‹ Bôrô-Boudour dans l'ile de JavaChapitre 3 sur 33 · Coupole on cloche des Bouddhas assis · texte numérisé non relu

Coupole on cloche des Bouddhas assis

5. Porte de la cinquième galerie conduisant à la première terrasse supérieure;

6. Niche d^une des galeries avec une image du Bouddha; 7«. Statue du Bouddha d'une des niches;

^6, Tête monstrueuse d'une des gargouilles;

8 — 14. Huit bas-relie& des parois des galeries;

16. Sîngha ou lion monstrueux d'une des galeries inférieures.

rayait frappé^ de ce qu^il avait pu étadier en passant; mab que ferait le public de ces descriptions; si intéressantes et si exactes qu'eUes pussent être, aussi longtemps qu'il n'y avait pas de dessins pour les illustrer et pour en faciliter ainsi la lecture? H fallait, d'ailleurs, se presser pour en avoir. La nature opulente des régions tropicales continuait à faire son oeuvre et exerçait toujours plus ses ravages sur les parties que les soins du résident, M. Hartman, avait retirées des décombres et des ordures. Les bêtes des champs, broutant sans surveillance contribuaient pour leur part à endommager l'édifice. La malveillance ou Tëtourderie des habitants de la contrée envi-

ronnante, qui emportaient les pierres détachées, afin de s'en servir pour leurs propres constructions, ou qui; sans autre but que de se désennuyer, jetaient au hasard les fragments qu'ils trouvaient sous la main, et enfin le dilettantisme soi-disant scientifique de certains voyageurs possédés de la passion des objets rares et antiques, grossissaient le nombre des forces qui s'attaquaient à ce que le temps avait respecté des ruines du vénérable sanctuaire.

Souvent on avait exprimé le voeu , et quelquefois même le gouvernement des Lides néerlandaises avait pris ce voeu en sérieuse considération , de îeàre mesurer et étudier Bôrô-Boudour dans tous les détails de ses constructions , de ses ornements et de ses oeuvres d'art; d'en fEure prendre des dessins, qu'on pourrait publier ensuite et qui formeraient les matériaux précieux et dignes de foi d'études scientifiques. Mais de nombreuses difficultés semblaient devoir retarder longtemps encore la réalisation de ce voeu. D'abord , il était difficile de trouver des artistes disposés et compétents pour une oeuvre aussi importante; ensuite, il faudrait y consacrer beaucoup de temps (dans le climat des tropiques inconvénient sérieux); enfin, une pareille entreprise devait entraîner des înàa énormes; voilà assez d'épouvantails pour arrêter un gouvernement et pour le faire reculer devant l'exécution de ce travail intéressant.

Enfin, une issae inattendue semblait s'ouvrir! La découverte qui a rendu célèbre pour toxgours le nom de Daguerre , se présentait comme lue refKource plus que suffisante. Le gouvernement semblait vouloir en profiter. En 1844, ou à peu près, un artiste allemand, Monsieur A. Shaefiar, obtint une mission à Java de la part du ministère des colonies, il fut muni des appareils et des instruments nécessaires et mis à la disposition du gouvernement des Indes pour faire des photographies d'objets d'art, de produits de la nature, de paysages etc. Au commencement de Tannée 1845 le vice-président du Conseil, fonctionnant temporairement comme Gouverneur-Général des Lides néerlandaises, chargea M. Shaefer d'appliquer son art à Bôrô-Boudour ; seulement^ avant de passer à ce travail, l'artiste devait faire quelques photographies . d'objets antiques qui se trouvaient dans le musée de la Société des Arts et des Sciences à Batavia (Bataviaasch Genootschap van Eunsten en Wetenschappen) et que le comité-directeur de cette société se chargerait de lui indiquer. M. Shaefer s'acquitta de ce dernier mandat en donnant soixante-six photographies sur verre; ce travail achevé, il se rendit à Souracarta au mois d'Avril 1845. Là il devait s'entendre avec M. W. A. van den Ham , fonctionnaire chargé spécialement de travaux scientifiques, surtout de recherches linguistiques et historiques, sur la meilleure manière d'appliquer son art à Bôrô-Boudour. Il fut décidé que M. Shaefer commencerait par faire des photographies des bas-relie& qui couvrent les galeries; dès qu'il en aurait fait six à titre d'essai, ces épreuves devaient être envoyées au gouvernement des Indes, pour que celui-ci en prit connaissance; après quoi on arrangerait avec lui la question d'argent.

En Juillet 1845 Monsieur Shaefer arriva chez le Bésident de Eedou, se

rendit sur-le-champ à Bôrô-Boudour et passa du 29 Juillet au 16 Août à

faire cinquante-huit photographies sur treize plaques de verre , qu'il envoya

sans retard au Bésident en les accompagnant d'un rapport détaillé. H informa

en même temps le Résident que, si ces pièces devaient être soumises au jugement de M. yan den Ham à Souracarta, il se proposait d'aller le trouver en personne, pour lui donner des renseignements ultérieurs et pour s'entendre avec lui sur de nouvelles mesures à prendre.

M. van den Ham soumit le travail de M. Shaefer à un examen exact, mais sans arriver à des résultats très favorables. Il fut constaté qu'il était impossible de faire passer les tableaux complets des bas^reliefs sur une seule plaque de verre, excepta dans les rares endroits où l'appareil photo» graphique pouvait être placé à une distance suffisante de l'objet à reproduire* Or, il était absolument impossible de remplir cette condition dans l'espace qui séparait les murs d'enceinte dos galeries. Là il fallait répartir chacun des tableaux des deux séries superposées sur trois plaques différentes, qu'on ne pourrait réunir ensuite qu'avec d'énormes difficultés. Pour ses premiers essais, M. Shaefer avait établi un atelier provisoire; mais ce genre de provisoire avait été très nuisible à son travail; les épreuves avaient beaucoup souffert de la poussière et autres inconvénients. Il proposa done^ comme une mesure indispensable, de construire une maison européenne, pourvue d'un atelier complet pour servir au travail préparatoire du photographe. Il calcula en outre qu'il faudrait quatre à cinq nulle photographies séparées sur verre, pour arriver à une reproduction complète des tableaux; ce qui devait prendre quatre à cinq années; enfin, la collaboration d'un savant lui paraissait indispensable pour la direction et la bonne réussite du travail.

L'artiste se déclara prêt à entreprendre la tftche, mais à la condition d'être nommé fonctionnaire extraordinaire de Tétat^ sur un traitement fixe et avec l'assurance d'une pension pour lui, pour sa femme et ses enfants; ou bien, si Ton ne pouvait accepter ces conditions-là, il demandait une somme de 150,000 fiorins, payable en termes mensuels; s'il venait à mourir avant d'avoir achevé sa tâche , sa veuve et ses enfants

auraient droit à une pension proportionnelle à ce qu'il resterait à lui payer des 450,000 florins.

Pendant qu'on délibérait encore sur ces propositions, un nouveau Gou- ▼emeur-Grénéra] , M. I. I. Bochussen, arriva à Java, et M. van den Ham vint à mourir. Le nouveau Gouverneur, qui s'était rendu sur les lieux pour voir par lui-même ce qu'on pourrait tenter, comprit avec raison qu'avec la daguerréotjpie on n'atteindrait jamais le but voulu. On pourrait obtenir des reproductions photographiques de quelques rares bas-relieâ ; mais pour plusieurs centaines de tableaux la chose était complètement impossible, à défaut de l'espace nécessaire pour placer l'appareil à une distance convenable , et par suite de Tafifaissement des murs dans plusieurs endroits. En outre , il n'y avait pas moyen de remplacer M. van den Ham pour la partie scientifique du travail ; enfin , la valeur scientifique des photographies, supposé qu'on eût pu en obtenir de bonnes, était très douteuse, et les conditions de M. Shaefer étaient excessives. Voilà assez de motifs pour engager le Gouverneur-Général à abandonner l'idée qu'il avait trouvée dans Tair, et à expédier au Département des colonies de la mère-patrie les soixante-six reproductions photographiques d'objets antiques de la collection de la société de Batavia et les cinquant-huit de Bôrô-Boudour mentionnées plus haut. L'envoi eut lieu en Mai 1848 , et le gouvernement donna une place à ces daguerréotypes sur verre dans le musée de l'Académie Eoyalede Delft^ d'où elles ont passé au Musée Boyal d'ethnographie à Leide , lorsque l'institution de Delft a été supprimée. Les daguerréotypes de M. Shaefer ne manquaient pas d'un certain mérite, si l'on tient compte de l'état où se trouvait la photographie à cette époque mais ils étaient sans valeur aucune lorsqu'on envisageait le but auquel ils devaient servir. Il faut savoir gré à M. Rochussen d'avoir arrêté à temps une entreprise qui n'aurait abouti qu'à de grandes déceptions et qui aurait fait dépenser des sommes énormes en pure perte.

