‹ Bôrô-Boudour dans l'île de Java, Dessiné par ou sous la direction de Mr. F.C. Wilsen, avec texte descriptif et explicatif, rédigé, d'apres les mémoires manuscrits et imprimés de MM: F.C. Wilsen, J.F.G. Brumund et autres documents, et publié, d'apres les ordres de son excellence le ministre des coloniesChapitre 9 sur 31 · DEUXIEME GALERIE; PAROI POSTERIEURE, SERIE INFERIEURE · texte numérisé non relu

DEUXIEME GALERIE; PAROI POSTERIEURE, SERIE INFERIEURE

Nous avons donc terminé notre tournée le long de la série supérieure des bas-reliefs qui couvrent la paroi postérieure des quatre faces de cette galerie ; passons maintenant à la série inférieure en observant le môme ordre que nous avons suivi jusqu'ici. Nous commencerons ainsi par l'entrée qui se trouve à l'Est et nous continuerons notre tournée à gauche, jusqu'à ce que nous arrivions de nouveau à notre point de départ, c'est-à-dire au dernier des cent quatorze bas-reliefs qui sont restés visibles , sur les cent vingt qu'on y a trouvés autrefois.

Il serait assez naturel de supposer que cette seconde série renfermât la suite de l'histoire du Bouddha ou bien des événements qui se trouvent en rapport avec cette histoire; peut-être aussi faut-il s'attendre à des scènes plus détaillées ou modifiées de sa vie , puisées dans des traditions qui s'écartent des sources qu'on avait consultées pour la série supérieure. Mais nous ne rencontrons sous ce rapport que des déceptions. Impossible de trouver le moindre rapport entre le dernier bas-relief de la série supérieure et le premier de la série inférieure; et lors même qu'il ne semblerait pas impossible en soi , d'admettre un certain rapport entre quelques-uns dos tableaux correspondants des deux séries , il faut avouer cependant , que nous perdons bientôt le fil qui devrait nous guider ici. Nous ne trouvons pas même que les tableaux de la série inférieure soient assez reliés ensemble pous nous y faire reconnaître une histoire continue, et il n'y en a que très peu qui nous permettent de supposer entre eux un rapport un peu proche. Nous examinerons rapidement ces basreliefs, nous arrêtant seulement un peu plus à ceux qui présen-

tent quelques détails remarquables. La série supérieure nous a déjà assez appris du reste , sur la nature des scènes que nous rencontrons sur les parois de Bôrô-Doudour ; il nous paraît donc inutile d'entrer toujours de nouveau dans des explications et des commentaires, lorsque nous retrouverons des scènes dans le genre de celles que nous avons déjà examinées et décrites. Les basreliefs de celte série sont représentés par les plancbes XVI à GXXXV, et sont marqués par des cbiffres pairs.

PI. XVI , 2. Un prince et son épouse assis dans un pendopo non loin de leur palais, reçoivent les hommages d'un grand nombre de personnes de condition, parmi lesquelles se trouvent des guerriers distingués; la feuille de pisang, le parasol, l'émouchoir et les grands éventails de plumes de paon montrent, que les étrangers appartiennent à la caste la plus élevée.

PI. XVII, A. Un homme de condition avec sa suite dans laquelle se trouve un guerrier. Devant lui un veillard, appuyé sur un bâton marche en chancelant, tenant dans sa main droite un instrument étrange qui ressemble bien un peu aux crampons dont on se sert actuellement; tous se dirigent vers un endroit rocailleux dans la forêt, où quelques biches sont paisiblement couchées.

PI. XVIII, 6, et XIX, 8. Peut-être y a-t-il quelque rapport direct entre ces deux bas-reliefs. On dirait au moins qu'ils représentent des situations consécutives des mêmes personnages. Le premier représente à droite du spectateur un soldat armé d'un arc et de flèches, tandis qu'un adorateur des Nâgas, qu'on reconnaît aux serpents qui s'entortillent dans sa coiffure , s'agenouille devant lui dans une attitude de suppliant. Le groupe qui suit à gauche , nous montre le même guerrier à côté d'un étang rempli de fleurs de lotus, et au milieu de l'étang l'adorateur des Nâgas, dormant et la tête appuyée sur la main droite. Il semble que le gardien, touché du sort de l'homme qui implorait sa pitié, lui ait ouvert un asyle dans cet étang. Ensuite nous voyons, toujours dans la même forêt, un veillard, ayant un peu le même costume que celui qui portait l'instrument étrange sur l'autre bas-relief, accroupi près d'une grande cuve ou d'une

large pierre sur laquelle il a allumé des morceaux de bois dont la flamme s'élève bien haut. Peut-être faut-il trouver dans un quatrième groupe le même homme, apportant des nouvelles ou demandant des ordres à un personnage de condition qui est assis dans un pendopo; la coiffure un peu différente pourrait seule faire douter de l'identité.

PI. XIX, 8 nous montre une foule d'adorateurs des Nâgas; à droite se trouve un de leurs princes ou chefs avec sa femme , donnant l'un et l'autre leurs ordres à deux de leurs serviteurs qui sont assis à côté du pendopo; l'autre côté du bas-relief représente ces serviteurs occupés à offrir les cadeaux de leurs maîtres à un prince Indien, La fleur de lotus fermée que l'homme de condition qui se trouve auprès du prince , tient à la main , se rapporte peut-être à l'adhésion que le prince a donnée à la vraie doctrine; il faudrait en conclure que nous avons ici devant nous une ambassade d'incrédules , ou du moins de tribus qui n'ont pas encore été converties au Bouddhisme, envoyée à un prince Brahmane ou Bouddhiste.

PI. XX, 10. Un pénitent ou un mendiant Brahmane, qu'on reconnaît comme tel à ses cheveux nattés, à son état de nudité complète et à sa maigreur , est assis dans sa retraite ; son disciple se trouve à quelque distance devant lui. Un peu plus loin une femme se tient près d'un étang entouré de fleurs de lotus, et au-dessus d'elle six femmes, dont trois semblent trahir par leur coiffure leur condition plus élevée , s'éloignent en volant. Nous n'osons affirmer que l'étang soit le même de tout à l'heure.

PI. XXI, 12. Un homme de condition, accompagné de sa suite, reçoit des hommages , ou peut-être une commission , que lui transmettent deux serviteurs de la suite de quelques femmes de condition qui se trouvent à une petite distance. Derrière la suite on voit une troupe de soldats armés d'épées et de petits boucliers, dont le chef semble exprimer son étonnement.

PI. XXII, 14. Un prince, entouré de sa suite est assis dans un pendopo et s'entretient avec un Brahmane, dans la suite duquel se trouvent quatre hommes armés de condition. La gaine du glaive d'un de ces hommes semble être faite de deux feuilles

de bois, reliées par des liens de bambou, comme cela se voit encore dans plusieurs îles de notre archipel.

PI. XXIII, 16. Un prince et une princesse s'entretiennent ensemble dans le palais de la dernière; trois servantes de la princesse se trouvent à quelque distance. La suite nombreuse du prince , dans laquelle se trouvent aussi des hommes armés , est assise de l'autre côté du palais, ornée de tous les insignes de dignité et de noblesse. Les quatre personnages qui se tiennent derrière le prince et qui se distinguent par leur coiffure plus simple, portent des fleurs de lotus à la main. Ces fleurs ont sans doute une signification symbolique.

PI. XXIV, 18. Un prince accompagné de ses serviteurs est assis sous un arbre ; cinq géants ou mauvais esprits , se distinguant par des cheveux ébourrifés, de grandes moustaches, des défenses proéminentes et d'immenses anneaux ou plaques ornées en guise de pendants d'oreilles, lui apportent leurs hommages. Leur suite qui se tient derrière eux ou qui est en train d'arriver, porte les cadeaux , qui se composent ici d'un tableau , d'une grande boîte fermée , d'un grand plat orné d'une couronne royale , d'un carquois rempli de flèches, d'autres armes et d'autres objets renfermés dans un grand panier pourvu d'un couvercle.

PI. XXV, 20. Un prince assis dans sa maison avec sa femme et deux serviteurs, donne audience à six hommes, peut-être des savants Brahmanes avec lesquels il a engagé une conversation très animée. A quelque distance se trouve sous l'ombrage une troupe d'hommes armés, ayant un personnage de condition à leur tête , et à côté d'eux les insignes ordinaires de leur dignité. Parmi les hommes armés se trouve un des esprits sauvages ou des géants comme ceux du dernier bas-relief; mais il semble être ici un personnage inférieur chargé de porter l'émouchoir.

PI. XXVI, 22. Gmq personnages sont assis près d'un temple et derrière ceux-ci cinq autres, qui portent des armes, s'entretiennent avec beaucoup d'entrain; devant eux se trouve un grand vase fermé, rempli d'offrandes. Au-dessus d'eux plane une pincesse, qui descend assez rapidement en volant sur un nuage, ou bien qui s'élève obliquement, comme si elle sortait du temple;

quatre perroquets volent après elle. Dans l'un des nuages on distingue une plante de lotus, tandis que des fleurs de lotus tombent du ciel sur le vase et à côté.

