CCCLX. 11; CCCLXIIL 16; CCCLXV. 20; CCCLXXVL
(série supérieure, où ils se trouvent des deux côtés d'un Bouddha
dans son temple , tandis qu'eux aussi ont l'honneur d'avoir chacun son
temple à lui) ; CCCLXXXI. 57 ; CCCLXXXIV. 62 ; CCCLXXXVIL
70. Là où un prince reçoit dans son petit temple les hommages
d'un autre prince, il arrive quelquefois que l'auréole manque
au dernier, par exemple PL CCCLXX. 32; CCCLXXIV. 40;
CCCLXXXIV. 63; oui une seule fois, PI. CCCLXXVL 43 Tau-
réole manque à l'un et à l'autre. Le prince assis dans son palais
ou dans le petit tiemple est quelquefois aussi dépourvu du coussin
de lotus, comme, par exemple PI. CCCLXIV. 19; CCCLXX.
32; CCCLXXII. 35 et CCCLXXXIV. 64; il est possible cependant, que le motif de la suppression du coussin de lotus sur les deux derniers de ces quatre bas-reliefs se trouve dans la nature du tableau; le principal personnage y est représenté en effet s'occupant piutât d'une action ordinaire de la vie terrestre.
Un groupe très remarquable est celui qui se compose de deux princes placés invariablement au premier plan et plus ou moins séparés des autres princes qui les accompagnent quelquefois; on les trouve toujours ensemble, soit pour rendre hommage à un ou à plusieurs Bouddhas, soit pour faire autre chose, quelque* fois pour être eux-mêmes Tobjet d'hommages. La nature particulière de ce groupe, à savoir deux princes qui ne se distinguent l'un de l'autre par aucune particularité et qu'on a eu évidemment l'intention de réunir , est faite déjà pour attirer notre attention sur les Pli. CCCLX, 11 ; CCCLXI. 12; CCCLXIIL 16; CCCLXV. 20; GCCLXVI. 23; CCCLXVIII. 26. Mais cette relation intime entre les deux princes se remarque surtout: Pli. CCCLXXV. 42; CCCLXXVI. 47 ; CCCLXXVIL 48 (où il se trouve quatre princes , dont les deux le plus avancés se distinguent des autres par l'auréole) ; GGGLXXVII. 50; CGGLXXXI. 57— GGGLXXXIV. 62; GGGLXXXVI. 68; GGGLXXXVIl 70; GGGLXXXVIH. 71; peut-être aussi sur les D08 69 et 72, bien que sur ces deux derniers bas-reliefs nous remarquions une certaine différence de rang entre les deux princes; cette différence se trouve marquée sur l'un de ces tableaux par le coussin de lotus, sur l'autre par l'attitude et par la place qu'occupent les deux personnages. Nous inclinons à partager l'opinion de M. Wilsen et à reconnaître dans ces deux princes qu'on a réunis, avec une intention si évidente surtout sur les derniers bas-reliefs, des personnages historiques, notamment les princes qui se sont rendus célèbres par la fondation de Bôrô- Boudour, ou qui se sont particulièrement distingués par la part qu'ils ont prise à l'oeuvre de la construction, ou encore qui ont vu commencer l'oeuvre sous leur régne et qui l'ont vu achever après un intervalle de plusieurs années. Leurs mérites leur avaient sans doute valu l'honneur d'apparaître ici en présence du grand nombre de Bouddhas et de saints, oui de se voir
assigner sur les deux derniers tableaux une place dans le cénacle important et nombreux des Bouddhas. Pour tout dire , ce groupe nous montrerait le prince qui a commencé et le prince qui a achevé la consiruction de Bôrô-Boudour. Ce qui recommande cette manière de voir, c'est l'analogie du temple de Meodout, où les images de deux princes , placés des deux côtés de la statue colossale du Bouddha, occupaient autrefois la place d'honneur. Si l'on nous accorde que nous trouvons probablement le même groupe de deux princes sur notre galerie, voyez PI. GGGLXXXIU. 60. 61 , on nous permettra bien aussi d'appliquer la même idée à plusieurs des autres personnages royaux , notamment à ceux auxquels l'auréole ou le coussin de lotus donne un caractère de sainteté. Nous aimerions donc voir dans ces personnages d'autres princes qui ont également mérité cet hommage de gratitude, en encourageant les travaux, en apportant des cadeaux ou en donnant d'autres marques de leur sympathie. - Cette interprétation s'appliquerait fort bien , par exemple, au bas-relief PI. GGGLXIY. 48, où sept princes ornés de Tauréole, assis sur des coussins de lotus, sont admis dans le sanctuaire de dix Bouddhas et y reçoivent les hommages de deux saints princes; ou bien à la PI. GGGLVI. 2, où quatre saints princes se trouvent en présence de Bouddhas; à la PI. GGGLVII. 3, où il y en a neuf; à la PI. GGGLXIII. i7, où il y en a six, et à la PI. GGGLIX. 8 , où il y en a trois qui reçoivent les mêmes honneurs; ainsi qu' à la PI. GGGLXXVil, où il y en a quatre qui se sont mis en voyage dans le même but, celui de secourir des pauvres.