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Malgré les améliorations admirables que les dernières années ont vu apporter à la découverte de Daguerre, et en dépit de la hauteur où la photographie se trouve aujourd'hui^ cet art ne saurait jamais être qu'un moyen de second ordre, applicable seulement lorsque les circonstances ne permettent pas de recourir à de procédés réclamant plus de temps et de frais. Même dans les circonstances les plus favorables, la photographie ne saurait suffire pour de pareils objets. La photographie nous donne, il est vrai, une idée exacte de l'original tel qu'il se présente à un certain point de vue, mais elle ne nous renseigne pas sur ce qui reste indécis ou caché, à moins qu'on choisisse un autre point de vue, qu'on se place plus près ou qu'on attende un autre effet de lumière. C'est là un inconvénient qui se fait déjà sentir lorsqu'il est question d'anciens édifices, mais bien plus encore lorsqu'il est question de reproduire des bas-reliefe, des ornements d'architecture, surtout d'anciennes inscriptions qui ont beaucoup souffert de la pluie, du vent ou d'autres influences. Pour des édifices, il faut nécessairement des mesurages exacts, des plans, des élévations, des sections, des profils; pour des sculptures et pour des inscriptions le crayon est indispensable. Dans les endroits où de petites plantes parasites ont rendu les formes en partie invisibles et où la surface est presque entièrement effacée , l'artiste, qui peut se placer à différents points de vue ou qui peut s'aider de la variété des effets de lumière, sait retrouver souvent le fil en suivant la direction des formes qui sont restées; et là où l'oeil le trahit, le doigt yient souvent à son secours. Notamment à Bôrô-Boudour, le meilleur appareil photographique, lors même qu'on lui trouverait assez d'espace, devait rester en défaut; car les bas-reliefs y ont été sculptés sur les pierres mêmes de l'édifice , et non sur des plans spéciaux. La sur£EM>e d'un tableau se compose ainsi de plusieui*s pierres; souvent les pierres ont été disloquées au point que parfois le bras d'une des images touche à la jambe d'une

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antre. Eh bien, le dessdnatenr peut rétablir le rapport rompu et produire un ensemble, que la photographie ne pourrait réaLiser que lorsqu'on aurait rendu préalablement aux pierres leur position primitive et réuni les parties écroulées et défaites dans un tout bien serré et bien solide.

Monsieur Bochussen comprit que, pour faire connaître les trésors de Bôrô-Boadour dans toute leur étendue et d'une manière très exacte, il fallait nécessairement en faire des dessins et des plans très précis. Le 16 Novembre 1847 le Secrétaire Grénéral écrivit au Directeur du Génie pour l'inviter à charger un des dessinateurs de ce corps d'ébaucher, à titre d'essai, quelques-uns des bas-reliefis de Bôrô-Boudour. Un mois plus tard Monsieur F. C. Wilsen, à cette époque troisième dessinateur du Génie, chargé de ce travail, remit au Directeur cinq croquis, qui paraissaient suffisants sous tous les rapports et qui permettaient déjà de dire que la t&che si étendue et si difficile ne saurait être confiée à des mains plus habiles. A la demande du Grouvemeur-Généra] ^ le Directeur du Génie eut soin de faire lithographier quelques-uns de ces dessins à titre d'épreuve; ces lithographies furent soumises au jugement du comité-directeur de la Société de Batavia, et le Génie recommanda un second dessinateur pour seconder M. Wilsen , à savoir M. SchSnberg Mulder, sous-officier de ce corps. Ces choses faites le Gouverneur Général, Ministre d'État, fixa définitivement le plan du travail, par décret du 31 Mars 1849 n"". 4. Ce décret portait ^qu'il serait fait des dessins de tous les bas-relie£3 et de toutes les statues du Bôrô-Boudour dans la Bésidence de Eedou , afin de faire lithographier plus tard ces dessins et de les publier avec un texte explicatif dans l'intérêt des arts et des sciences". Le même décret autorisait le département militaire à charger de ce travail les dessinateurs mentionnés plus haut, M. M. Wilsen et SchOnberg Mulder, en leur laissant leurs revenus ordinaires et en leur donnant à Tun et à l'autre

un sapplément, fixé provisoirement, pour le premier à 125 florins , pour le second à 70 florins par mois. Ces suppléments furent augmentés successivement par décrets du 1 Février 1850 n^. 20 et du 9 Février 1852 n^. 3, et portés, pour le premier à 175 florins et puis à 225 florins, pour le dernier à 100 florins et 130 florins par mois; en outre lorsque tout le travail eut été achevé, U fut reconnu par décret du 1 Mai 1853 n^. 11 à l'un et à l'autre un salaire extraordinaire, de 1200 florins pour M. Wilsen, et de 800 florins pour M. Sch5nberg Mulder.

Le Grouvemeur-Général, dans son premier décret, celui du 31 Mars 1849, avait invité la Société de Batavia à se prononcer sur la meilleure manière :»de porter ce travail si intéressant pour la science à la connaissance du monde savant, en l'accompagnant, autant que possible, d'un texte explicatif". H avait demandé en même temps à la dite Société 2>si elle était disposée à se charger de rédiger le texte , d'en soigner la publication, de recommander et d'expédier ce travail scientiflque."

En Avril 1849 les deux dessinateurs commencèrent leurs travaux, bornés pour cette année à mesurer et à dessiner des plans d'architecture, des sections, des élévations et des vues de perspective. Dans les deux années suivantes ils entreprirent les bas-relie& et achevèrent 240 feuilles, dont chaque feuille contenait les dessins de trois bas-reliefs, ce qui faisait en tout 720 bas-reliefs; les bas-reliefs qui restaient encore, 236 feuilles, furent dessinés dans Tannée suivante 1852 , et tout le travail était terminé en 1853, au point que M. Schënberg put être mis de nouveau à la disposition du sous-directeur du Génie dans la l'* Division militaire au mois de Mars de cette année; M. Wilsen resta encore sur le terrain jusqu'au l''' Juillet de la même année, pour achever quelques dessins et pour faire quelques recherches dans le but d'expliquer les bas-reliefe. Le travail ininterrompu des dessinateurs , qui avait duré cinq années, avait mis ainsi le gouver-

nement en possession de données indispensables et relativement complètes, suffisantes ponr conserver une image exacte d'une des constructions les plus belles et les plus importantes des siècles passés , lors môme que Tédifice devrait dispandtre dans l'avenir. Nous disons que ces données n'étaient que relativement complètes; c'est que quelques-unes des parties avaient trop souffert et que d'autres étaient entièrement tombées en ruines, ce qui n'avait permis d'en restituer les formes et les ornements qu'en partie et approximativement, en les comparant avec d'autres ôragments. La réserve que nous venons de faire se rapporte aussi aux bas-reliefs. Les murs d'enceinte s'étaient affaissés dans plusieurs endroits et avaient détruit ainsi plusieurs des tableaux qui en ornaient les parois, ou bien les avaient enfouis sous les décombres; d'autres n'avaient pu être dégagés de la terre qui les couvrait, parce qu'on avait craint de les voir s'écrouler à leur tour. Sur les 1604 bas-reliefs qui ornaient les parois des cinq galeries, 616 étaient restés inconnus, ce qui avait fait disparaître dans plusieurs endroits le rapport par lequel les différents bas-reliefis avaient probablement été reliés. Quant aux lithographies qui avaient été faites dans les bureaux du Gténie, du moins sous la surveillance du Directeur de ce corps, d'après les premiers dessins, c'est-à-dire d'après ceux que M. Wilsen avait ébauchés à titre d'essai, elles avaient été remises au comité-directeur de la Société de Batavia et avaient excité l'admiration générale »par la justesse incomparable et la finesse exemplaire du travail" '); elles furent expédiées ensuite au Ministère des Colonies, et celui ci les remit au comité-directeur de l'Institut Bojal pour la connaissance des langues, des pays et des peuples des Indes néerlandaises ^); toutefois, avec l'avis qu'une publi-

1) Voye2 le Kapport de la dite Société intitulé: Verêktg van den ttaat der werizaamheden van hei BtUaviaasch GenootscAap, présenté dans rassemblée générale du 13 Septembre « 1860 page 10.

2) Koninkl^k Institaut 7oor de taal- land- en volkenkunde ran Nederlandsch Indië.

cation risquait de devenir trop étendue et présentait de trop grands inconvénients pour qu'on os&t l'entreprendre à Java même; que, du reste, il ne serait possible de juger de l'étendue réelle du travail que lorsque tous les dessins auraient été faits.

On fut par conséquent d'avis, idée qui pouvait convenir au Ministre que le travail de la lithographie ne se ferait nullepart mieux que dans les Pays-Bas. Il est vrai que les lithographies qu'on avait envoyées de Java méritaient tout éloge, et que les artistes qui les avaient fournies furent jugés parfaitement à la hauteur de leur t&che; mais le service du Génie à Java réclamait exclusivement leurs forces et leur talent pour d'autres travaux. H ne restait donc plus qu'à entreprendre le travail de la lithographie dans les Pays-Bas, et à faire envoyer régulièrement les dessins de Batavia au ministère des Colonies.

Mais avant qu'on en fat là, le comité-directeur de l'Institut Royal, qui avait continué à suivre la marche de cette affaire avec le plus grand intérêt et qui avait toigours été informé et consulté par le mimstère des Colonies ^ avait cru devoir mettre en doute l'exactitude des dessins originaux, dont il avait eu quelques-uns seulement sous les yeux. Il ne serait possible, d'ailleurs, d'apprécier au juste le degré d'exactitude que l'artiste avait atteint , que si Ton pouvait charger un spécialiste compétent de comparer sur les lieux mêmes les dessins avec les originaux. Il faudrait au moins de nouvelles épreuves, avant de pouvoir se prononcer sur ce point avec une certitude sufiBsante.