PI. XXVIl , 24". Un prince assis dans son palais reçoit une visite et des cadeaux d'un autre prince , dont la suite se compose d'un grand nombre d'hommes très distingués, parmi lesquels sont plusieurs hommes armés et probablement aussi son F*ourohita ou son prêtre particulier. Derrière le premier de ces deux princes se trouvent quelques personnes de sa cour , portant les cadeaux qu'il destine comme un hommage à l'illustre étranger.

PI. XXVIIl , 26. Un prince et une princesse s'entretiennent ensemble dans le palais de la dernière ; la servante de la princesse s'est agenouillée à côté de son trône. Dans la suite du prince se trouve un éléphant sur lequel il a fait son voyage.

PI. XXIX, 28. Ce tableau représente un prince assis dans son palais, portant l'auréole comme un signe de sainteté, accompagné d'un homme et d'une femme de sa suite, qui sont accroupis auprès de lui. Des deux côtés du palais se trouvent sa garde et sa suite avec deux éléphants, dont l'un porte un siège surmonté d'un coussin. Probablement le vieillard à gauche du temple est-il un religieux savant et célèbre qui vient prendre le prince pour l'accompagner dans un voyage.

PI. XXX, 30. Un prince, peut-être celui du précédent basrelief, sauf toutefois l'auréole qui manque ici , se trouve dans un endroit isolé de la foret, soutenant une conversation animée avec un pénitent Brahmane , dont le corps porte les marques de longue et sévère abstinence ; derrière celui-ci se trouvent encore trois autres pénitents, moins distingués, mais qui semblent porter un pagne autour des reins, tandis que le premier ne porte qu'une petite ceinture avec un sachet, ayant le reste du corps complètement nu. Derrière les pénitents se trouve un étang avec des plantes de lotus.

PL XXXI , 32. Ce bas-relief doit compter parmi les plus beaux de Bôrô-Boudour, tant à cause du goiit avec lequel les groupes sont arrangés , qu'à cause du mouvement et des formes gracieuses des femmes qui portent de l'eau. Neuf femmes sont

groupées autour d'un étang , dans lequel croissent des fleurs de lotus et où s'ébattent des oiseaux; ces femmes sont occupées à puiser de l'eau dans des vases et des cruches de formes différentes et à la porter vers un temple du voisinage. Un prince, peut-être celui du précédent bas-i'elief, est assis à quelque distance sous un arbre et s'entretient avec l'une des femmes, qui, à genoux devant lui, semble lui avoir offert son vase rempli d'eau.

PI. XXXII, 34. Un prince, distingué par l'auréole, est assis sur une espèce de banc élevé ou de table, à laquelle manquent les colonnes qui servent de pieds, ou qui est censée être portée par les trois serviteurs sous la table. C'est en présence de ce prince qu'a lieu un concours ou du moins une épreuve de force et d'adresse dans l'art de tirer de l'arc. Devant le prince se trouvent quelques serviteurs dont l'un porte le parasol , tandis que l'autre qui a les mains jointes, semble lui communiquer quelquechose, peut-être relativement à l'action qui paraît se passer à quelque distance et dont l'archer est le premier personnage; les deux endroits, celui où se trouve le prince et celui où se passe l'action dont il est témoin , sont séparés l'un de l'autre par l'énorme massue qui est élevée au premier plan et dont le manche repose sur une fleur de lotus; il ne serait pas impossible que cette massue soutenue par la fleur de lotus eût une signification symbolique. L'archer qui est également un personnage royal, est sur le point de lancer sa flèche dans la direction de sept cocotiers qui se trouvent sur l'arrière-plan; près de lui on voit un groupe de sept personnes assises, dont les deux premières tiennent d'autres flèches à sa disposition.

PI. XXXIII, 36. Ici encore nous croyons devoir distinguer deux actions différentes, séparées l'une de l'autre par l'étendard symbolique avec la coquille ailée et des rubans flottants. A droite du spectateur un prince est assis sur son trône ; derrière lui une de ses femmes est assise sur un coussin. Le prinee paraît jeter une aumône dans la main étendue d'un homme qui est assis devant lui. L'autre moitié du tableau nous représente le même prince, richement orné de trois colliers, debout non loin d'un

pendopo en compagnie de sept femmes illustres, dont les suivantes se trouvent dans le voisinage.

PI. XXXIV , 38. Un couple royal se trouve dans le pendopo ; à côté du pendopo sont deux de leurs serviteurs , deux chevaux et leur éléphant. Devant le couple, qui ne paraît pas pourtant donner heaucoup d'attention à cet amusement , une danseuse exécute ses pas et ses mouvements, sur la mesure d'une musique exécutée par onze hommes et femmes sur des flûtes, un tambourin et des coupes de métal pourvues de manches.

PI. XXXV, 40. Un couple royal accompagné de sa suite et d'un éléphant, fait une distribution de fleurs, de vêtements (il semble au moins que la femme porte une pièce de vêtement sur le bras gauche) de mets etc. à plusieurs indigents, parmi lesquels se trouvent peut-être quelques disciples des Brahmanes.

PI. XXXVI, 4-2. Le couple royal, assis dans sa demeure et entouré de sa suite qui porte les insignes ordinaires, parmi lesquels on remarque le grand éventail de plumes de paon , reçoit la visite d'une princesse, dont les servantes apportent des cadeaux.

PI. XXXVII , 44. Un couple royal , assis dans la plus belle partie de son palais, reçoit quelques personnes de haute condition , peut-être les envoyés d'un prince, qui viennent offrir une image peinte d'un roi Bouddhiste ou d'un Bodhisattva royal. L'éléphant, accompagné de son cornac qui se trouve sur l'arrière-plan , indique que le voyage a eu lieu par terre.

PI. XXXVIII , 46. Ce tableau a quelque analogie avec le précédent; mais ici c'est l'image d'une pieuse princesse que paraît apporter une ambassade d'un pays d'outre mer, à en juger d'après le navire qui se trouve à quelque distance. L'équipage du navire s'est livré en attendant à la pêche.

PI. XXXIX, 48. Un couple royal se trouve dans le palais; la suite est à gauche dans une chambre contigue, et deux étrangers de condition sont à droite; la suite du dernier de ces deux attend sous l'ombrage d'un arbre hors de l'édifice.

PI. XL, 50. Ce tableau représente un temple, dans lequel un feu brûle sur l'autel , tandis qu'un prince , le chapelet à

la main, remplit à côté ses devoirs religieux. L'espace autour du temple est un enclos formé par une palissade et planté d'arbres. Un petit portail conduit à l'intérieur du temple , et un portail plus grand, construit dans la partie rentrante de la palissade, conduit du dehors dans le jardin du temple. On se méprendrait fort , en voyant au-dessus du portail une espèce de tourelle ou de flèche dans ce qui n'est que le prolongement de la partie rentrante de la palissade. La suite du prince attend son maître au dehors tandis que quelques-uns de ses serviteurs apportent des offrandes.

PI. XLI, 52. Un pénitent, dont l'auréole indique la sainteté, quoiqu'il ne faille pas y voir un Brahmane , se trouve dans sa retraite entre les rochers de la forêt , où les bêtes sauvages et les oiseaux viennent lui rendre hommage. Une pieuse femme de condition lui rend visite avec ses compagnes et ses domestiques ; son serviteur , assis près de l'entrée de cette retraite , reçoit dans une attitude respectueuse les femmes approchantes. Une de ces femmes tient un éventail élégant dans la main droite.

PI. XLII, 54. De même que sur la PI. XL, 50 nous avons vu un prince, de même nous voyons ici une princesse, apportant son encens dans le temple; les femmes de sa suite apportent des offrandes , composées de mets et de fleurs et sont assises ou debout , ainsi que la garde royale , dans l'espace hors du temple.

PI. XLIII, 56. Un couple royal, accompagné de sa suite, dont une partie est armée et dans laquelle se trouvent un cheval et un éléphant, rend visite à un prince qui reçoit ces personnages illustres dans sa maison.

PI. XLIV , 58. Un couple royal s'entretient dans une des salles du palais, ou peut-être dans le pendopo près du palais qui se trouve à quelque distance. La suite se trouve comme de coutume à côté de l'édifice.

PI. XLV, 60. Un couple royal accompagné de sa suite, qui est composée d'hommes et de femmes, rend visite à un autre couple royal qui reçoit le premier dans son palais. Un vieillard et les trois personnages assis à côté de lui semblent appartenir au personnel du palais; dans ce cas le vieillard est peut-être le Pourohita.

PI. XLVI, C)2. Un couple de condition très élevée, assis dans une chambre de sa maison , reçoit des dons de fleurs de deux femmes, et fait distribuer en même temps au peuple, représenté par des hommes et des femmes, des sacs remplis de cadeaux.

PL XLYII , G4. On apporte une foule de cadeaux à une princesse qui est assise dans son palais , tandis que à quelque distance le prince de son côté fait faire par ses serviteurs une distribution de cadeaux au peuple.

