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cation risquait de devenir trop étendue et présentait de trop grands inconvénients pour qu'on osât l'entreprendre à Java même ; que , du reste , il ne serait possible de juger de l'étendue réelle du travail que lorsque tous les dessins aui'aient été faits.
On fut par conséquent d'avis, idée qui pouvait convenii- au Ministre que le travail de la lithographie ne se ferait nullepart mieux que dans les Pays-Bas. Il est vrai que les lithographies qu'on avait envoyées de Java méritaient tout éloge, et que les artistes qui les avaient fournies furent jugés parfaitement à la hauteur de leur tâche; mais le service du Génie à Java réclamait exclusivement leurs forces et leur talent pour d'autres travaux. Il ne restait donc plus qu'à entreprendi'e le travail de la lithographie dans les Pays-Bas, et à faire envoyer régulièrement les dessins de Batavia au ministère des Colonies,
Mais avant qu'on en fût là , le comité-directeur de l'Institut Royal , qui avait continué à suivre la marche de cette affaire avec le plus grand intérêt et qui avait toujours été informé et consulté par le ministère des Colonies, avait cru devoir mettre en doute l'exactitude des dessins originaux, dont il avait eu quelques-uns seulement sous les yeux. Il ne serait possible, d'aiUeurs, d'apprécier au juste le degré d'exactitude que l'artiste avait atteint , que si l'on pouvait charger un spécialiste compétent de comparer sur les lieux mêmes les dessins avec les originaux. Il faudrait au moins de nouvelles épreuves, avant de pouvoir se prononcer sur ce point avec une certitude suffisante.
Personne ne doutait de la compétence de M. Wilsen à remplir la tâche dont il avait été chargé. Les excellents croquis de quelques-uns des basreliefs qui avaient déjà été envoyés en Em'ope , témoignaient assez en faveur de son talent d'artiste. Mais il y avait plus. Il avait fait preuve , en outre , de son intérêt pour l'objet de ses recherches , de son esprit scientifique , de son désii- sincère de reproduire d'un côté les formes visibles de l'édifice
magnifique et de ses ornements, et de pénétrer d'autrepart dans l'esprit qui avait inspii'é la construction, dans l'idée de l'ensemble, dans la signification des statues et des images qui en décoraient les différentes parties. Toutes ces excellentes qualités se retrouvaient dans l'intéressant travail intitulé Bôrô-Boiidour , qui avait paru de sa main, il j avait quelques années, en 1852, dans la Revue dite Tijdschrift voor Indische taal-, landen Volkenkunde, publiée par la Société de Batavia, l*" Année, 3" et 4* livi'aisons, pages 235 — 299. Cependant certaines expressions dont l'auteui" s'était servi dans ce travail (pages 255, 256) avaient fait naître des doutes sur le caractère absolu, entièrement irréprochable de sa compétence. On se demandait si l'artiste, en traçant ses dessins, avait toujours agi avec cette exactitude parfaite qui devait être indispensable. pour une juste appréciation de l'original, et dont l'antiquaire ne pourrait se passer sous aucun prétexte. Monsieur Wilsen assurait lui-même qu'il avait restauré ce qui manquait d'après les parties bien conservées, et qu'il avait tâché de reproduire Bôrô-Boudour , non pas tel qu'il l'avait trouvé, mais tel que l'édifice avait été autrefois. D'autrepart, il ne voulait appliquer cette observation qu'à l'édifice seul, non pas aux bas-reliefs; et il assurait toujours qu'il n'avait rien ajouté ou rien embelli. Comment cette dernière assertion s'accordait-elle avec l'idée d'une restauration des parties qui manquaient? Et ne devait-on pas supposer que la liberté qu'il avait cru pouvoir se permettre pours les images et les ornements d'architectui-e, eût fait sentk son influence dans tout le ti-avail du dessinateur? On savait que les sculptures originales de l'édifice n'étaient pas parvenues jusqu'à nous complètement intactes; on n'osait même admettre qu'un seul bas-relief de quelque étendue eût été conservé dans son état primitif. Mais alors n'avait on pas ainsi le di'oit de vouloir retrouver ces dégâts, ces lacunes, ces défauts sur des dessins qui prétendaient être exacts? Or, on n'en retrouvait pas assez sui- les quelques échantillons qui
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étaient pai*venus à la connaissance du comité-directeur de l'Institut. n n'y aurait eu d'autre moyen d'arriver à une certitude voulue sur ce point, que d'inviter un archéologue à coUationner les dessins avec les originaux , et d'y faire apporter les corrections nécessaires d'après les indications de ce spécialiste; puis il aurait fallu marquer par quelque signe spécial les endroits où l'on aurait ajouté ou restauré certaines choses en se fondant pour cela sur des données plus ou moins certaines. Mais une révision générale sur une si grande échelle devait paraître irréalisable. Il fallait y renoncer, et l'on se demandait s'il ne serait pas possible d'arriver en partie à la certitude voulue , en faisant quelques essais dans le détail. Ne pom-rait on pas, par exemple, charger un autre artiste compétent de dessiner quelques bas-reliefs, choisis de préférence parmi les mieux conservés; puis, après s'être assuré de l'exactitude de ces dessins, les envoyer dans les Pays-Bas en même temps que ceux qui avaient été faits auparavant des mêmes tableaux ? En comparant entre eux ces deux dessins de différents artistes on devait pouvoir évaluer à peu près le degré de confiance que méritaient en général les dessins de M. Wilsen, et l'on saurait en même temps s'il conviendrait, ou non, de soumettre ces dessins à l'examen spécial d'un juge compétent, pour que celui-ci les confrontât avec les originaux et y fît apporter les corrections nécessaires avant que le lithographe aboi'dât sa partie du travail.
Son Excellence le Ministre fit part de ces réflexions au Gouvernement des Indes ; celui-ci les prit en sérieuse considération et provoqua un examen ultérieur; le Directeur du génie donna son avis, M. Wilsen ses éclaircissements , et voici la conclusion : c'est qu'à Batavia on maintenait le jugement favorable qu'on y avait porté sur les dessins, et que l'occasion manquait de faire les essais voulus. D'ailleurs M. Wilsen assurait positivement qu'il ne s'était pas permis la moindre liberté dans ses reproductions des bas-reliefs, qu'il se portait pleinement garant de l'exactitude de ses
restaurations dans quelques parties do l'éditice et dans quelques ornonicnts d'architecture , dont il avait facilement pu retrouver la forme primitive dans les fragments qui en étaient restés ou dans les parties correspondantes. Tout ce qu'il s'était permis pour les bas-reliefs, en fait de restauration, avait été de l'éunir par le dessin les pierres qui s'étaient disjointes, et de rétablir ainsi la liaison entre les divers fragments des images et des tableaux.
Que pouvait-on faire sinon accepter ces af&rmations très positives et se soumettre au jugement favorable du Gouvernement des colonies ? Les raisons alléguées étaient d'ailleurs assez acceiitables. Plus tard, cette bonne opinion se confirma; à mesure qu'arrivait un nombre toujours plus grand de dessins on pouvait s'assurer que les dégâts et les lacunes avaient été respectés, que bien loin de les faire disparaître ou de les masquer, le dessinateur les avait signalés en y ménageant du blanc, ou en traçant tout au plus des lignes pointillées. Enfin, lorsque l'occasion se présenta de confronter les dessins de M. Wilsen avec la reproduction exacte de quelques bas-reliefs, dont il avait été possible de faire des photographies, le dernier doute se dissipa.