Il nous est arrivé sur cette galerie ce qui nous était arrivé sur la galerie précédente, c'est-à-dire de trouver quelques bas-reliefs parmi ceux de la même série qui s'écartent du sujet général: hommages rendus au Bouddha, à des saints Bouddhistes, à des religieux et des princes, et qui nous présentent des scènes de la vie ordinaire des princes ou quelques autres scènes tout à fait étrangères à l'idée générale des bas-reliefs. Il est douteux qu'il faille mettre au nombre de ces derniers le n®. Al , PL GGCLXXV. Un prince y est assis sur un coussin à côté du temple; le tri-
soula placé auprès de lui semble le mettre en rapport avec le Brahmanisme. Rien ne nous empêche cependant de supposer que ce prince soit l'habitant du petit temple et qu'il y occupe la place qui lui revient de doit.
La PI. GGGLXXV. 4*3 nous présente deux princes qui quittent le palais pour reparaître un peu plus loin distribuant des dons; il est très possible qu'il faille voir ici un événement réel de la vie de ces princes, mais il se peut aussi que l'exemple de ces hommes doive d'une manière générale rendre le spectateur attentif au devoir qui incombe au disciple du Bouddha de fuir le plaisir des sens, de se détacher des séductions de la vie et de chercher les choses élevées. Le tableau que nous avons vu PI. GCGLXXYI. 43, se trouve peut-être en rapport avec la chaoité et la sollicitude que le disciple de Bouddha doit observer aussi vis-à-vis des animaux; ce qui dans le Bouddhisme donne un prix particulier à ce devoir, c'est l'idée que tout animal peut être le séjour temporaire d'un homme. Le grand prix de cette vertu est réprésenté ici par l'attention que le roi dans son palais et les serviteurs de tout rang qui se trouvent dehors, vouent à quelques animaux, et par les hommages respectueux que lui apporte un autre prince accompagné de sa suite au moment même qu'il met en pratique le précepte du Bouddha. La PI. GGGLXXVII. 48 nous montre nos deux princes et leur suite, dans laquelle se trouvent deux autres princes, se mettant en route pour secourir un grand nombre de personnes nécessiteuses; cette action s'accomplit sur le tableau suivant n^. 49.
Nous aurions tort peut-être de vouloir retrouver ici un fait spécial de la vie de ces princes; mais nous pourrons toujours admetti^ que le but de l'artiste a été de recommander la bienfaisance et la sollicitude envers des malheureux comme dqs actions par lesquelles on s'approche du maître et par lesquelles on s'élève ainsi à un état de. salut supérieur. Il nous paraît moins facile de préciser la nature du bas-relief PI. GGGLXXX. 55. Il n'y a pas du moins de rapport direct entre ce tableau et celui qui précède ou celui qui suit immédiatement. Un saint prince assis dans un petit temple dans l'attitude d'un Bouddha
petits bâtiments en forme de cloches, tandis que l'autre se distingwe par des ornements en forme de trisoulas. A côté du plus avancé des temples un saint prince se tient debout sur un coussin de lotus; de Tautre côté un autre saint prince s'élève dans Tair, tandis qu* au-dessous de lui un ^aud nombre de fleurs de^scendent à terre. A gauche du second temple se trouvent deux saints princes avec leurs serviteurs.
PI. GCGLXXXIII. 6i. Un Bouddha assis dans son temple sur un trône de lotus devant lequel on a placé cinq grands vases remplis de fleurs. A côté du temple est assis un Bhikshou, tandis que deux serviteurs apportent des aliments. A gauche du temple deux princes agenouillés accompagnés de leur suite, l'un sur un coussin de lotus, l'autre sur. une pieire.
PL GGGLXXXIV. 62. Un Bouddha dans son temple ; à gauche deux saints princes avec leurs serviteurs; les princes ne sont pas assis sur des coussins de lotus.