Personne ne doutait de la compétence de M. Wilsen à remplir la tâche dont il avait été chargé. Les excellents croquis de quelques-uns des basreliefs qui avaient déjà été envoyés en Europe , témoignaient assez en faveur de son talent d'artiste. Mais il y avait plus. Il avait fait preuve , en outre , de son intérêt pour l'objet de ses recherches , de son esprit scientifique , de son désir sincère de reproduire d'un côté les formes visibles de l'édifice

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magnifique et de ses ornements, et de pénétrer d'autrepart dans l'esprit qni avait inspiré la construction, dans Fidée de l'ensemble, dans la signification des statues et des images qui en décoraient les différentes parties. Toutes ces excellentes qualités se retrouvaient dans l'intéressant travail intitulé Bôrô-Boudour , qui avait paru de sa main, il j avait quelques années, en 1852, dans la Bévue dite Tijdschnft voar Indische taal^, landen VoUcenkunde , publiée par la Société de Batavia^ 1^ Année, 3* et 4* livraisons, pages 235-— 299. Cependant certaines expressions dont l'auteur s'était servi dans ce travail (pages 255, 256) avaient fait niûtre des doutes sur le caractère absolu, entièrement irréprochable de sa compétence. On se demandait si l'artiste, en traçant ses dessins, avait toujours agi avec cette exactitude parfaite qui devait être indispensable pour une juste appréciation de l'original, et dont l'antiquaire ne pourrait se passer sons aucun prétexte. Monsieur Wilsen assurait lui-même qu'il avait restauré ce qui manquait d'après les parties bien conservées, et qu'il avait t&ché de reproduire Bôrô-Boudour , non pas tel qu'il l'avait trouvé, mais tel que Tédifice avait été autrefois. D'autrepart, il ne voulait appliquer cette observation qu'à l'édifice seul, non pas aux bas-reliefe; et il assurait toujours qu'il n'avait rien ajouté ou rien embeUi. Comment cette dernière assertion s'accordait-elle avec l'idée d'une restauration des parties qui manquaient? Et ne devait-on pas supposer que la liberté qu'il avait cru pouvoir se permettre pours les images et les ornements d'architecture, eût fidt sentir son influence dans tout le travail du dessinateur? On savait que les sculptures originales de l'édifice n'étaient pas parvenues jusqu'à nous complètement intactes; on n'osait même admettre qu'un seul bas-relief de quelque étendue eût été conservé dans son état primitif. Mais alors n'avait on pas ainsi le droit de vouloir retrouver ces dégâts, ces lacunes, ces défauts sur des dessins qui prétendaient être exacts? Or, on n'en retrouvait pas assez sur les quelques échantillons qui

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étaient parvenus à la connaissance dn comité-directenr de l'Institat.

n n'y aurait eu d'autre moyen d'arriver à une certitude voulue sur ce point, que d'inviter un archéologue à coUationner les dessins avec les originaux, et d'y faire apporter les corrections nécessaires d'après les indications de ce spécialiste; puis il aurait fallu marquer par quelque signe spécial les endroits où l'on aurait ajouté ou restauré certaines choses en se fondant pour cela sur des données plus ou moins certaines. Mais une révision générale sur une si grande échelle devait paraître irréalisable, n fallait y renoncer, et l'on se demandait s'il ne serait pas possible d'arriver en partie à la certitude voulue, en faisant quelques essais dans le détail. Ne pourrait on pas, par exemple, charger un autre artiste compétent de dessiner quelques bas-reliefe, choisis de préférence parmi les mieux conservés; puis, après s'être assuré de l'exactitude de ces dessins, les envoyer dans les Pays-Bas en même temps que ceux qui avaient été faits auparavant des mêmes tableaux? En comparant entre eux ces deux dessins de différents artistes on devait pouvoir évaluer à peu près le degré de confiance que méritaient en général les dessins de M. Wilsen, et l'on saurait en même temps s'il conviendrait, ou non, de soimiettre ces dessins à l'examen spécial d'un juge compétent, pour que celui-ci les confront&t avec les originaux et y ftt apporter les corrections nécessaires avant que le lithographe abordât sa partie du travail.

Son Excellence le Ministre fit part de ces réflexions au Gouvernement des Indes ; celui-d les prit en sérieuse considération et provoqua un examen ultérieur; le Directeur du génie donna son avis, M. Wilsen ses éclaircissements ^ et voici la conclusion: c'est qu'à Batavia on maintenait le jugement favorable qu'on y avait porté sur les dessins, et que l'occasion manquait de faire les essais voulus. D'ailleurs M. Wilsen assurait positivement qu'il ne s'était pas permis la moindre liberté dans ses reproductions des bas-relie&, qu'il se portait pleinement garant de l'exactitude de ses

restanratioiis dans quelques parties de Tédifioe et dans quelques ornements d'architecture, dont il avait facilement pu retrouver la forme primitive dans les fragments qui en étaient restés ou dans les parties correspondantes. Tout ce qu'il s'était permis pour les bas-relicfe, en ûdt de restauration; avait été de réunir par le dessin les pierres qui s'étaient disjointes, et de rétablir ainsi la liaison entre les divers fragments des images et des tableaux.

Que pouvait-on faire sinon accepter ces affirmations très positives et se soumettre au jugement favorable du €k>uvemement des colonies ? Les raisons allouées étaient d'ailleurs assez acceptables. Plus tard, cette bonne opinion se confirma; à mesure qu'arrivait un nombre toujours plus grand de dessins on pouvait s'assurer que les dég&ts et les lacunes avaient été respectés, que bien loin de les faire disparaître ou de les masquer, le dessinateur les avait signalés en y ménageant du blanc , ou en traçant tout au plus des lignes pointillées. Enfin, lorsque l'occasion se présenta de confronter les dessins de M. Wilsen avec la reproduction exacte de quelques bas-reliefs, dont il avait été possible de faire des photographies, le dernier doute se dissipa.

Cette appréciation favorable ne put tomber en partage aux dessins du collaborateur de M. Wilsen , M. Sch5nberg Mulder. Tandis que ceux du premier reproduisaient inc<»itestablement le caractère indien ^ tant des personnages que des situations , on n'avait pas même besoin d'étudier longtemps les dessins du second pour voir que le caractère local et la physionomie propre en avaient complètement disparu. M. Schônberg Mulde rétait excellent pour le dessin d'architecture; mais le dessin artistique, le dessin au crayon n'était pas son affaire. Les parties du corps humain ^ surtout les figures, les mains, les pieds étaient presque toutes manquées; plus d'un tableau donnait aux personnages des attitudes et des poses impossibles , entièrement exclues par ce qu'on savait de certain des originaux. Impossible d'admettre

qu'un monument d'une valeur artistique aussi grande eût jamais péché par les défauts dont fourmillait le travail de M. SchSnberg Mulder.

Le mal était grave; comment j remédier? M. Wilsen, qui fdt conErulté, regretta vivement qu'on ne l'eût écouté plus tôt, lorsqu'il avait fait des objections très sérieuses contre le choix du collaborateur qu'on lui avait donné; ses réclamations restant sans réponse, il avait dû se soumettre et avait accepté les dessins malgré leurs défauts très réels. , Maintenant le remède n'était plus facile à trouver. La nature du papier dont on s'était servi défendait d'y faire des ratures et des corrections; d'ailleurs, M. Wilsen n'avait pas le temps de se charger d'une nouvelle t&che à côté de celle qui lui était dévolue. Il avait espéré qu'il lui resterait toigours l'occasion de rendre le lithographe attentif aux défauts des dessins en. question et de les faire corriger ainsi tant bien que mal sur la pierre.

Mais, depuis qu'il avait été résolu de transporter le travail lithographique de Java dans les Pays-Bas, il fallait abandonner la perspective de profiter des indications personnelles de M. Wilsen, supposé même que ces indications eussent été suffisantes, sans qu'il y eût eu confrontation expresse des dessins avec les originaux. M. Wilsen, dans une lettre au Gouvernement, conseilla de confier le travail de correction à un aridste compétent; un tel homme , pensait-il , pourrait réussir sans trop de peine à faire disparaître les formes grotesques et monstrueuses des traits de la figure, des mains et des pieds; il lui suffirait de consulter les modèles que lui fournissaient les dessins des statues de Bôrô-Boudour , et pour le reste il n'aurait qu'à s'inspirer de l'esprit générai de toute la construction et à se familiariser avec le type bouddhiste qui se retrouvait dans tous les détails.

L'infcention était bonne; mais pouvait-on attendre quelque chose d'un tel remède? Certes, il y avait quelques détails qui admettaient ce triavail de correction; il était probable qu'on réussirait à redresser des fautes de dessin qui revenaient à chaque instant, telles que la forme des lèvres.

dn nez, des doigts, des orteils, et d'autres détails de ce genre; on pourrait même essayer de changer un peu Tattitude des mains et des pieds ^ bien que ceci f&t déjà plus difficile; d'ailleurs on l'a fait pour autant que la responsabilité du correcteur le permettait. Mais partout où le crayon de M. Sch5nberg Mulder avait mal dessiné des images entières ou des par^ ties du corps plus importantes, partout où il s'était trop écarté de l'original, où il ayait défiguré la nature, on ne pouvait songer à apporter des corrections, à moins d'avoir pu consulter préalablement les originaux.

Tout cela ne laissait pas que d'être fort regrettable. Les dessins de M. ScbSnberg Mulder, du moins dans la partie qui représente les bas-reliefs, n'ont de valeur que pour l'aspect général des tableaux; mais pour tous les détails que l'antiquaire ne sacrifie qu'à contre-coeur, ils ne donnent absolument rien, et pour l'histoire de l'art on n'y gagne pas davantage.