PI XLVIII, 66. Un tableau qui fait assez étrange figure dans la série, tant de ceux qui précèdent que de ceux qui suivent. Une troupe armée , dans laquelle se trouvent un éléphant et un cavalier qui représentent sans doute des corps d'armée , marche sur un palais ou sur une ville entourée de palissades , avec des mouvements qui trahissent clairement leurs desseins hostiles. Quelques oiseaux s'envolent effrayés de l'étage supérieur du portail, tandis qu'un homme, appuyé contre le mur de ce portail, semble dormir. Nous avons probablement devant nous une attaque nocturne , dans laquelle le principal personnage , un prince , est porté par un grand nombre de serviteurs sur une litière ou dans une chaise à porteurs.

PI. XLIX, 68. Nous croyons découvrir également sur ce tableau deux actions qui font suite. Un religieux Bouddhiste ou un Bhikshou et un pénitent Brahmane sont assis dans deux endroits isolés de la forêt entre des rochers, le premier à droite, le second à gauche du spectateur. Ils ont l'air de se rendre réciproquement visite; le Brahmane s'entretient avec le Blikshou, tandis que ce dernier, rendant visite au Brahmane, semble offrir à celui ci de l'eau dans une cruche. La différence insignifiante que présentent le costume et les attributs des deux personnages, n'offre pas un trop grand obstacle à cette explication.

PI. L , 70. Un couple royal , assis avec leur enfant dans le pendopo et entouré des femmes de la suite , reçoit la visite d'un autre personnage royal.

PI. Ll, 72. Le couple royal , ici encore avec l'enfant, qui a la tête couverte d'un mouchoir dont les bouts s'élèvent des deux côtés de la

têto, est assis avec sa suite dans une chambre ouverte , et s'entretient avec quelques guerriers ; peut-être faut-il voir dans le premier, dont le siège est plus élevé que ceux des autres , un chef qui a dit adieu au monde et qui a passé à une vie do méditation solitaire.

PI. LU , 7i, Le prince , suivi d'un serviteur distingué qui porte une couronne dans ses mains , sort de son palais de i)laisance , que désigne comme tel un édifice entouré d'une clôture , et va présenter ses hommages à un homme qui appartient probablement à la caste des guerriers et qui a passé h l'état de religieux. Le siège couvert d'un dais et les insignes de la suite armée trahissent le rang élevé du pénitent , qui est probablement le même personnage, avec lequel le prince s'entretient sur le précédent tableau.

PI. LUI , 76. Deux personnages royaux , assis sur un seul et même trône dans un pendopo, reçoivent la visite d'un jeune prince, avec lequel ils ont engagé un entretien très animé. Un des gens qui font partie de la suite de l'étranger, porte sur l'épaule le crochet qui marque le cornac d'un éléphant. L'éléphant lui-même se trouve de l'autre côté du tableau; il faut donc supposer que cet animal a transporté ici un des princes qui sont assis sur le trône.

PI. LIV, 78. Un prince assis dans sa maison de campagne auprès des femmes de sa suite, reçoit des cadeaux qui lui sont offerts de la part d'un autre prince. Une partie de la suite de ce dernier attend sous le portail de la galerie. Il est difficile de préciser le nature de l'objet que nous distinguons sur le toit du portail; peut-être cet objet n'a-t-il qu'une signification symbolique; par sa forme il rappelle un peu ces tambours suspendus dont on se sert aujourd'hui encore dans les temples du Japon.

PI. LV, 80. Un prince, qui n'est pas orné de l'auréole, comme nous l'avons vu sur les derniers tableaux , entre avec sa suite armée dans un coin désert de la forêt ; deux religieux Brahmanes s'élèvent dans l'air ou descendent du ciel. Nous croyons devoir opter pour l'ascension ; dans ce cas-là l'homme, à moitié agenouillé sous l'arbre, ayant les mains jointes, est leur serviteur ou leur disciple.

PI. LVI , 82. Le prince, accompagné de sa suite, rencontre ou visite quelques paysans qui sont occupés à lier et à emporter leurs gerbes de padi , qu'ils viennent de moissonner. Les gestes du prince semblent marquer une surprise soudaine. Serait-il peut-être le seul parmi tous les assistants, qui remarque les feuilles d'arbre et les gerbes de padi qui sortent des nuages, et verrait-il dans ce pbénomène l'auspice d'une riche moisson?

PI. LVII, 84. Si notre manière de voir est juste, nous pouvons admettre de nouveau un certain rapport entre le dernier bas-relief et les deux qui suivent. Le tableau que nous avons sous les yeux nous montre le prince , assis sur un trône dans un palais, d'où il voit tomber des nues un grand nombre de vêtements , que la population reçoit avec une joyeuse surprise.

PI. LVIII , 86. De grands vases , soutenus par les nuages , remplis de fleurs et , à ce qu'il semble , d'ornements précieux , laissent tomber à terre leur contenu , que le peuple reçoit dans des plats et dans les mains, tandis que quelques-uns offrent de ces objets au prince.

PI. LIX, 88. Si nous allions prendre ce tableau à la lettre, c'est-à-dire si nous nous attachions trop aux formes matérielles , — nous serions de nouveau très embarrassés. Un prince, distingué par l'auréole et suivi d'une garde nombreuse , se rend vers un endroit, d'où une femme emportée par un cheval paraît s'éloigner au grand galop, (à moins que le cheval ne fasse que se cabrer). A en juger d'après le costume et les ornements , elle est une femme de condition ; à côté de la femme se trouve un éléphant , qui se relève (les genoux de ses pattes de derrière touchent encore le sol); derrière la femme se trouvent deux serviteurs, dont l'un porte le parasol. Deux coussins de lotus flottent dans l'air; sur l'un repose une roue, sur l'autre un objet inconnu; tout cela nous confirme dans l'idée que ce tableau est une allégorie.

PI. LX, 90. Un prince, accompagné peut-être d'un de ses proches parents et entouré de ses femmes , s'entretient avec un prêtre ou un religieux savant , dont les disciples attendent hors du pendopo avec l'éléphant et le cheval.

PI. LXI, 92. Deux princes qui se sont élevés à l'état de sain-

teté , sont assis dans un pendopo et s'entretiennent sérieusement. D'un côté cinq personnages de condition sont assis sur un siège élevé, dans une attitude respectueuse; au-dessus d'eux des fleurs flottent dans l'air. Un peu plus loin deux serviteurs sont assis près d'un arbre symbolique; de l'autre côté du pendopo se trouvent plusieurs personnes qui apportent leurs hommages et leurs cadeaux.

PI. LXII , 94. Voici encore un tableau qui paraît étrange parmi les autres. Deux troupes ennemies se livrent un combat ; la première est armée d'arcs et de flèches, d'épées et de boucliers, tandis que l'autre ne possède que les dernières armes; auprès de chacune de ces deux troupes est assis un homme, dont l'épée repose contre son épaule droite ; c'est là évidemment le principal personnage , quoique dans la première de ces troupes se trouvent aussi , à droite du spectateur , des personnages d'origine royale , ou du moins des personnages de condition très élevée (à en juger par leur coiffure) qui prennent une part active au combat. Les deux hommes assis ressemblent beaucoup aux images Bouddhistes. Peut-être la supposition n'est-elle pas trop hasardée, que nous avons ici devant nous un tableau allégorique des disputes des différentes sectes religieuses.

PI. LXIII, 96. Un prince et sa femme se trouvent dans leur palais et reçoivent des hommages de gens de toute condition.

PI. LXIV, 98. Voici un tableau analogue; il semble seulement que des gens de condition supérieure viennent joindre leurs hommages aux autres; un de ces hauts personnages est admis dans l'antichambre du palais. A gauche du palais on découvre dans une petite chambre, à travers une porte entre-ouverte, un homme à peu près entièrement nu , ayant les deux mains levées au-dessus de la tête et serrées l'une contre l'autre; peut-être cet homme est-il un pénitent. A gauche du spectateur se trouve un prince, distingué par l'auréole, qui semble se tourner à droite vers une ou plusieurs personnes , que le bas-relief ne pouvait plus représenter , manque d'espace,

PI. LXV, 100. Un couple royal est assis à côté d'un temple au milieu d'un enclos qui fait partie du sanctuaire; les deux

personnages sont assis des deux côtés d'un plateau, sur lequel est placé un vase en forme de globe ; ce vase renferme sans doute , ou est considéré comme renfermant des reliques d'un Bouddha, auxquelles ils rendent hommage. La suite , dans laquelle il y a des femmes qui apportent des cadeaux , se trouve en dehors de l'enceinte.