— 63. Un saint prince est assis dans un petit temple sur un coussin de lotus, sa suite se trouve à droite; à gauche un prince accompagné de sa suite présente ses hommages. Des esprits de Tair planent dans les nuages.
— 64. Un saint prince, comme sur le précédent tableau, non pas assis toutefois sur un coussin de lotus. A droite une distribution de vêtements et d'autres dons en faveur de quelques gens parmi lesquels des Brahmanes. A gauche un autre saint prince se tient debout accompagné de sa suite.
PI. GGGLXXXY. 65. Un saint prince est assis dans l'attitude d'un Bouddha, sur un coussin de lotus dans un temple et y reçoit la visite et les hommages d'un autre saint prince accompagné de ses trois suivants. A droite du temple se trouvent, en dessus, trois Bouddhas présentant trois manières difi^érrates de tenir les mains , assis sur des coussins de lotus qui sont pourvus de dossiers; au-dessous d'eux un Bhikshou qui reçoit les hommages de quatre hommes assis devant lui. Des fleurs descendent des nuages sur le petit temple.
— 66. Un saint prince, assis dans son petit temple adrease son enseignement ou ses démonstrations à sept saints hommes,
qui sont assis à sa droite dans un pendopo, et à un autre saint prince assis à gauche du temple sous les arbres avec une suite composée de cinq personnes. Des fleurs descendent des nuages. PL GGGLXXXVI. 67. La série supérieure, nous montre un Bouddha assis sur un coussin de lotus et orné d'une seconde auréole très grande, occupant une place entre deux autels qui portent de Tencens allumé , et entouré d'esprits célestes qui planent dans les nuages. Au-dessous de lui deux Bouddhas sont assis sur des trônes de lotus , et entre ceux-ci un saint prince est assis sur son coussin de lotus; à droite des Bhikshous assis, à gauche des hommes de condition sons des arbres symboliques.
— 68. Un Bouddha assis dans un temple sur son coussin de lotus. A côté de lui deux saints princes qui se tiennent debout, tandis que les femmes de leur suite s'agenouillent à quelque distance derrière eux devant un temple. Deux esprits célestes des deux sexes s'approchent en volant sur les nuages.
PI. GGGLXXXVn. 69. La série supérieure nous présente un Dagob en forme de cloche sur un coussin de lotus et , de chaque odté, trois Bouddhas assis également sur des coussins de lotus, La série inférieure présente deux saints princes, l'un et l'autre ac(M>mpogoés d'une suite de personnages royaux ; la suite de l'un de ces deux princes se distingue par des coiffiires tressées de rubans ou de bandes de toile.
— 70. Un Bouddha assis dans son temple sur un trône de lotus, à gauche deux saints princes avec leur suite, l'un à genoux, l'autre assis auprès du temple; à droite quelques personnages assis auprès d'un petit temple, parmi lesquels trois Uûkshous. Sur les nuages des esprits de l'air, parmi . lesquels on distingue à droite quelques esprits féminins et un Gandharva. Au-dessus du temple à droite le disque du soleil, à gauche le croifisant, l'un et l'autre sur des coussins de lotus.
PI. GGGLXXXVIU. 71. Ge tableau ressemble beaucoup à celui du premier bas-relief, PI. GGGLVI, mais les Bouddhas y sont encore plus nombreux. Us se distinguent seulement les uns des autres par quatre différentes manières de tenir les mains, auxquelles il faudra ajouter encore une cinquième manière , si nous y
sauf naturellement les Bouddhas eux-mêmes, fièrent si peu comme les principaux personnages; ce n'est que par exception qu'un Bhikshou est jugé digne de la haute distinction d'être l'objet même des hommages. Peut-être, pour expliquer la chose, faut-il attribuer aux constructeurs l'intention d'avoir voulu honorer exclusivement des princes sur la galerie supérieure; il faudrait reconnaître alors dans le Bhikshou du premier de ces deux basreliefs Ananda, le cousin de Çâkyamouni, qui méritait qu'on fît une exception en sa faveur, ayant été voué le premier à l'état de religieux.
Parmi les personnages qui viennent vouer un culte aux saints princes il faut compter aussi les géants, PI. GGGLXX. 32; des Nàgas avec leur coiffure de serpents , PI. GGGLXX. 3i ; des Nâgas et des géants PI. GGGLXXII. 35, auxquels s'associent dans les nuages quelques esprits de l'air, peut-être des Yftkshas, des Garoudas et un Gandharva. Nous rencontrons souvent des Brahmanes dans la foule qui apporte ses hommages, comme par exemple, PI. GGGLXXI. 33 et SA. Quant aux esprits de l'air dont nous venons de constater la présence, observons ici encore que, tout comme sur les précédentes galeries, ils ne se distinguent en rien des habitants de la terre , sinon par la place qu'ils occupent (à l'exception toutefois de ceux auxquels nous avons donné des noms spéciaux.) Ils présentent la même variété de costume, d'ornements, de figure, de sexe et d'âge. PI. GGGLXVIII. 26 nous les montre comme des vieillards portant de grandes barbes et de longues moustaches. Pour tout le reste nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit plus haut de ces esprits de l'air à propos des bas-reliefs de la troisième galerie, page 264.
