente la PI. GGLXIX. 78 , où un saint prince prêche la doctrine à plusieurs femmes, en même temps que le Bouddha lui-même, tandis qu'il est suivi d'un Bhikshou comme d'un serviteur ou d'un disciple. Mais un personnage, non moins honoré que celui4à, est le prince que nous représente la PI. GGLXVII. 73 et qui plwe sur les nuages avec sa suite nombreuse, tandis que des couronnes et des fleurs descendent sur lui et sur le cortège qui l'entoure. Une distinction semblable paraît avoir été méritée par une sainte princesse , PI. GGLXIV. 68 , qui , portée par un nuage , descend vers le palais d'un couple royal.

C'est sur les bas-reliefs des n^ 45. PI. GGLUI; 96. PI. GGLXXVIII et 98. PI. GGLXXIX, que nous rencontrons des Dagobs ou des monuments Bouddhistes dans lesquels on conser? vait des reliques du maître ou qu'on érigeait à sa mémoire. Le dernier bas-relief est le seul qui nous paraisse présenter quelque rapport direct avec le tableau qui précède immédiatement; las deux autres ne présentent qu'un rapport vague avec l'idée générale qui domine toute la série de cette galerie: honunages rendus au Bouddha après sa mort, ainsi qu'aux princes et à d'autres grands personnages qui se sont particulièrement distingués dans l'oeuvre de la propagande Bouddhiste. Il y a bien quelques tableaux auxquels ce rapport immédiat semble manquer, mais c'est sans trop de peine que nous pouvons les y rattacher plus ou moins. Ge sont ceux qui nous montrent des princes en voyage ou en marche avec leur cortège. Il y en a que nous

trouvons à pied, comme sur les PU. GGXLVII. 34 et GGLIX. 58; d'autres ont un éléphant dans le cortège, PI. GGLXXIX. 97 (ici le prince n'est pas orné de Tauréole); ou bien ils ont un éléphant et des chevaux , PI. GGLVIl. 54 ; nous voyons le prince monté sur une voiture , PI. GGLIII. 46 ; sur une espèce de palan- ({uin ou de litière couverte, PI. GGLI. 42; probablement aussi ayant fait le voyage par mer, PI. GGLI. 41. Rien ne nous empêche d'admettre que sur tous ces bas-reliefs le voyage ait pour but d'apporter les hommages du prince au Bouddha luimême, à des princes, à des princesses ou à des prédicateurs Bouddhistes; ou bien d'adorer de saintes reliques. Nous rencontrous une fois, PI. GGLXXVII. 93, le prince, privé de l'auréole, distribuant des cadeaux au peuple; mais voilà ce qu'il peut avoir fait pendant son voyage vers le lieu d'adoration ou sur son retour; il est possible aussi que l'artiste qui a projeté les bas-reliefs, n'ait voulu représenter qu'un seul des principaux personnages, remplissant ses devoirs religieux envers le Bouddha et ses devoirs de libéralité envers ses sujets. Quant au tableau de la PI. GGLXVII. 73, que nous avons cité tout à l'heure, bien que le prince n'y soit pas orné de l'auréole, il peut fort bien nous représenter un cortège en marche vers un endroit consacré au culte du Bouddha; les nuages sur lesquels le cortège s'avance , doivent représenter peut-être la grande distance que les voyageurs ont à parcourir, ou le degré élevé de sainteté, attribué à l'endroit sacré et à ceux qui y montent.

Ce qui paraît recommander cette dernière supposition, c'est la proximité immédiate de deux tableaux (les deux suivants), où le Bouddha siège sur une fleur de lotus qui semble sortir de l'eau, ce qui le place dans une position spirituelle particulièrement élevée. Les deux tableaux que nous avons en vue, sont les n^ 74 et 75, PU. GGLXVII et GGLXVIII. Nous retrouvons le Bouddha une troisième fois dans la même position, c'est-à-dire assis sur une fleur de lotus qui s'élève sur une longue tige , sur un troisième bas-relief de cette galerie, PI. GGXXXYIII. 15; il est vrai que sur ce dernier tableau l'eau n'a pas été représentée par Tartiste,. mais la ressemblance qu'il y a entre ce tableau et les

autres, nous permet de supposer que les fleurs s'élèvent ici de la même manière du fond de Teau et qu'il faut attribuer le même sens à ce dernier détail. Il est assez intéressant de rapprocher ces derniers tableaux d'un bas-relief qu'on trouve dans le fameux temple souterrain de Kenneri à Salsette '), où le Bouddha est assis de la même manière sur une telle fleur de lotus dont la tige est soutenue par deux hommes, tout comme sur notre n^. 45; à côté de ces deux hommes se trouve, des deux côtés du principal personnage, une autre personne, assise également sur une fleur de lotus dont la tige s'unit avec la première. Une foule nombreuse d'adorateurs se montre en bas sur la terre en haut dans l'air et sur les nuages.