PI. LXVI, 102. Un prince distingué par l'auréole est assis dans son palais avec une de ses femmes, avec son enfant encore jeune et deux serviteurs; les deux singhas qui se cabrent ausommet des colonnes, montrent qu'il appartient à la caste des guerriers; sa garde se trouve à droite du palais. Une autre partie de la suite est assise de l'autre côté dans un coin du jardin , tout près du palais; ces derniers ont l'air de s'entretenir d'objets d'art qu'apportent quelques ouvriers, tandis que d'autres sont occupés à en fabriquer. Un ouvrier se sert d'une cognée pour .tailler un morceau de bois; à côté de celui-ci se trouvent deux autres ouvriers, dont l'un tient dans la main un couteau, l'autre .un poinçon , peut-être un gaujon , et le dernier un petit oiseau ayant une tête d'homme; ce dernier objet est probablement le produit de leur industrie. Derrière eux se trouvent trois autres hommes, dont l'un, celui qui tient le milieu, est probablement le maître de ces ouvriers ; un des deux autres va porter au palais sur un plateau deux petits oiseaux achevés et une petite tasse. Un des serviteurs qui se trouvent dans le palais porte dans la main un petit oiseau du même genre, et le prince en tient un sur sa main étendue; la figure du roi, plus encore celle de sa femme et de l'enfant, trahissent de l'intérêt et du goût pour ce produit d'un travail artistique.

PI. LXVII, 104-. Un prince dort dans un endroit isolé de la forêt au bord de la mer ou d'une rivière. A côté de lui est assise une femme qui l'a endormi par l'opération tant goûtée aux Indes de ce qu'on appelle pîleyite et qui consiste à presser, à frotter et à masser les muscles. Un géant ou un mauvais esprit surveille à quelque distance le dormeur. A gauche de ce dernier un homme armé d'une épée et une femme s'approchent en volant de l'endroit désert; peut-être leur apparition se rapporle-t-elle à quelque songe qui occupe le dormeur.

PI. LXVIII, 106. Une princesse marche sur l'eau, et devant elle sept hommes apparaissent sur un endroit sec do la plage. Le plus âgé de ces hommes est accroupi dans l'altitude d'un suppliant. Nous voyons à quelque distance un navire et son équipage , dont il est prohable que les suppliants font partie.

PI. LXIX , 108, Une femme de condition est assise dans son palais avec quelques-unes de ses suivantes; quatre autres femmes, en partie assises en partie debout, se tiennent près de l'édifice qui est entouré d'une clôture. Au dehors une grande maison à deux étages; dans l'étage inférieur se trouvent un grand nombre d'hommes et une femme, tous évidemment dans un état d'ivresse; il y en a même qui sont déjà endormis. Dans Je second étage, à droite du spectateur, deux personnages dorment ou bien sont assis dans une attitude qui trahit leurs soucis; de l'autre côté se trouvent deux autres personnages, un homme et une femme , dont le premier porte une épée dans sa main gauche ; ces deux personnages viennent d'être déposés par les nuages dans cette partie de l'édifice. Des deux côtés de la maison deux personnages, vêtus comme les Bhikshous ou les disciples de Bouddha, sont assis, chacun sous un arbre. Peut-être le sens de ce dernier détail est-il allégorique; peut-être les deux ascètes doivent-ils faire ressortir le contraste entre une vie de sobriété et d'abstinence et le libertinage d'un festin. La femme qui se trouve dans le palais , est évidemment absorbée dans de sérieuses méditations.

PI. LXX, 110. Un prince orné de l'auréole est assis dans un pendopo avec une do ses femmes et trois de ses domestiques féminins. C'est là qu'il donne audience à une dizaine de personnes de la classe inférieure, à en juger d'après leurs vêlements; il faudra donc voir dans le parasol et dans l'éventail de plumes de paon qui se trouvent près d'elles, des cadeaux destinés au prince.

PI. LXXI, 112. Une princesse, assise sur son trône, a admis un grand nombre de personnes dans sa présence. Dans cette société , qui se compose en apparence de gens de médiocre condition , se trouvent deux marchands avec une grande potence ,

à laquelle est suspendue une balance dont l'usage se devine. Faut-il voir quelque objet d'art dans l'oiseau qui se tient sur un des plateaux de la balance? Ou bien faut-il admettre qu'on vendait des oiseaux vivants au poids? Nous n'osons nous prononcer sur ce point.

PI. LXXII , 11 4. Un prince orné de l'auréole et que son attitude fait connaître comme un personnage qui s'est élevé à un degré de sainteté Bouddbiste , est assis sur un trône reposant avec le pied droit sur un marcbe-pied, et semble être occupé d'une démonstration; des deux côtés un grand nombre d'auditeurs, parmi lesquels plusieurs princes, l'écoutent dans une attitude respectueuse.

PI. LXXIII, 116. Un couple royal, le roi orné de l'auréole, donne audience à une foule de personnes , dont la plupart appartiennent sans doute à un peuple étranger , à en juger par les énormes pendants d'oreille, et reçoivent de celles-ci des hommages et des cadeaux. Peut-être ces hommes sont-ils les ambassadeurs d'un souverain étranger. Il faut donner quelque éloge à l'artiste pour la manière dont il a rendu l'attitude des deux hommes qui portent ensemble un vase très lourd.

PI. LXXIV, 118. Un prince accompagné de sa suite (peutêtre est-ce le même que nous venons de voir sur le dernier basrelief), rend visite à un roi-géant, ou bien se présente dans l'endroit où celui-ci se trouve avec sa suite. Le prince, un sectateur de la vraie doctrine Bouddhiste , se tient debout avec une expression de calme paisible, tandis que le bras gauche s'appuye contre un support couvert d'un coussin ; les fleurs qu'il tient dans ses mains, représentent la vraie doctrine. Le roi-géant paraît être représenté ici lui-même comme un pénitent vivant dans la retraite, et l'autel allumé doit se rapporter alors aux hommages qu'il veut rendre au prince Bouddhiste.

PI. LXXV, 120. Un prince Bouddhiste, qui est arrivé à la sainteté , reçoit la visite d'un autre prince Bouddhiste du même rang; ce dernier, accompagné de deux hommes de sa suite, est assis près de lui sur un trône; le parasol lui sert de dais. Les deux principaux personnages s'entretiennent très vivement. Sept

personnages illustres rendent hommage au premier des deux princes.

PI. LXXVI, 122. Un prince reçoit dans son palais la visite d'une princesse, dont la domestique, la suite et l'éléphant qui l'a transportée, se trouvent dehors à droite du palais; la suite du prince se trouve à gauche.

PI. LXXVII, 124. Un couple . royal , peut-être le même de tout à l'heure, s'est retiré dans un coin désert de la forêt, sur les bords d'un fleuve. A gauche du spectateur un homme de condition s'est agenouillé les mains jointes devant un prince , qui paraît écarter ou refuser quelque chose par un mouvement de la main gauche , et qui tient dans la main droite un instrument, que nous pourrions comparer à un sceptre de prêtre ou de magicien. A côté de lui un sauvage, dont les cheveux ébourrifés trahissent l'origine étrangère, est accroupi dans l'attitude d'un serviteur. Nous ne distinguons pas clairement le rapport qu'il peut y avoir entre les deux groupes de ce bas- relief.

PI. LXXVIIl, 126. Un couple royal rend visite à un prince saint , qui le reçoit dans une salle ouverte de son palais en compagnie de deux hommes de sa garde ; la suite des étrangers attend ses maîtres de l'autre côté de la cour.

PI. LXXIX, 128. Un couple royal, assis dans son palais, reçoit les hommages du peuple.

PI. LXXX, 130. Un prince, assis dans son palais entre ses deux femmes, reçoit toute espèce de cadeaux, parmi lesquels se trouve un tableau , qui représente peut-être un Bouddha.

PI. LXXXI, 132. Un couple royal assis dans le pendopo, reçoit une grande collection de cadeaux, des mets, des parfums etc. renfermés dans des vases qu'on dépose devant eux.

PI. LXXXII, 134. Le couple royal reçoit des cadeaux de cinq personnages de condition , auquel leur suite est en train de les remettre.

PI. LXXXIII, 136, Une scène semblable à celle qui précède; mais les principaux personnages qui viennent présenter leurs hommages, sont au nombre de trois seulement; la roue qui orne le bâton d'un d'entre eux , est le symbole de la bonne loi.

PI. LXXXIV, 138. Le couple royal reçoit de nouveau des

hommages et des cadeaux de cinq personnages de condition et de leur suite.

PL LXXXV, 1.40. Ce tableau représente une procession solennelle; le centre de la procession est formé par un homme qu'accompagnent un cortège et une suite de haute condition ; luimême est assis sur un siège que porte un éléphant , et sa main tient un grand rouleau. La coiffure et les traits de cet homme rappellent les serviteurs qui portent les cadeaux sur le précédent bas-relief. Peut-être faut-il songer ici à un riche cadeau, qui, à cause de son prix , est transporté par un éléphant.

PI. LXXXYI , 142. Un prince assis entre deux de ses femmes , donne audience à une société distinguée.