Avant de quitter notre galerie il faut nous arrêter à quelques détails sur lesquels nous désirons fixer l'attention , bien qu'il ne nous soit pas possible de proposer sur tous les points une explication qui nous satisfasse entièrement.
Gommençons par remarquer que sur plus d'un bas-relief les personnages sont disposés en deux rangées dont l'une s'élève au-dessus de l'autre; quelquefois cette disposition a dû être modifiée, soit à cause de la nature du tableau, soit parce qu'il
fallait plus d'espace pour des images représentées debout ou pour de grands objets; on la modifiait alors dans ce sens qu'une partie seulement du champ était divisée en deux rangées, séparées quelquefois Tune de l'autre par une petite bande. On trouve cette bande, entre autres: PU. CCCLXIIL 16; CCCLXXVI. 47; GGGLXXVIII. 50 et GGGLXXIX. 53; l'intention de l'artiste en l'y mettant, a été sans doute de désigner d'une manière ou d'une autre le sol sur lequel reposent les personnages et les objets de la rangée supérieure. Gette dernière paraît avoir été réservée autant que possible aux principaux ou aux plus saints personnages; si cet espace ne suffisait pas, comme, par exemple, sur les bas-reliefs où se trouvait une si grande multitude de Bouddhas, alors il fallait faire descendre à la rangée inférieure les images qui ne trouvaient pas do place dans l'autre. Gette dernière réflexion ne nous met pas en contradiction avec ce qui a été dit plus haut, page 328, (à propos des bas-reliefs de la troisième galerie) de ce genre de démarcations.
Le lecteur se rappelle que parmi les images de Bouddhas nous en avons rencontré souvent une ou deux qui n'étaient pas seulement ornées de l'auréole ordinaire, mais qui avaient de plus derrière elles une seconde auréole plus grande; cette dernière auréole repose sur le coussin de lotus ou du moins tout près de ce coussin et s'élève au-dessus de la tête bien au delà de la petite auréole, de manière que toute l'image semble être assise contre un énorme disque lumineux. Des bords de ce disque sortent d'ordinaire des ornements en forme de flammes, qui prennent quelquefois cependant la forme de feuilles ou de fleurs. Get insigne particulier se rencontre aussi ailleurs sur des statuettes, principalement sur des bronzes; sur ces dernières le parasol ou le pajong repose aussi contre le bord supérieur de la grande auréole, juste au-dessus de la tête de la statue. L'intention de l'artiste a été sans doute d'attribuer une plus haute distinction au personnage qu'il ornait ainsi. Aussi voyons-nous toujours que le Bouddha qui en est orné occupe la première place parmi toutes les autres images. Voyez PI. GGGLVIIL 6; GGGLIX. 8; CCCLXI. 12; GCCLXXXIL 58; GCGLXXXVL 67, où un des
Bouddhas se distingue des autres par la grande auréole. Sur deux bas-reliefs, PI. GGGLXIIL i 6 et 17, ce signe distinctif est accordé à deux Bouddhas, ce qu'il faut expliquer, à notre avis, par le désir de ne pas blesser le regard par une disposition irr^lière; peut-être aussi , pour ce qui regarde plus spécialement le dernier de ces deux bas-reliefs, d'autres motifs encore peuvent avoir engagé Tartiste à placer les deux Bouddhas ,. ornés des mêmes insignes, aux deux extrémités du tableau. PI. GGGLXIY. 13, un des dix Bouddhas, le seul qui laisse reposer les mains sur ses genoux et dont toute l'attitude marque la méditation, n'a pas Tauréole ordinaire derrière la tête, mais seulement la grande auréole derrière le corps; les bords de ce grand disque ne sont ornés d'aucune manière, ce qui le fait ressembler complètement au disque du soleil.