Nous nous sommes permis de nous écarter sur quelques points des dessins originaux^ notamment dans les endroits où il était trop visible que le dessinateur n'avait pas reproduit exactement les détails de l'édifice, par méprise ou par d'autres causes. Pour citer un exemple: le dessinateur avait flanqué les portes des différentes galeries de bas-reliefe, qu'on a pu trouver sans doute sur les galeries, mais non pas aux endroits indiqués. Eh bien, nous avons écarté ces bas-relie& déplacés, et nous n'avons flanqué les portes que de cadres vides. Autre exemple: les voûtes des portes n'avaient été reproduites qu'en partie et sans beaucoup d'exactitude; or, des documents conservés dans le Musée Boyal d'Antiquités nous permettaient amplement de combler cette lacune, et nous avons par conséquent pu indiquer chaque voûte particulière par des ombres spéciales.

Le travail entira dans un nouveau stade, lorsque le Département des colonies n'avait reçu encore qu'une partie relativement assez petite des dessins, et lorsque, ne pouvant juger encore que très imparfaitement de

l'étendue que prendrait le travail et du chiffire qu'atteindrait le total des dessins, il fallait se faire un jugement sur la base fragile de données dont l'insuffisance a été démontrée plus tard. En dépit de l'état très imparfait des conditions où l'on se trouvait encore, on commença èk s'occuper sérieusement de ûdre lithographier les dessins. M. G. W. Mieling, lithographe royal à la Haye, fit un échantillon de gravure dont il soumit l'épreuve au jugement du Ministre en Novembre ou en Décembre 1855. Les experts que le Ministre consulta en opinèrent assez favorablement , et leur avis parut ofiErir assez de garanties pour qu'on &e crut libre de confier à M. Mieling le travail de la lithographie. Une résolution ministérielle du 26 Février 1856 , L. A. n*. i y modifiée en quelques points par une résolution du 12 Mars de la môme année L. A. n«. 23, fixait les conditions du travail. Peu après, par missive du 19 Avril suivant, L. A. n®. 22, le Ministre invita l'Institut royal des langues, des pays et des peuples des Indes orientales (Koninklîjk Nederlandsch Instituut van Indische taal-, land* en volkenkunde) à surveiller ce travail ^dans l'intérêt dé l'entreprise, en se conformant aux conditions stipulées, et à renseigner le Ministre toutes les fois que le comitédirecteur de l'Institut le jugerait convenable". L'Institut se rendit naturellement à cette invitation très honorable , et comme il devait préférer de confier cette oeuvre de surveillance à un seul de ses membres, notamment à quelqu'un qui eût £edt des antiquités sa branche spéciale, ce fut moi qu'on désigna.

Dès que je fus entré en fonctions M. Mieling me remit les premières épreuves, celles des bas-reliefs qui couvraient la paroi postérieure de la deuxième galerie. ËUes n'étaient pas très encourageantes; il fallait un temps énorme pour indiquer toutes les fautes et toutes les erreurs; la correction exigeait tant de peine que je commençais à craindre de ne pas suffire à la tache et que je désespérais réellement de mener ce nouveau devoir de front avec mes autres obligations. Heureusement l'expérience

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des grayetus augmentait peu à peu; ils comprenaient toigours mieux la nature dn travail, et les perspectives s'éclaircissaient ainsi pour moi. De temps en temps seulement je me sentais replongé dans Tancienne obscurité; c'est-à-dire toutes les fois qu *un changement de personnel amenait de nouveaux graveurs dans les ateliers de M. Mieling et mettait le travail entre des mains mal ou insuffîsanmient expérimentées.

Quand on eut gravé sur pierre un nombre assez considérable de dessins et que tout fut prêt pour l'impression , il se présenta une nouvelle dif&culté; je Tavais prévue, mais je n'avais pu Técarter à temps, parce que les premiers arrangements avaient été pris sans moi. J'avais conseillé au Ministre de ne pas projeter, ou plutôt, de ne pas fixer un plan de publication, de ne pas conclure au moins de contrat officiel en cette matière avant d'avoir reçu tous les dessins, ce qui seul permettrait de calculer à peu près l'étendue que devait prendre l'ouvrage. Mon avertissement était venu trop tard; le Ministre avait déjà signé la résolution par la quelle le travail fut confié à M. Mieling; le Gouvernement avait fixé les conditions et s'était lié pour y répondre, et M. Mieling avait fait préparer un nombre assez considérable d'épreuves avant qu'on eût fait un plan, avant môme qu'U eût été possible d*en faire un à défaut de la collection complète des matéiiaux.

n était convenu que l'ouvrage contiendrait en tout au moins 352 planches, grandes et petites; mais rien n'avait été fixé sur les dimensions à donner à ces planches, et il n'avait pas été possible de juger par les quelques dessins qui, dans les premiers temps, avaient été envoyés de Java, du caractère propre, du travail plus au moins fini qui distinguait les unes des autres les grandes et les petites planches. Un hasard malheureujc avait amené ici une méprise fâcheuse, lorsque de Java on avait envoyé une lithographie à titre d'échantillon; cette lithographie se composait d'une planche qui contenait deux ou trois bas-reliefs; les feuilles

ayaiexit été coupées en autant de morceaux qu'elles contenaient de basreliefe, et avaient été remises à M. Mieling sous cette forme; ajoutez que les bas-reliefs isolés, non pas les grandes feuilles, étaient numérotés; et l'on comprendra que M. Mieling, aussi bien que le Ministre qui avait signé la résolution , se soit imaginé que l'ouvrage devait se composer de 352 dessins , les petits du format de chacun des bas-reliefs isolés, les grands de dimensions indéterminées. Ce chiffre avait été emprunté à des données venues de Java; mais U devait y avoir erreur, parce que la signification attachée au mot i>dessin" n*avait pas été la même à Java qu'ici. Là, on avait appelé de ce nom les feuilles couvertes de dessins; ici, on Tavait appliqué aux divers fragments de ces feuilles. Jugez de la surprise et de l'embarras lorsqu'on sut enfin, après avoir reçu la collection complète des planches, que Touvrage devait se composer, d*abord d'une douzaine de planches plus grandes, ensuite, non pas de 352, mais d'au delà de 700 dessins, le mot pris dans le sens que le Ministre avait adopté dans sa résolution et qui avait été pris pour base des conditions dont on était convenu avec M. Mieling. Un autre inconvénient était vena compliquer Taffaire: c'est qu^on avait remis à M. Mieling un certain nombre de grands et de petits dessins, sans lui donner le moindre renseignement sur le format à adopter , ou sur d^autres détails , et que le chef de l'atelier avait mis ses graveurs à Toeuvre, sans avoir fiEÛt un plan ou sans avoir demandé des éclaircissements sur la question du format ou sur les dimensions à donner à ces lithographies. Chose inconcevable! il avait abandonné au hasard la question de savoir s^il serait jamais possible de réunir toutes les planches dans un volume d'une dimension convenable.

On ne vit bien toutes ces dif&cultés que lorsque le travail était déjà passablement avancé; le nombre des pierres préparées et approuvées, et qui auraient pu être livrées ainsi à l'impression, avait tellement augmenté qu'il manquait des pierres pour y graver les nouveaux dessins, et qu*il

n'était pas possible de remettre plus longtemps le tirage de quelques exemplaires. IL n'y avait pas d'inconvénient à tirer sur une même planche deux dessins gravés sur des pierres différentes; mais il était devenu assez difficile de trouver un format qui pût convenir à des dessins de dimensions aussi variées.

Il était fort heureux que la plupart des grands dessins n'eussent pas été compris dans les premiers envois; une vue de Bôrô-Boudour avait seule été dessinée au crayon sur pierre. Que ferait-on de ce dessin d'un format exceptionnel? On songea un moment a le couper en deux et à le répartir sur deux planches; mais on revint de cette idée; la nature du dessin n'aurait pas permis de réunir ces deux planches en une

seule, si on l'eût désiré. On aurait pu faire autre chose encore, rapetisser les proportions du dessin et le réduire ainsi aux dimensions d'une seule planche ; mais la finesse et l'exactitude du dessin auraient trop souffert de. cette réduction ; d'ailleurs , l'une et l'autre de ces deux moyens auraient notablement augmenté les frais, et je n'osais conseiller au Gouvernement de s'imposer de nouveaux sacrifices pécuniaires. Il ne restait donc plus qu'à flBdre exception pour ce dessin et à ne pas lui appliquer le format qu'on avait adopté pour le reste. Yoilà comment cette planche est restée la seule qui n'ait pu être comprise dans la reliure d'ensemble; il fallait la plier en deux, à moins de la laisser en dehors de l'ouvrage et de l'encadrer pour en orner son salon ou son cabinet d'étude. Pour les autres grands dessins, il fut résolu qu'on les couperait en autant de feuilles que réclamerait le format adopté, sauf à réunir plus tard ces parties lorsqu'on voudrait en faire usage.