Cette appréciation favorable ne put tomber en i^artage aux dessins du collaborateur de M. Wilsen, M. Schonberg Mulder. Tandis que ceux du premier reproduisaient incontestablement le caractère indien, tant des personnages que des situations , on n'avait pas même besoin d'étudier longtemps les dessins du second pour voir que le caractère local et la physionomie propre en avaient complètement disparu. M. Schonberg Mulde rétait excellent pour le dessin d'architecture ; mais le dessin artistique , le dessin au crayon n'était pas son affaii-e. Les parties du corps humain, surtout les figures, les mains, les pieds étaient presque toutes manquées; plus d'un tableau donnait aux personnages des attitudes et des poses impossibles, entièrement exclues par ce qu'on savait de' certain des originaux. Impossible d'admettre
qu'un monument d'une valeur artistique aussi grande eût jamais péché par les défauts dont fourmillait le travail de M. Schonberg Mulder.
Le mal était grave; comment y remédier? M. Wilsen, qui fut consulté, regretta vivement qu'on ne l'eût écouté plus tôt, lorsqu'il avait fait des objections très sérieuses contre le choix du collaborateur qu'on lui avait donné; ses réclamations restant sans réponse, il avait dû se sovunettre et avait accepté les dessins malgi-é leurs défauts très réels. Maintenant le remède n'était plus facile à trouver. La nature du papier dont on s'était servi défendait d'y faix-e des ratures et des coiTections; d'ailleurs, M. Wilsen n'avait pas le temps de se charger d'une nouvelle tâche à côté de celle qui lui était dévolue. Il avait espéré qu'il lui resterait toujours l'occasion de rendre le lithographe attentif aux défauts des dessins en question et de les faii-e corriger ainsi tant bien que mal sur la pierre.
Mais, depuis qu'il avait été résolu de transporter le travail lithographique de Java dans les Pays-Bas, il fallait abandonner la perspective de profiter des indications personnelles de M. Wilsen, supposé même que ces indications eussent été suffisantes, sans qu'il y eût eu confrontation expresse des dessins avec les originaux. M. Wilsen, dans une lettre au Gouvernement, conseilla de confier le travail de correction à un artiste compétent; un tel homme , pensait-il , pourrait réussir sans trop de peine à faire disparaître les formes grotesques et monstrueuses des traits de la figure, des mains et des pieds; il lui suffirait de consulter les modèles qvie lui fournissaient les dessins des statues de Bôrô-Boudour , et pour le reste il n'aurait qu'à s'inspirer de l'esprit général de toute la construction et à se familiariser avec le type bouddhiste qui se retrouvait dans tous les détails.
L'intention était bonne; mais pouvait-on attendre quelque chose d'un tel remède? Certes, il y avait quelques détails qui admettaient ce travail de correction; il était probable qu'on réussirait à redi-esser des fautes de dessin qui revenaient à chaque instant, telles que la forme des lèvi-es,
du nez, des doigts, des orteils, et d'autres détails de ce genre; on pourrait même essayer de changer un peu l'attitude des mains et des pieds, bien que ceci fût déjà plus difficile; d'ailleurs on l'a fait pour autant que la responsabilité du correcteur le permettait. Mais partout où le crayon de M. Schonberg Mulder avait mal dessiné des images entières ou des parties du corps plus importantes, partout où il s'était trop écarté de l'original, où il avait défiguré la nature, on ne pouvait songer à apporter des corrections , à moins d'avoir pu considter préalablement les originaux.
Tout cela ne laissait pas que d'être fort regrettable. Les dessins de M. Schonberg Mulder, du moins dans la partie qui représente les bas-reliefs, n'ont de valeur que pour l'aspect général des tableaux; mais pour tous les détails que l'antiquaire ne sacrifie qu'à contre-coeiu- , ils ne donnent absolument rien, et poui* l'histoire de l'art on n'y gagne pas davantage.
Nous nous sommes permis de nous écarter sur quelques points des dessins originaux, notamment dans les endroits où il était trop visible que le dessinateur n'avait pas reproduit exactement les détails de l'édifice, par méprise ou par d'autres causes. Pour citer un exemple: le dessinateuiavait flanqué les portes des différentes galeries de bas-reliefs, qu'on a pu trouver sans doute sur les galeries, mais non pas aux endroits indiqués. Eh bien, nous avons écarté ces bas-reliefs déplacés, et nous n'avons flanqué les portes que de cadres vides. Autre exemple: les voûtes des portes n'avaient été reproduites qu'en partie et sans beaucoup d'exactitude; or, des documents conservés dans le Musée Eoyal d'Antiquités nous permettaient amplement de combler cette lacune, et nous avons par conséquent pu indiquer chaque voûte particulière par des ombres spéciales.
Le travail entra dans un nouveau stade, lorsque le Département des colonies n'avait reçu encore qu'une partie relativement assez petite des dessins , et lorsque , ne pouvant juger encore que très imparfaitement de
l'étendue que prendi-ait le travail et du chiffre qu'atteindrait le total des dessins, il fallait se faire un jugement sur la base fragile de données dont l'insuffisance a été démontrée plus tard. En dépit de l'état très imparfait des conditions où l'on se trouvait encore, on commença à s'occuper sérieusement de faire lithographier les dessins. M. C. W. Mieling, lithographe royal à la Haye, fit un échantillon de gravure dont il soumit l'épreuve au jugement du Ministre en Novembre ou en Décembre 1855. Les experts que le Ministre consulta en opinèrent assez favorablement , et leur avis parut offrir assez de garanties pour qu'on se crût libre de confier à M, Mieling le travail de la lithographie. Une résolution ministérielle du 26 Février 1856 , L. A. n". 1 , modifiée en quelques points par une résolution du 12 Mars de la même année L. A. n". 23, fixait les conditions du travail. Peu après , par missive du 19 Aviil suivant, L. A. n", 22, le Ministre invita l'Institut royal des langues, des pays et des peuples des Indes orientales (Koninklijk Nederlandsch Instituut van Indische taal-, land- en volkenkunde) à surveiller ce travail ))dans l'intérêt de l'entreprise, en se conformant aux conditions stipulées, et à renseigner le Ministre toutes les fois que le comitédirecteur de l'Institut le jugerait convenable". L'Institut se rendit naturellement à cette invitation très honorable , et comme il devait préférer de confier cette oeuvre de surveillance à un seul de ses membres, notamment à quelqu'un qui eût fait des antiquités sa branche spéciale, ce fut moi qu'on désigna.
Dès que je fus entré en fonctions M. Mieling me remit les premières épreuves, celles des bas-reliefs qui couvraient la paroi postérieure de la deuxième galerie. EUes n'étaient pas très encourageantes; il fallait un temps énorme pour indiquer toutes les fautes et toutes les erreui-s; la correction exigeait tant de peine que je commençais à craindre de ne pas suffire à la tâche et que je désespérais réellement de mener ce nouveau devoir de front avec mes autres obligations. Heureusement l'expérience
des graveurs augmentait peu à peu; ils comprenaient toujours mieux la nature du travail, et les perspectives s'éclaircissaient ainsi pour moi. De temps en temps seulement je me sentais replongé dans l'ancienne obscurité ; c'est-à-dire toutes les fois qu 'un changement de personnel amenait de nouveaux graveui's dans les ateliers de M. Mieling et mettait le travail entre des mains mal ou insuffisamment expérimentées.
