‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 116 sur 329 · CHAPITRE PR!:.M1KR · texte numérisé non relu

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dans les luttes des partis et sans doute aigris par des ressentiments personnels. Sur les affaires de France, il croit plus volontiers Bèze ' que de ïhou, et plus de Tliou^ que d'Aubigné^

Au sujet des Albigeois et des Vaudois, sur le compte desquels il n'y a moyen de consulter, — même de nos jours, — que des documents catholiques, et, partant, sujets à suspicion^, il se montre, à juste titre, encore plus circonspect qu'ailleurs. Il n'emploie pas un seul des moines chroniqueurs du douzième et du treizième siècle, sans s'inter-

avoir accommodées à ses préventions. » Cf. plus haut, p. 167-168. — Camera- Rius, auteur d'une Vie de Mélanchlhon et d'un écrit polémique intitulé : Que- 7-ela Lutheri seu Somnium (1553), fut suspect aux luthériens purs, qui le réfutèrent aigrement. Cf. .\icero.v, t. XXVI, et les textes cilés par Dollinger, Lu Réforme, t. II, p. 573-580. — Au contraire, sur Mélanchlhon, il accepte volontiers le témoignage de Feucer : 1. V, n» xvi; 1. VIII, n" xxxix, xl. Il doute, en revanche, des assurances que Calvin nous donne de la pleine communion d'idées de Mélanclithon avec lui (1. VIII, n» xxxix).

1. Sur ['Histoire ecclésiastique de Bèze, «systématiquement négligée,» et à tort, « par quelques historiens,» voy. A. de Ruble, édition des Co)nmentaires de iMoNLUC, t. II, p. 313. — Bèze avait quarante et un ans en 1560; il a passé en France, à Paris, à Poissy, en Guyenne, en Normandie, en Poitou, à Orléans, presque toutes les années 1560 à 1563 (Cf. Haag et Bordier, France protestante, et surtout l'édition de ÏHist. ecclés. de Baom et Cunitz (t. I, 3, 89, 103, 279, 317, 419, 521, 545, 646, 781). Il copie et résume très fréquemment Crespin, La Planche et La Place, mais avec indépendance; il retranche et il ajoute.— De Thou n'avait que sept ans en 1560.

2. Cf. le P. Griffet, Traité des Preuves de l'histoire, p. 138 sqq.; A. de Ruble, Antoine de bourijon et Jeanne d'Albret, t. II, p, 211, 216, etc. — Pour la préférence à donner à de Thou sur la Popelinière, v. P. Dupcv, Apologie de l'histoire de De Thou (dans i'édit. de l'Hist. univ., trad. fr., t. XV, p. 457 sqq., 469.)

3. Les récits de faits de guerre sont ce qu'il y a de meilleur chez d'Aubigné, qui écrit, comme il dit, en vue de ceux «qui donnent du pouce au feuillet pour aller chercher les combats. » (Préf. et t. î, p. 50.) Il s'attache peu à l'histoire purement religieuse ou politique (cf. son Histoire, t. I, p. 49, 50, 106, 128, 130, 135). Toute cette partie porte incontestablement le caractère d'un abrégé (cf. t. I, p. 106), tiré soit de La Popelinière, soit de De Thou, soit de quelque autre des nombreuses histoires du temps. Sur son autorité, contestable surtout pour la période de 1559 à 1561, où il n'est soutenu que par les souvenirs de son père (t. I, p. 95 et 165), voir Gombehville, Vertus et Vices de l'histoire, p. 85-86; SoREL, Bibl. franc., p. .304; Bayle, Dict., éd. Beuchot, t. I, p, 2.37; IV, p. 159; VU, p. 164; XI, p. 98; XV, p. 127; le P. Griffet, Traité des Preuves de l'histoire, p. 262, et dans l'édition de ['Histoire du P. Da.niel, t. X, p. 629 et 638; Poirson, Histoire de Henri IV, t. IV, p. 290 sqq.; A. de Ruble, Antoine de Bourfjon, t. I, p. 240; Réaume, Étude sur d'Aubigné, p. 210, 211, 221, 223, 257.

4. Sources néiiiimoins très « autliauli()ues et suffisantes,» comme le prouve ScHMiDT, Hist. des Cathares, t. Il, p. 2-3.

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roger lui-même et sans renseigner le lecteur sur le degré de créance qu'il convient de lui accorder. Il fait entre eux des distinctions fortement motivées. — Il a, par exemple, une confiance médiocre en Pierre le Vénérable « qui n'écrivait des Albigeois que par rapport'. » — Il ne cite qu'en passant la lettre écrite à saint Bernard par Evervin^, moine pieux et naïf, plus occupé, comme tant d'autres, d'exécrer les hérétiques de son temps que de les connaître ^ — lia, au contraire, beaucoup d'estime pour saint Bernard ; il se persuade, en dépit des critiques protestants, que personne n'a, mieux que lui, compris les hérétiques de Gascogne ; il ne le juge capable ni de calomnie volontaire, ni de crédulité ; et il en déduit avec soin les raisons'. Toutefois, l'auteur auquel il accorde le plus de crédit sur les croyances des Albigeois, celui dont le nom revient le plus souvent dans ses pages, c'est celui-là même dont les historiens protestants s'accordent à faire le plus grand cas : — c'est Renier®, qui avait lui-même, pendant dix-sept ans, vécu parmi les Cathares et partagé leurs croyances; qui, après sa conversion, «assista souvent à l'examen des hérétiques » et « s'appliquait à lire leurs livres»; qui, enfin, en disant « sincèrement», comme il fait, sur le compte des Albigeois et des Vaudois, «le bien comme le mal », se rend par là « d'autant plus croyable ^»

i. L. XI, n» LX%Ti.

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