La différence des deux acceptions données au mot de :»dessins" amena encore un autre inconvénient. C'est que le nombre des petits dessins menaçait de s'élever à peu près au double du chiffire dont le Ministre avait parlé dans son contrat avec M. MieHng. Fallait-il s'en tenir à

cette fidgmfication malencontreuse, qu'on avait eu le malheur et le tort d'adopter dans les pièces officielles ? Mais on voit d'ici les frais énormes que devait entraîner cette augmentation de dessins. D'après la distribution qui fut enfin adoptée, l'ouvrage devait se composer de douze grandes planches coupées en morceaux et réparties ainsi sur un chiffre de vingt-deux planches d'un format conforme à celui des planches plus petites; celles-ci devaient contenir deux bas-reliefe au lieu d'un seul; ce qui devait entraîner un double travail poui* un nombre d'au delà de cent quatre-vingts planches, et une augmentation de frais que je fus chargé par le Ministre de régler avec M. Mieling. Je fixai un chiffre qu'on pouvait adopter dans les circonstances données , et une résolution ministérielle, datée du 5 Décembre 1857 , enregistrée sous L. A. n». 13, cassa celle du 12 Mars 1856 et régla définitivement l'affaire.

n pouvait sembler maintenant qu'on touchait à la fin des préambules, que le travail pourrait être repris avec ardeur, poursuivi régulièrement et achevé à l'époque voulue et fixée, n'était ce pour le travail tout entier, du moins pour la préparation et le tirage des planches.

Eh bien, loin de làl De nouvelles déceptions survinrent; nos plus belles attentes se changèrent en illusions par suite des retards et des lenteurs désespérants de M. Mieling. Si l'on avait voulu s'en tenir aux conditions arrêtées, il aurait dû fournir au moins dix planches par mois, tirées à cinq cents exemplaires; ce qui ferait pour le travail entier un espace de trois ans et demi, quatre ans au plus, et ce qui en faisait prévoir la fin dans les derniers mois de 1861. La première épreuve portait la date du 5 Mai 1857 ; ce fut au moins ce jour-là que je confrontai l'épreuve avQC l'original du dessin; et cependant, ce ne fut que le 20 Avril 1867, six ans après le temps convenu , que IL Mieling m'avait mis en état de lui envoyer l'épreuve de la dernière planche munie de mon ]>imprimatur". Souvent il se passait deux ans avant que je reçusse la révision corrigée d'une

éprenye que j'avais confrontée avec Toriginal et renvoyée à M. Mieling accompagnée de mes observations. Aussi me vis-je réduit, en désespoir de cause, à une mesure un peu rigoureuse. Je refusai net à M. Mieling de confier de nouveaux dessins au travail de ses lithographes, jusqu'à oe qu'D m'aurait fourni préalablement les imprimés définitif des épreuves corrigées que j'attendais depuis plusieurs années. Vers la fin de 1865 M. Mieling fut nommé directeur de l'imprimerie de l'État, avec l'autorisation toutefois de continuer les grandes publications dont le travail n'avait pu être acheté. Bôrô-Boudour était du nombre de ces ouvrages, et avant de se défaire de ses occupations, M. Mieling fit tirer dans ses ateliers ce qui lui restait des gravures. Les couvertures des livraisons munies du titre et d'une vue de Bôrô-Boudour , qui avaient déjà été préparées et dont l'épreuve avait été approuvée, ont été tirées plus tard dans un autre atelier.

Le changement qui s'était opéré dans les fonctions de M. Mieling devait amener encore un autre changement dans ses rapports avec la publication de Bôrô-Boudour. H avait cessé d'être libraire-éditeur, et ne pouvait ainsi se charger de l'édition complète et de l'exploitation de l'ouvrage. H fallait conclure un contrat avec un autre libraire. Je crus pouvoir recommander M. Ë. J. Brill, libraire-éditeur à Leide, et je me vis autorisé par décret royal du 13 Août 1867, n^. 62, que le Ministre des Colonies porta à ma connaissance dans sa missive du 31 du même mois Lit. A'^ n^. 18, à conclure avec M. Brill un contrat en règle pour tout ce qu'il restait encore à faire ^ conformément à un projet qui avait été approuvé par le Ministre, et qui me fiit remis.

Cependant tous les exemplaires qui avaient déjà été tirés et qui portaient le timbre du Ministère, reposaient encore dans les magasins de M. Mieling. Comme celui-d devait être détaché entièrement du travail, il fallait commencer par le décharger de la responsabilité d'avoir à garder plus de

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200,000 planches. IL Mieling fat autorisé à remettre ce dépôt à M. BrilL Mais celui-<2Î n'était pas préparé à recevoir une collection aussi volumineuse; Tespace nécessaire lui faisait défaut, et il ne put que recevoir les paquets et les enfermer dans ses magasins, se réservant de vérifier le nombre des exemplaires et d'apprécier l'état où ils lui étaient parvenus, dès qu'il trouverait le temps et l'espace nécessaires. Lorsqu'enfin cet examen put avoir lieu, nouveUes déceptions! H j eut cinq planches dont on ne trouva aucun exemplaire, bien que toutes eussent été gravées, confrontées, approuvées et remises à M. Mieling, qui en avait accusé réception. On comprend que M. Mieling fut chargé de refÎEÙre ces planches à ses propres frais, ce qui ne se fit pas cependant sans entraîner de nouveaux retards. Ceci arriva vers la fin de 1869. En attendant M. Brill avait continué à recueillir les planches et à les réunir en livraisons. Ce travail terminé, il se trouva qu'on n'avait pu réunir que 465 exemplaires complets, au lieu des 500 (400 sur papi^ de gravure, et 100 sur papier teint) dont il avait été convenu.

n est clair qu'on ne pouvait pas se résigner à cet état de choses et que M. Mieling fut chargé de combler ces lacunes ; pour cela cinq planches durent être gravées derechef, pour être remises à Mr. Brill, avec un certain nombre d'exemplaires qui étaient demeurés dans les magasins de M. Mieling. Enfin , dans les derniers mois de 1871 la triste affaire pouvait être considérée comme terminée. Et encore avait-il fallu sacrifier treize exemplaires de planches différentes qui n'auraient pu être fournis à moins de les faire graver de nouveau et d'exposer ainsi le travail à de nouveaux retards. Le lecteur s'étonnera peut-être de nous entendre raconter au long tous ces incidents les uns plus f&cheux que les autres; mais ils font partie de l'histoire de cette entreprise intéressante, pour laquelle le Gouvernement s'est imposé de si grands sacrifices, et ils doivent rendre compte des retards interminables qui ont arrêté la publication de cet ouvrage. De plus

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d'un côté s'élevaient des mnrmures contre la lenteur excessive du travail; et une feuille hebdomadaire^ le Spectateur néerlandais '), avait publié un article d'un inconnu écrivant sous le pseudonyme de Eromolecsono , intitulé de Kunst in Nederlandsch Indië (Vart dans les Indes néerlandaises)^ dont l'auteur était allé jusqu'à dire que 3>M. Wilsen n'aurait probablement jamais la satisfaction de voir paraître son travail." Je t&chai de dissiper ces sinistres prévisions par une rectification , que j'envoyai à la dite feuille le 9 Novembre de la môme année, et qui fut acceptée; j'y rappelai tout ce qui avait été publié sur les travaux préparatoires et sur la marche de l'ouvrage depuis 1855 dans les Bijdragen voor Taal- land- en voUtenkunde, publication annuelle de V Institut Royal des langues, des pays et des peuples des Indes néerlandaises. Mais depuis lors bien des années se sont écoulées, et plusieurs ont pu se demander avec raison s'il ne fallait pas renvoyer définitivement cette attente dans la catégorie des illusions. Comme on savait en général que j'avais été chargé de conduire l'affaire, on pouvait supposer que je ne la prenais pas à coeur. Une apologie était désormais indispensable. «Pavais à me défendre contre des soupçons possibles et naturels jusqu'à un certain point, j'avais à dégager entièrement ma responsabilité; et pour cela il fallait raconter en détaQ la marche des choses et dépouiller tous les dossiers que j'avais à ma disposition. Voilà ce qui explique, et justifie sans doute, l'exposé qu'on vient de lire.

n me reste encore à donner quelques détails sur le texte de l'ouvrage.

Le (Gouvernement avait commencé par ne demander l'avis de l'Institut Boyal mentionné que sur l'exécution des planches ; comme délégué spécial du comitédirecteur pour cette affaire je n'avais donc eu qu'à m'occuper du travail

i; NederUuuUehe SpecUUor da 8 Sept. 1860, n"*. 3G. p. 282.

lithographique, notaniDient à confronter les épreuves avec les dessins originaux, et en outre à chercher la meilleure distribution des planches et le format le plus convenable. Mais bientôt après il Mbit étendre mon travail au texte, puisque le Ministre des colonies, dans sa missive du 19 Avril 1856, L. A. n^. 22, exprima le désir d'entendre aussi sur ce point-là l*avis du comité-directeur de l'Institut.