Quand on eut gravé sur pierre un nombre assez considérable de dessins et que tout fut prêt pour l'impression, il se présenta une nouvelle difficulté; je l'avais prévue, mais je n'avais pu l'écarter à temps, parce que les premiers arrangements avaient été pris sans moi. J'avais conseillé au Ministre de ne pas pi'ojeter, ou plutôt, de ne pas fixer un plan de publication, de ne pas conclure au moins de contrat officiel en cette matière avant d'avoir reçu tous les dessins, ce qui seul permettrait de calculer à peu près l'étendue que devait prendre l'ouvi'age. Mon avertissement était venu trop tard; le Ministre avait déjà signé la résolution par la quelle le travail fut confié à M. Mieling; le Gouvernement avait fixé les conditions et s'était lié pour y répondre, et M. Mieling avait fait prépai-er un nombre assez considérable d'épreuves avant qu'on eût fait un plan, avant même qu'il eût été possible d'en faii-e un à défaut de la collection complète des matériaux.
Il était convenu que l'ouvi'age contiendrait en tout au moins 352 planches, grandes et petites; mais rien n'avait été fixé sur les dimensions à donner à ces planches , et il n'avait pas été possible de juger par les quelques dessins qui, dans les premiers temps, avaient été envoyés de Java, du caractère propre, du travail plus au moins fini qui distinguait les unes des autres les grandes et les petites planches. Un hasard malheureux avait amené ici une méprise fâcheuse, lorsque de Java on avait envoyé une lithographie à titre d'échantillon; cette lithogi-aphie se composait d'une planche qui contenait deux ou trois bas-reKefs; les feuiUes
avaient été coupées en autant de morceaux qu'elles contenaient de basreliefs, et avaient été remises à M. Mieling sous cette forme; ajoutez que les bas-reliefs isolés, non pas les grandes feuilles, étaient numérotés; et l'on coraprendi-a que M. Mieling, aussi bien que le Ministre qui avait signé la résolution , se soit imaginé que l'ouvrage devait se composer de 352 dessins , les petits du format de chacun des bas-reliefs isolés, les grands de dimensions indéterminées. Ce chiffre avait été empi'unté à des données venues de Java; mais il devait y avoir erreur, parce que la signification attachée au mot ))dessin" n'avait pas été la même à Java qu'ici. Là, on avait appelé de ce nom les feuilles couvertes de dessins; ici, on l'avait appliqué aux divers fragments de ces feuilles. Jugez de la surprise et de l'embarras lorsqu'on sut enfin, après avoir reçu la collection complète des planches, que l'ouvrage devait se composer, d'abord d'une douzaine de planches plus grandes, ensuite, non pas de 352, mais d'au delà de 700 dessins, le mot pris dans le sens que le Ministre avait adopté dans sa résolution et qui avait été px'is pour base des conditions dont on était convenu avec M. Mieling. Un autre inconvénient était venu compliquer l'afiaii-e: c'est qu'on avait remis à M. Mieling un certain nombre de grands et de petits dessins, sans lui donner le moindre renseignement sur le format à adopter , ou sur d'autres détails , et que le chef de l'atelier avait mis ses graveurs à l'oeuvre, sans avoir fait un plan ou sans avoir demandé des éclaircissements sur la question du format ou sur les dimensions à donner à ces lithographies. Chose inconcevable! il avait abandonné au hasard la question de savoir s'il serait jamais possible de réunir toutes les planches dans un volume d'une dimension convenable.
On ne vit bien toutes ces difficultés que lorsque le travail était déjà passablement avancé; le nombre des pien-es préparées et approuvées, et qui auraient pu être livrées ainsi à l'impression, avait tellement augmenté qu'il manquait des pierres pour y graver les nouveaux dessins, et qu'il
n'était pas possible de remettre plus longtemps le tirage de quelques exemplaii'es. Il n'y avait pas d'inconvénient à tirer sur une même planche deux dessins gravés sur des pierres diiférentes ; mais il était devenu assez difficile de trouver un format qui pût convenir à des dessins de dimensions aussi variées.
Il était fort heureux que la plupart des grands dessins n'eussent pas été compris dans les premiers envois; une vue de Bôrô-Boudour avait seule été dessinée au crayon sur pierre. Que ferait-on de ce dessin d'un format exceptionnel? On songea un moment a le couper en deux et à le répartir sur deux planches ; mais on revint de cette idée ; la nature du dessin n'aurait pas permis de réunir ces deux planches en une seule, si on l'eût désiré. On aurait pu faire autre chose encore, raj)etisser les proportions du dessin et le réduire ainsi aux dimensions d'une seule planche; mais la finesse et l'exactitude du dessin auraient trop souffert de cette réduction ; d'ailleurs , l'une et l'autre de ces deux moyens auraient notablement augmenté les frais, et je n'osais conseiller au Gouvernement de s'imposer de nouveaux sacrifices pécuniaires. Il ne restait donc plus qu'à faire exception pour ce dessin et à ne pas lui appliquer le format qu'on avait adopté pour le reste. Voilà comment cette planche est l'estée la seule qui n'ait pu être comprise dans la reKure d'ensemble; il fallait la pHer en deux , à moins de la laisser en dehors de l'ouvrage et de l'encadrer pour en orner son salon ou son cabinet d'étude. Pour les autres grands dessins, il fut résolu qu'on les couperait en autant de feuilles que réclamerait le format adopté, sauf à réunir plus tard ces parties lorsqu'on voudrait en faire usage.
La différence des deux acceptions données au mot de ))dessins" amena encore un autre inconvénient. C'est que le nombre des petits dessins menaçait de s'élever à peu près au double du chiffre dont le Ministre avait parlé dans son contrat avec M. Mieling. Fallait-il s'en tenir à
cette signification malencontreuse, qu'on avait eu le malheui- et le tort d'adopter dans les pièces officielles ? Mais on voit d'ici les frais énormes que devait entraîner cette augmentation de dessins. D'après la distribution qui fut enfin adoptée, l'ouvrage devait se composer de douze grandes planches coupées en morceaux et réparties ainsi sur un chiffre de vingt-deux planches d'un format conforme à celui des planches plus petites; celles-ci devaient contenir deux bas-reHefs au lieu d'un seul; ce qui devait entraîner un double travail pour un nombre d'au delà de cent quatre-vingts planches, et une augmentation de frais que je fus chargé par le Ministre de régler avec M. Mieling. Je fixai un chiffre qu'on pouvait adopter dans les circonstances données , et une résolution ministérielle, datée du 5 Décembre 1857 , enregistrée sous L. A. n^. 13, cassa celle du 12 Mars 1856 et régla définitivement l'affaire.
Il pouvait sembler maintenant qu'on touchait à la fin des préambules, que le travail pourrait être repris avec ardeur, poursuivi régulièrement et achevé à l'époque voulue et fixée, n'était ce pour le travail tout entier, du moins pour la préparation et le tirage des planches.
