CINQUIÈME GALERIE ; PAROI POSTERIEURE
Nous montons maintenant à la cinquième ou dernière galerie, et nous y trouvons , taillée dans la paroi postérieure , une série de soixante-douze bas-reliefs, comme nous avons déjà observé page 92 ; trois des bas-reliefs qui se trouvent à l'angle nordouest étaient trop endommagés ou trop enfouis sous le gravois pour pouvoir être dessinés. Les soixante-neuf qui restent ont été représentés sur les Pli. GGGLVI— GGGLXXXVIIl.
Ce qui doit attirer immédiatement notre attention , c'est que les tableaux de cette série se distinguent de ceux qui précédent, par une grande abondance d'images du Bouddha, dont nous en trouvons jusqu'à dix-sept réunies sur un même bas-relief. Il n'est donc pas superflu de nous arrêter un moment à chacun do ces tableaux.
PI. GGGLVf. 1. Ge tableau nous présente huit Bouddhas assis et deux Bouddhas qui se tiennent debout , tous sur des coussins de lotus, tandis que pour les deux derniers ces coussins reposent sur cinq feuilles de lotus qui sortent d'une seule et même tige. Les Bouddhas ne se distinguent les uns des autres (et voilà une observation qui s'applique également aux autres bas-reliefs de cette galerie) que par la variété des ornements qui forment le sommet de leur coiffure , dont nous parlerons plus bas, et par l'attitude des mains. Les Bouddhas qui se tiennent debout portent , comme de coutume , un bout du manteau dans la main gauche. Quant aux différentes manières de tenir les mains , il y en a six , et nous en parleions exprès en traitant des images du Bouddha renfermées dans les niches;
mais nous n'eu trouvons que trois sur les Bouddhas de notre galerie. Entre les Bouddhas de notre tableau qui occupent la série inférieure sont trois princes assis, dont deux se distinguent par l'auréole ; l'un de ces deux est assis sur un coussin de lotus , tout comme les Bouddhas ; l'autre , derrière lequel un suivant de condition élève l'émouchoir, s'est mis à genoux. Le troisième prince , qui se tient plus en arrière , a les mains respectueusement serrées l'une contre l'autre; il a en outre cette particularité , qu'il a passé très familièrement l'avant-bras gauche sous le bras droit du Bouddha à côté de lui. Il est possible cependant qu'il faille songer ici à une erreur du sculpteur ou du dessinateur, et que la main gauche du prince aurait dû rester cachée derrière la main droite du Bouddha. Des fleurs qui flottent dans l'air remplissent l'espace qui reste entre les différentes images.
PL GGGLVL 2. Dans la série supérieure sont assis six Bouddhas présentant trois, ou à la rigueur quatre attitudes diiférentes des mains; si nous préférons en compter trois seulement , c'est qu'il ne nous semble pas y avoir de dilFérence réelle sur ce point entre le premier (à gauche du spectateur) , le quatrième et le sixième. Ces Bouddhas sont séparés les uns des autres par de petits arbres symboliques, tandis que les deux qui se trouvent aux deux extrémités de la série, en sont également flanqués de l'autre côté. La série inférieure nous présente sept princes et quelques autres personnages de condition , parmi lesquels il y en a qu' accompagne leur suite. Quatre de ces princes sont assis sur des coussins de lotus et trois d'entre eux portent l'auréole ; cet ornement a été peut-être aussi un attribut du quatrième, mais il a disparu avec la tête et toute la coiffure. Un cinquième prince paraît se distinguer également par l'auréole; mais celui-ci n'est pas assis comme les autres sur un coussin de lotus; trois de ces quatre-la semblent former le groupe principal , aussi bien par la place centrale qu'ils occupent que par l'attitude des mains, qui est la même pour tous.
PI. GGGLVII. 3. Huit saints princes et deux Bouddhas sont assis sur des coussins de lotus ; quatre de ces princes se
trouvent avec les Bouddhas sur la série supérieure; les autres ont trouvé leur place sur la série inférieure, et cette môme place a été assignée à un cinquième prince, que l'auréole désigne également comme saint, mais qui n'est pas assis sur le coussin de lotus et derrière lequel l'espace qui reste encore est occupé par cinq disciples. Presque tous tiennent à la main de longues tiges avec des fleurs , ou bien ont les fleurs à côté d'eux. La série supérieure nous montre encore des fleurs , des ornements formés de rubans et de fleurs, en outre un autel pourvu d'encens allumé et un magnifique vase couvert qui contient une fleur; tous ces objets flottent entre les images. Un seul des princes qui sont assis sur les coussins de lotus , celui qui occupe la place du milieu dans la série inférieure, est représenté plongé dans de profondes méditations; les autres sont tous assis dans l'attitude d'hommes préoccu[)és très vivement d'une démonstration.
PI. GGGLVII. A. Un Bouddha dans son temple; à droite et à gauche deux autres sont assis en plein air sur des coussins de lotus à côté d'arbres symboliques. Au-dessous de ce groupe on voit à gauche de l'édifice quatre saints princes agenouillés et à droite trois personnages assis d'un rang inférieur.
PI. GGGLVIII. 5. Le Bouddha est assis dans son temple; des esprits de l'air planent dans les nuages. A gauche du temple un saint prince est assis sur un coussin de lotus, tandis que deux princes sont assis derrière lui; de l'autre côté se trouve un prince agenouillé avec deux suivants.
— 6. La première série nous présente trois Bouddhas assis sur leurs coussins de lotus. Gelui du milieu se distingue des autres, d'abord par l'altitude des mains, et ensuite par une seconde auréole très grande entourée de flammes; les deux autres ont à côté d'eux des arbres symboliques ou des branches de ces arbres. Des deux côtés du Bouddha que nous avons mentionné en premier lieu se trouvent deux saints princes , assis également sur des coussins de lotus. La série inférieure nous montre deux saints princes assis , avec leur suite.
PI. GGGLIX. 7. Un Bouddha dans son temple; à sa droite
ost un saint prince assis sur un coussin de lotus , qui tient à la inain un objet ovale , peut-être un fruit , un gâteau de riz ou autre chose de ce genre ; à côté de lui un autre prince est assis sur le sol. Des deux côtés se trouvent un grand nombre de personnes qui font de la musique sur divers instruments, tels que des trompettes, des flûtes, des tambours qu'ils battent soit des mains soit avec des baguettes , des cymbales et une clochette suspendue à une petite baguette courbée. Remarquons parmi les musiciens un géant ou un sauvage. Les nuages portent de grand vases qui déversent des choses présieuses ou des offrandes de fleurs.
PI. CCCLIX. 8. Un Bouddha , orné de deux auréoles , assis sur le coussin de lotus entre deux arbres symboliques; à droite et à gauche de ce personnage se trouve un saint prince , assis également sur un coussin de lotus , et à côté de l'un et de l'autre de ces deux personnages, des hommes de condition de leur suite. Un homme de la suite du prince qui se trouve à la droite du Bouddha , se distingue par l'anréole. Dans la série inférieure au milieu du tableau , juste au-dessous du Bouddha , un saint prince est assis sur un coussin de lotus entre deux autres hommes de condition , ornés également de l'auréole. A droite et à gauche se trouve la suite de ces princes. Des fleurs ot des vases remplis d'encens allumé flottent dans l'air.
PI. CCCLX. 9. La série supérieure nous montre quatre Bouddhas, qui tiennent les mains de trois manières différentes. Entre eux et à côté d'eux on voit cinq parasols , composés de trois, de quatre et de cinq étages superposés. Dans la série inférieure se trouve d'un côté un saint prince avec trois disciples , assis près d'un arbre symbolique contre lequel ont été placés trois grands vases remplis de choses précieuses; de l'autre côté sont trois personnages de condition qui apportent leurs hommages ot leurs cadeaux.
— 10. Un Bouddha assis sur un coussin de lotus placé sur la tige d'une fleur; des esprits célestes planent dans les nuages avec (les colliers de perles et des rubans. Au-dessous du Bouddha un saint prince est assis sur un coussin de lotus , accompagné de sa suite
dans laquelle se trouvent quelques hommes occupés à faire de la musique sur des tambourins et dos cymbales. A gauche du Bouddha , au-dessus de la tête des personnages qui sont assis en dessous, on aperçoit le toit d'un édifice sur lequel sont placées quelques perches munies de pavillons.
PI. GGGLX. 11. Un Bouddha assis dans son temple; des esprits de l'air planent dans les nuages. A droite et à gauche du temple deux saints princes sont assis sur des coussins de lotus sous des arbres symboliques, l'un et l'autre accompagnés de leur suite. Les attributs de ces deux derniers personnages présentent encore une particularité, c'est que les émouchoirs y semblent remplacés par des boucles d'une chevelure humaine , mises à couvert sous les parasols qui se- distinguent également par des formes assez étranges.
PI. GCGLXI. 12. Trois Bouddhas, dont celui du milieu est orné de deux auréoles, sont assis sur des coussins de lotus soutenus par des tiges; des esprits célestes munis d'offrandes planent entre eux dans les nuages. La seconde série nous présente deux saints princes debout sur des coussins de lotus et s'élevant par ce moyen jusque dans la série supérieure à droite et à gauche du Bouddha qui occupe la place du milieu. Un autre saint roi est assis entre eux sur un coussin de lotus au-dessous du Bouddha, entre deux vases à offrandes qui contiennent des cierges (?). D'un côté du tableau un quatrième saint prince s'est encore mis à genoux , accompagné de ses quatre suivants de condition; de l'autre côté huit autres hommes de condition, tous à genoux, apportent leurs cadeaux.