Dans le 6^^' alinéa de sa résolution du 31 Mars 1849 n^. 4 le Gouvernement des Indes avait demandé, entre autres, à la société de Batavia, si elle se sentait en état de rédiger le texte et si elle y était disposée. Dans les premiers mois de 1856 la société n'avait pas encore envoyé de réponse affirmative. En attendant M. Wilsen avait publié un article remarquable dans le premier volume de la Eevue dite Tijdschrift voor Indische Taal- Land^ en Volkenkunde année 1853, intitulé Bâré-Boudour et contenant les résultats des recherches qu'il avait pu faire en préparant ses dessins. Plus tard il avait écrit un mémoire plus étendu, intitulé Bôrô-Baudour expliqué en rapport avec le Brahmanisme ei le Bouddhisme'^), dont il avait mis le manuscript à la disposition du Gk>uvemement des Indes. Le comité de la Société de Batavia, qui avait inséré le premier article de M. Wilsen dans sa Bévue, avait fait des difficultés pour le second, le jugeant ]»trop étendu, et en Doutre trop fantastique, manquant de science solide." Nous aurons l'occasion de revenir sur cette critique, qui ne me paraît pas tout à fait équitable. Le Département militaire des Indes s'était montré disposé à faire imprimer le travail, après que l'auteur l'aurait soumis à une révision, condition que celui-ci s'était empressé d'accepter. Mais ces bonnes intentions n'ont jamais pu être effectuées par suite de raisons qu'on peut essayer de deviner , mais qui n'ont jamais été portées à la connaissance du public. En attendant , le manuscript reposa quelques

1) BM-Boedçer verklaard in veriand met het BrahmaT^endom en het Boeddhitme,

années dans les Archives de la Société de Batavia. M. J. F. G. Bramnnd,

membre du comité de la Société, qtd s'était déjà fait une réputation par

ses écrits sur ]es anciens monuments de Java, et qui s'occupait en 1855

d'écrire une description de Bôrô-Boudour , s'offrit pour la révision du travail

de H. Wilsen en vue d'une publication dans les Mémoires de la Société.

Si je ne me trompe, l'offre fût acceptée« Il existe en effet une lettre de

cabinet du Gouverneur-Général au Ministre des colonies en date du 6

Février 1856 n**. 33 L. N., où ce haut fonctionnaire soulève l'idée d'ajouter

aux planches une description exacte de la manière dont le travail avait

été fait; si l'article que M. Brumund était en train de préparer pouvait

servir à ce but, on pourrait, d'après la proposition du Gouverneur-Général,

emprunter ces feuilles aux Mémoires de la dite Société et les faire imprimer

avec les planches de Bôrô-Boudour. On pourrait offrir de la part du Gou-

Tomement des exemplaires de l'ouvrage à des sociétés savantes consacrées

à l'étude des antiquités et de la littérature orientales et à quelques savants

éminents dans ces branches, en les priant de contribuer par leur science

à expliquer et à faire apprécier l'ancien monument.

On comprend qu'il était excessivement difficile, impossible môme, de prononcer un jugement bien fondé sur le texte, ou d'établir un plan pour cette ''partie du travail, sans avoir eu l'occasion d'étudier très exactement tous] les matériaux qui devaient entrer ici en ligne de compte, surtout le manuscript de M. Wilsen. On avait assez pu voir par l'article qui avait paru de lui dans la Bévue citée ^ qu'il était honmie à donner des observations aussi judicieuses qu'intéressantes, lors même que tel ou tel passage de ce môme article pourrait justifier dans une certaine mesure la critique que le comité de la Société de Batavia , d'accord avec M. Brumimd , avait faite du second travail de M. Wilsen. Quoi de plus naturel d'ailleurs, que de voir un homme, qui en cette matière était plutôt artiste, qu'érudit, suivre un peu trop son imagination. Il j avait lieu néanmoins

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d'attacher une très grande importance au moindre fait, à la moindre idée venue de lui ; * toutes ses communications pouvaient être considérées comme indispensables. Personne n'avait vécu autant que lui avec les ruines de Bôrô-Boudour ; il en avait examiné les plus petits détails, les moindres finesses ; il avait essayé de pénétrer dans l'esprit de l'architecte et des artistes. Il avait pu étudier le monument toujours de nouveau et tant qu'U avait voulu; par suite d'une comparaison réitérée des différents basreliefs, il avait eu, plus qu'aucun autre, la chance de retrouver le fil conducteur dans ce dédale de tableaux. Il pouvait donc paraître au moins probable, que M. Wilsen plus que tout autre, aurait bien saisi l'idée fondamentale de toute la construction, notamment celle des bas-relie&

En attendant que je trouverais l'occasion de prendre connaissance du manuscrit de M. Wilsen, et en me réservant ce plaisir, je crus pouvoir donner en considération au Ministre d'inviter M. Wilsen à mettre à la disposition du Gouvernement tout ce qu'il possédait en fait d'explication de ses plans et de ses dessins: d'abord, le texte indispensable qu'il avait déjà préparé, ensuite un recueil de toutes les observations et de toutes les découvertes qu'il avait pu faire en rapport avec l'idée de l'édifice, des bas-reliefs et des autres décorations, ce qui serait encore à faire. J'ajoutai qu'il me paraissait convenable de remettre les matériaux de M. Wilsen avec ce qui avait déjà paru de la main d'autres artistes et d'autres savants, ou ce qui devait paraître encore (par exemple le travail de M. Brumund), à une commission néerlandaise; celle-ci, assistée d'un architecte compétent, aurait ensuite à faire de ces matériaux un travail d'ensemble concis mais complet qui pût servir de texte à l'ouvrage ; le texte pourrait être mis à la disposition des souscripteurs soit gratis , soit à un prix modique , et le tout pourrait être accompagné d'une préface, renfermant un aperçu de la manière dont tout le travail avait été entamé et mis à exécution. Le Ministre approuva ces idées et écrivit bientôt au Gouverneur-Général

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le priant d'insister auprès de la Société de Batavia ou de M. Brumund, pour que le travail de ce dernier pût bientôt être achevé; le Gouverneur- Général devait demander en outre à M. Brumund la pemûssion de faire publier son travail comme texte de l'ouvrage, en hollandais d'abord, ensuite si le Gouvernement le jugeait convenable, accompagné d'une traduction firançaise; cette mesure n'ôterait rien à son droit personnel de le flEÛre paraître dans les Mémoires de la Société.

Dans sa prochaine missive au Ministre le Gouverneur-Général communiqua à son Excellence le contenu d'une lettre de M. Brumund au Secrétaire Général du Gk)uvemement des Indes , du 9 Juillet 1856 , portant que M. Brumund avait eu pendant quelques mois à sa disposition les planches et le manuscrit de M. Wilsen, et qu'il était disposé à remettre fiu Grouvemement sa i>Description comparée et critique de Bôrô-Boudour" (vergelijkende en beoordeelende beschry ving van Bdrô-Boedoer) pour en faire faire une traduction française et pour la publier en même temps que les dessins. Il s'engagea en outre à achever le travail qu'il avait préalablement destiné aux publications de la Société de Batavia, vers la fin de 1856 ou au commencement de 1857. Avant de passer à cette mesure M. Brumund désirait revoir Bôrô-Boudour, qu'il avait déjà visité deux fois; dès que ce voyage serait terminé il comptait demander un congé de deux ans pour se rendre aux Pays-Bas^ après s'être arrêté en passant à Geylan et à Bombay, afin d'y étudier les édifices bouddhiques; enfin il aimerait que la traduction fût faite dans les Pays-Bas sous sa direction personnelle. Il ne put consentir cependant à laisser critiquer son travail en dehors de lui et à y voir ajouter des annotations, dont la justesse et la valeur lui paraîtraient peut-être contestables.

Les difficultés restaient donc absolument les mêmes pour le comitédirecteur de l'Institut, en ce qui concernait la rédaction du texte de Touvrage. Comment faire un plan pour cette partie du travail? et com-

ment faire usage de la description de M. Bnunimd sans qn'on eût en l'occasion d'en prendre connaissance?

Le comité-directeur trancha la difficulté en maintenant son sma, que le Gouyemement ne devrait pas s'engager à publier le travail de M. Brumund à titre de texte explicatif des planches , ou même à l'insérer tel qu'il était et en son entier dans le texte qui serait à faire ; il ne faudrait provisoirement que lui donner une place parmi les matériaux qui devaient servir ensuite à composer le texte, puisqu'il ne serait possible^ en effet, d'apprécier ce travail qu'après en avoir pris connaissance; il y aurait donc à se prononcer ultérieurement sur la question de savoir si la Description de M. Brumund pourrait ôtre fondue avec les travaux imprimés et manuscrits de M. Wilsen, ou bien s'il vaudrait mieux faire suivre les différentes parties les unes après les autres, sauf à les unir ensemble d'une façon quelconque.

M. Brumund avait eu l'occasion d'examiner tous les matériaux que M. Wilsen avait fournis; comme on l'avait même autorisé à en faire usage, il était dair qu'il avait dû en profiter pour son travail à lui. On pouvait supposer qu'il se serait empressé de rendre hommage et justice aux mérites de l'éminent artiste^ spécialement à l'explication que celui-ci avait donnée des bas-reliefs, où il avait retrouvé le premier une histoire suivie de la vie du Bouddha. Mais enfin, ce n'était là qu'une supposition dont il ne serait possible de vérifier l'exactitude que par une étude consciencieuse du travail de M. Brumund.

U fallait donc nécessairement que le Gouvernement restftt entièrement libre dans l'usage à faire de la Description du savant écrivain. En attendant, on pourrait lui fournir l'occasion, ou le soutenir au moins, dans son projet de renouveler sa visite à Bôrô-Boudour , afin d'éclaircir ses idées sur plusieurs points restés obscurs.

M. Brumund aurait, d'ailleurs, toujours la faculté de faire paraître son mémoire dans les travaux de la Société de Batavia, conformément à ses

premières intentions; à la condition toutefois de le faire insérer dans le prochain volume des Mémoires de la Société. Sinon, le Grouvemement aurait le droit de le réclamer et d'en disposer à des conditions qu'on réglerait ultérieurement. Au reste, qu'il fût publié ou non à part, le Gouvernement devait rester libre de faire usage de ce mémoire, soit en entier soit en partie, pour le texte explicatif du grand ouvrage de Bôrô-Boudour.

