En 1542. — Bacmq.\rte.n, ouvr. cité, p. 86, lOi
« sacramentaires. » Bossuet le sait, puisque, dans Y Histoire des Vai'iatiojis^ , il montre comment, dès 1536, à l'instigation de Bucer, les Strasbourgeois commençaient à se rallier dans une certaine mesure à la conception luthérienne de l'Eucharistie, article essentiel du désaccord entre les deux sectes de la Réforme. Et en 1355, au moment où Sleidan achevait son histoire et travaillait au service et aux gages du Sénat de Strasbourg, l'influence du fougueux et intolérant Marbach allait assurer la prédominance du Luthéranisme en Alsace ^
Pour ce qui est du témoignage de Mélanchthon sur Luther, il est aisé d'en apercevoir le prix et la sécurité. La différence de caractère et d'intelligence qui existait entre les deux docteurs de Wittenberg a pu amener entre eux des froissements de sensibilité ou des divergences doctrinales. Mais, — comme Bossuet l'a vu et excellemment montré, — l'amitié de Mélanchthon pour Luther est toujours la plus forte ; son admiration se soumet au même instant qu'elle s'épouvante, et son dévouement à la Réforme, à laquelle il s'est donné tout entier, lui fait accepter sans résistance, sinon sans murmure, le sacrifice de son sentiment particulier qu'il dépouille et de ses préférences qu'il abdique. On peut donc le croire sur Luther lors même qu'il lui arrive de se révolter et de se plaindre; car ces plaintes, plus tristes qu'amères, et ces révoltes vite apaisées n'ôtent rien, en fin de compte, à l'équité affectueuse des jugements qu'il porte sur son maître et son ami^.
Tous les auteurs sur lesquels Bossuet s'appuie ne sont pas aussi évidemment hors de conteste, et parmi eux il