C'est sur quatre bas-reliefs, à savoir les n^s AS. PI. CGLïV; 100. PI. CCLXXX; 101. CCLXXXI, et 104. PI. CCLXXXO, que nous trouvons des personnages divins ou saints, ayant chacun quatre bras; un cinquième bas-relief, PI. CCLXXXI. 102 nous en représente qui ont six bras; ces personnages pourraient nous faire songer à des dieux Brahmanes, qui seraient alors l'objet du culte des Bouddhistes. On sait que les Bouddhistes, surtout dans les temps postérieurs, ont accordé aussi une place dans leur culte aux dieux et aux esprits du panthéon Brahmane, bien que cette place ait toujours été une place secondaire. Nous avons cependant de la peine à admettre ici la présence de dieux du Brahmanisme ; ces personnages à plusieurs bras nous paraissent être plutôt des saints Bouddhistes, auxquels, pour une raison ou pour une autre, on aura accordé les attributs des dieux du Brahmanisme. Peut-être ces hommes étaient-ils autrefois, au moment où le Bouddha est apparu sur la terre, des sectateurs célèbres du culte établi; ou encore des Brahmanes savants et saints, auxquels on a laissé, après leur conversion, quelques-uns des principaux attributs de leur première foi et de leur position antérieure. Il est possible enfin qu'on ait voulu représenter le Bouddha lui-même, sans la coiii^re il est vrai qui le caractérise

1) Voyez L. Langlès, Monuments anciens et modernes de rEindoustan.T. II pi. 80-, H. Sait dant lea Memoirs of the Bombay Society^ T. L p. 48, 49.

spécialement, mais orné de quelques attributs des dieux les plus vénérés de telle ou telle secte Brahmane; c'est ainsi que nous y trouvons par exemple le chapelet, qui est surtout un attribut des religieux Brahmanes , mais qui est également un des insignes assez fréquents des dieux du Brahmanisme; l'émouchoir, qui est de même assez répandu; Tangkasa ou croc de cornac, qui est plus particulièrement l'attribut de Ganesa (1^1. GGLXXX. 100); le taureau (voyez le piédestal PI. GGLIV. 48) et le trident ou le trisoula (PI. GGLXXXII. 104) l'un et l'autre des attributs de Çiva. Quant à la cruche à eau que l'image à six bras tient à la main, PI. GGLXXXI. 102, elle est un attribut assez habituel tant des religieux Bouddhistes que de ceux du Brahmanisme.

Au reste, il n'y a pas à mettre en doute le caractère exclusivement Bouddhiste de ces images; la preuve évidente en est la petite statuette de Bouddha au devant de la coiffure, que nous retrouvons sur trois des quatre images dont les têtes ont été suffisamment conservées; peut-être cette statuette doit-elle servir de compensation à Técart que l'artiste s'est permis vis-à-vis de la coiffure ordinaire du Bouddha. Que si l'on demande maintenant, pourquoi ces attributs, qui sont assez rares dans les tableaux de Bôrô-Boudour , se trouvent justement sur les bas-reliefs en question , exclusivement à la place déterminée qu'ils occupent dans la série de cette galerie, et pourquoi nous ne les trouvons nuUepart ailleurs, — il faut suspendre provisoirement notre réponse. C'est , du reste , un fait avéré et connu , que des Bouddhas sont représentés ailleurs aussi avec plus de deux bras. Dhârma , une des trois personnes de la Trimourti Bouddhiste , est représenté chez Hodgson *) avec quatre bras. Moor, dans son Hindu , Panthéon *) nous donne même un Bouddha avec sept têtes; dans le Thibet, nous voyons Avalôkitêçvara ou Padmapani représenté avec onze têtes et huit bras '). Il nous paraît cependant peu probable qu'ici, sur les bas-reliefs de Bôrô-

1) Voyez Hodgson, Sketch of Buddhism; Tramaciion» of the 22. A. tocUiy o/Gr, Brittain and Ireland, Vol. II FI. II fig. 6 et d.