PI. LXXXYII, 144-. Un prince assi dans sa salle d'honneur, s'entretient avec un Bodhisattva ou futur Bouddha, Près du vestibule du palais sont assis un grand nombre d'hommes de condition , qui doivent représenter peut-être la suite du Bodhisattva. PI. XGI, 152. Il nous manque trois bas-reliefs entre celui-ci et le dernier; ces trois étaient enfouis ou avaient trop souffert. Le présent bas-relief nous montre de nouveau un couple royal qui s'entretient; la suite se trouve des deux côtés du palais, tandis que nous apercevons à droite du spectateur le grand rouleau, que nous avons vu transporter par un éléphant sur un bas-relief antérieur, n". 140, PI. LXXXV.

PI. XGII, 154. Un prince s'entretient avec un Bouddha dans un élégant pendopo. Deux hommes très distingués ont l'air de s'être rendus avec leur suite au pendopo, pour présenter leurs hommages au Bouddha.

PL XGIII , 156. Un prince et une princesse, assis chacun dans un palais spécial , s'entretiennent avec d'illustres personnages de leur suite ou leur donnent des ordres ; à droite du spectateur trois personnages rendent hommage à un Bouddha dans la retraite de ce dernier au fond de la forêt.

PL XGIV, 158. Un prince et une princesse , assis chacun dans

son propre palais , s'entretiennent avee des personnages de condition.

PL XGV, 160. Une moitié du bas-relief représente un couple

royal qui g'entretieiU dans le palais ou le pepdopo; l'autre moitié

représente deux vases en forme de globes, soutenus par un même piédestal , placés sur des coussins et sous un dais. Au-dessus de ces vases , qui sont entourés de guirlandes et qui renferment probablement les reliques d'un Bouddha, sont placés, à ce qu'il semble , des candélabres allumés. Des deux côtés quelques personnages sont assis dans une attitude respectueuse.

PI. XGYI, 162. Voici encore deux scènes distinctes, réunies sur un même bas-relief. A gauche du spectateur trois personnages de condition présentent leurs hommages à un Bodhisattvà ou un Bouddha. A droite plusieurs koulis portent un homme de condition sur une litière vers un temple ou vers un palais ; sa suite porte après lui les insignes de sa dignité.

PI. XGVII , 164. Peut-être y a-t-il quelque rapport entre ce tableau et le précédent ; ce serait alors aux hommages qu'il a rendus à un Bouddha , qu'un couple royal , assis dans son pendopo près du palais, doit le privilège d'être témoin de la libéralité du ciel ; en effet , on voit de riches présents , des anneaux et d'autres choses précieuses qui tombent sur le peuple du fond de grands vases renversés placés dans les nuages. Le peuple s'agite avec une grande vivacité pour recueillir ces trésors. Au premier plan nous découvrons une petite barque , dans laquelle plusieurs personnes ont déjà chargé une quantité de présents.

PI. XGVIII , 166. Ce tableau présente des hommages rendus à des reliques de Bouddha , que renferme ici encore un vase en forme de globe, placé sur un coussin de lotus et supporté par un piédestal. Des quatre coins de ce piédestal s'élèvent des flammes qui répandent une bonne odeur. A gauche du vase une femme richement vêtue apporte une offrande de parfums; elle ranime la flamme avec l'éventail qu'elle porte dans la main gauche. Ses servantes sont agenouillées derrière elle , tandis qu'un peu plus loin d'autres personnes de sa suite frappent des tambourins , peut-être des cymbales. De l'autre côté un Brahmane ou un autre religieux apporte des fruits ou des fleurs, tandis que sa suite composée d'hommes de condition , à côté de laquelle se trouvent des étendards avec des emblèmes symboliques , s'agenouille derrière lui. Deux de ces étendards portent une

coquille , un des allributs de Viçnou ; nous croyons cependant qu'on aurait tort de vouloir les mettre ici en rapport avec ce dieu.

PI. XGIX, 168. Un prince, accompagné d'un de ses hommes de condition , a quitté son palais pour distribuer des aumônes à quelques paysans et à leurs familles. La coiffure d'un de ces personnages est assez remarquable. L'homme qui se trouve à gauche du spectateur , à moitié assis ou plutôt dans l'attitude de quelqu'un qui tombe , porte sur l'épaule une gerbe de padi attachée à un bâton.

PI. G, 170. Encore des hommages rendus à un vase qui contient les reliques d'un Bouddha , par un prince à droite et par un Brahmane à gauche du vase. Des deux côtés la suite apporte les offrandes.

PI. CI, 172. Ce tableau présente un navire qui semble être plus ou moins en danger, par suite du vent et des vagues qui le poussent vers le brisant. Un des hommes de l'équipage s'est cramponné à la partie inférieure du gouvernail. Un couple royal , accompagné d'un enfant , se trouve sur le rivage et distribue des dons à deux personnes âgées et à deux jeunes gens, dans lesquels il faut voir peut-être l'équipage qui a réussi à atteindre la terre. On voit à quelque distance une maison bâtie sur pilotis, comme on en trouve encore dans les colonies néerlandaises des Indes orientales.

PL GII, 174. Un prince accompagné de sa suite, qui se compose d'hommes et de femmes , se rend vers un temple et est arrivé à la porte de l'enceinte; en dedans de l'enclos et près du temple se trouve un rehgieux , qui a plié son manteau et l'a posé sur son épaule; à côté de lui se trouve un homme de la suite du prince qui paraît adresser la parole au religieux.

PI. GUI, 176. Encore un navire comme sur la PI. GI, n". 172; ici cependant le navire ne paraît pas être en danger. Ginq Brahmanes ou disciples de Brahmanes se trouvent au bord de l'eau apportant leurs hommages à un Brahmane célèbre qui set assis dans un pendopo.

PI. GIV, 178. Ge tableau est en rapport étroit avec le

suivant. Un prince et ses compagnons se trouvent ddns une forêt solitaire ; arrivés près d'un rivage couvert de rochers , ils sont frappés par la musique d'un couple de Gandharvis célestes (des êtres, comme on sait, moitié femmes, moitié oiseaux) dont l'une accompagne le chant de l'autre sur un instrument à cordes.

PI. GV, 180. Ge tableau nous présente les mêmes personnages; le prince est assis dans une attitude respectueuse entre les rochers tout près des deux Gandharvis, tandis que ses trois compagnons l'attendent à quelque distance.

PI. GVI, 182. Un prince avec deux de ses femmes sous un pendopo près du palais , reçoit la visite d'étrangers , qui sont venus vers lui avec leur suite, montés sur un éléphant et sur deux chevaux.

PI. GVII, 184. Un prince et ses deux femmes reçoivent ici encore un étranger de condition et^ sa suite.

PI. GVIII, 186. Un personnage de condition passe à travers une forêt avec ses compagnons , son Pourohita et sa suite armée ; peut-être va-t-il à la chasse,

PI. GIX , 188. Un prince et sa femme se font des confidences dans leur pendopo; la suite se tient à côté du palais. Ge qui est étrange, c'est l'objet en forme de croissant derrière la tête du prince. Nous pouvons difficilement songer ici à un symbole ÇivaVstique; d'autre part la forme est trop régulière pour y voir les bouts d'un mouchoir qui enveloppe la tête. Peut-être l'artiste a-t-il voulu sculpter une auréole, et celle-ci n'a-t-elle pas été achevée.

PI. GX, 191. Nous avons ici une seène qui se trouve assez déplacée parmi les autres. Quelques enfants se baignent ou jouent dans une rivière peu profonde; l'un d'eux s'avance vers un personnage, auquel il tend les bras, tandis que deux autres ont déjà été relevés par leurs mères. Un des enfants porte le mouchoir avec les deux bouts recourbés et relevés derrière la tête. Sur le rivage est un homme qui tourne son corps en dansant, tandis qu'il se trouve à côté de lui un homme armé et un autre homme qui tient le parasol.

PI. CXI, 192. Une princesse, que l'auréole derrière la tête distingue comme étant une sainte , donne audience dans son palais à un personnage , dont le costume n'indique pas un rang très élevé; il faut pourtant qu'il soit un homme d'une certaine position, à en juger d'après la suite nombreuse qui l'attend sous un hangar en dehors de l'enclos du palais; peut-être est-il un religieux.

PI. GXII, 194. Un prince Bouddhiste, accompagné de sa suite armée , s'entretient avec un chef des Nàgas , dans un endroit qui paraît être le séjour du dernier; c'est un coin de la forêt près d'un courant, dont les bords sont couverts de fleurs de lotus.

PI. CXIII, 196. Un prince assis avec une de ses femmes dans son palais ou dans son pendopo , s'entretient avec quelques personnes qui sont assises dehors. En dehors du mur d'enceinte qui entoure le jardin de la demeure royale, sont assis sept hommes et femmes , qui font de la musique sur divers instruments sous la direction de leur chef plus âgé.

PI. GXIV, 198. Un prince, accompagné de sa suite armée est arrivé dans un bois , au-dessus duquel planent deux esprits célestes portés par les nuages.

PI. CXV , 200. Encore un prince assis dans son pendopo près de son palais , donnant audience à un Brahmane de condition , dont le rang distingué est suffisamment indiqué par son siège élevé, par sa suite, par ses insignes et par l'éléphant sur lequel il a fait son voyage.