— 13. Au milieu du tableau se trouve un Dagob ou un édifice en forme de cloche sur un coussin de lotus ; dans cet édifice un Bouddha est assis dans une attitude qui annonce la démonstration. Des deux côtés du Dagob se trouvent deux Bouddhas assis sur des coussins de lotus avec des tiges. Les cinq Bouddhas se distinguent par cinq manières différentes de tenir les mains. Des esprits célestes planent dans les nuages. Parmi ces esprits se trouvent quatre Bouddhas et un assez grand
nombre de personnages de condition, dont l'un est orné de l'auréole comme un saint personnage.
PI. GGGLXII. 14. Un seul Bouddha, qui se tient debout, occupe toute la hauteur du bas-relief. Des deux côtés se trouvent dans la série supérieure trois Bouddhas assis, présentant trois manières différentes de tenir les mains. La série inférieure nous montre trois saints princes; deux de ces trois sont assis à gauche de ce grand Bouddha en compagnie de deux autres princes qui ne portent pas toutefois l'auréole, tandis que le troisième est assis à droite du Bouddha avec deux suivants. Des deux côtés de l'image principale un candélabre placé sur un coussin de lotus porte de l'encens allumé et un grand cierge (?).
— 15. Un Bouddha est assis sur son coussin de lotus, entouré des branches et des fleurs d'arbres symboliques, surmontés d'un parasol. Il porte sur la tête une calotte coniforme dont nous parlerons plus bas. Des esprits, portant des offrandes d'encens allumé et d'autres dons, planent dans les nuages. A droite du Bouddha se trouve un autel ou un candélabre contenant de l'encens allumé et des fleurs, et à côté de cet autel un saint prince et sa suite se sont mis à genoux. De l'autre côté un saint prince est assis sur un coussin de lotus, et sa suite est assise derrière lui.
PI. GGGLXIIl. 16. Voici une assemblée de six Bouddhas, dont la série inférieure nous en montre quatre, assis tous sur des coussins de lotus avec deux saints princes assis entre eux également sur des coussins de lotus; la couronne des deux princes est ornée au front d'une statuette représentant un Bouddha assis. La série inférieure nous montre aux deux extrémités du bas-relief les deux autres Bouddhas ornés d'auréoles. Entre ces deux Bouddhas se trouvent un saint personnage, assis également sur un coussin de lotus mais dont la tête et le buste ont presque conq)lètement disparu, et quelques hommes assis dans une attitude respectueuse, dont deux présentent leurs hommages aux deux Bouddhas, tandis qu'un troisième s'adresse au saint personnage que nous venons de signaler.
— 17. Un Bouddha assis dans un temple est l'image prin-
cipale de ce tableau. Des deux côtés du temple la série supérieure nous inontre deux Bouddhas assis, chacun entre deux saints princes et ornés l'un et l'autre de deux auréoles. Tous ces personnages sont assis sur des coussins de lotus pourvus de tiges. La série inférieure nous montre à gauche du temple, un saint prince assis sur un coussin de lotus et cinq hommes de sa suite; plus loin à gauche un saint personnage de condition avec quatre autres hommes de condition, apportant une offrande d'encens allumé.
PI. GGGLXIV. 18. La série supérieure nous présente un cénacle de dix Bouddhas assis sur des coussins de lotus qui tiennent les mains de trois manières différentes. Un de ces Bouddhas , qui en à cinq autres à sa gauche et quatre à sa droite , se distingue par un énorme disque lumineux , semblable au disqne du soleil , placé derrière lui , mais non pas garni de flammes sur les bords. La série inférieure nous montre un saint prince accroupi sur un coussin de lotus, qui rend hommage à sept autres princes également assis sur des coussins de lotus. Derrière le premier se trouve un autre saint prince, non pas assis sur un tel coussin ; celui-ci apporte un candélabre avec de l'encens allumé , qu'il tient par un manche recourbé ; derrière lui se trouvent cinq hommes de sa suite.
— 19. Un saint prince est assis dans un temple; au rez-dechaussée de cet édifice se trouvent deux serviteurs. A côté du temple se tient un autre saint prince avec quelques hommes de sa suite.. De l'autre côté se trouvent quelques hommes de condition qui distribuent des dons à d'autres personnes, parmi lesquelles nous distinguons deux Bhikshous.
PI. GGGLXV. 20. Un saint prince portant une couronne très élevée est assis dans un temple sur un coussin de lotus. A côté du temple se trouve à gauche un autre saint prince assis sur une pierre, et derrière lui se trouve sa suite. A côté de ce dernier un cierge très long s'élève auprès du temple , tandis qu'une perche garnie d'un pavillon s'élève de l'autre côté de ce temple. Une image de Bouddha est assise du même côté , un peu plus haut, sur un coussin de lotus, entre deiyc saints princes qui
sont assis un peu plus bas, ég-alement sur des coussins de lotus; la couronne d'un de ces deux derniers se compose de rubans tressés et est ornée au front' d'une statuette de Bouddha. Quatre Bhikshous sont assis à terre auprès d'un grand vase qui se trouve au milieu et qui contient des fleurs.
PI. GGGLXV. 21. Le Bouddha est assis sur un trône élevé à côté duquel se trouvent deux saints princes qui lui rendent hommage ; de ces deux un seul est assis sur un coussin de lotus. Leur suite se trouve plus loin. De l'autre côté une foule de personnes , en partie à genoux , en partie debout ou assises, parmi lesquelles nous distinguons des Bhikshous, apportent des fleurs et d'autres offrandes. Des esprits célestes planent dans les nuages.
PI. GGGLXVl. 22. Un Bouddha est assis dans son temple. A sa droite un saint prince est assis sur un coussin de lotus; à sa gauche un saint prince s'est mis à genoux; l'un et l'autre sont accompagnés de leur suite. Des esprits célestes planent dans les nuages.
— 23. La série supérieure nous présente trois Bouddhas assis sur des trônes couverts de coussins de lotus. La série inférieure nous montre un troisième Bouddha, assis également sur un trône entre deux saints princes accompagnés de leur suite, qui sont assis à droite et à gauche du trône.
PI. CGGLXVn. 24. Un saint prince est assis dans l'attitude contemplative d'un Bouddha dans un temple sur un coussin de lotus; un autre saint prince, accompagné de sa suite, s'est agenouillé à gauche. A droite du temple se trouvent une foule de personnes parmi lesquelles des Bhikshous à genoux. Des esprits célestes planent dans les nuages.
• — 25. Un saint prince est assis sur son trône couvert d'un coussin de lotus; à gauche un autre prince est assis avec sa suite qui est en partie assise , en partie debout. De l'autre côté quatre princes, dont les suivants apportent des fleurs, se sont mis à genoux. Des esprits planent dans les nuages.
PI. GGGLXYin. 26. Un Bouddha est assis dans son temple orné de sept Dagobs ou bâtiments en forme de cloches. Des
deux côtés se tient un saint prince avec sa suite. Des esprits de l'air planent dans les nuages avec des ofTrandes de fleurs.
PI. CGGLXYIII. 27. Un saint prince est assis sur son siège de lotus dans un petit temple ou un palais, au-dessous duquel sont assis ses serviteurs; un autre saint prince accompagné de sa suite s'agenouille devant l'édifice. Des esprits de l'air planent dans les nuages.
— 28. Tableau semblable au précédent.
PI. GGCLXIX. 29. Un Bbikshou est assis dans un temple sur un coussin de lotus. A côté de lui est assis à gauche un saint prince accompagné de sa suite; à droite sont assis d'autres suivants ou d'autres disciples parmi lesquels un Bbikshou. Une foule d'esprits des deux sexes planent dans les nuages , font de la musique et apportent des fleurs.
— 30. Un saint prince est assis dans un temple sur son trône de lotus; à gauche est assis un autre prince avec sa suite. Un grand nombre d'esprits célestes planent dans les nuages à droite de l'édifice; ils sont répartis en deux séries l'une au-dessus de l'autre; la série inférieure se compose exclusivement de femmes.
PI. GGGLXX. 31. Un saint prince assis dans son temple sur un coussin de lotus; à gauche du temple un autre saint prince , debout lui-même , tandis que sa suite est assise derrière lui. A droite un grand nombre de Nâgas ou adorateurs de serpents, hommes et femmes apportant des fleurs et des offrandes d'encens.
— 32. Un saint prince comme sur le précédent tableau, mais sans le coussin de lotus. D'un côté un autre prince se tient debout et cause avec lui ; de l'autre nous voyons huit géants, dont quatre assis et quatre debout. Un détail remarquable sont les deux trisoulas sur le temple.
PI. GGGLXXI. 33. Un saint prince assis dans son temple sur son trône de lotus ; à gauche du temple un autre saint prince, dont l'image a presqu' entièrement disparu, accompagné de sa suite; à droite quatre Brahmanes qui lui rendent hommage. Des esprits célestes dans les nuages.
PI. GGGLXXl. SA. Un saint prince assis comme sur le tableau précédent. A gauche du temple un autre saint prince accompagné de sa suite s'est mis à genoux; à droite une foule de personnes qui présentent leurs hommages, disposées en trois rangées, l'une au-dessus de l'autre, c'est-à-dire assises les unes à coté des autres. Dans cette foule on compte des Brahmanes, des Bhikshous etc. Des esprits célestes planent dans les nuages.
PI. GGGLXXII. 35. Un saint prince , comme sur le précédent tableau, mais sans le coussin de lotus. A côté du temple à gauche un autre saint prince s'est mis à genoux accompagné de sa suite; à droite trois Nâgas et deux géants sont assis dans une attitude respectueuse. Dans les nuages à gauche des esprits célestes, à droite des Brahmanes, des Garoudas et un Gandharva.
— 36. Un saint prince assis dans son temple sur un coussin de lotus; un autre saint prince est assis à gauche du temple avec sa suite; à droite quatre personnages agenouillés apportent des fleurs et de l'encens. Des esprits de l'air planent dans les nuages.