2) Moor, Hindu Panthéon, pi. 69. v

8) FaliM , JSSmmtUche hiatoriache Nachrichten, II pi. I fig. 3.

Boudour, où nous ne trouvons pas à un tel de|^é le mélange d'éléments Brahmanes et d'éléments Bouddhistes en ce qui ocmr cerne la personne du Bouddha lui-même, le mattre aurait été représenté avec ces attributs empruntés au Brahmanisme. Nous aimons mieux nous rallier à l'idée de Wilsen, qui reconnaît dans ces images à quatre et à six bras des saints Bouddhistes , princes ou autres, qui se sont particulièrement distingués dans l'oeuvre de la propagande Bouddhiste.

Nous avons appelé esprits célestes et esprits de l'air tous les hommes et femmes que nous avons vu planer au-dessus des nuages , sur presque tous les bas-reliefs de la série que nous venons de parcourir. Le Bouddhisme aussi a emprumté au Brahmanisme un très grand nombre de ces êtres surhumains, de rang et de forme divers; il] n'y a donc pas lieu d'hésiter à reconnaître leur présence sur les bas-reliefs. Il se présente cependant une question, celle de savoir si les habitants du ciel et de l'air proprement dits ont pu être représentés sous ces formes tout à fait humaines, avec toutes les particularités de sexe, d'âge, de rang et de condition, tandis que quelques-uns d'entre eux, tels que les Gandharvas ou musiciens célestes, les Garoudas, les Nâgas et tant d'autres peut-être , se distinguent des hommes par une forme toute particulière. Nous rencontrons souvent dans les écrits Bouddhistes les esprits de Tair, plus particulièrement les Dévas , les Yâkshas etc. , mais il est assez difHcile de reconnaître tous ces genres divers sur nos bas-reliefs. Ce sont bien certai* nement les Gandharvas et les Gandharvis qu'il faut reconnaître dans les êtres ayant le buste d'un homme ou d'une femme qui se termine dans le corps d'un oiseau ; de même les hommes à tête d'oiseau sont les Garoudas , tandis que les Nâgas se distinguent par les serpents entortillés dans leur chevelure. Mais comment retrouver les autres esprits de l'air dans les divers personnages que nous voyons planer dans les nuages? Peut-être est-il plus sûr d'expliquer la présence de ces personnages à un point de vue symbolique. Voici alors le sens que nous voudrions leur donner: de même que parmi les habitants de la terre des hommes et des femmes de tout âge, de tout rang et de toute position présentent leurs

hommages au Bouddha, de même aussi leurs devanciers, les hommes des générations antérieures, qui ont déjà disparu du théâtre de ce monde et qui sont déjà entrés dans une gloire supérieure, prennent part à ces hommages. Le culte dont le Bouddha est l'objet passe de génération en génération et ne s'arrête jamais; les nuages formeraient donc seulement la limite âatre les générations éteintes et la génération vivante. En dehors de cette explication, nous ne voyons pas moyen de nous rendre «iifnsamment compte de Tidée exprimée dans ces tableaux et de la forme sous laquelle cette idée est présentée.

Nous avons parlé assez souvent d* arbres surnaturels ou sacrés, que nous avons rencontrés une couple de fois sur la galerie précédente, mais que nous rencontrons fréquemment ici. Parfois ces arbres sont placés exclusivement à côté des édifices, entre les personnes, derrière elles ou au-dessus d'elles; parfois aussi ces arbres se trouvent mêlés aux arbres tels que la nature les fournit et tels que nous les avons retrouvés dans les tableaux de rhiatoire de Siddhârtha; il y a enfin sur la troisième galerie un grand nombre de bas-reliefs qui présentent exclusivement des arbres naturels. Nous n'avons pu réussir jusqu'ici à trouver ia raison qui peut avoir engagé l'artiste à opter pour l'un ou pour l'autre de ces trois arrangements. On pourrait supposer que la nature des faits ou le caractère des acteurs ait fourni ici la règle à l'artiste et lui ait fait préférer l'un ou l'autre de ces trois genres d'arbres ; il faudrait donc attribuer plus ou moins de sainteté à ces* personnages, à mesure que le genre symbolique ait eu la préférence. Voilà cependant une distinction qui n'a pas toujours été observée; il nous arrive de rencontrer un genre spécial là où le système que nous avons en vue aurait dû nous en faire trouver un autre. Malgré cette réserve, nous pouvons admettre facilement que les arbres surnaturels aient dû leur place mir les bas-reliefs au sens symbolique qu'il s'agissait de donner à* tel ou tel tableau. A mesure que les personnes qu'il s'agissait de représenter, s'étaient élevées à une hauteur plus grande dans la connaissance de la doctrine, ou bien à mesure que le théâtre de l'action s'éloignait des proportions matérielles et qu'il s'agissait