Afin de donner un contrepoids à ces conditions^ qui devaient lier H. Brumund , le Gouvernement pourrait s'engager à le soutenir matériellement ou moralement dans son projet de visiter Bôrô-Boudour et d'autres édifices de Java, ce qui ne pourrait lui être iodifférent. Un tel arrangement permettrait au Gouvernement, et plus tard à la personne ou à la commission qui serait chargée de rédiger le texte, de maintenir sa liberté entière et de n'avoir à remplir vis-à-vis de personne des obligations dont on voudrait peut-être, mais dont on ne pourrait plus se dégager après.

En attendant, le Gouverneur-Général avait écrit à M, Brumund, le chargeant par résolution du 30 Décembre 1856, n^. 10, »de fournir au gouvernement, dans l'intérêt de la science, une description critique de Bôrô-Boudour, qui pourrait servir de texte explicatif (des planches)". Il est possible que M. Brumund n'eût pas tout à £ftit tort de conclure des termes de cette résolution , que le travail qu'on attendait de lui ne devait pas être considéré comme faisant partie des matériaux du texte, mais comme le texte lui-même. Mais une telle interprétation aurait été entièrement contraire à ce que le comité-directeur de l'Institut avait jugé utile et à ce que le Ministre avait cru nécessaire. Le Ministre était d'opinion que rien n'autorisait une telle interprétation de sa résolution; que le Gouvernement ne s'était nullement engagé à se servir du travail de M. Brumund tel qu'il était, sans y rien changer; que toutes ses obligations se bornaient à faire usage du dit travail pour la composition du texte, si du moins ce travail paraissait suffisant au point de vue de la science;

ridée de ranger la Description de M. Brumnnd parmi les matériaox d'où devait sortir le texte , fat donc maintenue. * Le Ministre eut soin d'informer le Gonvemenr-Général qu'il ne pouvait donner un autre sens au mandat dont M. Brumund avait été chargé, ce qu'il fit dans une lettre en date du 9 Mai 1857 Lett. A. n^. 32/532, et le Gouverneur porta le contenu de cette lettre à la connaissance de M. Brumund le 20 Octobre suivant. Depuis longtemps, du reste, oelui-d avait pu se renseigner sur la vraie portée de son mandat ; il avait eu connaissance de plusieurs pièces , notamment aussi des lettres du comité^directeur de l'Institut du. 31 Octobre et du 6 Décembre 1856 vfi, 79 et n^. 83, dont on lui avait envoyé copie.

En Septembre 1857 M. Brumund avait fait son voyage projeté à Java et achevé sa Description, qu'il remit au Gouvemeur-Qénéral au oommen* cement d'Octobre. Celui-ci l'envoya sans retard au Ministre des Colonies, et le Ministre l'envoya à son tour au comité-directeur de l'Institut, accompagnée d'une lettre en date du 17 Janvier 1858, Lett. A. n<>. 22. Le comité avait déjà reçu auparavant deux autres pièces, c'est-à-dire le manuscrit de M. Wilsen, qui lui avait été envoyé en date du 28 Sept. 1857, Lett. A. n®. 9, et une Description de quelques bas-reliefs fomschrijving van e^ige bas-réUefs], par lettre du 4 Novembre 1857, Lett. A. n*. 7; il pouvait donc maintenant être censé posséder toutes les données indispensables pour faire le plan d'un texte convenable et suffisant.

On soumit les pièces à un examen consciencieux, et l'on constata, comme premier résultat de l'examen, qu'il serait convenable de modifier le plan primitif, qui avait été proposé en 1856.

D'après la nouvelle idée, le texte devait contenir aussi bien ce qui avait été fourni par M. Wilsen, que ce qui avait été recueilli et élaboré par M. Brumund^ sauf à modifier les données des deux auteurs et à faire usage de ce que l'un et l'autre avaient déjà fait imprimer sur B6rô-Boudour. Voici la méthode qu'on se proposait de suivre: les travaux de l'un

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et de Tantre devaient être publiés à part, de façon à former deux parties parfaitement distinctes; chacune des deux parties devait traiter les points que l'autre avait laissés de côté ou à peine effleurés, ou bien ceux que l'un des deux auteurs avait soumis à un nouvel examen, n'ayant pu se rallier aux conclusions de son collaborateur.

De cette façon le texte devait se composer, pour la partie due à M. Wilsen, des chapitres suivants:

Description de Védifice et de ses détails.

(D'après la notice qui avait paru dans la revue Tijdschrift van het Ba^ taviaasdi Genootschapj et intitulée Bàrù^Boudour.

Description et explication des bas- reliefs.

^gnification et destination de Védifice.

(Ce chapitre devait contenir la signification des images, des coupoles, niches etc., des ornements symboliques et autres).

Histoire de la constnution.

(Les traditions que les Javanais en avaient conservées et l'appréciation de l'édifice par les Javanais actuels).

Bôrô-Boiidour comparé. à d^ autres constructions. .

Le monument au point de vue de Vart, et

Détails se rapportant à Vhistoire de la civilisation ^ des moeurs et des coutumes de V ancien Java, a propos des tableaux de Bôrô-Boudaur.

La partie due à M. Brumund devait fournir les chapitres suivants:

Annotations, objections et suppléments aux articles de M. WUsen.

Bôrù-Boudour comparé à quelques temples de VInde en deçà du Gange y surtout aux temples de Java.

De Vépoque et des circonstances de la construction et de la décadence de Bdrâ'Boudour en rapport avec Vancienne histoire de Java.

Mi Brumund pourrait naturellement rédiger, retoucher et compléter les parties de son manuscrit qui devaient figurer dans le texte. H ne devait

pas avoir trop de peine à rédiger en mi seul chapitre ses annotatiùns ^ objections et suppléments aux articles de M. Wilsen^ puisqu'il avait fait copier l'essentiel du manuscrit de M. Wilsen et qu'il avait conservé l'original ou une copie de la Description qu'il avait fournie au gouvernement des Indes; quant aux deux autres cho^itres, on n'aurait qu'à les emprunter à son manuscrit , sauf à y ajouter les modifications qu'il pountût juger désirables ou nécessaires. Ensuite l'ouvrage devait être accompagné d'une traduction française , imprimée soit à part , soit en face du texte néerlandais.

Lorsque le plan fut arrêté, le Ministre jugea convenable de le porter à la connaissance de M. Brumund, qui était retourné en attendant aux Pays-Bas, sans avoir pu donner suite à son idée de visiter les mines de la Présidence de Bombay et de l'tle de Ceylan. Le Ministre désirait s'assurer du concoun indispensable du savant auteur. On avait d'autant plus besoin de la collaboration de M. Brumund, que celni-<â avait exprimé lui-môme le désir de soumettre certaines parties de son manuscrit à une révision sérieuse , pour les modifia , les rectifier ou les compléter ; et qu'en outre il s'était déclaré disposé à entrer en rapport avec des savants néerlandais, dans le but d'entendre leur avis sur ses travaux et de profiter de leur critique.

Malheureusement M. Brumund ne pouvait se rallier au plan que le comité- directeur de l'Insiitnt avait tracé. H resta attaché à sa première interprétation des termes de la résolution par laquelle le Gouverneur- Général lui avait donné le mandat de fournir une description critique du monum^it. Il déclara po^tivement qu'il renonc^^t volontiers à voir son travail servir de texte , si des juges compétents le trouvaient insuffisant ; mais ce fut tout aussi formellement qu'il rejeta le plan anèté, disant que »ce plan n'avait pas traité sur un pied d'égalité les droits réciproques des deux auteurs; que les intérêts de l'un risquaient d'être sacrifiés à ceux de l'autre; que les travaux de M. Wilsen, présentés sous une forme nouvelle,

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7 prendraient la première place, tandis que son travail à lui n'y serait qu'un ^supplément ou un commentaire".

U suffira de jeter un coup d'oeil sur le pian que nous avons exposé plus haut, pour voir que lldée de M. Brumund n'était pas tout à fait juste; bien loin d'élever un des auteurs aux dépens de l'autre, on avait eu dès l'abord l'intention de sauvegarder autant que possible les droits des deux auteurs , de mettre en relief les mérites de l'un et de l'antre et de fondre leurs éorits en un travail d'ensemble, pour autant que les circonstances le permettraient^

M. Brumund développa ses objections dans une lettre détaillée adressée au Ministre , en date du 19 Novembre 1858 ; le Ministre m'en donna copie, accompagnant cette pièce d'une lettre en date du 14 Décembre, Lett. A. n"*. 12; j'écrivis à mon tour au comité-directeur de l'Institut en' date du 21 Décembre, et le comité envoya ma lettre au Ministre le 23 du mois. Je n'ai jamais pu savoir si le contenu de ma lettre et les éclaircissements que j'y avais donnés sont parvenus à la connaissance de M. Brumund, et si, en suite de ces communications, il a modifié sa manière de voir. M. Brumund se trouvait à ce moment à Maastricht, dans un milieu trop éloigné de Leide pour qu'il f&t facile de se mettre en rapport personnel avec lui. Peui-ètre faut-il attribuer à un deuil de famille et à son retour assez précipité vers les Indes le parti qu'il prit de renoncer à retoucher sa description critique. Les perspectives n'étaient pas brillantes; rien ne âisait prévoir une publication prochaine de l'ouvrage; en outre, comment aurait-il pu se mettre à la disposition du Gouvernement, depuis qu'il savait que le Ministre avait adopté, par résolution officielle, l'idée générale du plan que j'avais conçu et recommandé, de concert avec mes collègues du comité-directeur de l'Institut.