Nous avons vu que sur cette galerie et sur les galeries précédentes la plupart des princes se distinguent, tout comme les Bouddhas, par la petite auréole, et que ce même insigne est accordé à des princesses. On reconnaîtra sans peine encore dans cet objet la marqué d'un certain degré de sainteté. Ge qui est bien étrange — et nous ne pouvons songer ici à une omission involontaire, — c'est que les Bhikshous qui, assis sur le coussin de de lotus et dans un petit temple, reçoivent les hommages, non seulement d'autres Bhikshous, mais encore d'un saint prince et d'esprits célestes, comme, par exemple PI. GGGLXIX. 29, que ces Bhikshous n'ont pas cet insigne de sainteté. Quelquefois cependant nous rencontrons des personnages qui n'ont aucune dignité royale, à en juger au moins par leur coiffure, et qcd portent néanmoins Tauréole, oui qui sont placés sur des coossîds de lotus; voyez PI. GGGLIX. 8; GGGLXII. 15; GGGLXIIL 16. 17; GGGLXXXII. 58. Peut-être faut-il admettre, au moins pour quelques-unes de ces images, que leur coifibre n'est qu'une modification de celle que nous voyons portée exclusivement par des princes. II est également possible que ces hommes soient des personnages de condition, issus oui ou non de familles royales, auxquels leurs mérites ont acquis une mesure suffisante de sainteté pour qu'ils puissent prétendre aux insignes en question.
Il nous paraît du reste très probable que, par-ci par là, surtout lorsqu'il s'agissait de princes qui devaient remplir le premier rôle dans l'action principale ou dans une action secondaire , l'artiste ait oublié de placer l'auréole derrière la tête et de donner ainsi à ces personnages ce qui leur revenait de droit. Voilà au moins ce qui nous parait ressortir d'une comparaison entre les n^^ 48 et 49, PL GGGLXXVU. Sur le dernier bas-relief l'auréole a été accordée en effet à deux princes qui ne l'ont pas sur le premier. Nous présumons également que sur le n^. 50, PI. GGGLXXVIII, l'auréole d'un des deux saints princes a été supprimée par erreur; car il est clair que ces deux princes, assis à côté du Bouddha sur des trônes pourvus de coussins de lotus, sont jugés dignes des mêmes honneurs.
Nous avons rencontré ici, tout comme sur la précédente galerie, des images de princes ou d'autres personnages de famille royale, qui se distinguaient par la petite statuette d'un Bouddha assis , placée contre le devant de leur coiffure. Nous trouvons ce détail sur deux images du n^. i6 PI. GGGLXII; et en outre sur les tableaux: 17, PI. GGGLXIII; 20, PI. GGGLXV; 47, PL CGGLXXVI; 50, PL GGGLXXVHL Dans la plupart de ces cas la coiffure ou la couronne se distingue par les rubans tressés dont elle se compose ou dont elle est enveloppée. On se rappelle que Dous avons trouvé des chevelures entrelacées ainsi de rubans, ou nattées elles-même de cette façon, et que nous avons reconnu dans ces chevelures un signe distinctif des Brahmanes; serait-il peut-être permis d'en conclure que les personnages qui portent au devant de leur coiffure la petite statuette de Bouddha , ont appartenu autrefois aux sectateurs du culte Brahmane, ou. bien qu'ils sont sortis d'une caste moins distinguée et qu'ils ont pu s'élever plus tard à une dignité supérieure comme prix de leur zèle pour la doctrine et pour la propagande Bouddhiste? est ce pour cela qu'on les aura jugés dignes de porter la statuette du Bouddha au front? Ou bien ces hommes auraientils peut-être érigé des statues du Bouddha? auraient-ils fait venir et transporter des reliques du Bouddha? et serait ce là leur titre à l'honneur qu'ils reçoivent? Le champ est ouvert sur ce point
à des conjectures et à des hypothèses de tout genre, mais il est impossible d'arriver à une solution sûre et définitive.
Il faut faire le même observation au sujet de la clochette qui s'est déjà présentée plus haut et que nous rencontrons ici une seule fois, c'est-à-dire PI. GGGLXVIII. 50. Faut-il supposer que les deux princes qui sont assis à côté du Bouddha, se sont distingués à regard de Bôrô-Boudour , l'un en offrant au temple une ou plusieurs images, l'autre en construisant le Dagob?