PI. GGGLXXIII. 37. Un saint prince (?) assis comme sur le précédent tableau, sans le coussin de lotus toutefois. (La tête et la coiffure ont disparu). Un autre prince qui lui présente ses hommages, est assis avec sa suite à gauche du temple. A droite se trouvent des femmes agenouillées et quelques autres personnes assises ou debout qui battent des tambourins et parmi les quelles il en est une qui joue d'un instrument à cordes. Des esprits de l'air des deux sexes planent dans les nuages.
— 38. Un saint prince assis sur son trône de lotus. A gauche est assis un saint prince avec sa suite; à droite quelques femmes assises dans une galerie ouverte. Des esprits de l'air planent dans les nuages portant des fleurs , des émouchoirs et un éventail.
PI. GGGLXXIV. 39. Encore un saint prince, comme sur les bas-reliefs précédents, mais dans l'attitude d'un Bouddha. A sa gauche est assis un saint prince accompagné de sa suite; à sa droite un dieu ayant dix bras , probablement un dieu du Brahmanisme, tombé à terre et tenant dans les mains des glaives,
des flèches, des arcs et un croc de cornac; derrière le dieu tombé et autour de lui se trouvent quelques femmes. Des esprits de l'air planent dans les nuages.
PI. GGCLXXIV. 4-0. Un Bouddha est assis dans un temple surmonté de flèches en forme de Dagobs. Des deux côtés du temple est assis un prince avec sa suite; celui «pii se trouve à droite est orné de l'auréole. Des esprits de l'air planent dans les nuages.
PI. GGGLXXV. 41. Un temple, dans lequel un coussin est placé en guise de dossier sur un coussin de lotus. A droite un saint prince est assis , dans l'attitude d'un Bouddha qui médite sur un coussin placé sur une élévation ; à ses pieds sont assis trois serviteurs. A gauche près du temple est assis un autre saint prince avec deux de ses serviteurs.
— Â:'2. Quelques femmes sont assises dans un palais; une d'entre elles regarde son visage dans un miroir convexe muni d'un manche gracieusement travaillé. Quelques gardes, parmi lesquels deux Nàgas , se trouvent dans la cour d'honneur qu'entoure une balustrade, et à laquelle un portail élégant ouvre l'accès. Hors de la porte se trouvent deux saints princes, qui semblent s'éloigner de l'édifice avec leur suite.
PI. GGGLXXVI. -43. Un prince est assis dans son palais et tient une colombe à la main; à droite se trouvent quelques-uns de ses serviteurs, qui vouent également leur attention à quelques animaux, à un écureuil, à une couple de jeunes biches et à des oiseaux ; l'un d'eux tient à la main une cuvette remplie de nourriture, d'où il fait manger un petit oiseau qui s'est posé sur un réservoir d'eau i-empli de lotus. A gauche de l'édifice un autre prince accompagné de sa suite , dont une partie est assise , une autre partie debout , se tient dans une attitude respectueuse.
— 47. Dans la série supérieure nous trouvons trois petits temples ; celui du milieu renferme un Bouddha , les deux autres chacun un saint prince Bouddhiste. Dans la série inférieure , au-dessous de ces temples, nous voyons deux saints princes, dont l'un est accroupi, l'autre assis dans une attitude respectueuse , accompagnés
l'un et l'autre de leur suite et se tenant près d'un grand vase rempli de fleurs de lotus et près d'un petit autel à encens; de l'autre côté de l'autel se trouvent quelques Bhikshous.
PI. GGGLXXVII. 48. Quatre princes, dont deux sont ornés de l'auréole en signe de sainteté , sont en marche avec leur suite qui se compose d'hommes et de femmes de condition ; quelques grands personnages se sont mis à genoux devant eux et leur offrent des cadeaux. Des esprits de l'air planent dans les nuages et des fleurs descendent du ciel sur le cortège.
— 49. Quatre saints princes en voyage avec leur suite se trouvent dans une contrée rocheuse , où un grand nombre d'hommes nécessiteux les attendent pour implorer leur secours.
PI. GGGLXXVin. 50. Un Bouddha assis sur un trône de lotus entre deux princes assis sur des trônes semblables; celui de ces deux princes qui se trouve à droite , est seul orné de l'auréole et porte seul une statuette de Bouddha devant sa couronne tressée; l'autre porte dans sa couronne, également tressée de rubans, le signe distinctif d'une sonnette. Au-dessous de ces trois images se trouvent dans la série inférieure deux saints princes, assis par terre avec leur suite et recevant les hommages de quelques Bhikshous assis devant eux.
— 51. Un saint prince est assis dans un temple sur un coussin de lotus; en dehors du temple est assis un autre prince avec sa suite. Des esprits de l'air planent dans les nuages.
PI. GGGLXXIX. 52. Un saint prince comme sur le précédent tableau; à sa gauche se trouve un autre prince debout avec sa suite. A droite du temple se passe la scène suivante: trois Brahmanes , assis dans une espèce de pendopo , y reçoivent de l'argent dans des sacs, et quelques autres personnes reçoivent d'autres cadeaux , le tout de la part du premier des deux princes.
— 53. Nous distinguons dans la série supérieure neuf Bouddhas assis sur des coussins de lotus, présentant quatre attitudes différentes dans la manière dont ils tiennent les mains; à droite et à gauche un Bhikshou est assis dans l'attitude d'un homme qui adore; on remarque dans l'air le disque du soleil au-dessus de la tête d'un des Bhikshous à droite des Bouddhas, tandis
que le croissant repose à gauche sur une Heur de lotus. La série inférieure nous nnontre deux saints princes, l'un assis sur un coussin de lotus , ayant leur suite derrière eux.
PI. GGGLXXX. 54. Sept Bouddhas , assis comme sur \e précédent tableau , présentant trois manières différentes de tenir les mains ; aux deux extrémités de cette série se trouve un Bhikshou debout mais sans calotte pour couvrir la chevelure. Au-dessous de cette série de personnages se trouve un troisième Bouddlia , assis comme les précédents, ayant un serviteur assis derrière lui. Viennent encore deux saints princes avec leur suite.
— 55. Un saint prince est assis dans un petit temple sur un trône de lotus; à gauche un autre prince, sans l'auréole toutefois, est assis près de l'édifice; derrière lui se trouve sa suite. Un grand nombre d'oiseaux sortant des nuages s'approchent, en volant du temple, tandis que des animaux quadrupèdes de tout genre , des bêtes fauves aussi bien que des animaux apprivoisés , et jusqu'à des serpents, y courent également.
PI. GGGLXXXI. 56. Un saint prince est assis dans un petit temple sur un coussin de lotus. Hors du temple à gauche est assis un autre saint prince. Trois Bouddhas sont assis à droite de l'édifice sur des trônes de lotus, et au-dessous d'eux trois saints hommes de condition , également sur des coussins de lotus ; ceux-ci ont une coiffure nattée ; derrière eux un homme à genoux.
— 57. Un Bouddha assis dans son temple, ayant à droite quelques serviteurs ; à gauche deux saints princes se sont avancés avec leur cortège jusqu'au temple.
PI. GGGLXXXII. 58. Trois Bouddhas assis sur des coussins de lotus; l'un d'eux a en dehors de l'auréole ordinaire , une grande auréole d'où rayonnent des flammes. Au-dessous d'eux six saints hommes de condition sont assis sur des coussins de lotus. Deux sai n princes se trouvent tout près avec leur suite.
— 59. La série supérieure nous montre trois Bouddhas assis sur des trônes de lotus ; la série inférieure nous présente deux saints princes assis avec leur suite des deux côtés d'un arbre symbolique.
PI. GGGLXXXin. 60. Deux temples, dont l'un est orné de
petits bâtiments en Corme de cloches, tandis que l'autre se distingue par des ornements en forme de trisuulas. A côté du plus avancé des temples un saint prince se tient debout sur un coussin de lotus; de l'autre côté un autre saint prince s'élève dans l'air, tandis qu' au-dessous de lui un grand nombre de fleurs descendent à terre. A gauche du second temple se trouvent deux saints princes avec leurs serviteurs.
PI. GCGLXXXIII. 61. Un Bouddha assis dans son temple sur un trône de lotus devant lequel on a placé cinq grands vases remplis de fleurs. A côté du temple est assis un Bhikshou , tandis que deux serviteurs apportent des aliments. A gauche du temple deux princes agenouillés accompagnés de leur suite, l'un sur un coussin de lotus, l'autre sur une pierre.
PL GGGLXXXIV. 62. Un Bouddha dans son temple; à gauche deux saints princes avec leurs serviteurs ; les princes ne sont pas assis sur des coussins de lotus.
— 63. Un saint prince est assis dans un petit temple sur un coussin de lotus, sa suite se trouve à droite; à gauche un prince accompagné de sa suite présente ses hommages. Des esprits de l'air planent dans les nuages.
— 64. Un saint prince, comme sur le précédent tableau, non pas assis toutefois sur un coussin de lotus. A droite une distribution de vêteinents et d'autres dons en faveur de quelques gens parmi lesquels des Brahmanes. A gauche un autre saint prince se tient debout accompagné de sa suite.
PI. GGGLXXXV. 65. Un saint prince est assis dans l'attitude d'un Bouddha, sur un coussin de lotus dans un temple et y reçoit la visite et les hommages d'un autre saint prince accompagné de ses trois suivants. A droite du temple se trouvent, en dessus, trois Bouddhas présentant trois manières différentes de tenir les mains , assis sur des coussins de lotus qui sont pourvus de dossiers; au-dessous d'eux un Bhikshou qui reçoit les hommages de quatre hommes assis devant lui. Des fleurs descendent des nuages sur le petit temple.
— 66. Un saint prince , assis dans son petit temple adresse son enseignement ou ses démonstrations à sept saints hommes ,
qui sont assis à sa droite dans un pendopo, et à un autre saint prince assis à gauche du temple sous les arbres avec une suite composée do cinq personnes. Des fleurs descendent des nuages.