Eh bien , loin de là ! De nouvelles déceptions survinrent ; nos iilus belles attentes se changèrent en illusions par suite des retards et des lenteurs désespérants de M. Mieling. Si l'on avait voulu s'en tenir aux conditions arrêtées , il aurait dû fournil* au moins dix planches par mois , tirées à cinq cents exemplaires; ce qui ferait pour le travail entier un espace de trois ans et demi, quatre ans au plus, et ce qui en faisait prévoir la fin dans les derniers mois de 1861. La première épreuve portait la date du 5 Mai 1857; ce fut au moins ce jour-là que je confrontai l'éiDreuve avec l'original du dessin; et cependant, ce ne fut que le 20 Avril 1867, six ans après le temps convenu , que M. Mieling m'avait mis en état de lui envoyer l'épreuve de la dernière planche munie de mon » imprimatur". Souvent il se passait deux ans avant que je reçusse la révision corrigée d'une
épreuve que j'avais confrontée avec l'original et renvoyée à M. Mieling accompagnée de mes observations. Aussi me vis-je réduit, en désespoirde cause, à une mesure un peu rigoureuse. Je refusai net à M. Mieling de confier de nouveaux dessins au travail de ses lithographes, jusqu'à ce qu'il m'aurait fourni préalablement les imprimés définitifs des épreuves corrigées que j'attendais depuis plusieurs années. Vers la fin de 1865 M. Mieling fut nommé directeur de l'imprimerie de l'Etat, avec l'autorisation toutefois de continuer les grandes publications dont le travail n'avait pu être achevé. Bôrô-Boudour était du nombre de ces ouvrages, et avant de se défaire de ses occupations, M. Mieling fit tirer dans ses ateliers ce qui lui restait des gravures. Les couvertures des livraisons munies du titre et d'une vue de Bôrô-Boudour, qui avaient déjà été préparées et dont l'épreuve avait été approuvée , ont été tirées plus tard dans un autre atelier.
Le changement qui s'était opéré dans les fonctions de M. Mieling devait amener encore un autre changement dans ses rapjjorts avec la publication de Bôrô-Boudom\ Il avait cessé d'être libraire-éditeur, et ne pouvait ainsi se charger de l'édition complète et de l'exploitation de l'ouvrage. Il fallait conclure un contrat avec un autre libraire. Je crus pouvoir recommander M. E. J. Brill, libraii-e-éditeur à Leide, et je me vis autorisé par décret royal du 13 Août 1867, n". 62, que le Ministre des Colonies porta à ma connaissance dans sa missive du 31 du même mois Lit. A»', n". 18, à conclure avec M. BrUl un contrat en règle pour tout ce qu'il restait encore à faire, conformément à un projet qui avait été ajDprouvé par le Ministre, et qui me fut remis.
Cependant tous les exemplaires qui avaient déjà été tirés et qui portaient le timbre du Ministère, reposaient encore dans les magasins de M. Mieling. Comme celui-ci devait être détaché entièrement du travail, il fallait commencer par le décharger de la responsabilité d'avoir à garder plus de
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200,000 planches. M. Mieling fut autorisé à remettre ce dépôt à M. Brill. Mais celui-ci n'était pas préparé à recevoii- une collection aussi volumineuse; l'espace nécessaire lui faisait défaut, et il ne put que recevoir les paquets et les enfermer dans ses magasins, se réservant de vérifier le nombre des exemplaires et d'apprécier l'état où ils lui étaient parvenus, dès qu'U trouverait le temps et l'espace nécessaires. Lorsqu' enfin cet examen put avoii" lieu, nouvelles déceptions! Il y eut cinq planètes dont on ne trouva aucun exemplaire, bien que toutes eussent été gravées, confrontées, approuvées et remises à M. Mieling, qui en avait accusé récei^tion. On comprend que M. Mieling fut chargé de refaù-e ces planches à ses propres frais, ce qui ne se fit pas cependant sans entraîner de nouveaux retards. Ceci arriva vers la fin de 1869. En attendant M. Brill avait continué à recueillir les planches et à les réunii- en livraisons. Ce travail terminé, il se trouva qu'on n'avait pu réunir que 465 exemplaires complets, au lieu des 500 (400 siu- papier de gravure, et 100 sur papier teint) dont il avait été convenu.
Il est clair qu'on ne pouvait pas se résigner à cet état de choses et que M. Mieling fut chargé de combler ces lacunes; pour cela cinq planches durent être gravées derechef, pour être remises à Mr. Brill, avec un certain nombre d'exemplaii-es qui étaient demeurés dans les magasins de M. Mieling. Enfin , dans les derniers mois de 1871 la triste affaire pouvait être considérée comme terminée. Et encore avait-il fallu sacrifier treize exemplaires de planches différentes qui n'auraient pu être fournis à moins de les faire graver de nouveau et d'exposer ainsi le travail à de nouveaux retards.
Le lecteur s'étonnera peut-être de nous entendre raconter au long tous ces incidents les uns plus fâcheux que les autres; mais ils font pai*tie de l'histoii'e de cette entrepi-ise intéressante, pom* laquelle le Gouvernement s'est imposé de si grands sacrifices, et ils doivent rendre compte des retards interminables qui ont arrêté la publication de cet ouvrage. De plus
d'un côté s'élevaient des murmures contre la lenteur excessive du travail; et une feuille hebdomadaire, le Spectateur néerlandais '), avait publié un article d'un inconnu écrivant sous le pseudonyme de Kroraolecsono , intitulé de Kunst in Nederlandsch Indië (Vart dans les Indes néerlandaises/, dont l'auteur était all('' jusqu'à dire que ))M. Wilsen n'aurait probablement jamais la satisfaction de voir paraître son travail." Je tâchai de dissiper ces sinistres prévisions par une rectification , que j'envoyai à la dite feuille le 9 Novembre de la même année , et qui fut acceptée; j'y rappelai tout ce qui avait été publié sur les travaux préparatoii-es et sur la marche de l'ouvrage depuis 1855 dans les Bijdragen voor Taal- land- en volkenkunde, publication annuelle de V Institut Royal des langues, des pays et des peuples des Indes néerlandaises. Mais depuis lors bien des années se sont écoulées, et plusieurs ont pu se demander avec raison s'il ne fallait pas renvoyer définitivement cette attente dans la catégoi'ie des illusions. Comme on savait en général que j'avais été chargé de conduire l'aflfaii'e, on pouvait supposer que je ne la prenais pas à coeur. Une apologie était désormais indispensable. J'avais à me défendre contre des soupçons possibles et naturels jusqu'à un certain point, j'avais à dégager entièrement ma responsabilité; et pour cela il fallait raconter en détail la marche des choses et déjoouil- 1er tous les dossiers que j'avais à ma disposition. Voilà ce qui ex^îlique. et justifie sans doute, l'exposé qu'on vient de lire.
Il me reste encore à donner quelques détails sui- le texte de l'ouvi'age.
Le Gouvernement avait commencé par ne demander l'avis de l'Institut Eoyal mentionné que sur l'exécution des planches ; comme délégué spécial du comitédirecteur pour cette affaire je n'avais donc eu qu'à m'occuper du travail
i) Nederlandsche Spedator du 8 Sept. 18G0, ii°. 3'">. p. 282.
lithographique, notamment à confronter les épreuves avec les dessins originaux, et en outre à chercher la meilleure distribution des planches et le format le plus convenable. Mais bientôt après il fallut étendi-e mon travail au texte, puisque le Ministre des colonies, dans sa missive du 19 Avril 1856, L. A. n". 22, exprima le désir d'entendre aussi sur ce point-là l'avis du comité-directeur de l'Institut.