Les coifibres du Bouddha lui-même présentent encore une autre^rticularité qui mérite une attention spéciale , et qui se voit surtout sur les images de notre galerie. Nous avons en vue l'objet en forme de poire dont la coiffure des Bouddhas est très souvent surmontée. Ces ornements ont beaucoup souffert en plusieurs endroits, ou bien ont été tellement endommagés qu'on ne peut constater leur présence et reconnaître leur forme que d'une manière générale, tandis que les détails sont devenus invisibles. M. Wilsen a été empêché au commencement de son travail de vouer à cet ornement l'attention qu'il aurait voulu; il n'a fait ses dessins que d'après les contours et en a fait une espèce de bouton ou un objet en forme de poire. Lorsque plus tard une réflexion de M. le docteur Friederich >) eut flxé une seconde fois son attention sur cet objet, il l'a soumis de nouveau, pour autant que cela lui était encore possible , à un examen ultérieur ; il désirait s'assurer si l'on pouvait reconnaître réellement dans la pièce qui couronne la coiffure des images du Bouddha, un serpent enroulé, tel que M. Friederich eh avait trouvé sur quelques images.
M. Wilsen a particulièrement examiné dans cette intention spéciale les bas-reliefs de la cinquième galerie, parmi lesquels il s'en trouvait plusieurs qui étaient restés assez intacts pour lui permettre de distinguer tous les détails de Tornement en question. Eh bien, il a trouvé que l'observation de M. Friederich ne
1) Dans un supplément de son ertiele Antiquités jawMoùes {•ftwaameke (kMedmi) page 32, pablié dans 1e« Actes dn Bataviaasch Genootschap yo\, XXIII; compara du même auteur les Aanteekeru'ngen (annotcUions) au traYail de Wilsen Bôrô-Boudour ^ pablié dans le Tijdschri/t voor Indiaeke toal-, land* en voUcenkunde vol. II. p. S.
s'appliquait qu'à quelques-unes des images, notamment à celles des Pli. CCCLX. H; CCCLXII. 14; CCGLXIV. 18; CGGLXVI. 23 ; CGCLXXXn. 58 ; GGGLXXXVI— GGGLXXXVIII. 67—72, Mais cet examen spécial lui fit trouver aussi certaines images du Bouddha sur lesquelles le serpent entortillé ou le noeud de serpent avait été remplacé par un objet qui rappelait tantôt le tingam ■) , tantôt la yoni '). Il signale pour le iingam les bas-reliets Pli. GCGLXI. 13 et GGGLXII. 15; pour la yoni les Pli. GGGLX. 10; GGCLXI, 12; GGGLXV. 21; GGGLXVIII. 26 et GGGLXXXIV. 62. 11 y en a cependant aussi qui n'ont aucun de ces trois signes distinctifs, comme par exemple PI. GGGLXXX. 54, où c'est une fleur qui les remplace. Sur un grand nombre de bas^reliefs, comme par exemple: PI. GGGLVI. 2; GGGLVII. 3; GGGLVIII. 6; GGGLXVI. 22 et plusieurs autres, l'objet en question se compose d'un simple noeud de cheveux, bien souvent aussi l'artiste a supprimé tout l'ornement et il ne reste au Bouddha de sa coiffure que ses longs cheveux ou ses longues boucles; voyez, par exemple, PI. GGGXLVII. 4; GGGLIX. 7; GGGLXIII. 16; GGGLXV; 20; GGGLXXXIII. 61 et ailleurs.
Nous nous trompons peut-être sur ces deux derniers points; car souvent l'ornement en question paraît avoir trop souffert pour qu'il soit possible d'en reconnaître la forme primitive; parfois même l'objet a entièrement disparu; ce que nous pouvons constater cependant avec certitude, c'est qu'il est loin d'être partout le même. Il semble ressortir de tout cela qu'il nous faut voir dans cet ornement un symbole en rapport avec la condition et la dignité du personnage qui le porte. Pour en expliquer la signification, M. Wilsen rappelle l'idée du temps qui retourne en lui-même, l'idée des métamorphoses, le culte Brahmane des forces secrètes de la nature, la fleur de lotus et ses différentes acceptions.
Nous serions bien un peu surpris de rencontrer ici des attributs ou des emblèmes empruntés au culte Brahmane des forces de la nature sur les images du Bouddha, vu que le culte de ce
1 ) Les parties ccxaellea de Tbonmie ot de la femme.
dernier semble avoir fourni avant tout, peut^tre même exclusivement ridée du monument de Bôrô-Boudour ; car il ne faut pas oublier que nous n'avons trouvé nulle part , sur quelque tableau de Bôrô-Boudour que ce fût, des traces du Brahmanisme. Nous ne nions pas cependant que la chose soit possible. Les Bouddhistes ont pu transporter ces emblèmes dans leur culte, sans en rechercher la signification primitive et en leur donnant des formes qui n'avaient plus rien de commun avec Tidée originale. On peut supposer ainsi que ces emblômes, devenus simplement des signes de puissance et ajoutés comme tels aux images du Bouddha, avaient entièrement cessé de froisser les idées Bouddhistes et qu'il ne leur restait plus le moindre rapport avec le culte repoussant des forces de la nature, représentées souvent sous les formes hideuses des deux parties sexuelles. Ce culte s'est répandu sur une partie de Java plusieurs siècles après la construction de Bôrô-Boudour, sous l'influence d'un Çivaïsme dégénéré.