d'indiquer un séjour plus spirituel , nous sommes plus sûrs de rencontrer des arbres surnaturels. C'est ici le moment de nous étendre un peu plus sur leur forme. Cette forme est très étrange , les branches et les feuilles ont été empruntées le plus souvent à la végétation de la nature , mais la composition est tout à fait particulière; ils se composent de fleurs, de feuilles, surtout de fleurs et de boutons de lotus, de couronnes, de colliers formés de graines, etc., dans quelques-uns de ces arbres ont été suspendus de petites clochettes et des rubans, dans d'autres des oiseaux et des écureuils peuplent le feuillage; quelquefois aussi le tronc se termine à la cime en un émouchoir surmonté d'un parasol. (1 est inutile d'indiquer spécialement les bas-reliefs qui permettent au spectateur d'étudier de plus près ces arbres assez étrangers, mais qui ont un certain prix comme ornements d'architecture; celui-là même qui ne ferait que feuilleter les planches ne tarderait pas à les reconnaître. Nous nous permettons néanmoins de recommander spécialement à l'attention de nos lecteurs: PII. CCLV. 49; CCLXXXII. 103; CCLXXXIll. 106; CCXL. 19, où des oiseaux et des écureuils se sont posés sur les branches; CCLXXIV. 87; CCLXXXIll. 105 et CCLXXXVIIL 116, où nous découvrons également des oiseaux dans le feuillage; (l'arbre du dernier bas-relief nous montre , en outre , deux Gandharvas et un diadème royal au-dessus de la cime); GCXCIII. 124, où nous voyons dés rubans suspendus à l'arbre qui flottent dans l'air; 'CCXCII. 123, où les arbres surnaturels s'élèvent au-dessus des nuages, et enfin les clochettes que présente 1er bas-relief 49. PI. CCXL, que nous avons déjà cité plus haut.

Nous ne doutons nullement que ces arbres aient partout et toujours une signification symbolique; mais nous n'osons suivre sans réserve l'idée de M. Wilsen, qui veut appliquer ce principe de symbolisme à tous les détails par lesquels se distinguent ces arbres.

Il croit devoir retrouver dans la manière artificieuse dont ces arbres ont été composés, le système subtil et artificieux des doctrines Bouddhistes, à l'ombre duquel le savant se sent heureux. Plus la fantaisie a paré ces arbres*, plus elle leur a donné de

grandeur et de richesse dans les détails, plus aussi les personnages qui se reposent à leur pied auraient réussi à approfondir la doctrine du Bouddha. Les clochettes pourraient fort bien être comparées à des voix de Bhikshous, appelant le public à présenter ses hommages au mattre; les fleurs de lotus disposées entre les branches pourraient faire songer au Nirvana mystérieux, et les animaux que nous apercevons également par-ci par-là sur les branches, pourraient être mis en rapport avec une des thèses essentielles du système, à savoir la métempsychose. 11 nous paraît impossible d'être de cet avis, et d'appliquer ainsi Tidée d'un symbolisme à tous les détails ; il y a là un champ trop ouvert à la fantaisie et à l'arbitraire, on s'y expose trop à tomber dans la contradiction, on y est trop souvent obligé d'admettre des exceptions , ce qui est inévitable toutes les fois qu'on ne peut nier que l'artiste se soit écarté de la règle générale. C'est ainsi que, par exemple le tableau n®. 8. PI. GGXXXIV nous montre les Bhikshous assis près du Bouddha sous des arbres naturels, tandis qu' ailleurs, PU. CCXXXV. 9; CCXXXVII. 13; CCXXXVIIl. 16, ils ont pris place sous des arbres symboliques; les PII. GGXLV. 29 et GGLXXIV. 87 nous montrent des princes dépourvus de l'auréole et assis, malgré cela, sous l'ombre d'arbres symboliques; les PII. GGXLYI. 31 et GGLll. 43 nous montrent, par contre les princes que distingue l'insigne de la sainteté, assis sous des arbres naturels, tandis que la suite d'un saint prince est assise sous des arbres symboliques, PII. GGXLV. 30; GGLV. 50 et GCLVL 52. Le bas-relief de la PI. GGLXXIU. 86 nous montre le saint prince qui présente ses hommages, assis sous un arbre symbolique, tandis que le pénitent qui les reçoit est entouré d'arbres naturels; c'est ainsi encore que la suite de la Bhikshouni , PI. GGLXXV. 90, a sa place auprès d'arbres naturels, tandis que la suite du prince qui lui apporte ses hommages et qui n'est pas distingué par l'auréole , se tient auprès d'un arbre symbolique. Si l'idée de M. Wilsen était d'une application générale et rigoureure, il faudrait en conclure que la suite du dernier a mieux approfondi la doctrine du Bouddha. Le même cas se présente PI. GGXGIL 124, et l'idée de M. Wilsen est moins applicable