PI. CCGLXXXM. 67. La série supérieure nous montre un Bouddha assis sur un coussin de lotus et orné d'une seconde auréole très grande, occupant une place entre deux autels qui portent de l'encens allumé, et entouré d'esprits célestes qui planent dans les nuages. Au-dessous de lui deux Bouddhas sont assis sur des trônes de lotus , et entre ceux-ci un saint prince est assis sur son coussin de lotus; à droite des Bhikshous assis, à gauche des hommes de condition sous des arbres symboliques.
■ — 68. Un Bouddha assis dans un temple sur son coussin de lotus. A côté de lui deux saints princes qui se tiennent debout, tandis que les femmes de leur suite s'agenouillent à quelque distance derrière eux devant un temple. Deux esprits célestes des deux sexes s'approchent en volant sur les nuages.
PI. GGGLXXXVIl. 69. La série supérieure nous présente un Dagob en forme de cloche sur un coussin de lotus et , de chaque côté, trois Bouddhas assis également sur des coussins de lotus. La série inférieure présente deux saints princes, l'un et l'autre accompagnés d'une suite de personnages royaux ; la suite de l'un de ces deux princes se distingue par des coiffures tressées de rubans ou de bandes de toile.
— 70. Un Bouddha assis dans son temple sur un trône de lotus, à gauche deux saints princes avec leur suite, l'un à genoux, l'autre assis auprès du temple; à droite quelques personnages assis auprès d'un petit temple , parmi lesquels trois Bhikshous. Sur les nuages des esprits de l'air, parmi lesquels on distingue à droite quelques esprits féminins et un Gandharva. Au-dessus du temple à droite le disque du soleil , à gauche le croissant, l'un et l'autre sur des coussins de lotus.
PI. GGGLXXXVin. 71. Ce tableau ressemble beaucoup à celui du premier bas-relief, PI. GGGLVI, mais les Bouddhas y sont encore plus nombreux. Ils se distinguent seulement les uns des autres par quatre différentes manières de tenir les mains, auxquelles il faudra ajouter encore une cinquième manière , si nous y
joignons les Bouddhas qui se tiennent debout. La série supérieure nous en montre sept, tous sur des coussins de lotus; des deux côtés de celui du milieu est un Bouddha qui se tient debout sur un coussin de lotus ; ce dernier objet repose sur trois feuilles qui sortent d'une tige de lotus. La manière dont le Bouddha qui se tient debout a posé les mains est tout à fait exceptionnelle; nous ne l'avons rencontrée ni sur un des bas-reliefs de Bôrô- Boudour, ni ailleurs. Les paumes des deux mains sont tournées en dehors et les mains relevées obliquement en avant jusqu'un peu au-dessous des épaules. La série inférieure nous montre trois Bouddhas assis à droite et trois autres assis à gauche, tous sur des coussins de lotus, tandis qu'au milieu entre les deux Bouddhas qui se tiennent debout, nous trouvons deux saints princes agenouillés.
PI. GGGLXXXLX.. 72. Dix-sept Bouddhas assis sur des coussins de lotus et présentant quatre manières différentes de tenir les mains. La série supérieure en a neuf, dont les coussins de lotus reposent sur des tiges. La série inférieure en a trois à gauche et cinq à droite ; entre ceux-ci , au milieu du tableau , deux saints princes, assis également sur des coussins de lotus.
Ce qui a dû nous frapper le plus dans notre tournée par cette dernière galerie, c'est évidemment le grand nombre de Bouddhas que nous y rencontrons. Nous avons passé en revue un nombre de soixante-neuf bas-reliefs et nous y avons trouvé jusqu'à cent quarante-cinq Bouddhas ; puis , ce qui ne s'était pas non plus présenté jusqu'ici, nous les trouvons souvent réunis en grand nombre, jusqu'à quinze et dix-sept, sur un seul et môme tableau.
Sur les tableaux où le Bouddha se présente seul , nous le trouvons d'ordinaire dans un petit temple dont la face antérieure a une ouverture qui rappelle celle des bâtiments à niche au-dessus des murs d'enceinte; voyez PU. GGGLVIII. 5; GGGLIX. 7 ; GGGLX. 11; GGGLXVL 22; GGGLXVIIL 26; GGGLXXIV. 40; GGGLXXXL 57; GGGLXXXm. 61; GGGLXXXIV. 62, GGGLXXXVL 68; CGGLXXXVn. 70. Nous le rencontrons quelquefois sans temple, par exemple, PI. GGGLIX. 8, sur un coussin de lotus qui flotte dans l'air; PI. GGGLX. 10, sur un coussin do lotus qui s'élève
sur une haute tige; IM. CGGLXII. 15, planant dans l'air sur un trône de lotus ; PI. GCGLXV. 21 , sur un trône élevé dont la partie inférieure a tout à l'ait la forme d'un petit temple, et PI. GGGLXXVIII. 50, sur un Irône de lotus muni d'un dossier et couvert d'un coussin de lotus. Toutes les fois que nous trouvons deux ou plusieurs Bouddhas sur un même tableau , chacun d'eux est assis sur son propre coussin de lotus. Pour quelques Bouddhas le coussin de lotus repose sur une tige qui s'élève derrière ou entre les images de la série inférieure; d'autres flottent dans l'air sur leurs coussins de lotus, ou bien reposent sur une bande qui sépare quelquefois les deux séries.
Si les Bouddhas ne se présentaient réunis qu'au nombre de trois, de quatre ou de cinq, nous songerions dans le premier cas à la trimourti ou la trinité Bouddhiste (Bouddha la doctrine, Dharma la loi et Sangka l'association spirituelle) ; le second cas nous ferait songer aux Bouddhas qui ont déjà été incarnés, et le dernier aux cinq Dhyàni-Bouddhas. Mais nous les voyons quelquefois au nombre de six à dix, oui nous en trouvons jusqu'à quinze et dix-sept ensemble , ce qui nous empêche de trouver dans le nombre , un détail bien important ou bien caractéristique qu'il faudrait mettre en rapport avec une partie spéciale d'un système religieux. Mais lors même que ces groupes plus nombreux ne nous empêcheraient pas de faire admettre une interprétation de ce genre , il y aurait toujours encore d'autres objections trop importantes à faire contre l'application de ces chiffres aux représentations Bouddhistes que nous venons de signaler. Il existe deux tableaux de la trimourti ou trinité Bouddhiste, celui des sectes athées et celui des sectes théistes, que Hodgson nous a fait connaître ') ; mais les images de ces deux tableaux s'écartent tellement de nos Bouddhas en un grand nombre de détails, oui dans presque tous les détails qui nous paraissent caractéristiques, qu'il faut abandonner toute idée de la trimourti.
Il faut faire une réflexion analogue par rapport aux cinq Bouddhas réunis, que nous ne rencontrons d'ailleurs qu'une seule
1) Voyez k l'endroit cité page 263, note 1.
fois, PI. GGGLXI. 13; la manière dont les Bouddhas tiennent les mains diffère notablement de ce que nous voyons sur les images des cinq Dhyàni-Bouddhas telle que Hodgson nous les a transmises ') ; et comme c'est là un trait assez caractéristique , nous renonçons à vouloir retrouver ces Dhyàni-Bouddhas sur le bas-relief indiqué.
Nous ne croyons trouver qu'un seul motif qui ait pu engager les artistes de Bôrô-Boudour à garnir les bas-reliefs de ces groupes variés de Bouddhas; c'est l'intention de réunir un nombre plus grand de Bouddhas à mesure qu'on arrive sur une terrasse supérieure et qu'on s'approche du sanctuaire proprement dit, c'est-à-dire du grand Dagob sur la terrasse supérieure. Il faut mettre sans doute sur le compte de la même intention le nombre excessivement grand de Bouddhas placés des deux côtés de l'entrée principale de la façade orientale qui conduit aux terrasses, surtout sur les deux tableaux qui terminent la série et qui se trouvent par conséquent le plus près du saint lieu vers lequel le pèlerin se dispose à monter.
Il semble ressortir encore d'une autre particularité, que les artistes ont attribué une valeur spéciale à la cinquième galerie: c'est la manière soignée dont les bas-reliefs ont été exécutés; tous se distinguent en effet très avantageusement, aussi bien par l'élégance des dessins et par la bonne disposition des groupes que par la manière vraiment excellente dont les images ont été sculptées. Un examen superficiel des tableaux justifie déjà suffisamment cette conclusion. On pourrait croire cependant que ces éloges doivent être adressés plutôt à M. Wilsen qu'aux artistes de Bôrô-Boudour — et nous ne nions pas que la comparaison de ces dessins avec les dessins assez défectueux sous plus d'un rapport que M. Schônberg-Miilder à donnés de l'avant-dernière galerie, semble justifier un pou cette supposition. Mais nous en appelons aux déclarations expresses de M. Wilsen lui-même , qui reconnaît le plus grand mérite aux tableaux de la paroi postérieure que nous venons de passer en revue.
i; Hodgson SIcetcli of Buddhism , TH. 111 et Vil.
En faisant abstraction de quelques rares tableaux qui se ra[)portent ii d'autres sujets , nous pouvons dire que le sujet général , plus clairement avoué encore ici que sur la galerie précédente , est le culte du Bouddha, ou de saints qui se sont dt'-jà élevés à la dignité de Bouddha, et d'hommes éminents (presqu'exclusivement des princes et des religieux) qui vont atteindre un jour cette dignité; déjà ils sont l'objet des mêmes hommages que les Bouddhas et ils reçoivent également la récompense distinguée d'être admis dans la présence de ces saints personnages et d'habiter avec eux la même résidence élevée. Le nombre des princes que nous voyons réunis ainsi sur un seul et même tableau , est quelquefois assez grand ; la plupart d'entre eux portent l'auréole derrière la tête en signe de sainteté , ou bien sont assis sur des coussins de lotus, tout comme les Bouddhas eux-mêmes.
