‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 106 sur 329 · CHAPITRE PRKMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRKMIER

s'en trouve dont la critique protestante pouvait, ce senable, lui reprocher l'emploi : Ilospinien, par exemple, et La Popelinière, qu'il consulte assez fréquemment, l'un à propos des troubles de France entre 1559 et 1563, l'autre au sujet de Luther et du Protestantisme allemand.

Hospinien est, en etfet^ l'un des plus ardents défenseurs de la doctrine zwinglienne. Il a beau professer un grand respect pour Luther' : il n'en est pas plus clément pour les faiblesses du docteur saxon, et dans son grand récit de la «querelle sacramentaire », c'est à Luther, à ses rancunes inexpiables, à sa tyrannie jalouse, qu'il impute, sans restrictions, le malheur du schisme-. Aussi bien l'ouvrage d'Hospinien , à son apparition , avait-il provoqué dans le camp luthérien de vives colères et les plus dures répliques^ — Convenait-il donc à Bossuet d'admettre, sur les affaires du Luthéranisme, le rapport d'un adversaire déclaré, dont il fallait redouter l'inévitable malveillance?...

La Popelinière, non plus, quoique protestant, ne se présentait pas aux lecteurs calvinistes de Bossuet avec une autorité indiscutable. C'est grâce aux libéralités de Catherine de Médicis que l'auteur de V Histoire de France avait pu faire les recherches nécessaires à son ouvrage, et l'on ne saurait nier que trop souvent son récit ne se ressouvienne de cette protection gênante. Plus d'une fois il témoigne aux gens de son parti des sévérités qu'à bon droit ils pouvaient trouver excessives, et l'étrange oraison funèbre qu'il fait des victimes de la Saint-Barthélémy* n'était pas, il faut l'avouer, pour satis-

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