Parmi les attributs symboliques qui se présentent à tout moment sur la dernière galerie , nous rencontrons des fleurs et des tiges de fleurs, que les saints pnnces et d'autres personnages tiennent à la main. Nous n'osons entreprendre de rechercher le rapport exact de ce symbole avec l'idée qu'il doit exprimer, si du moins il faut tenir compte de toute espèce de détails et de nuances. Souvent les saints princes et d'autres saints personnages tiennent à la main une tige d'où sortent trois fleurs; il se peut qu'il faille voir dans ces trois fleurs la trimourti Bouddhiste, et qu'elles doivent rappeler la doctrine de celte trimourti aux fldèles. Nous citons parmi les nombreux bas-reliefe qui nous présentent de telles fleurs: PI. CGGLVI. 1; CGCLX. 10; CCCLXI, 12. 13; CCCLXII, 15; CCGLXIV. 19; CCCLXV. 21; CCCLXXX , 55 ; CGCLXXXVII , 69. Nous voyons cette fleur dans la main d'un Bhikshçu PI. GGGLXXVIII. 50, et dans la main d'un Dévata, entre autres PI. CGGLXXXVII. 70. Mais nous trouvons aussi dans la main de rois saints et d'autres personnages distingués des tiges qui ne portent qu'une seule fleur , comme par exemple, PI. CGGLXXXVII, 70, où c'est un Bhikshou ;
«. CCCLXXVIII. 60, où c'est -encoPè ttn des Bhikshoiis, et PI. CCCLVII. 3, où ce sont des rois qui la tiennent. Le der^ nier bas-relief nous montre dans la main â^ln des princes deux fleurs dont les tiges sortent d'une autre fleur plus grande. Ailleurs, pas exemple PI. CCCLX. 9, on voit une quatrième fleur qui s'élève sur sa longue tige à côté des trois autres, peut-être faut-il admettre qu'elle en sort; cette quatrième fleur a une forme étrange; quelques-uns ont voulu y voir une combinaison du lingam et de la yoni. La PI. GCCLXIV. 18 nous montre sept fleurs attachées à une seule tige dans la main d'un saint prince , tandis que le nombre de fleurs qui sortent d'une seule et même tige s'élève môme jusqu'à huit sur la PI. CCCLXXXI. 56; là cependant les princes ne tiennent pas les ti^^es à la main , mais celles-ci se trouvent à côté d'eux. Il y en a qui prétendent pouvoir retrouver différentes doctrines, ainsi que les conditions des différents personnages, dans toutes ces variétés de fleurs , dans le nombre de celles qui s'élèvent sur une seule et même tige, parfois même dans le nombre de feuilles dont se compose une seule fleur. Si nous voulions en faire autant pour les tableaux qui nous occupent, nous nous engagerions probablement dans un dédale où nous ne pourrions que nous égarer et perdre notre temps.
Nous avons rencontré encore d'autres objets qui ne servent sans doute en partie qu'à occuper les vides, mais dont quelquesuns trahissent cependant aussi une certaine intention de l'artiste. Nous citons parmi les objets de ce genre: des pendants qui se composent de feuilles de fleurs et de graines de semence, comme par exemple PI. CCCLVL 1 ; d'autres fleurs , de toute espèce ; des autels d'où s'élèvent des flammes , et des candélabres avec de l'encens; des guirlandes de feuilles, comme par exemple PI. CCCLXXVm. 50; des couronnes, PI. CCÇLXXX. 55; des vases élégants contenant des fleurs, PI. CCCLVII. 3 et des plateaux avec de l'encens allumé, PI. CCCLIX. 8. Mais ce que nous n'avions jamais rencontré encore parmi les eniblêmes de ce genre qui ne servent qu'à remplir les vides, c'est le disque du soleil et le croissant de la lune. Le bas-relief PI. CCCLXXIX. 53 nous
su
présente un groupe de neuf Bouddhas, qui reçoivent les hommages de deux Bhikshous assis à droite et à gauche aux deux extrémités du tableau; et c'est là que le soleil est placé au-dessus de la tète du Bhikshou à droite, tandis que le croissant se trouve au-dessus de la tête du Bhikshou à gauche; ce dernier ornement repose sur une fleur de lotus. PI. CCCLXXXI. 57 nous montre de nouveau Tun et l'autre de ces deux objets flottant dans Tair à c6té d'un temple de Bouddha, et soutenus par des fleurs de lotus; derrière le disque du soleil se trouvent trois objets qui ressemblent aux bras d'une croix ou aux rayons d'une roue, et qui se terminent en des flgures ayant la forme de poires. Nous retrouvons encore une fois les deux ornements sur la PI. CCCLXXXVII 70, à droite et à gauche d'un temple de Bouddha , supportés ici encore par des fleurs de lotus, tandis que le disque du soleil est dépourvu de l'attribut que nons avons signalé en dernier lieu. Nous n'osons affirmer que l'objet que nous présente le bas-reliet PI. CCCLIX. 8 , soutenu par une fleur de lotus audessus du saint prince à droite du Bouddha , soit le même disque du soleil. Nous n'osons pas non plus entreprendre d'expliquer la présence de ces corps célestes sur nos bas-reliefs, ni de dire pourquoi qu'on s'est borné à les représenter sur les tableaux où nous venons de les constater.