encore au bas-relief PI. GGLXXXin. 105, où le saint prîaoe est assis sous un arbre naturel, tandis que sa suite a pris plaœ sous un arbre symbolique.

Si nous ne pouvons être de l'avis de M. Wilsen, c'est bien moins encore que nous pouvons admettre l'idée de Brumund. Ge dernier voit dans les feuilles tressées, dans les fleurs, les couronnes , les clochettes et d'autres ornements que nous trouvons dans ces arbres, des amulettes, des objets sacrés et de boa augure pour les fidèles qui sont assis au pied de ces arbres. Pour recommander son idée, il commence par observer qu'il est fort acceptable en soi, que les Bouddhistes aient aussi leurs amulettes et leurs formules magiques, vu que ces objets sont les accessoires constants de la superstition et que les écrits Bouddhistes en parlent souvent. Il en appelle à Bumouf pour prouver ce dernier point '). Mais pour quelle raison, demandons-nous, pensez-vous que les personnes assises sous les arbres symboliques, aient eu besoin d'amulettes ou d'autres objets de ce genre? Gomment surtout ce besoin a-t-il «pu exister pour le Bouddha lui-même? Ge n'est pas que nous voulions nier que les Bouddhistes aient fait usage d'amulettes et d'autres préservatifs sacrés ; nous remarquerons seulement que Bumouf, dans l'endroit cité par Brumund, ne parle pas du tout des objets que nous trouvons dans les arbres symboliques, et qu'il y est seulement question des Mantras et des Dhâranîs, c'est-à-dire de formulaires magiques plus ou moins longs et souvent complètement inintelligibles. Or ce ne sont pas ces formulaires qu'on découvre, où que ce soit, dans les arbres symboliques ^).

Ce qui est caractéristique pour tous les bas-reliefs de cette galerie, c'est qu'ils nous montrent tant de saintes femmes, d'ordinaire des princesses, quelquefois aussi des religieuses. Voilà, une particularité qui disparaît complètement , lorsqu'on arrive aux deux galeries supérieures; sur ces dernières c'est seulement à des hommes que revient l'honneur et le privilège d'être adirris

l) Introduction etc., p. 540 suiv.

S) Voyei «noore mu cm formnlAÛrM Bnrnouf, Introduction etci p. ISl.

dans le voisinage immédiat du Bouddha ou de recevoir des hommages, dont nous voyons qu'ici tant de femmes sontrobjet. Peutêtre cette différence se trouve-t-elle en rapport avec l'idée, que la différence de sexe n'existe plus dans les régions supérieures; d'où il faudrait conclure; par rapport au point que nous venons de signaler, que sur les galeries supérieures ia différence de sexe n'existe plus et que les saintes femmes ont dû y être représentées aussi par des princes.

Mais qui sont les princes et les princesses que nous avons rencontrés jusqu'ici sur notre galerie, les uns présentant, les «itres recevant des hommages? Qui sont les Bhikshous, les Bhikshounis, les autres prédicateurs et les autres pénitents qui nous apparaissent occupant les premières places sur les bas-reliefs? Ce serait une chose difficile et une tentative assez vaine que de vouloir mettre sur toutes ces figures des noms empruntés à l'histoire ou à la tradition. On pourrait essayer cependant de faire quelque chose dans ce sens; et alors nous n'hésiterions pas à voir dans le prince qui est représenté PI. CGXXXVII. 14, et qui suit immédiatement le Bouddha comme principal personnage sur les douze premiers bas-reliefs, Bimbisâra , roi de Magadha , qui avait conçu dès le commencement une grande affection pour Çâkyamouni, qui a été au nombre de ses premiers sectateurs, et qui, pendant son long règne, a toujours protégé de la manière la plus active la prédication de la sainte doctrine. Voilà sans doute un prince qui méritait avant tout une place d'honneur sur le tableau indiqué. Quant aux princes qui siègent auprès du Bouddha sur des coussins de lotus et que nous montre le bas-relief du n®. 15. PI. GGXXXVIII, quoi de plus naturel que de voir en eux des princes qui avaient mérité cet honneur après Bimhisâra, par l'intérêt et le zèle qu'ils avaient déployés vis-à-vis du Bouddhisme. Il est probable que le roi Açoka se trouve parmi les hommes qu'on a jugés dignes de cette distinction, mais il est impossible de le prouver rigoureusement. Les personnages se distinguent en général par des insignes royaux (cette observation s'applique également aux bas-reliefs suivants, où nous rencontrons de saints princes