PI. GXVI, 202. Une femme de condition assise dans une salle du palais, s'entretient avec un homme de rang élevé; à droite et à gauche du palais se trouve la suite féminine de la première et la garde armée de son interlocuteur.

PI. GXVII , 204. Au milieu du tableau se trouve un Bhikshou , ou plutôt à ce qu'il semble un Bhodisattva ou futur Bouddha , assis dans une forêt sous un hangar légèrement construit ; à droite et a gauche des personnages de distinction lui apportent leurs hommages. A quelque distance une femme de condition , ornée de l'auréole est assise également dans une retraite de la forêt.

PI. GXXI, 212. Il manque de nouveau trois bas-reliefs entre

celui-ci et le précédent; [)cul-etre ont-ils été (h-truils, peut-être aussi les décombres les ont-ils rendus méconnaissables. La plus granjje partie du tableau que nous avons sous les yeux s'est également perdue.

PI. GXXII, 214'. Ce tableau représente une maison h deux étages; les sept sacs placés sur le toit se rapportent peut-être à la richesse du propriétaire ou doivent le faire connaître comme négociant. A gauche de la maison s'en trouve une autre plus simple ; non loin de cette maison on a suspendu du linge , tandis qu'une femme est occupée à peser pour deux hommes des marchandises dans une balance. Un vieillard appuyé sur son bâton, peut-être un religieux mendiant , se trouve à quelque distance derrière elle. De l'autre côté du tableau un serviteur vient saluer un homme de condition , lui porter une commission ou recevoir ses ordres; ce dernier est accompagné d'un homme d'un rang inférieur.

PI. GXXIII, 216. Deux navires naviguent à toutes voiles vers le rivage. L'attention de l'équipage paraît être fort occupée par un incident quelconque. Nous n'osons dire au juste, ce qu'il faut penser de l'homme qui se tient fortement attaché au beaupré d'un des vaisseaux ; est-il tombé à l'eau et essaye-t-il de se sauver , ou bien se trouve-t-il du côté où le vent pousse le navire , et doit'il prévenir une trop forte inclinaison? Nous découvrons sur le rivage un prince qui rencontre trois princesses , dont l'une est accompagnée d'une suivante.

PI. GXXÏV, 218. Un prince, peut-être le même que celui du précédent tableau mais orné de l'auréole, est en conversation avec un grand nombre de femmes , qui sont respectueusement assises dans la forêt, et paraît les enseigner.

PI. GXXV, 220. Le même prince, sans l'auréole toutefois, (peut-être cet ornement a-t-il disparu par quelque endommager ment du bas-relief) s'entretient dans une forêt avec un grand nombre de femmes.

PI. GXXVI, 222, Un prince, accompagné de son serviteur, se trouve dans un endroit désert de la forêt et y reçoit des hommages et des cadeaux d'un grand nombre de femmes. Parmi

celles-ci il s'en trouve une , qui paraît attacher de nouveau ses cheveux défaits; peut-être a-t-elle déposé quelque ornement qu'elle destinait comme un cadeau au principal personnage.

PL GXXYII, 224-. Un prince, assis sur un trône dans une enceinte entourée d'une palissade , et accompagné de ses six suivantes , s'entretient avec deux d'entre elles qui se trouvent plus près de lui que les autres. Deux Gandharvis sont assises à quelque distance sous un arbre symbolique, l'une avec un instrument à cordes, l'autre avec une coupe de métal. Près de la porte de la palissade est assis un gardien , auquel un personnage de condition adresse la parole; un peu plus loin se trouve un autre personnage de condition debout entre les arbres , tandis qu'avec la main droite il tient une roue sur sa tête; cette roue est probablement la roue de la loi ou de la vraie doctrine.

PI. GXXVIII , 226. Un prince assis sur son trône , sous lequel se trouve un lion , allusion à la famille des Singhas de la caste des guerriers ; à en juger d'après son attitude il s'est élevé à un certain degré de dignité Bouddhiste; à côté de lui se trouve une de ses suivantes. A droite quelques personnages de condition diflerente , à gauche un certain nombre de femmes , qui écoutent toutes son enseignement et qui lui offrent des cadeaux et des hommages.

PI. GXXIX , 228. Un prince se rend à cheval vers une forêt pour y aller à la chasse. Faut-il voir un attribut Çivaïstique dans la baguette en forme de trident qu'il tient à la main droite, et faut-il attribuer par conséquent à cet objet une signification symbolique? Voilà ce que nous n'oserions affirmer.

PL GXXX, 230. Un prince, orné de l'auréole, entouré de ses femmes, reçoit chez lui des personnages de condition accompagnés de leur suite.

PL GXXXl , 232, Un prince sans l'auréole , assis sur un trône dans son pendopo et accompagné de deux suivantes , reçoit des cadeaux d'un vieillard et d'une femme qui se trouve à côté de ce dernier; l'un et l'autre appartiennent à un rang élevé, ce qui résulte pour nous du grand éventail de plumes de paon, qu'un serviteur élève derrière^ eux. A quelque distance six princes

sont assis, trois à trois, sur une élévation sous deux arbres; trois d'entre eux sont occupés de démonstrations, les autres écoulent respectueusement.

PI. CXXXII, 23-4. Un prince et sa suite sont en voyage et rencontrent une société de six autres princes , peut-être les mômes , dont nous avons fait mention tout à l'heure.

PI. GXXXIII, 23G. Un prince, orné de l'auréole, est assis sur son trône; deux femmes de sa suite sont assises à côté de lui dans le pendopo; tout près se trouvent deux autres femmes, l'une tenant une tige de lotus à la main, l'autre portant un cadeau, peut-être un plat de viandes. A quelque distance sept personnages de condition sont assis dans un pendopo ; deux d'entre eux sont occupés à démontrer , les autres écoutent respectueusement.

PI. CXXXIV, 238. Un prince, entouré de huit autres princes, tend son arc avec un mouvement qui trahit l'effort. Devant lui se trouvent quelques-uns de ses serviteurs.

PI. GXXXV, 240. Un prince et une princesse , entourés de leur suite nombreuse, qui apporte toute espèce de cadeaux et d'offrandes, parmi lesquels des fleurs et des fruits, font leurs dévotions devant un grand vase orné en forme de globe , qui est censé renfermer les reliques d'un Bouddha. Ce vase , couvert d'un parasol et soutenu par un coussin de lotus, est placé sous un dais sur un piédestal.

Nous sommes arrivés maintenant au bout de notre seconde tournée , et nous avons pu nous assurer , que les tableaux de la série intérieure ne font pas suite à ceux de la série supérieure. Il est vrai , qu'il aurait été possible d'intercaler quelques-uns des tableaux de la première série entre ceux de la seconde; mais il aurait fallu choisir pour cela exclusivement des tableaux, dont le contenu manque de précision ou s'accorde par hasard avec les autres, c'est-à-dire des tableaux qu'on aurait pu échanger sans difficulté contre ces derniers. Mais toutes les fois qu'on veut poursuivre cette tentative , on est arrêté par l'impossibilité d'aller plus loin. Des hommages rendus à des Bouddhas, à des princes et des princesses Bouddhistes , fournissent toujours le sujet principal; mais il n'est pas possible de ramener les diverses scènes

à l'histoire suivie d'un ou de plusieurs personnages. Nous ne trouvons pas même un fil qui relie tous les tableaux de la série inférieure , bien qu'il y ait quelques bas-reliefs , disposés les uns après ou non loin des autres , qui se rapportent évidemment à un même événement.

On a soulevé, comme cela se comprend, plus d'une supposition pour mettre de l'unité dans cette suite irrégulière de tableaux. C'est ainsi qu'on s'est demandé, s'il pourrait être permis de voir dans la série inférieure des scènes tirées d'épopées antérieurs au Bouddha , dont la vie est représenté sur la série supérieure ; ou bien des événements relatifs aux différents Bouddhas qui ont précédé Çâkyamouni. Il faudrait voir alors des scènes des temps du Brahmanisme sur les bas-reliefs qui ornent les parois antérieures des quatre galeries; tandis que les parois postérieures des trois dernières galeries représenteraient la destinée de la doctrine du Bouddha après son entrée dans la Nirvana, l'histoire des différents synodes et des principaux princes qui ont travaillé à répandre la doctrine du Bouddha, le voyage à Langka etc.

Pour nous, nous ne saurions partager cette opinion par rapport à la série inférieure de la seconde galerie. C'est deux fois seulement que nous rencontrons des Bouddhas proprement dits avec leurs attributs indispensables; ces deux fois les Bouddhas sont tellement près l'un de l'autre , que nous ne pouvons voir en eux qu'un seul et même personnage. Les deux tableaux que nous avons en vue sont Pli. XCII, 154 et XGIII, 156. Il est vrai, que nous trouvons encore un peu plus loin, PI. XGVI, 162, un prédicateur Bouddhiste , qui ressemble au Bouddha enseignant sous le rapport du costume et de l'attitude, mais qui s'en distingue entièrement par la coiffure. Il faut porter le même jugement sur le prédicateur Bouddhiste de PI. XLIX , 68 et de PI. CXXXYII, 14-4; ce personnage nous paraît être un Bhikshou, un mendiant, un pénitent ou un religieux Bouddhiste, mais non pas un Bouddha en personne , du moin pas un Bouddha parfait. Ces observations suffisent pour nous empêcher de voir ici une histoire des Bouddhas antérieurs , qui , au nombre de trois ont précédé la période du monde , dans laquelle Çâkyamouni est apparu.