Dans le 6''^'"'' alinéa de sa résolution du '3i Mars 1849 n^. 4 le Gouvernement des Indes avait demandé , entre autres , à la société de Batavia , si elle se sentait en état de rédiger le texte et si elle y était disposée. Dans les premiers mois de 1856 la société n'avait pas encore envoyé de réponse affirmative. En attendant M. Wilsen avait publié un article remarquable dans le premier volume de la Revue dite Tijdschrift voor Indische Taal- Land- en Volkenkunde année 1853, intitulé Bôrd-Boudour et contenant les résultats des recherches qu'il avait pu faire en préparant ses dessins. Plus tard il avait écrit un mémoire plus étendu, intitulé Bôrô-Boudour expliqué en rapport avec le Brahmanisme et le Bouddhisyne'^), dont il avait mis le manuscript à la disposition du Gouvernement des Indes. Le comité de la Société de Batavia, qui avait inséré le premier article de M. Wilsen dans sa Eevue, avait fait des difficultés pour le second, le jugeant ))trop étendu , et en ))0utre trop fantastique , manquant de science solide." Nous aurons l'occasion de revenir sur cette critique, qui ne me paraît pas tout à fait équitable. Le Département militaire des Indes s'était montr(î disposé à faire imprimer le travail, après que l'auteur l'aurait soumis à une révision, condition que celui-ci s'était empressé d'accepter. Mais ces bonnes intentions n'ont jamais pu être effectuées par suite de raisons (ju'on peut essayer de deviner, mais qui n'ont jamais été portées à la connaissance du public. En attendant, le manuscript reposa quelques
1; BâroBoedoer oerklaard in vcrhand met het Brahmanendom en het Boeddhisme.
années dans les Archives de la Société de Batavia. M. J. P. G. Brumund, membre du comité de la Société, qui s'était déjà fait une réioutation par ses écrits sur les anciens monuments de Java, et qui s'occupait en 1855 d'écrire une description de Bôrô-Boudour , s'offrit pour la révision du travail de M. Wilsen en vue d'une publication dans les Mémoires de la Société. Si je ne me tx'ompe, l'offre fut acceptée. Il existe en effet une lettre de cabinet du Gouverneur-Général au Ministre des colonies en date du 6 Février 1856 n°. 33 L. N., où ce haut fonctionnaire soulève l'idée d'ajouter aux planches une description exacte de la manière dont le travail avait été fait ; si l'article que M. Brumund était en train de préparer pouvait servir à ce but, on poun'ait, d'après la jjroijosition du Gouverneur-Général, emprunter ces feuilles aux Mémoires de la dite Société et les faire imprimer avec les planches de Bôrô-Boudour. On pourrait offrir de la part du Gouvernement des exemplaires de l'ouvrage à des sociétés savantes consacrées à l'étude des antiquités et de la littérature orientales et à quelques savants éminents dans ces branches, en les priant de contribuer par leur science à expliquer et à faire apprécier l'ancien monument.
On comprend qu'il était excessivement difficile, impossible même, de prononcer un jugement bien fondé sur le texte, ou d'établir un i^lan pour cette ' partie du travail, sans avoir eu l'occasion d'étudier très exactement tous] les matériaux qui devaient entrer ici en ligne de compte, surtout le manuscript de M. Wilsen. On avait assez pu voir par l'article qui avait paru de lui dans la Revue citée, qu'U était homme à donner des observations aussi judicieuses qu'intéressantes, lors même que tel ou tel passage de ce même article pourrait justifier dans une certaine mesure la critique que le comité de la Société de Batavia , d'accord avec M. Brumund , avait faite du second travail de M. Wilsen. Quoi de plus naturel d'ailleurs, que de voir un homme, qui en cette matière était plutôt artiste, qu'érudit, suirre un peu trop son imagination. Il y avait lieu néanmoins
d'attacher une très grande importance au moindre fait, à la moindi-e idée venue de lui; toutes ses communications pouvaient être considérées comme indispensables. Personne n'avait vécu autant que lui avec les ruines de Bôi'ô-Boudoixr ; il en avait examiné les plus petits détails, les moindres finesses, il avait essayé de pénétrer dans l'esprit de l'architecte et des artistes. Il avait pu étudier le monument toujours de nouveau et tant qu'il avait voulu; par suite d'une comparaison réitérée des différents basreliefs, il avait eu, plus qu'aucun autre, la chance de retrouver le fil conducteur dans ce dédale de tableaux. Il pouvait donc paraître au moins probable, que M. Wilsen plus que tout autre, aurait bien saisi l'idée fondamentale de toute la construction, notamment celle des bas-reliefs
En attendant que je trouverais l'occasion de prendre connaissance du manuscrit de M. Wilsen, et en me réservant ce plaisir, je crus pouvoir donner en considération au Ministre d'inviter M. WUsen à mettre à la disposition du Gouvernement tout ce qu'U possédait en fait d'explication de ses plans et de ses dessins: d'abord, le texte indispensable qu'il avait déjà préparé, ensuite un recueil de toutes les observations et de toutes les découvertes qu'il avait pu faire en rapport avec l'idée de l'édifice, des bas-reliefs et des autres décorations, ce qui serait encore à faire. J'ajoutai qu'U me paraissait convenable de remettre les matériaux de M. Wilsen avec ce qui avait déjà paru de la main d'autres artistes et d'autres savants, ou ce qui devait paraître encore (par exemple le travail de M. Brumund), à une commission néerlandaise; ceUe-ci, assistée d'un architecte compétent, aurait ensuite à faire de ces matériaux un travail d'ensemble concis mais complet qui pût servir de texte à l'ouvrage ; le texte pourrait être mis à la disposition des souscripteurs soit gratis , soit à un prix modique , et le tout pourrait être accompagné d'une préface, renfermant un aperçu de la manière dont tout le travail avait été entamé et mis à exécution. Le Ministre approuva ces idées et écrivit bientôt au Gouverneur-Général
le priant d'insister auprès de la Société de Batavia ou de M. Bruuiund, poiu- que le travail de ce dernier pût bientôt être achevé; le Gouverneur- Général devait demander en outre à M. Brumuud la permission de faire publier son travail comme texte de l'ouvrage , en hollandais d'abord , ensuite si le Gouvernement le jugeait convenable, accompagné d'une traduction fi-ançaise; cette mesure n'ôterait rien à son droit personnel de le faire paraître dans les Mémoires de la Société.
Dans sa prochaine missive au Ministre le Gouverneur-Général communiqua à son Excellence le contenu d'une lettre de M. Brumund au Secrétaire Général du Gouvernement des Indes , du 9 Juillet 1856 , portant que M. Brumund avait eu i^endant quelques mois à sa disposition les planches et le manuscrit de M. Wilsen, et qu'il était disposé à remettre au Gouvernement sa ))Description comparée et critique de Bôrô-Boudour" (vergelijkende en beoordeelende beschrijving van Bôrô-Boedoer) jDOur en faire faire une traduction française et pour la publier en même temps que les dessins. Il s'engagea en outre à achever le travail qu'il avait préalablement destiné aux publications de la Société de Batavia, vers la fin de 1856 ou au commencement de 1857. Avant de passer à cette mesure M. Brumund désirait revoir Bôrô-Boudour, qu'il avait déjà visité deux fois; dès que ce voyage serait terminé il comptait demander vin congé de deux ans povn- se rendre aux Pays-Bas, après s'être arrêté en passant à Ceylan et à Bombay, afin d'y étudier les édifices bouddhiques; enfin il aimerait que la traduction fût faite dans les Pays-Bas sous sa direction personnelle. Il ne put consentir cependant à laisser critiquer son travail en dehors de lui et à y voir ajouter des annotations, dont la justesse et la valeur lui paraîtraient peut-être contestables.