Il est encore un autre détail caractéristique que nous n'avions pas rencontré avant de le trouver sur cette galerie , PI. CCCLXI. 13. Nous entendons parler du tableau qui nous montre le Bouddha assis dans un Dagob en forme de cloche , dans une attitude qui, par la manière dont il tient les mains, le rapproche plus spécialement des Bouddhas qui se trouvent dans les bâtiments à niche, sur le cinquième mur d'enceinte, c'est-à-dire sur le mur contre lequel ont été sculptés les bas-reliefs de la paroi postérieure de la cinquième galerie. Peut-être l'artiste n'a-t-il pas agi sans motif en reproduisant sur ce bas-relief les cinq manières de tenir les mains que nous trouvons chez les Bouddhas des. cinq murs d'enceinte, tandis que le premier rang a été accordé au Bouddha du dernier mur d'enceinte. Sur le bas-relief PI. CCCLXXXVII. 69 un Dagob fermé en forme de
cloche occupe la place d'honneur entre six images de Bouddha. Faudrait-il songer peut-être ici au grand Dagob de la terrasse supérieure de Bôrô-Boudour ?
Arrivés au bout des nos réflexions sur les tableaux de la dernière galerie, nous ne pouvons que nous en tenir à notre première opinion touchant le contenu général et l'idée dominante qui doit avoir dirigé l'artiste; c'est: le culte du Bouddha et les hommages rendus à ceux qui ont activement travaillé à répandre sa doctrine et à donner plus d'éclat à son culte; tandis que l'artiste a voulu rattacher à cette idée, à titre d'application pratique , l'exhortation adressée aux pieux pèlerins de suivre l'exemple de tous ces hommes zélés et religieux. Quant au grand nombre de Bouddhas, nous ne voyons pas en eux les princes des galeries inférieures qui se seraient élevés ici à un si haut degré de sainteté Bouddhiste, mais plutôt une réunion de Bouddhas appartenant en partie à des périodes antérieures, en partie à celle de l'artiste lui-même. Les religieux et les princes qui ont été admis dans la présence des Bouddhas, doivent cet honneur à la fidèle pratique des commandements du dernier Bouddha ; s'ils continuent à suivre fidèlement le maître , ils parviendront un jour au sommet des divers degrés de sainteté spirituelle, et ils recevront le salaire qni consiste à posséder eux-mêmes le salut éternel de Bouddhas parfaits.
Nous avons terminé ainsi notre première tournée par les cinq galeries et nous avons pris connaissance des tableaux qui occupent les parois postérieures; nous allons redescendre maintenant jusqu'à la première porte par laquelle nous sommes entrés d'abord, pour commencer notre seconde tournée en suivant la même direction. Cette tournée doit servir à nous faire prendre inspection des bas- reliefs qui occupent les parois antérieures de la seconde galerie et des trois galeries suivantes, pour autant qu'ils ont été conservés. Il est clair que les parois antérieures se trouvaient bien moins à l'abri des décombres qui tombaient des parties supérieures, et qu' ainsi les tableaux de ces parois
ont beaucoup plus souffert en général que ceux d«$ parois postérieures. Aussi verrons-nau3 qu'un grwd nombre de tableauic ont entièrement disparu, tandis que la plupart d'eoitre eux sont tellement couverts de décombres et à» gravoia, qu'ils ont dû rester cachés aux yeux de tous ceux qui ont visité le monument.