Il serait possible de trouver parmi les scènes de la série inférieure des tableaux, d'événements pris dans les épopées qui chantent les temps antérieurs à Çàkyamouni ; mais pour les y trouver il faudrait d'abord connaître ces événements ; puis il serait peu probable que ces scènes formassent ici im tout. Il y a du reste encore d'autres hypothèses qui peuvent se faire valoir. C'est ainsi qu'il pourrait paraître assez à propos d'avoir voulu représenter , au-dessous des scènes tirées de la vie du Bouddha lui-môme , les tableaux d'événements tirés de l'histoire de ses ancêtres. Les sujets, dans ce cas, n'auraient pas manqué à l'artiste; car les traditions faisaient remonter la famille royale des Çàkyas jusque dans un passé très reculé. Ixvacou , le patriarche de la famille, eut 82000 descendants, dont Gayasena, l'aïeul de Çouddhodana fut le dernier. Probablement les Çâkyas avaient pris leurs prêtres particuliers, leurs Pourohitas , dans la famille de Gôtama, un Rishi du plus ancien temps ') ; ce qui expliquerait leur usage fréquent de ce nom de famille; Bouddha se nommait lui-même Çramana Gaoutama ou l'éremite de la famille des Gôtamides. Nous admettons sans peine que les nombreux membres d'une famille aussi illustre aient pu fournir une foule de sujets au ciseau de l'artiste. Mais comment retrouver ces personnages et leur histoire , lorsque nous n'avons pas appris à les connaître par d'autres sources? De plus, il ne faut pas oublier , que nous rencontrons deux Bouddhas ou plutôt deux fois un Bouddha dans la série inférieure et trois fois un Bouddha-Bhikshou ; or il est assez difficile de placer ce personnage dans les histoires qui sont antérieures à Çàkyamouni. De même il faut avouer que les hommages rendus partout à des reliques de Bouddha s'accordent assez mal avec une époque à laquelle le Bouddha n'était pas encore né. Car il est bien sûr que nous ne pouvons songer ici aux trois Bouddhas antérieurs de la période du monde alors courante; la famille des Çakyas n'était pas de ce temps-là. Si les tableaux renfermaient des scènes appartenant à cette histoire, nous pour-

1) Voyez Lassen, Indische Alterthumskunde , II 66, 67; Barthélémy St. Hilaire, du Bouddhisme p. 31.

rions nous attendre à trouver exclusivement ou du moins très souvent les dieux du Brahmanisme et tout ce qui se rapportait à leur culte. Or, toutes les fois que nous trouvons des actes religieux , c'est bien décidément du Bouddhisme qu'il s'agit. Il est vrai , que le cordon des Brahmanes , dont on revêtait le jeune garçon arrivé à l'adolescence , et qui le distinguait comme partisan d'une des sectes du Brahmanisme , ne manque pas ici ; mais c'est tout à fait sans méthode que ce cordon paraît avoir été accordé ou refusé aux principaux personnages , comme un ornement dont l'artiste usait selon son bon plaisir. Il y a des personnages , sur lesquels nous nous attendrions positivement à le trouver, par exemple les pénitents Brahmanes représentés PI. XXX, 30, ou quelques-uns d'entre eux PL LXXXYII , 14.3; XG, 149 ; XGI, 151 ; XGII, 153, mais c'est précisément là qu'il manque. Il ne faut pas s'étonner du reste de trouver des situations qui trahissent un temps où le Brahmanisme faisait encore valoir son influence , et où ses traces n'avaient pas disparu des usages et des moeurs. Gar ces situations subsistaient encore, lorsque Çâkyamouni annonça sa doctrine , et se sont maintenues longtemps après que la grande majorité du peuple avait adopté le Bouddhisme. Il est donc tout naturel que nous trouvions souvent sur les bas-reliefs de Bôrô- Boudour , même sur ceux de la série inférieure , des détails qui nous rappellent les temps du Brahmanisme, bien que les scènes qu'ils représentent ne puissent se rapporter qu'à des faits et à des personnes des temps du Bouddhisme. Voici enfin l'hypothèse que nous proposons et qui ne nous paraît pas trop invraisemblable : l'artiste, après nous avoir représenté la vie du Bouddha dans la série supérieure , a voulu immortaliser peut-être dans la seconde série quelques événements relatifs à l'histoire des princes , des prêtres et d'autres personnages de condition qui avaient prêché, répandu, ou protégé et favorisé la doctrine de Bouddha, et dont la tradition avait conservé les noms. Gette hypothèse a l'avantage de nous dispenser de chercher un fil, qui relie les divers sujets des tableaux; car dès lors il est inutile de chercher entre les scènes ou les groupes de scènes un autre rapport que celui que fournit l'idée commune du Bouddhisme prêché, répandu ou protégé par

les divers personnages. L'ignorance où nous sommes à l'égard des traditions qui doivent avoir rapporté ces événements , nous empêche d'expliquer chacun de ces tableaux; une connaissance môme incomplète nous fournirait au moins l'explication en gros. Mais rappelons ici , que dans le nombre des bas-reliefs de la série inférieure, nous en avons trouvé quelques-uns qui traitent indubitablement des événements analogues. C'est ainsi que les trois bas-reliefs 44 PI. XXXVII, 46 PI. XXXVIII et 130 PL LXXX nous présentent entre autres un tableau encadré , qu'une ambassade très distinguée offre à un prince. Sur un de ces tableaux nous voyons l'image d'un prince Bouddhiste , sur l'autre celle d'une femme en prière ; le troisième ne semble offrir au spectateur que le derrière de la toile ou du panneau , ce qui nous empêche de préciser la nature de l'image qui doit s'y trouver, mais ce qui ne nous empêche pas d'y découvrir encore une peinture, qui, de même que les deux portraits, est offert à un roi. Or nous trouvons dans un des Avadânas (c'est ainsi qu'on nomme les recueils de récits ou de traditions concernant le Bouddha) un récit que Burnouf ') nous raconte et qui mérite d'attirer ici notre attention. Roudrâyana, roi de Rôrouka, avait envoyé à Bimbisàra, roi de Râdjagriha, une armure de très grand prix; celui-ci voulait rendre dignement à l'autre sa courtoisie , mais ne savait trop que choisir. Heureusement le Bouddha se trouvait à ce moment dans son royaume, et consulté par le roi, il l'avisa de faire peindre sur une toile le portrait du Tathâgata (un des plus grands titres qu'on attribue au Bouddha) c'est-à-dire du Bouddha lui-même, pour le donner à son ami comme la chose la plus précieuse qu'il pût trouver. Bimbisàra suivit ce conseil; Roudrâyana, informé d'avance du prix excellent de ce qu'on allait lui offrir, bien qu'il ignorât exactement la nature du cadeau , marcha avec une suite illustre à la rencontre des ambassadeurs, les fit entrer en pompe dans sa capitale, et se convertit à la doctrine du maître, des qu'il eut vu l'image. Maintenant il est vrai que nous ne pouvons pas retrouver tous les détails du récit sur ces tableaux.

1) Introduction à C histoire du Buddhisme p. 340.

Pour ne citer que l'essentiel, il est bien sûr que le numéro 46, PI. XXXVIII ne saurait entrer en ligne de compte, puisque le tableau offert y renferme l'image d'une femme , tandis que le portrait que nous trouvons PI. XXXVII, M n'est pas le portrait du Tathâgata , à moins que pour une raison quelconque on ait voulu le peindre ici portant en partie son costume royal. Il y a cependant un trait qui peut être rappoché du récit en question ; c'est l'éléphant qui indique assez, que celui qui envoie le cadeau est un grand personnage et qu'il demeure assez loin. Il nous aurait peut-être été donné de reconnaître la véritable image du Tathâgata sur la PI. LXXX n^ 130, si seulement la toile avait été tournée vers le spectateur.

Voici un rapprochement d'un autre genre et qui nous paraît mieux justifié.

Burnouf nous raconte ') quelques fragments d'une tradition qui nous est parvenue dans le Divya avadàva , et qui se rapporte à l'influence exercée par la prédication de Çâkyamouni , pour rendre moins rigoureuse la distinction en castes. Ananda, le cousin et l'ami fidèle de Çâkyamouni, fait une longue promenade dans les champs et y rencontre une jeune fille très jolie , du nom de Prakriti , occupée à puiser de l'eau. Le jeune homme lui demande à boire , et tandis qu'elle satisfait à sa demande , elle s'enflamme d'amour pour lui ; elle retourne aussitôt vers sa mère et lui fait part de sa flamme. Celle-ci voulant réaliser le désir ardent do la jeune fille et sachant , que la différence de caste oppose un obstacle insurmontable à une union de sa fille avec Ananda , appelle à son secours les artifices de la sorcellerie et attire ainsi le jeune religieux dans sa demeure, où Prakriti l'attend , portant ses plus beaux et ses plus riches vêtements. Ananda sent qu'il ne peut résister à la tentation et appelle le Bouddha à son secours; celui-ci rompt immédiatement le charme de la sorcière et sauve son cousin. Alors Prakriti prend la résolution d'avouer elle-même à Çâkyamouni l'amour qui la possède; le

1) Introduction h r histoire du Buddhisme p» 203.

maître la convertit à une vie de pénitence et do solitude et elle se fait religieuse.