ces auxquels on rend hommage) ; mais toutes les données nous manquent pour rapprocher Tune ou l'autre des images de tel ou tel prince déterminé. Il faut eu dire autant des Bhikshous, des Bhikshounis et des saintes princesses. Nous pourrions ranger parmi les Bhikshous, d*abord Ananda, le cousin et l'ami fidèle du Bouddha, puis le fils de ce dernier, Rahouia, ensuite les cinq anciens Brahmanes que Gàkyamouni a convertis dans la forêt de Rishipatana près Varânacî ou Bénarès, ou encore Kâçyapa, le Bhikshou, que le maître avait désigné comme son sucesseur '). Pour ce qui regarde les Bhikshounis et les saintes princesses, celle qui pourrait entrer la première en Ugne de compte, est Mahâpradjâpatt , la tante de Siddhârtha, celle qui, sur les instances d'Ananda avait été autorisée la première à recevoir la consécration religieuse. Nous pourrions songer aussi aux trois femmes du maître, Gopâ, Jaçodharâ et Outpalavarnâ , qui eurent également l'honneur d'être admises à la consécration. Désire-t^n retrouver dans la tradition les saintes princesses de nos bas-reliefs , alors il est permis de songer aux 500 femmes de la famille des Çâkyas qui , d'après la tradition , se sont converties immédiatement après que Mahâpradjâpatt en eut donné l'exemple ^). Cependant, ici encore les indices évidents nous font trop défaut pour nous autoriser à rapprocher telle image de telle personne déterminée. Brumund à soulevé l'idée que le principal personnage du n^ 44. PI. CCXXXVII, pourrait être un prince de Bôrô-Boudour, dont le règne eût vu construire le monument ou qui du moins eût projeté, encouragé ou fait terminer ce travail. Ce même savant voit dans les princes et les saintes princesses des hommes et des femmes de condition qui se sont distingués à Java par leur zèle religieux , par des donations faites aux sanctuaires , par l'entretien d'un grand nombre de religieux, et surtout par ce qu'ils ont contribué à faire construire et orner le monument de Bôrô-Boudour. Les Bhikshous et les Bhikshounis , ainsi que les autres religieux de nos bas-reliefs, pourraient être pareillement

1) Lassen, Indtsche Alterthumskunde , II p. 78.

2) Voyez Barnoaf, Introduction etc., p. 278; Barthélémy St UUafre, du Bouddhitme , pp. 76, 77.

de saints personnages , hommes et femmes , qui , par leur prédication et par leur exemple eussent apporté à Java la doctrine du Bouddha et qui eussent fait beaucoup de convertis. Brumund ne veut pas nier pour cela, que les artistes aient pu représenter, en dehors de ces anciens habitants de Java, d'autres personnages , hommes et femmes pieux ou haut placés, originaires du continent de linde, c'est-à-dire du berceau même de la foi sacrée, qu'ils voulaient honorer en leur accordant cette distinction. L'idée de Brumund peut avoir du vrai; c'est une supposition que nous ne voulons pas combattre. Remarquons toutefois que les données nous manquent absolument pour la rendre bien probable ou bien évidente ; les preuves qu'il nous faudrait pour cela nous manquent pour le moment et nous feront probablement toujours défaut.

Après tout ce que nous venons de dire, il ne nous reste qu'à répéter l'opinion que nous avons émise plus haut, page 254; et nous aimons mieux ne pas entrer dans des détails qui risqueraient de nous faire tomber dans des explications et des applications arbitraires, ou qu'il serait impossible de prouver. Les basreliefs de la paroi postérieure de cette galerie nous fournissent un tableau général des hommages rendus au Bouddha , aux princes , aux princesses, aux personnages de condition et aux religieux qui ont contribué à établir et à répandre la doctrine du maître. Cette idée générale a été rendue sur les différents tableaux avec toute la variété que le sujet pouvait permettre.

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