Les difficultés restaient donc absolument les mêmes pour le comitédirecteur de l'Institut, en ce qui concernait la rédaction du texte de l'ouvracre. Comment faire un plan pour cette partie du travail? et com-
xxxrv
ment faire usage de la description de M. Bramund sans qu'on eût en l'occasion d'en prendre connaissance?
Le comité-directeur trancha la difficulté en maintenant son avis, que le Gouvernement ne devrait pas s'engager à publier le travail de M. Bnimund à titre de texte explicatif des planches , ou même à l'insérer tel qu'il était et en son entier dans le texte qui serait à faire ; il ne faudrait provisoirement que lui donner une place parmi les matériaux qui devaient servir ensuite à composer le texte, puisqu'il ne serait possible, en effet, d'apprécier ce travail qu'après en avoir pris connaissance ; il y aurait donc à se prononcer ultérieurement sur la question de savoir si la Description de M. Bxaimund pourrait être fondue avec les travaux imprimés et manuscrits de M. Wilsen, ou bien s'il vaudrait mieux faire suivre les différentes parties les unes après les autres, sauf à les unir ensemble d'une façon quelconque.
M. Bi-umund avait eu l'occasion d'examiner tous les matériaux que M. Wilsen avait foux'nis; comme on l'avait même autorisé à en faire usage, U était clair qu'il avait dû en profiter pour son travail à lui. On pouvait supposer qu'U se serait empressé de Tendre hommage et justice aux mérites de l'éminent artiste, spécialement à l'exjjlication que celui-ci avait donnée des bas-reliefs, où il avait retrouvé le premier une histoii'e suivie de la vie du Bouddha. Mais enfin , ce n'était là qu'une supposition dont il ne serait possible de vérifier l'exactitude que par une étude consciencieuse du travail de M. Brumund.
Il fallait donc nécessairement que le Gouvernement restât entièrement libre dans l'usage à faire de la Description du savant écrivain. En attendant, on pourrait lui fournir l'occasion, ou le soutenir au moins, dans son projet de renouveler sa visite à Bôrô-Boudour , afin d'éclaircir ses idées sur plusieurs points restés obscurs.
M. Brumund aurait, d'ailleurs, toujours la faculté de faire paraître son mémoire dans les travaux de la Société de Batavia, confoimément à ses
premières intentions; à la condition toutefois de le faire insérer dans le prochain volume des Mémoires de la Société. Sinon, le Gouvernement aurait le di'oit de le réclamer et d'en disposer à des conditions qu'on réglerait ultérieurement. Au reste , qu'il fut publi(; ou non à part , le Gouvernement devait rester libre de faire usage de ce mémoire, soit en entier soit en partie, j^our le texte explicatif du grand ouvrage de Bôrô-Boudour.
Afin de donner un conti-epoids ù ces conditions, qui devaient lier M. Brumund , le Gouvernement ijourrait s'engager à le soutenir matériellement ou moralement dans son projet de visiter Bôrô-Boudour et d'autres édifices de Java, ce qui ne pourrait lui être iudifférent. Un tel arrangement permettrait au Gouvernement, et plus tard à la personne ou à la commission qui serait chargée de rédiger le texte, de maintenir sa liberté entière et de n'avoii' à remplir vis-à-vis de personne des obligations dont on voudrait peut-être, mais dont on ne pourrait plus se dégager après.
En attendant, le Gouverneur-Général avait écrit à M, Brumund, le chargeant par résolution du 30 Décembre 1856, n°. 10, ))de fournir au gouvernement , dans l'intérêt de la science , une description critique de Bôrô-Boudour. qui pourrait servir de texte explicatif (des planches)". Il est possible que M. Brumund n'eût pas tout à fait tort de conclure des termes de cette résolution, que le travail qu'on attendait de lui ne devait pas être considéré comme faisant partie des matériaux du texte, mais comme le texte lui-même. Mais une telle interprétation aurait été entièrement contraire à ce que le comité-directeur de l'Institut avait jugé utile et à ce que le Ministre avait cru nécessaire. Le Ministre était d'opinion que rien n'autorisait une telle interprétation de sa résolution; que le Gouvernement ne s'était nullement engagé à se servir du travail de M. Brumund tel qu'il était , sans y rien changer ; que toutes ses obligations se bornaient à faire usage du dit travail jDOur la composition du texte, si du moins ce travail paraissait suffisant au point de vue de la science;
l'idée de ranger la Description de M. Brumund parmi les matériaux d'où devait sortir le texte , fut donc maintenue. Le Ministre eut soin d'informer le Gouverneur-Général qu'il ne pouvait donner un autre sens au mandat dont M. Brumund avait été chargé, ce qu'il fit dans une lettre en date du 9 Mai 1857 Lett. A. n°. 32/532, et le Gouverneur porta le contenu de cette lettre à la connaissance de M. Brumund le 20 Octobre suivant. Depuis longtemps, du reste, celui-ci avait pu se renseigner sur la vraie portée de son mandat ; il avait eu connaissance de plusieurs pièces , notamment aussi des lettres du comité- directeur de l'Institut du 31 Octobre et du G Décembre 1856 n*^. 79 et n°. 83, dont on lui avait envoyé copie.
En Septembre 1857 M. Brumund avait fait son voyage projeté à Java et achevé sa Description, qu'il remit au Gouverneur-Général au commencement d'Octobre. Celui-ci l'envoya sans retai-d au Ministre des Colonies, et le Ministre l'envoya à son tour au comité-directeur de l'Institut, accompagnée d'une lettre en date du 17 Janvier 1858, Lett. A. n^. 22. Le comité avait déjà reçu auparavant deux autres pièces, c'est-à-dire le manuscrit de M. Wilsen, qui lui avait été envoyé en date du 28 Sept. 1857, Lett. A. n». 9, et une Description de quelques has-reliefs fomschrijving van eenige has-reliefs], par lettre du 4 Novembre 1857, Lett. A. n°. 7; il pouvait donc maintenant être censé posséder toutes les données indispensables pour faire le plan d'un texte convenable et suffisant.
On soumit les pièces à un examen consciencieux, et l'on constata, comme premier résultat de l'examen, qu'il serait convenable de modifier le plan primitif, qui avait été proposé en 1856.
D'après la nouvelle idée, le texte devait contenir aussi bien ce qui avait été fourni par M. Wilsen, que ce qui avait été recueilli et élaboré par M. Brumund, sauf à modifier les données des deux auteurs et à faire usage de ce que l'un et l'autre avaient déjà fait imprimer sur Bôrô-Boudoui-. Voici la méthode qu'on se proposait de suivre: les travaux de l'un
et de l'autre devaient être publiés à part, de façon à former deux parties parfaitement distinctes; chacune des deux parties devait traiter les points que l'autre avait laissés de côté ou ù peine effleurés, ou bien ceux que l'un des deux auteurs avait soumis à un nouvel examen, n'ayant pu se raUier aux conclusions de son collaborateur.