Dans ce genre nous en rencontrons: trois PI. GGGLIX. 8; quatre PI. GCGLVII. A- GGGLXXVII. 48, 49; cinq PI. GGGLXII. 14; GGGLXIII. 17 et GGGLXVIf. 25; six PI. GGGLXi. 12; sept PI. GGGLXIY. 18; huit, peut-être neuf, PI. GGGLVI. 2, et neuf PI. GGGLVII. 3. Le plus souvent cependant — et voilà encore un point par où ces bas-reliefs se distinguent de ceux de la précédente galerie — nous voyons deux princes qui font ensemble la même oeuvre ; ceci se voit surtout là où nous trouvons un ou plusieurs Bouddhas. Si le nombre des princes est plus grand , il y en a d'ordinaire deux d'entre eux , une ou deux fois il y en a même plus, qui se mettent en avant et qui se distinguent alors des autres par quelques attributs tels que l'auréole, le coussin de lotus, ou par la place qu'ils occupent. S'il n'y en a que deux, il semble le plus souvent que l'un de ces deux ait une dignité plus grande ; ce qui arrive surtout là où il n'y a pas de Bouddha pour être l'objet des hommages communs. G'est ainsi que la PI. GGGLXII 14 nous montre, par exemple, cinq princes dont trois se distinguent des autres par la place qu'ils occupent et par l'auréole; la PI. GGGLXL 12 nous en montre trois qui se distinguent également par les coussins de lotus sur lesquels ils sont assis, tandis qu'un quatrième se distingue seulement par son auréole. La PI. GGGLXIV. 18 nous montre
sept princes qui reçoivent les hommages de deux autres; l'un de ces derniers a , tout comme les sept qui reçoivent les hommages, l'auréole et le coussin de lotus, tandis que l'autre n'est orné que du premier de ces deux signes distinctifs. Huit sur les neuf princes de la PI. CCCLVII. 3, qui portent tous l'auréole, se distinguent également par l'auréole et par le coussin de lotus ; la PI. CCCLVI. 2 attribue la même distinction à quatre princes. Nous voyons deux princes, mais dont l'un occupe une place plus élevée dans le culte voué au Bouddha , par exemple , PI. CCCLVI. 4 ; PI. CCCLVIII. 56 (série inférieure); CCCLIX. 7; CCCLXV. 21; CCCLXVI. 22; CCCLXXIV. 40; CCCLXXIX. 53; CCCLXXX. 54; CCCLXXXIII. 61. Souvent les deux princes qui apportent leurs hommages se distinguent , il est vrai , par l'auréole , mais sont assis ou se trouvent à genoux immédiatement sur le sol et non pas sur le coussin de lotus, sans que d'ailleurs l'un semble être revêtu d'une dignité plus grande que l'autre; voyez, par exemple, PI. CCCLXVI. 23; CCCLXVIIL 26; CCCLXXXIL 59; CCCLXXXVIL 69, 70 et CCCLXXXVIH. 71. C'est plus rarement que nous trouvons des tableaux où un seul prince présente ses hommages à un ou à plusieurs Bouddhas, ou bien à un Bhikshou , assis oui ou non sur un coussin de lotus ; ces tableaux se rencontrent, par exemple, PI. CCCLX. 9; CCCLX. 10; CCCLXL 13; CCCLXXLX. 29; CCCLXXXVL 67. Les deux princes nous apparaissent sur plusieurs tableaux ayant le même rang et revêtus de la même dignité ; comme , par exemple PI. CCCLX. 11; CCCLXm. 16; CCCLXV. 20; CCCLXXVL 47 (série supérieure, où ils se trouvent des deux côtés d'un Bouddha dans son temple , tandis qu'eux aussi ont l'honneur d'avoir chacun son temple à lui] ; CCCLXXXL 57 ; CCCLXXXIV. 62 ; CCCLXXXVIL 70. Là où un prince reçoit dans son petit temple les hommages d'un autre prince, il arrive quelquefois que l'auréole manque au dernier, par exemple PI. CCCLXX. 32; CCCLXXIV. 40; CCCLXXXIV. 63; oui une seule fois, PI. CCCLXXVL 43 l'auréole manque à l'un et à l'autre. Le prince assis dans son palais ou dans le petit temple est quelquefois aussi dépourvu du coussin de lotus, comme, par exemple PI. CCCLXIV. 19; CCCLXX.
32; GGGLXXII. 35 et GGGLXXXIV. 64; il est possible cependant, que le motif de la suppression du coussin de lotus sur les deux derniers de ces quatre bas-reliefs se trouve dans la nature du tableau; le principal personnage y est représenté en effet s'occupant plutôt d'une action ordinaire de la vie terrestre.
Un groupe très remarquable est celui qui se compose de deux princes placés invariablement au premier plan et plus ou moins séparés des autres princes qui les accompagnent quelquefois; on les trouve toujours ensemble , soit pour rendre hommage à un ou à plusieurs Bouddhas, soit pour faire autre chose, quelquefois pour être eux-mêmes l'objet d'hommages. La nature particulière de ce groupe , à savoir deux princes qui ne se distinguent l'un de l'autre par aucune particularité et qu'on a eu évidemment l'intention de réunir, est faite déjà pour attirer notre attention sur les Pli. GGGLX. 11 ; GGGLXl. 12; GGCLXIII. 16; GGGLXV. 20; GGGLXYI. 23 ; GGGLXVllï. 26. Mais cette relation intime entre les deux princes se remarque surtout : Pli. CGGLXXV. 42 ; GGGLXXVI. 47; GGGLXXVII. 48 (où il se trouve quatre princes, dont les deux le plus avancés se distinguent des autres par l'auréole) ; GGGLXXVII. 50; GGGLXXXI. 57— GGGLXXXIV. 62; GGGLXXXVI. 68; GGGLXXXVII. 70; GGGLXXXYIII. 71; peut-être aussi sur les nos 69 et 72 , bien que sur ces deux derniers bas-reliefs nous remarquions une certaine différence de rang entre les deux princes; cette différence se trouve marquée sur l'un de ces tableaux par le coussin de lotus , sur l'autre par l'attitude et par la place qu'occupent les deux personnages. Nous inclinons à partager l'opinion de M. Wilsen et à reconnaître dans ces deux princes qu'on a réunis , avec une intention si évidente surtout sur les derniers bas-reliefs , des personnages historiques , notamment les princes qui se sont rendus célèbres par la fondation de Bôrô- Boudour , ou qui se sont particulièrement distingués par la part qu'ils ont prise à l'oeuvre de la construction, ou encore qui ont vu commencer l'oeuvre sous leur régne et qui l'ont vu achever après un intervalle de plusieurs années. Leurs mérites leur avaient sans doute valu l'honneur d'apparaître ici en présence du grand nombre de Bouddhas et de saints, oui de se voir
assigner sur les deux derniers tableaux une place dans le cénacle important et nombreux des Bouddhas. Pour tout dire, ce groupe nous montrerait le prince qui a commencé et le prince qui a achevé la construction de Bôrô-Boudour. Ce qui recommande cette manière de voir, c'est l'analogie du temple de Mendout, où les images de deux princes, placés des deux côtés de la statue colossale du Bouddha , occupaient autrefois la place d'honneur. Si l'on nous accorde que nous trouvons probablement le même groupe de deux princes sur notre galerie , voyez PI. CGGLXXXIIl. 60. 61 , on nous permettra bien aussi d'appliquer la même idée à plusieurs des autres personnages royaux , notamment à ceux auxquels l'auréole ou le coussin de lotus donne un caractère de sainteté. Nous aimerions donc voir dans ces personnages d'autres princes qui ont également mérité cet hommage de gratitude, en encourageant les travaux, en apportant des cadeaux ou en donnant d'autres marques de leur sympathie. Cette interprétation s'appliquerait fort bien , par exemple, au bas-relief PI. GGGLXIV. 18, où sept princes ornés de l'auréole , assis sur des coussins de lotus , sont admis dans le sanctuaire de dix Bouddhas et y reçoivent les hommages de deux saints princes; ou bien à la PI. GGGLVl. 2, où quatre saints princes se trouvent en présence de Bouddhas; à la PI. GGGLVII. 3, où il y en a neuf; à la PI. GGGLXIII. 17 , où il y en a six , et à la PI. GGGLIX. 8 , où il y en a trois qui reçoivent les mêmes honneurs ; ainsi qu' à la PI. GGGLXXYII , où il y en a quatre qui se sont mis en voyage dans le même but , celui de secourir des pauvres.
Il nous est arrivé sur cette galerie ce qui nous était arrivé sur la galerie précédente, c'est-à-dire de trouver quelques bas-reliefs parmi ceux de la même série qui s'écartent du sujet général: hommages rendus au Bouddha, à des saints Bouddhistes, à des religieux et des princes, et qui nous présentent des scènes de la vie ordinaire des princes ou quelques autres scènes tout à fait étrangères à l'idée générale des bas-reliefs. Il est douteux qu'il faille mettre au nombre de ces derniers le n". 41 , PI. GGGLXXV. Un prince y est assis sur un coussin à côté du temple; le tri-
soula placé auprès de lui semble le meUre ^n rapport avec le Brahmanisme. Rien ne nous empêche cependant de supposer que ce prince soit l'habitant -du petit temple et qu'il y occupe la place qui lui revient de doit.