Bevenons à la lettre ministérielle du 14 Décembre 1858, Leti A. n^. 12. Le ministre des colonies, qui avait été lui-même l'initiateur de l'entreprise

loTBqn'il avait rempli les fonctions de Gronvemear-Général , avait exprimé dans cette lettre le désir de me voir me charger de la rédaction du texte pour le cas où M. Brumund refuserait de donner son concours aux conditions adoptées. Celui-ci aurait toujours le droit de publier une description de Bôrô-Boudour ; il lui faudrait attendre cependant que l'ouvrage du Gouvernement eût paru. H pourrait rentrer aussitôt qu'il le désirerait dans la possession de son manuscrit, mais le Gouvernement réclamait le droit de s'en servir d'abord pour l'ouvrage qu'il se proposait de publier, puisque c'était pour lui et à sa demande que M. Brmnund avait fait sa description critique ').

On comprendra facilement mes hésitations à accepter un mandat, qui devait sans doute m'honorer, mais dont les difficultés étaient nombreuses. M. Brumund n'avait pu se résoudre à retoucher les parties de son travail que le Gouvernement réclamait pour la rédaction du texte, afin de les fondre avec le reste en un travail d'ensemble bien suivi et complet; e;^ maintenant, j'aurais à faire, moi, ce travail! Certes, j'étais le premier à

i) Je ne sfionds dire jusqu^à quel poiot la Société de Bat&via a pa se croire aatorisée à publier une très grande partie da dit manuscrit, dont elle a dft trouver la copie dans les papiers de Brumund. Le fût est que le mémoire en question a paru dans le XXXTIIî^me volume des Mémoires de la dite Société. Il me semble toutefois que cette publication ne concordait pas avec la résolution ministérielle du 14 Décembre 1868, Litt. A. n®. 12, portant que la description de M. Brumund ne pourrait être publiée qu'après que TomTage du Grouvemement aurait paru. Le manuscrit de Brumund était devenu la propriété du Gouvernement; à lui seul le droit d'en disposer. Il faut supposer que la Société de Batavia n'avait jamais eu connaissance de cette stipulation , ou qu'elle l'avait oubliée. Pour moi , je n'ai jamais su que le Gouvernement ait renoncé à la maintenir. Quoi qu'il en soit , la publication du manuscrit présente un certain avantage: c'est qu''il existe maintenant une occasion , fort désirable pour moi , de juger jusqu'à quel point j'ai fait un usage convenable de la description de M. Brumund. Ceux qui voudront porter ce jugement, ne doivent pas oublier cependant, que l'auteur peut avoir modifié ou complété plus tard son travail original. Il faut regretter d'*aîlleurs que le travail de Brumund soit resté inachevé et que la société n'ait pu le publier ainsi que sous cette forme incomplète.

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reooimattre que le plus désirable à tous égards serait de charger un seul homme compétent de composer un texte avec tous les matériaux disponibles, tandis qu'U pourrait se faire renseigner sur le détail par des spécialistes. Mais je n'estimaîs pas que dans les circonstances présentes il f&t possible d'atteindre ce but. La difficulté serait moins grande si tous les matériaux provenaient de la même nwin, ou s'il n'y avait eu, en dehors de ceux que M. Wilsen avait fournis^ que les rapports qui reposaient dans le Musée d'Antiquités, dont nous aurons à parler plus bas. Et encore , le travail n'aurait pas présenté de trop grandes difficultés, si M. Brumund avait publié sa description critique ou tel autre article sans avoir pris connaissance des mémoires inédits de M. Wilsen; de cette façon il aurait acquis un droit d'auteur, qui aurait permis au lecteur de juger, lorsqu'un autre aborderait le même sujet, jusqu'à quel point celui-ci aurait respecté oui ou non ses droits. Mais il 7 avait tout autre chose à faire. H fallait faire un ensemble de mémoires inédits, provenant de personnes différentes et traitant le môme sujet ou les mêmes détails du sujet; il s'agissait de faire ce travail sans devenir iiguste envers l'un ou l'autre, et de préciser convenablement la part que chacun d'eux avait apportée à l'ensemble. £h bien, voilà une tftche que je n'osais entreprendre. Bien ne pouvait m'être plus agréable que de faire tous mes efforts pour mener l'entreprise à bonne fin, mais je devais reculer devant une telle responsabilité.

n j aurait moins d'inconvénient à faire ce travail pour le manuscrit de M. Wilsen. Il était étranger, et, à cette époque au moins, il n'était pas encore assez à la hauteur de la langue néerlandaise pour pouvoir se passer du secours d'un correcteur compétent lorsqu'il s'agirait de retoucher son travail; il avait été assisté en cela lorsqu'il s'était agi de la rédaction de ses articles imprimés. Si personne d'autre ne pouvait se charger de cette espèce de collaboration et ne voulait rédiger les matériaux recueillis

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par M. Wilsen en un taravail d'ensemble, auquel celui-ci n'aniait pas à refuser son approbation, et qu'il pourrait faire publier sous son nom, — je pourrais voir si mes autres obligations, mes loisirs, mes forces, ma santé me permettraient de faire cette besogne pour le plaisir de M. Wilsen. Il j aurait lieu de l'accepter, parce que j'étais sûr que M. Wil* sen n'y ferait pas d'objection. D avait déclaré à plusieiirs reprises, et même après avoir été consulté tout exprès, qu'il adoptait d'avance et sans réserve toute les modifications que je jugerais nécessaire d'apports à ses articles.

J'avais fait part de mes objections au Mi]iistre. Dans une lettre adressée au comité-directeur de l'Institut, en date du 17 Janvier 1869, Lett. A n^ 57, le Ministre les reconnut en partie pour légitimes, mais appuya par de nouveaux moti& son désir de me voir accepter le mandat; les raisons alléguées ne purent, il est vrai, écarter entièrement mes objections, mais elles me firent plus au moins un devoir de répondre au voeu du Ministre. J'écrivis le 5 Mai 1859 à mes collègues de l'Institut pour leur dire que j'étais disposé à faire un travail d'ensemble des matériaux que j'avais à ma disposition; que j'espérais fiûre quelque chose qui pût me justifier suffisamment, sinon devant le public , au moins devant ma conscience, dans la grave question de savoir si j'avais rendu justice à tous ceux qui avaient fourni les matériaux, si j'avais donné à M. Brumund et à M. Wilsen la part à la quelle chacun d'eux avait droit. Bientôt afMrès une résolution ministérielle, en date du 4 Mars 1859, Lett. À n^ 24, confirma mon mandat. J'abordai ma tftche en me consultant avec le comité-directeur de l'Institut ; plus tard je crus devoir donner ma démission comme membre de ce comité^ et même comme membre de l'Institut ');

1) Si quelqu'un dâiire connaître les rauons qui déterminèrent cette dânarche, il pourra eonralter un avis imprimé que j'envoyai aux membres de l'Institat en date du 17 Juin

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je fis part de cette démarche an Ministre, et son Excellence m'autorisa, par résolution du 20 Juin 1860 ^ L. A. n^. 2 , à ^continuer ce que j'avais à faire pour la publication de Touyrage sur Bôrô-Boudour et du texte, et à m'acquitter aussi des autres travaux scientifiques dont je pourrais être chargé par le Département, sans avoir besoin de me mettre en rapport avec le dit Institut, qui fut déchargé de sa surveillance et de sa direction."

Yoieî lee matériaux que j'eus À ma disposition, sans compter les travaux sur Bôrô-Boudour qui avaient paru auparavant:

A. L'article de M. F. C. Wilsen, intitulé: Bôrô-Boadoar inséré dans la Revue pour Vétude de la langue des pays et des peuples des Indes, publiée par la Société de Batavia pour les arts et les sciences. Vol. I. page 235 — 302 '). Cet article intéressant donne ^ dans sa première partie 9 la description générale de l'édifice, la description spéciale des basreliefs, des terrasses avec les coupoles ou dagobs et des statues qui y ont été placées.

La seconde partie traite de la destination, de la signification et de l'histoire de l'édifice.

Dans la troisième partie il est question des vestiges de l'£[indoul8me se rapportant à Bôrô-Boudour, qu'on trouve encore chez les habitants actuels de Java, et des légendes concernant ce monument qui ont été conservées dans la bouche du peuple.

B. Un manuscrit de M. Wilsen, intitulé: Bôré-Boadoar expliqué

1860, et VOL article inséré daoB le Messager général des aris et de» leUre» (Algemeene Kunst- en Letterhode) en date da 6 Oct., même année. La raison principale se trouvait dans les circonstances qui avaient &it échouer les tentatives d'amener une fusion entre les deux société qui s^oocnpaient des Indes, Tlnstitul Royal, et la Société pour les Indes (Inditeh OenooUehapJ , fusion que j^avais beaucoup désirée.

1) TifdseArift voar Indue Ae Taal- Land- en Volkenkunde, uUgegeven door hei Baiaoiaateh GenooUekap van Kuneten en Wetentehappen,

en rapport avec le BrahmanlsHie et le Boad41il8Hie , en trois 1

volumes, on trois recneils.

Premier volnme. .

Brahmanes et Beaddhistes.

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