De cette façon le texte devait se composer, pour la partie due à M. Wilsen, des chapitres suivants:
Descriptio7i de Védifice et de ses détails.
(D'après la notice qui avait paru dans la revue Tijdschrift van het Bataviaasch Genootschap , et intitulée Bôrô-Boudour.
Description et explication des has- reliefs.
Signification et destination de Védifice.
(Ce chapitre devait contenir la signification des images, des coupoles, niches etc., des ornements symboliques et autres).
Histoire de la construction.
(Les traditions que les Javanais en avaient conservées et l'appréciation de l'édifice par les Javanais actuels).
Bôrô-Boudour comparé à d'autres constructions.
Le monument au point de vue de Vart, et
Détails se rapportant à l'histoire de la civilisation, des moeurs et des coutumes de V ancien Java, d propos des tableaux de Bôrô-Boudour.
La partie due à M. Brumund devait fournir les chapitres suivants :
Annotations, objections et suppléments aux articles de M. Wilsen.
Bôrô-Boudour comparé à quelques temioles de VInde en deçà du Gange, surtout aux temples de Java.
De Vépoque et des circonstances de la construction et de la décadence de Bôrô-Boudour en rapport avec V ancienne histoire de Java.
M. Brumund pourrait naturellement rédiger, retoucher et compléter les parties de son manuscrit qui devaient figurer dans le texte. Il ne devait
pas avoir trop de peine à rédiger en un seul chapitre ses annotations, objections et suppléments aux articles de M. Wilsen, puisqu'il avait fait copier l'essentiel du manuscrit de M. Wilsen et qu'il avait conservé l'original ou une copie de la Description qu'il avait fournie au gouvernement des Indes; quant aux deux autres chapitres, on n'aui-ait qu'à les emprunter à son manuscrit , sauf à y ajouter les modifications qu'il pourrait juger désirables ou nécessaires. Ensuite l'ouvrage devait être accompagné d'une traduction française , imprimée soit à part , soit en face du texte néerlandais.
Lorsque le plan fut an-êté , le Ministre jugea convenable de le porter à la connaissance de M. Brumund, qm était retoui'né en attendant aux Pays-Bas, sans avoir jiu donner suite à son idée de visiter les ruines de la Présidence de Bombay et de l'île de Ceylan. Le Ministre désirait s'assurer du concours indispensable du savant auteur. On avait d'autant plus besoin de la collaboration de M. Brumund, que celui-ci avait exprimé lui-même le désir de soumettre certaines parties de son manuscrit à une révision sérieuse , pour les modifier , les rectifier ou les compléter ; et qu'en outre il s'était déclaré disposé à entrer en rapport avec des savants néerlandais, dans le but d'entendre leur avis sur ses travaux et de profiter de leur critique.
Malheureusement M. Brumund ne pouvait se rallier au plan que le comité- directeur de l'Institut avait tracé. Il resta attaché à sa première interprétation des termes de la résolution par laquelle le Gouverneui- Général lui avait donn('' le mandat de fournir une description critique du monument. Il déclara positivement qu'il renoncerait volontiers à voir son travail servir de texte , si des juges compétents le trouvaient insuffisant ; mais ce fut tout aussi formellement qu'il rejeta le plan arrêté, disant que »ce plan n'avait pas traité sur un pied d'égalité les droits réciproques des deux auteurs; que les intérêts de l'un risquaient d'être sacrifiés à ceux de l'autre; que les travaux de M. Wilsen, présent(;'S sous une forme nouvelle,
y prendraient la première place, tandis que son travail à lui n'y serait qu'un )) supplément ou un commentaire".
Il suffira de jeter un coup d'oeil sur le plan que nous avons exposé plus haut, pour voii- que l'idée de M. Brumund n'était pas tout à fait juste; bien loin d'élever un des auteurs aux dépens de l'autre, on avait eu dès l'abord l'intention de sauvegarder autant que possible les droits des deux auteurs, de mettre en relief les mérites de l'un et de l'autre et de fondre leurs écrits en un travail d'ensemble , pour autant que les circonstances le permettraient.
M. Brumund développa ses objections dans une lettre détaillée adressée au Ministre, en date du 19 Novembre 1858; le Ministre m'en donna copie, accompagnant cette pièce d'une lettre en date du 14 Décembre, Lett. A. n°. 12; j'écrivis à mon toui* au comité-directeur de l'Institut en date du 21 Décembre, et le comité envoya ma letti'e au Ministre le 23 du mois.
Je n'ai jamais pu savoir si le contenu de ma lettre et les éclaircissements que j'y avais donnés sont parvenus à la connaissance de M. Brumund, et si, en suite de ces communications, il a modifié sa manière de voir. M. Brumund se trouvait à ce moment à Maastricht, dans un milieu trop éloigné de Leide pour qu'il fût facile de se mettre en rapport personnel avec lui. Peut-être faut-il attribuer à un deuil de famille et à son retour assez précipité vers les Indes le parti qu'il prit de renoncer à retoucher sa description critique. Les perspectives n'étaient pas brillantes; rien ne faisait prévoir une publication prochaine de l'ouvrage; en outre, comment aurait-il pu se mettre à la disposition du Gouvernement, depuis qu'il savait que le Ministre avait adopté, par résolution officielle, l'idée générale du plan que j'avais conçu et recommandé, de concert avec mes collègues du comité-directeur de l'Institut.
Revenons à la lettre ministérielle du 14 Décembre 1858, Lett. A. n°. 12. Le ministre des colonies, qui avait été lui-même l'initiateur de l'entreprise
lorsqu'il avait rempli les fonctions de Gouverneur-Général, avait exprimé dans cette lettre le désii- de me voir me charger de la rédaction du texte pom- le eus où M. Brumund refuserait de donner son concours aux conditions adoptées. Celui-ci aurait toujours le droit de publier une description de Bôrô-Boudour ; il lui faudrait attendre cependant que l'ouvi-age du Gouvernement eût paru. Il pourrait rentrer aussitôt qu'il le désirerait dans la possession de son manuscrit, mais le Gouvernement réclamait le droit de s'en servir d'abord pour l'ouvrage qu'il se proposait de publier, puisque c'était pour lui et à sa demande que M. Brumund avait fait sa description critique ').
On comprendra facilement mes hésitations à accepter un mandat, qui devait sans doute m'honorer, mais dont les difficultés étaient nombreuses. M. Brumund n'avait pu se résoudre à retoucher les parties de son travail que le Gouvernement réclamait pour la l'édaction du texte, afin de les fondre avec le reste en un travail d'ensemble bien suivi et complet; e^ maintenant , j'aurais à faire , moi , ce travail ! Certes , j'étais le premier à
1) Je ne saurais dire jusqu'à quel poiut la Société de Batavia a pu se croire autorisée à publier une très grande partie du dit manuscrit, dont elle a dû trouver la copie dans les papiers de Brumund. Le fait est que le mémoire en question a paru dans le XXXTII'Ènie volume des Mémoires de la dite Société. Il me semble toutefois que cette publication ne concordait pas avec la résolution ministérielle du 14 Décembre 1858, Litt. A. n°. 12, portant que la description de M. Brumund ne pourrait être publiée qu'après que l'ouvrage du Gouvernement aurait paru. Le manuscrit de Brumunil était devenu la propriété du Gouvernement; à lui seul le droit d'en disposer. Il faut supposer que la Société de Batavia n'avait jamais eu connaissance de cette stipulation , ou qu'elle l'avait oubliée. Pour moi, je n'ai jamais su que le Gouvernement ait renoncé à la maintenir. Quoi qu'il en soit, la publication du manuscrit présente un certain avantage: c'est qu'il existe maintenant une occasion, fort désirable pour moi, de juger jusqu'à quel point j'ai fait un usage convenable de la description de M. Brumund. Ceux qui voudront porter ce jugement, ne doivent pas oublier cependant, que l'auteur peut avoir modifié ou complète' i)lus tard son travail original. 11 faut regretter d'ailleurs que le travail de Brumund soit resté inachevé et que la société n'ait pu le publier ainsi que sous cette forme incomplète.