La PI. GGGLXXV. 4-2 nous présente deux princes qui quittent le palais pour reparaître un peu plus loin distribuant des dons; il est très possible qu'il faille voir ici un événement réel de la vie de ces princes , mais il se peut aussi que l'exemple de ces hommes doive d'une manière générale rendre le spectateur attentif au devoir qui incombe au disciple du Bouddha de fuir le plaisir des sens, de se détacher des séductions de la vie et de chercher les choses élevées. Le tableau que nous avons vu PI. GGGLXXVL 43 , se trouve peut-être en rapport avec la charité et la sollicitude que le disciple de Bouddha doit observer aussi vis-à-vis des animaux; ce qui dans le Bouddhisme donne un prix particulier à ce devoir , c'est l'idée que tout animal peut être le séjour temporaire d'un homme. Le grand prix de cette vertu est réprésenté ici par l'attention que le roi dans son palais et les serviteurs de tout rang qui se trouvent dehors, vouent à quelques animaux, et par les hommages respectueux que lui apporte un autre prince accompagné de sa suite au moment même qu'il met en pratique le précepte du Bouddha. La PI. GGGLXXVII. 48 nous montre nos deux princes et leur suite, dans laquelle se trouvent deux autres princes, se mettant en route pour secourir un grand nombre de personnes nécessiteuses ; cette action s'accomplit sur le tableau suivant n". Ad.
Nous aurions tort peut-être de vouloir retrouver ici un fait spécial de la vie de ces princes; mais nous pourrons toujours admettre que le but de l'artiste a été de recommander la bienfaisance et la sollicitude envers des malheureux comme des actions par lesquelles on s'approche du maître et par lesquelles on s'élève ainsi à un état de salut supérieur. Il nous paraît moins facile de préciser la nature du bas-relief PI. GGGLXXX. 55. Il n'y a pas du moins de rapport direct entre ce tableau et celui qui précède ou celui qui suit immédiatement. Un saint prince assis dans un petit temple dans l'attitude d'un Bouddha
qui fait une démonstration réunit autour de lui tous les animaux des champs et de l'air. Nous pouvons conclure de l'attitude des éléphants qui sont couchés à gemmx sur le sol , que ces animaux sont là pour présenter leurs hommages au saint prince et pour faire ainsi ce qu'un prince et sa suite font de l'autre côté de l'édifice. L'artiste a-t-il eu en vue le développement spirituel supérieur, l'état plus parfait de sainteté auquel le prince a pu s'élever et qui le dispense de la nécessité de passer dans le corps d'un animal? On l'a supposé en etfet; mais nous ne saurions l'admettre. Nous aimerions mieux voir dans ces animaux les corps qui servent ou qui sont destinés à servir de demeure à des hommes condamnés déjà, ou qui le seront dans l'avenir, à parcourir une nouvelle existence dans un ordre inférieur d'êtres vivants. Eux aussi viennent présenter leurs hommages à l'excellent prince qui est déjà si avancé dans le chemin de la sainteté Bouddhiste; peut-être même viennent-ils écouter son enseignement. En suivant cette dernière explication nous croyons pouvoir formuler ainsi l'idée principale de ce bas-relief: le disciple fidèle du Bouddha, le prédicateur zélé de sa doctrine a droit aux hommages de tout ce qui vit, depuis les créatures dénuées de raison jusqu'aux esprits célestes.
Nous croyons voir paraître deux fois le même couple de princes sur la PI. GGGLXXXIII. 60; nous les prendrions volontiers pour les fondateurs des temples auprès desquels ils se tiennent. Il est possible cependant qu'il faille retrouver ici les quatre princes des bas-reliefs précédents 48, PI. GGGLXXVIÏ et 49 ; que deux d'entre eux aient fondé le temple le plus éloigné orné de flèches surmontées de trisoulas, et que les deux autres soient les fondateurs de Bôrô-Boudour , d'autant plus dignes de prétendre à la sainteté qu'ils se sont plus distingués dans la construction de ce bâtiment magnifique. Gette différence dans les mérites et dans la sainteté à laquelle ils sont parvenus expliquerait aussi le fait , qu'un des princes se tient debout sur un coussin de lotus , tandis que l'autre s'élève dans l'air. Il n'est pas absolument nécessaire que le temple qui se trouve près d'eux soit Bôrô-Boudour lui-même; ce temple peut représenter
tout aussi bien quelque autre bâtiment ou plusieurs autres bâtiments que ces princes ont construits eux-mêmes ou qui ont été construits sous leur règne à l'honneur du Bouddha.
Nous pouvons mettre en rapport avec les deux bas-reliefs que nous venons d'examiner (les n". AS et 49 PI. GCCLXXVll) trois autres bas-reliefs qui représentent une distribution d'argent, de vêtements, de vivres et d'autres dons offerts à des indigents et en partie à des personnes plus aisées; cette distribution a lieu, soit en présence, soit par ordre du saint prince qui .se trouve assis dans son temple. Les bas-reliefs en question sont ceux delà PI. GGGLXIV. 19; GGGLXXIX. 52 et GGGLXXXIV. 64; sur tous ces tableaux des Brahmanes reçoivent leur part des dons, sur le premier tableau ce ne sont pas seulement des Brahmanes mais aussi des Bhikshous.
Un autre tableau qui a attiré notre attention , est celui du n". 39 , PI. GGGLXXIV ; ce que nous y avons trouvé de remarquable, c'est le dieu à dix bras qui appartient probablement au Panthéon du Brahmanisme. Nous sommes de l'avis de M. Wilsen , qui voit dans ce bas-relief un tableau de la supériorité du Bouddhisme sur la religion des Brahmanes. Le dieu Brahmane, assis impuissant à terre et se soutenant sur une de ses mains droites , pose respectueusement la main gauche sur sa poitrine et présente ainsi ses hommages au saint roi assis dans l'attitude d'un Bouddha auquel les princes du monde et les Dévadas ou esprits célestes qui planent dans l'air viennent témoigner leur respect. On dirait qu'une des femmes qui se trouvent derrière le dieu et à côté de lui , le regarde avec dédain , tandis qu'une autre femme , qui marche devant celle-ci , détourne le corps pour éviter tout contact avec lui.
Nous ne voyons pas seutement des Bouddhas et des princes figurer comme les objets du culte; deux fois c'est un Bhikshou qui reçoit cet honneur; il est possible cependant que ce cas ne se présente en réalité qu'une seule fois, car sur un des tableaux que nous avons en vue il n'est resté que très peu de la tête de l'image; les n^s en question sont PI. GGGLXIX. 29 et GGGLXXin. 37. On peut s'étonner avec raison que les religieux,
sauf naturellement les Bouddhas eux-mêmes, figurent si peu comme les principaux personnages ; ce n'est que par exception qu'un Bhikshou est jugé digne de la haute distinction d'être l'objet même des hommages. Peut-être , pour expliquer la chose , faut-il attribuer aux constructeurs l'intention d'avoir voulu honorer exclusivement des princes sur la galerie supérieure ; il faudrait reconnaître alors dans le Bhikshou du premier de ces deux basreliefs Ânanda , le cousin de Çâkyamouni , qui méritait qu'on fît une exception en sa faveur, ayant été voué le premier à l'état de religieux.
Parmi les personnages qui viennent vouer un culte aux saints princes il faut compter aussi les géants, PI. GGGLXX. 32; des Nàgas avec leur coiffure de serpents, PI. GGGLXX. 31; des Nâgas et des géants PI. GGGLXXII. 35, auxquels s'associent dans les nuages quelques esprits de l'air, peut-être des Yâkshas, des Garoudas et un Gandharva. Nous rencontrons souvent des Brahmanes dans la foule qui apporte ses hommages, comme par exemple, PI. GGGLXXI. 33 et 34. Quant aux esprits de l'air dont nous venons de constater la présence , observons ici encore que, tout comme sur les précédentes galeries, ils ne se distinguent en rien des habitants de la terre, sinon par la place qu'ils occupent (à l'exception toutefois de ceux auxquels nous avons donné des noms spéciaux.) Ils présentent la même variété de costume, d'ornements, de figure, de sexe et d'âge. PI. GGGLXVIII. 26 nous les montre comme des vieillards portant de grandes barbes et de longues moustaches. Pour tout le reste nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons dit plus haut de ces esprits de l'air à propos des bas-reliefs de la troisième galerie , page 264.
Avant de quitter notre galerie il faut nous arrêter à quelques détails sur lesquels nous désirons fixer l'attention , bien qu'il ne nous soit pas possible de proposer sur tous les points une explication qui nous satisfasse entièrement.
Gommençons par remarquer que sur plus d'un bas-relief les personnages sont disposés en deux rangées dont l'une s'élève au-dessus de l'autre ; quelquefois cette disposition a dû être modifiée, soit à cause de la nature du tableau, soit parce qu'il
fallait plus d'espace pour des images représentées debout ou pour de grands objets; on la modifiai l alors dans ce sens qu'une partie seulement du champ était divisée en deux rangées, séparées quelquefois l'une de l'autre par une petite bande. On trouve cette bande, entre autres: Pli. GGGLXIU. 16; GGGLXXVI. 47; GGGLXXVIIl. 50 et GGGLXXIX. 53; l'intention de l'artiste en l'y mettant, a été sans doute de désigner d'une manière ou d'une autre le sol sur lequel reposent les personnages et les objets de la rangée supérieure. Gette dernière paraît avoir été réservée autant que possible aux principaux ou aux plus saints personnages; si cet espace ne suffisait pas, comme, par exemple, sur les bas-reliefs où se trouvait une si grande multitude de Bouddhas , alors il fallait faire descendre à la rangée inférieure les images qui ne trouvaient pas de place dans l'autre. Gette dernière réflexion ne nous met pas en contradiction avec ce qui a été dit plus haut, page 228, (à propos des bas-reliefs de la troisième galerie) de ce genre de démarcations.