Eh bien ' voila un récit qui nous revient à la mémoire en observant le n°. 32 de la série inférieure, représenté sur la PI, XXXI, Un fds de roi s'y entretient avec une jeune fille qui, entourée de ses nombreuses compagnes, a puisé de l'eau dans un étang; elle se met pieusement à genoux devant le jeune homme et a placé sa cruche d'eau à ses pieds. Il doit paraître assez naturel de retrouver ici Ananda et Prakriti. Le bas-relief suivant, PI. XXXII 34 interrompt le rapport que nous croyons trouver entre le n". 32 et le n". 36 (PI. XXXIIl) ; il serait possible que ce tableau-là renfermât un détail resté inconnu de l'histoire; dans ce cas nous aimerions voir au n". 36 Ananda, que les charmes magiques de la mère de Prakriti a attiré dans la maison dangereuse. A droite du spectateur se trouve la jeune fdle convertie par l'enseignement de Çâkyamouni et assise comme religieuse dans la suite d'Ananda. Peut-être faut-il voir encore dans le couple royal , que nous représentent quelques-uns des bas-reliefs suivants , Ananda et Prakriti , unis il est vrai , mais seulement pour vivre ensemble selon les préceptes du Bouddha et pour annoncer sa doctrine. Il est vrai encore , que les riches coiffures des femmes s'accordent mal avec la caste inférieure à laquelle elles appartiennent; cependant les charmes de la mère pourraient expliquer à la rigueur cette anomalie. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que la différence de castes fut supprimée pour Prakriti, Le personnage que nous voudrions prendre pour Ananda , porte l'auréole; peut-être parce qu'il a résisté à la tentation, bien qu'il doive ce triomphe plutôt au secours de Çâkyamouni qu'à ses propres forces.

Il y a plusieurs bas-reliefs qui paraissent se rapporter à des voyages par mer. Entre autres les n^^. 106 et 108, Pli. LXVIII en LXIX; 172 et 176 Pli. CI en GUI; 216 PI, CXXIII. Les traditions parlent souvent des aventures curieuses de marchands, que leur commerce appelait en des pays lointains , et de marins , que les secours du Bouddha ou de ses disciples avaient tirés de plus d'un danger. Voici un de ces

récits ') : Simhala , fils d'un marchand appelé Simha, ayant entrepris un voyage pour chercher des pierres précieuses, fit naufrage près de l'île Tâmradvîpa (l'île Taprobane des Grecs) par suite d'une tempête que les Râkchasis , de mauvais esprits féminins qui demeuraient dans cette île , avaient déchaînée. Les naufragés se sauvent en nageant et sont assez heureux pour atteindre la plage; c'est là qu'ils sont reçus avec beaucoup de bienveillance par plusieurs belles femmes qui les attirent pour les entraîner par leurs séductions. Ces belles femmes ne sont autres que les Râkchasis , qui n'ont pris ces formes séduisantes que pour dévorer les naufragés , quand elles auront assouvi leurs désirs voluptueux; Simhala, entraîné déjà lui-même , devine encore à temps les projets perfides et avertit d'autres hommes de l'équipage qui, arrivés après lui sur la plage dangereuse, sont tenus enfermés par les Râkchasis dans une prison.

Ces avertissements restent cependant sans effet. Leur faiblesse les fait succomber, et Simhala, emporté à travers les airs par un cheval surnaturel , arrive seul sain et sauf dans son pays.

Une histoire analogue peut avoir fourni le sujet des deux premiers d'entre les bas-reliefs que nous avons cités tout à l'heure. Le n°. 106, PI. LXVIII représente en effet des naufragés qui tombent à genoux sur la plage devant une belle femme; puis il se pourrait fort bien que les hommes, qui sur le bas-relief suivant, assis dans une salle , s'adonnent à la bonne chère , fussent des marins succombant devant les séductions du pays étranger. Il n'est pas sûr qu'il y ait quelque rapport entre les n^s 172 pi. CI et 176 PI. GUI; il n'est pas facile surtout de deviner la nature de ce rapport ; les navires se ressemblent assez , mais les personnages différent tout à fait. Au contraire ces derniers semblent être les mêmes sur le bas-relief 216, PI. GXXllI et sur quelques numéros suivants; mais jusqu'ici nous n'avons pas trouvé parmi les récits nombreux de voyages par mer et de naufrages , des histoires que nous croirions pouvoir retrouver ici. Quoiqu'il en soit, il doit toujours être permis d'admettre, que ces bas-reliefs

1) E. Burnouf, Introduction etc. p. 22y.

nous représentent les voyages entrepris vers des pays lointains, situés sur les côtes opposées de la mer , pour y })orter la doctrine du Bouddha. Pourrions nous retrouver peut-être sur un ou sur plusieurs do ces tableaux l'arrivée d'une telle mission à Java? La forme de la maison du n", 172, PI. CI, semble favoriser une telle hypothèse ; mais il faudra admettre alors , que le couple qui , accompagné d'un enfant, reçoit les marins, soit déjà arrivé à un degré plus élevé de civilisation , que nous n'en osons attribuer aux habitants de cette île avant l'arrivée des missionnaires du continent. Voilà cependant une difficulté qui n'est pas insurmontable après tout. Car il n'est pas nécessaire que le sujet du tableau nous transporte dans la toute première période des missions Bouddhistes dans l'Archipel. Lors de la fondation de Bôrô-Boudour la civilisation Indienne et le Bouddhisme étaient arrivés dans l'île de Java à une hauteur déjà remarquable; de plus, à cette même époque les colonies entretenaient des relations très fréquentes avec la mère patrie , ce qui donnait lieu à des voyages , à des aventures et à des rencontres, que la tradition pouvait conserver plus ou moins fidèlement , et qui pouvaient fournir ainsi des sujets très propres pour les bas-reliefs de Bôrô-Boudour. De même tout ce qui se rapportait à la propagande Bouddhiste, aux aventures des missionnaires , à l'histoire des princes et des grands qui avaient favorisé les idées nouvelles ou que d'autres mérites avaient élevés au-dessus de leurs contemporains , pouvait prétendre à l'honneur d'être immortalisé par les sculptures du monument. Tout cela est trop naturel pour que la chose soit improbable. Les bas-reliefs de la série inférieure ne nous fournissent pas une histoire suivie. Nous y trouvons les tableaux d'un grand nombre d'événements divers, représentés sur un nombre plus ou moins grand de bas-reliefs successifs ; ces événements peuvent presque tous être classés sous un même chef général , la prédication et la propagande de la doctrine du Bouddha. Mais voilà aussi la seule idée qui puisse servir de trait d'union entre les différents sujets. Nous sommes souvent très surpris de trouver des tableaux tirés de la vie domestique et journalière mêlés à ces scènes historiques ; voilà par exemple ce que nous trouvons : PI. LVI , 82 , où

les paysans sont occupés de la moisson du padi ; PI. LXVl , 102, où des ouvriers travaillent à faire de petits oiseaux en bois; PI. LXXI, 112 et GXXII, 214, où des marchands pèsent leurs marchandises; ou enfin PI. GX, 190, qui nous représente des jeux d'enfants. Nous croyons y trouver aussi des tableaux de faits importants sous forme allégorique ; nous avons surtout en vue PI. LXII , 94, où il est probable que le combat se rapporte à la lutte entre deux sectes hostiles; les armes n'indiquent pas sans doute que la lutte ait été livrée avec des armes réelles; elles ne servent évidemment qu'à indiquer l'ardeur des haines et des disputes.

Nous pourrions vouer maintenant notre attention aux tableaux qui couvrent la paroi antérieure de cette même g-alerie (la deuxième) , et qui occupent également deux séries superposées; on dirait même au premier abord, que voilà l'ordre le plus simple à suivre; mais il n'en est pas ainsi. Il est vrai , que pour cette galerie-ci rien ne nous empêcherait d'examiner les bas-reliefs de la paroi antérieure soit avant, soit immédiatement après la paroi postérieure; mais nous ne pourrions décidément pas en faire autant pour les trois galeries suivantes; car là un lien trop étroit semble unir les tableaux des parois postérieures, pour qu'il soit possible d'y faire entrer ceux des parois antérieures. Nous renvoyons donc pour le moment l'inspection des tableaux qui ornent les parois antérieures , pour examiner premièrement ce que nous offrent les parois postérieures des deux galeries suivantes.

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