reconnaître que le plus désirable à tous égards serait de charger un seul homme compétent de composer un texte avec tous les matériaux disponibles, tandis qu'il pourrait se faire renseigner sur le détail par des spécialistes. Mais je n'estimais pas que dans les circonstances présentes il fût possible d'atteindre ce but. La difficulté serait moins grande si tous les matériaux provenaient de la môme main, ou s'il n'y avait eu, en dehors de ceux que M. Wilsen avait fournis, que les rapports qui reposaient dans le Musée d'Antiquités, dont nous aurons à parler plus bas. Et encore, le travail n'aurait pas présenté de trop grandes difficultés , si M. Bi'umund avait publié sa description critique ou tel autre article sans avoir pi'is connaissance des mémoires inédits de M. Wilsen; de cette façon il aurait acquis un droit d'auteur, qui aurait permis au lecteur déjuger, lorsqu'un autre aborderait le même sujet, jusqu'à quel point celui-ci aurait respecté oui ou non ses droits. Mais il y avait tout autre chose à faire. Il fallait faire un ensemble de mémoires inédits, provenant de personnes différentes et traitant le même sujet ou les mêmes détails du sujet; il s'agissait de faire ce travail sans devenir injuste envers l'un ou l'autre, et de préciser convenablement la part que chacun d'eux avait apportée à Tensemble. Eh bien, voilà une tâche que je n'osais entreprendre. Eien ne pouvait m'être plus agréable que de faire tous mes efforts pour mener l'entreprise à bonne fin , mais je devais reculer devant une telle responsabilité.
Il y aurait moins d'inconvénient à faire ce travail pour le manuscrit de M. Wilsen. Il était étranger, et, à cette époque au moins, il n'était pas encore assez à la hauteur de la langue néerlandaise pour pouvoir se passer du secours d'un correcteur compétent lorsqu'il s'agirait de retoucher son travail; il avait été assisté en cela lorsqu'il s'était agi de la rédaction de ses articles imprimés. Si personne d'autre ne pouvait se charger de cette espèce de collaboration et ne voulait rédiger les matériaux recueillis
par M. Wilsen en un travail d'ensemble, auquel celui-ci n'aurait pas à refuser son approbation, et qu'il poun-ait faire publier sous son nom, — je pourrais voir si mes autres obligations, mes loisirs, mes forces, ma santé me permettraient de faire cette besogne pour le plaisir de M. Wilsen. Il y aurait lieu de l'accepter, parce que j'étais sûr que M. Wilsen n'y ferait pas d'objection. Il avait déclaré à plusieurs reprises, et même après avoir été consulté tout exprès, qu'il adoptait d'avance et sans réserve toute les modifications que je jugerais nécessaire d'apporter à ses articles.
J'avais fait part de mes objections au Ministre. Dans une lettre adressée au comité-directeur de l'Institut, en date du 17 Janvier 1869, Lett. A n°. 57, le Ministre les reconnut en partie pour légitimes, mais appuya par de nouveaux motifs son désir de me voir accepter le mandat; les raisons alléguées ne purent, il est vrai, écarter entièrement mes objections, mais elles me firent plus au moins un devoir de répondre au voeu du Ministre. J'écrivis le 5 Mai 1859 à mes collègues de l'Institut pour leur dire que j'étais disposé à faire un travail d'ensemble des matériaux que j'avais à ma disposition; que j'espérais faii-e quelque chose qui pût me justifier suffisamment, sinon devant le public, au moins devant ma conscience, dans la grave question de savoir si j'avais rendu justice à tous ceux qui avaient fourni les matériaux, si j'avais donné à M. Brumund et à M. Wilsen la part à la quelle chacun d'eux avait droit. Bientôt après une résolution ministérielle, en date du 4 Mars 1859, Lett. A n\ 24, confirma mon mandat. J'abordai ma tâche en me consultant avec le comité-directeur de l'Institut ; plus tard je crus devoir donner ma démission comme membre de ce comité, et même comme membre de l'Institut ');
1) Si (quelqu'un désire connaître les raisons qui déterminèrent cette démarche, il pourra consulter uu avis imprime que j'envoyai aux membres de l'Institut en date du 17 Juin
je fis part de cette démarche au Ministre , et son Excellence m'autorisa , par résolution du 20 Juin 1860, L. A. n°. 2, à » continuer ce que j'avais à faire pour la publication de l'ouvrage sur Bôrô-Boudour et du texte, et à m'acquitter aussi des autres travaux scientifiques dont je pourrais êti'e chargé par le Département, sans avoir besoin de me mettre en rapport avec le dit Institut, qui fut déchargé de sa surveillance et de sa direction."
Voici les matériaux que j'eus à ma disposition, sans compter les travaux sur Bôrô-Boudour qui avaient paru auparavant:
A. L'ai-ticle de M. F. C. Wilsen, intitulé: Bôrô-Boudour inséré dans la Revue pour l'étude de la langue des pays et des peuples des Indes, publiée par la Société de Batavia pour les arts et les sciences. Vol. I. page 235 — 302 '). Cet article intéressant donne, dans sa première partie, la description générale de l'édifice, la description spéciale des basreliefs, des terrasses avec les coupoles ou dagobs et des statues qui y ont été placées.
La seconde partie traite de la destination, de la signification et de l'histoire de l'édifice.
Dans la troisième partie il est question des vestiges de l'Hindouïsme se rapportant à Bôrô-Boudour, qu'on trouve encore chez les habitants actuels de Java, et des légendes concernant ce monument qui ont été conservées dans la bouche du j^euple.
B. Un manusci-it de M. Wilsen, intitulé: Bôrô-Boudour explique
1860, et un article inse're' dans le Messager général des arts et des lettres (Jlgemeene Kunst- en Letterbode) en date du 5 Oct., même année. La raison principale se trouvait dans les circonstances qui avaient fait e'chouer les tentatives d'amener une fusion entre les deux socie'te's qui s'occupaient des Indes, l'Institut Royal, et la Société pour les Indes (Indisch Genootschap) , fusion que j"" avais beaucoup désirée.
1) Tijdschrift voor îndische Taal- Land- en Volkenkunde , uitgegeven door het Bataviaasck Genootschap ran Eunsteu en Wetenscfiappen.
en rapport avec le Brahmanisme et le Bouddhisme, en trois volumes , ou trois recueils.
Premier volume.
Brahmanes et Boaddhistes.
I. Les Indiens jusqu'à la venue de Çâkya-mouni. IL Vie et doctrine de Çâkya-mouni (le Bouddha).
III. Propagande bouddhiste. Âge d'or. Sectes. Guerre avec les Brahmanes.