Le lecteur se rappelle que parmi les images de Bouddhas nous en avons rencontré souvent une ou deux qui n'étaient pas seulement ornées de l'auréole ordinaire, mais qui avaient de plus derrière elles une seconde auréole plus grande ; cette dernière auréole repose sur le coussin de lotus ou du moins tout près de ce coussin et s'élève au-dessus de la tête bien au delà de la petite auréole, de manière que toute l'image semble être assise contre un énorme disque lumineux. Des bords de ce disque sortent d'ordinaire des ornements en forme de flammes , qui prennent quelquefois cependant la forme de feuilles ou de fleurs. Get insigne particulier se rencontre aussi ailleurs sur des statuettes , principalement sur des bronzes ; sur ces dernières le parasol ou le pajong repose aussi contre le bord supérieur de la grande auréole, juste au-dessus de la tête de la statue. L'intention de l'artiste a été sans doute d'attribuer une plus haute distinction au personnage qu'il ornait ainsi. Aussi voyons-nous toujours que le Bouddha qui en est orné occupe la première place parmi toutes les autres images. Voyez PI. GGGLVIII. 6; GGGLIX. 8; GGGLXI. 12; GGGLXXXII. 58; GGGLXXXVI. 67, où un des
Bouddhas se distingue des autres par la grande auréole. Sur deux bas-reliefs, PI. GGGLXIII. 16 et 17, ce signe distinctif est accordé à deux Bouddhas, ce qu'il faut expliquer, à notre avis, par le désir de ne pas blesser le regard par une disposition irrégulière; peut-être aussi , pour ce qui regarde plus spécialement le dernier de ces deux bas-reliefs, d'autres motifs encore peuvent avoir engagé l'artiste à placer les deux Bouddhas, ornés des mêmes insignes, aux deux extrémités du tableau. PI. GGGLXIV. 13, un des dix Bouddhas, le seul qui laisse reposer les mains sur ses genoux et dont toute l'attitude marque la méditation , n'a pas l'auréole ordinaire derrière la tête, mais seulement la grande auréole derrière le corps ; les bords de ce grand disque ne sont ornés d'aucune manière, ce qui le fait ressembler complètement au disque du soleil.
Nous avons vu que sur cette galerie et sur les galeries précédentes la plupart des princes se distinguent, tout comme les Bouddhas, par la petite auréole, et que ce même insigne est accordé à des princesses. On reconnaîtra sans peine encore dans cet objet la marqué d'un certain degré de sainteté. Ge qui est bien étrange — et nous ne pouvons songer ici à une omission involontaire , — c'est que les Bhikshous qui , assis sur le coussin de de lotus et dans un petit temple, reçoivent les hommages, non seulement d'autres Bhikshous, mais encore d'un saint prince et d'esprits célestes , comme , par exemple PI. GGGLXIX. 29 , que ces Bhikshous n'ont pas cet insigne de sainteté. Quelquefois cependant nous rencontrons des personnages qui n'ont aucune dignité royale , à en juger au moins par leur coiffure , et qui portent néanmoins l'auréole, oui qui sont placés sur des coussins de lotus; voyez PI. GGGLIX. 8; GGGLXII. 15; GGGLXIH. 16. 17; GGGLXXXII. 58. Peut-être faut-il admettre, au moins pour quelques-unes de ces images, que leur coiffure n'est qu'une modification de celle que nous voyons portée exclusivement par des princes. 11 est également possible que ces hommes soient des personnages de condition, issus oui ou non de familles royales, auxquels leurs mérites ont acquis une mesure suffisante de sainteté pour qu'ils puissent prétendre aux insignes en question.
Il nous paraît du reste très probable que, par-ci par là, surtout lorsqu'il s'agissait de princes qui devaient reniplir le premier rôle dans l'action principale ou dans une action secondaire , l'artiste ait oublié de placer l'auréole derrière la tète et de donner ainsi à ces personnages ce qui leur revenait de droit. Voilà au moins ce qui nous paraît ressortir d'une comparaison entre les n-^ 48 et 49 , PI. GGGLXXVU. Sur le dernier bas-relief l'auréole a été accordée en effet à deux princes qui ne l'ont pas sur le premier. Nous présumons également que sur le n°. 50, PI. GGGLXXYIII , l'auréole d'un des deux saints princes a été supprimée par erreur; car il est clair que ces deux princes, assis à côté du Bouddha sur des trônes pourvus de coussins de lotus, sont jugés dignes des mêmes honneurs.
Nous avons rencontré ici, tout comme sur la précédente galerie, des images de princes ou d'autres personnages de famille royale, qui se distinguaient par la petite statuette d'un Bouddha assis , placée contre le devant de leur coiffure. Nous trouvons ce détail sur deux images du n". 16 PI. GGGLXII ; et en outre sur les tableaux: 17, PI. GGGLXIII ; 20, PI. GGGLXV; 47, PI. GGGLXXVI; 50, PI. GGGLXXYIII. Dans la plupart de ces cas la coiffure ou la couronne se distingue par les rubans tressés dont elle se compose ou dont elle est enveloppée. On se rappelle que nous avons trouvé des chevelures entrelacées ainsi de rubans, ou nattées elles-même de cette façon, et que nous avons reconnu dans ces chevelures un signe distinctif des Brahmanes ; serait-il peut-être permis d'en conclure que les personnages qui portent au devant de leur coiffure la petite statuette de Bouddha, ont appartenu autrefois aux sectateurs du culte Brahmane, ou bien qu'ils sont sortis d'une caste moins distinguée et qu'ils ont pu s'élever plus tard à une dignité supérieure comme prix de leur zèle pour la doctrine et pour la propagande Bouddhiste? est ce pour cela qu'on les aura jugés dignes de porter la statuette du Bouddha au front? Ou bien ces hommes auraientils peut-être érigé des statues du Bouddha? auraient-ils fait venir et transporter des reliques du Bouddha? et serait ce là leur titre à l'honneur qu'ils reçoivent? Le champ est ouvert sur ce point
à des conjectures et à des hypothèses de tout genre, mais il est impossible d'arriver à une solution sûre et définitive.
Il l'aut faire le même observation au sujet de la clochette qui s'est déjà présentée plus haut et que nous rencontrons ici une seule fois, c'est-à-dire PI. GGGLXVIII. 50. Faut-il supposer que les deux princes qui sont assis à côté du Bouddha, se sont distingués à l'égard de Bôrô-Boudour, l'un en offrant au temple une ou plusieurs images, l'autre en construisant le Dagob?
Les coiffures du Bouddha lui-même présentent encore une autre particularité qui mérite une attention spéciale, et qui se voit surtout sur les images de notre galerie. Nous avons en vue l'objet en forme de poire dont la coiffure des Bouddhas est très souvent surmontée. Ces ornements ont beaucoup souffert en plusieurs endroits , ou bien ont été tellement endommagés qu'on ne peut constater leur présence et reconnaître leur forme que d'une manière générale, tandis que les détails sont devenus invisibles. M. Wilsen a été empêché au commencement de son travail de vouer à cet ornement l'attention qu'il aurait voulu; il n'a fait ses dessins que d'après les contours et en a fait une espèce de bouton ou un objet en forme de poire. Lorsque plus tard une réflexion de M. le docteur Friederich •) eut fixé une seconde fois son attention sur cet objet, il l'a soumis de nouveau, pour autant que cela lui était encore possible , à un examen ultérieur ; il désirait s'assurer si l'on pouvait reconnaître réellement dans la pièce qui couronne la coiffure des images du Bouddha, un serpent enroulé, tel que M. Friederich en avait trouvé sur quelques images.
M. Wilsen a particulièrement examiné dans cette intention spéciale les bas-reliefs de la cinquième galerie, parmi lesquels il s'en trouvait plusieurs qui étaient restés assez intacts pour lui permettre de distinguer tous les détails de l'ornement en question. Eh bien , il a trouvé que l'observation de M. Friederich ne
I) Dans un supplément de son article Antiquités javanaises {.Tavaansche Oudheden) page 32, publie dans les Actes du Batnviansch Genootschaji vol. XXIII; com))urez du même auteur les Annteekeninçjen (annotations) au travail de Wilsen Bôrô-Boudour^ publie' dans le Tijdschrij't voor Indische taal-, land- en volkenkunde vol. II. p. 3.
s'appliquait qu'à quelques-unes des images, notamment à celles des Pli. GGGLX. 11; GGGLXII. U; GGGLXIV. 18; GGGLXVI. 23 ; GGGLXXXII. 58 ; GGGLXXXVI— GGGLXXXVIII. 67—72. Mais cet examen spécial lui fit trouver aussi certaines imag-es du Bouddha sur lesquelles le serpent entortillé ou le noeud de serpent avait été remplacé par un objet qui rappelait tantôt le lingam ') , tantôt la yoni '). Il signale pour le lingam les bas-reliets Pli. GGGLXI. 13 et GGGLXII. 15; pour la yoni les Pli. GGGLX. 10; GGGLXI. 12; GGGLXV. 21; GGGLXVIIL 26 et GGGLXXXIV. 62. 11 y en a cependant aussi qui n'ont aucun de ces trois signes distinctifs, comme par exemple PI. GGGLXXX. 54, où c'est une fleur qui les remplace. Sur un grand nombre de bas-reliefs, comme par exemple: PI. GGGLVI. 2; GGGLVII. 3; GGGLVIII. 6; GGGLXVI. 22 et plusieurs autres, l'objet en question se compose d'un simple noeud de cheveux, bien souvent aussi l'artiste a supprimé tout l'ornement et il ne reste au Bouddha de sa coiffure que ses longs cheveux ou ses longues boucles ; voyez , par exemple, PI. GGGXLVIl. 4; GGGLIX. 7; GGGLXIII. 16; GGGLXV; 20 ; GGGLXXXIII. 61 et ailleurs.
Nous nous trompons peut-être sur ces deux derniers points; car souvent l'ornement en question paraît avoir trop souffert pour qu'il soit possible d'en reconnaître la forme primitive ; parfois même l'objet a entièrement disparu; ce que nous pouvons constater cependant avec certitude, c'est qu'il est loin d'être partout le même. Il semble ressortir de tout cela qu'il nous faut voir dans cet ornement un symbole en rapport avec la condition et la dignité du personnage qui le porte. Pour en expliquer la signification, M. Wilsen rappelle l'idée du temps qui retourne en lui-même , l'idée des métamorphoses , le culte Brahmane des forces secrètes de la nature , la fleur de lotus et ses différentes acceptions.
Nous serions bien un peu surpris de rencontrer ici des attributs ou des emblèmes empruntés au culte Brahmane des forces de la nature sur les images du Bouddha, vu que le culte de ce
1 ) Les parties sexuelles de l'homme et de la femme.
dernier semble avoir fourni avant tout, peut-être même exclusivement l'idée du monument de Bôrô-Boudour ; car il ne faut pas oublier que nous n'avons trouvé nulle part , sur quelque tableau de Bôrô-Boudour que ce fût, des traces du Brahmanisme. Nous ne nions pas cependant que la chose soit possible. Les Bouddhistes ont pu transporter ces emblèmes dans leur culte , sans en rechercher la signification primitive et en leur donnant des formes qui n'avaient plus rien de commun avec l'idée originale. On peut supposer ainsi que ces emblèmes , devenus simplement des signes de puissance et ajoutés comme tels aux images du Bouddha , avaient entièrement cessé de froisser les idées Bouddhistes et qu'il ne leur restait plus le moindre rapport avec le culte repoussant des forces de la nature, représentées souvent sous les formes hideuses des deux parties sexuelles. Ce culte s'est répandu sur une partie de Java plusieurs siècles après la construction de Bôrô-Boudour, sous l'influence d'un Çivaïsme dégénéré.
Parmi les attributs symboliques qui se présentent à tout moment sur la dernière galerie , nous rencontrons des fleurs et des tiges de fleurs, que les saints prmces et d'autres personnages tiennent à la main. Nous n'osons entreprendre de rechercher le rapport exact de ce symbole avec l'idée qu'il doit exprimer, si du moins il faut tenir compte de toute espèce de détails et de nuances. Souvent les saints princes et d'autres saints personnages tiennent à la main une tige d'où sortent trois fleurs; il se peut qu'il faille voir dans ces trois fleurs la trimourti Bouddhiste, et qu'elles doivent rappeler la doctrine de cette trimourti aux fidèles. Nous citons parmi les nombreux bas-reliefs qui nous présentent de telles fleurs: PI. GGGLVI. 1 ; GGGLX. 10; GGGLXI, 12. 13; GGGLXII, 15; GGGLXIV. 19; GGGLXV. 21; GGGLXXX, 55; GGGLXXXVII, 69. Nous voyons cette fleur dans la main d'un Bhikshou PI. GGGLXXVIII. 50, et dans la main d'un Dévata, entre autres PI. GGGLXXXVII. 70. Mais nous trouvons -aussi dans la main de rois saints et d'autres personnages distingués des tiges qui ne portent qu'une seule fleur, comme par exemple, PI. GGGLXXXVII. 70, où c'est un Bhikshou;
PI. CCCLXXVIII. 50, où c'est encore un des Bhikshous, et PI. GCCLVII. 3, où ce sont des rois qui la tiennent. Le dernier bas-relief nous montre dans la main d'un des princes deux fleurs dont les tiges sortent d'une autre fleur plus grande. Ailleurs, pas exemple PI. CCCLX. 9, on voit une quatrième fleur qui s'élève sur sa longue tige à côté des trois autres , peut-être faut-il admettre qu'elle en sort; cette quatrième fleur a une forme étrange; quelques-uns ont voulu y voir une combinaison du lingam et de la yoni. La PI. CCCLXIV. 18 nous montre sept fleurs attachées à une seule tige dans la main d'un saint prince , tandis que le nombre de fleurs qui sortent d'une seule et même tige s'élève même jusqu'à huit sur la PI. CCCLXXXL 56; là cependant les princes ne tiennent pas les tiges à la main , mais celles-ci se trouvent à côté d'eux. Il y en a qui prétendent pouvoir retrouver différentes doctrines, ainsi que les conditions des différents personnages, dans toutes ces variétés de fleurs , dans le nombre de celles qui s'élèvent sur une seule et même tige, parfois même dans le nombre de feuilles dont se compose une seule fleur. Si nous voulions en faire autant pour les tableaux qui nous occupent , nous nous engagerions probablement dans un dédale où nous ne pourrions que nous égarer et perdre notre temps.
Nous avons rencontré encore d'autres objets qui ne servent sans doute en partie qu'à occuper les vides, mais dont quelquesuns trahissent cependant aussi une certaine intention de l'artiste. Nous citons parmi les objets de ce genre : des pendants qui se composent de feuilles de fleurs et de graines de semence, comme par exemple PI. CCCLVL 1 ; d'autres fleurs , de toute espèce ; des autels d'où s'élèvent des flammes , et des candélabres avec de l'encens; des guirlandes de feuilles, comme par exemple PI. CCCLXXVm. 50; des couronnes, PI. CCCLXXX. 55; des vases élégants contenant des fleurs, PI. GCCLVII. 3 et des plateaux avec de l'encens allumé, PI. CCCLIX. 8. Mais ce que nous n'avions jamais rencontré encore parmi les emblèmes de ce genre qui ne servent qu'à remplir les vides , c'est le disque du soleil et le croissant de la lune. Le bas-relief PI. CCCLXXIX. 53 nous
présente un gToupe de neuf Bouddhas, qui reçoivent les hommages de deux Bhikshous assis à droite et à gauche aux deux extrémités du tableau ; et c'est là que le soleil est placé au-dessus de la tête du Bhikshou à droite , tandis que le croissant se trouve au-dessus de la tête du Bhikshou à gauche; ce dernier ornement repose sur une fleur de lotus. PI. CCCLXXXI. 57 nous montre de nouveau l'un et l'autre de ces deux objets flottant dans l'air à côté d'un temple de Bouddha, et soutenus par des fleurs de lotus ; derrière le disque du soleil se trouvent trois objets qui ressemblent aux bras d'une croix ou aux rayons d'une roue, et qui se terminent en des figures ayant la forme de poires. Nous retrouvons encore une fois les deux ornements sur la PI. CCCLXXXVII 70, à droite et à gauche d'un temple de Bouddha , supportés ici encore par des fleurs de lotus, tandis que le disque du soleil est dépourvu de l'attribut que nons avons signalé en dernier lieu. Nous n'osons affirmer que l'objet que nous présente le bas-reliet PI. CCCLIX. 8 , soutenu par une fleur de lotus audessus du saint prince à droite du Bouddha , soit le même disque du soleil. Nous n'osons pas non plus entreprendre d'expliquer la présence de ces corps célestes sur nos bas-reliefs , ni de dire pourquoi qu'on s'est borné à les représenter sur les tableaux où nous venons de les constater.
Il est encore un autre détail caractéristique que nous n'avions pas rencontré avant de le trouver sur cette galerie , PI. CCCLXL 13. Nous entendons parler du tableau qui nous montre le Bouddha assis dans un Dagob en forme de cloche , dans une attitude qui, par la manière dont il tient les mains, le rapproche plus spécialement des Bouddhas qui se trouvent dans les bâtiments à niche, sur le cinquième mur d'enceinte, c'est-à-dire sur le mur contre lequel ont été sculptés les bas-reliefs de la paroi postérieure de la cinquième galerie. Peut-être l'artiste n'a-t-il pas agi sans motif en reproduisant sur ce bas-relief les cinq manières de tenir les mains que nous trouvons chez les Bouddhas des cinq murs d'enceinte, tandis que le premier rang a été accordé au Bouddha du dernier mur d'enceinte. Sur le bas-relief PI. CCCLXXXVII. 69 un Dagob fermé en forme de
cloche occupe la place d'honneur entre six images de Bouddha. Faudrait-il songer peut-être ici au grand Dagob de la terrasse supérieure de Bôrô-Boudour ?
Arrivés au bout des nos réflexions sur les tableaux de la dernière galerie , nous ne pouvons que nous en tenir à notre première opinion touchant le contenu général et l'idée dominante qui doit avoir dirigé l'artiste; c'est: le culte du Bouddha et les hommages rendus à ceux qui ont activement travaillé à répandre sa doctrine et à donner plus d'éclat à son culte; tandis que l'artiste a voulu rattacher à cette idée , à titre d'application pratique , l'exhortation adressée aux pieux pèlerins de suivre l'exemple de tous ces hommes zélés et religieux. Quant au grand nombre de Bouddhas, nous ne voyons pas en eux les princes des galeries inférieures qui se seraient élevés ici à un si haut degré de sainteté Bouddhiste, mais plutôt une réunion de Bouddhas appartenant en partie à des périodes antérieures , en partie à celle de l'artiste lui-même. Les religieux et les princes qui ont été admis dans la présence des Bouddhas , doivent cet honneur à la fidèle pratique des commandements du dernier Bouddha ; s'ils continuent à suivre fidèlement le maître , ils parviendront un jour au sommet des divers degrés de sainteté spirituelle , et ils recevront le salaire qui consiste à posséder eux-mêmes le salut éternel de Bouddhas parfaits.
Nous avons terminé ainsi notre première tournée par les cinq galeries et nous avons pris connaissance des tableaux qui occupent les parois postérieures; nous allons redescendre maintenant jusqu'à la première porte par laquelle nous sommes entrés d'abord , pour commencer notre seconde tournée en suivant la même direction. Cette tournée doit servir à nous faire prendre inspection des bas-reliefs qui occupent les parois antérieures de la seconde galerie et des trois galeries suivantes, pour autant qu'ils ont été conservés. Il est clair que les parois antérieures se trouvaient bien moins à l'abri des décombres qui tombaient des parties supérieures , et qu' ainsi les tableaux de ces parois
ont beaucoup plus souffert en général que ceux des parois postérieures. Aussi verrons-nous qu'un grand nombre de tableaux ont entièrement disparu , tandis que la plupart d'entre eux sont tellement couverts de décombres et de gravois, qu'ils ont dû rester cachés aux yeux de tous ceux qui ont visité le monument.