‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 14 sur 329 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

M. Georges Perrot de m'avoir permis de mettre en tête de mon livre le nom de l'École et le sien.

N. B. Je ne crois pas devoir énuraérer ici les ouvrages que j'ai consultés. La variété des matières traitées par Bossuet dans les Variations et qu'il m'a fallu étudier après lui, est telle que la liste de mes sources — c'est-à-dire des siennes augmentées des principaux ouvrages parus depuis son histoire sur les sujets qu'il a traités, — ne pourrait être qu'une bibliographie très longue, très sèche et d'apparence quelque peu prétentieuse, de l'histoire religieuse et parfois même politique des Temps modernes, depuis les Albigeois jusqu'à la Révocation de î'Édit de Nantes. On trouvera du reste, au fur et à mesure, cette bibliographie dans l'annotation très abondante que j'ai jointe à mon travail. J'ai indiqué au bas des pages, aussi exactement que je l'ai pu, tous les documents dont j'ai tiré parti, aux endroits même où je m'en suis servi et autant de fois que je m'en suis servi.

Dans ces notes, on trouvera encore, en outre des renvois, un assez grand nombre de citations justificatives du texte. Bien que, pour l'instant du moins, l'érudition, et en particulier l'érudition allemande, paraisse incliner vers une grande sobriété d'annotation, je persiste à croire avec Bayle qu'au risque de grossir un volume, il vaut mieux, en de certains sujets, « faire le copiste, pour l'utilité de ceux qui, sans sortir de leur place, sont bien aises de s'éclaircir. » {Dict. crit., art. Carnéade, rem. B.)

Des origines de VHistoire des Variations et de la préparation antérieure de Bossuet aux études historiques.

Des origines théologiques de VHistoire des Variations et de la préparation antérieure de Bossuet aux études historiques.

DES ORIGINES THÉOLOGIQUES DE « l'hISTOIRE DES VARIATIONS »

S'il fallait en croire les auteurs de l'édition spéciale de Y Histoire des Variations qui parut en 1770, voici pour quel motif et à quelle occasion Bossuet aurait composé cet ouvrage* :

« Le livre de Y Exposition de la doctrine catholique avait mis en rumeur tout le parti protestant : les plus habiles travaillèrent promptement à le réfuter. Parmi ces prétendus réfutateurs,... l'auteur distingua M. de la Bastide;... son ouvrage lui parut mériter une réponse précise. C'était celui de tous les adversaires du prélat qui parlait le plus affirmativement de deux éditions du livre de Y Exposition et des variations de l'Evêque de Meaux. Le mot variations, souvent répété par M. de la Bastide, fit naître à notre auteur l'idée de mettre une préface à la tête de son li\Te et de montrer combien il était ridicule aux protestants de relever avec emphase quelques changements dans les mots et dans le style, et d'accuser pour cela l'auteur d'inconstance et de variation, pendant qu'il

1. Édition des abbés Le Queux et Le Roy, 1770. Préf'., p. xxxiv-xxxv.

pouvait aisément les convaincre d'avoir cent et cent fois varié sur le fond et sur la substance des dogmes.

« Il avait alors sous les yeux le gros recueil des confessions de foi luthériennes et calvinistes, imprimé à Genève [en 1654], sous ce titre : Syntagma confessionum fidei..., amas confus de confessions de foi discordantes qui se condamnaient les unes les autres sur plusieurs articles... et qui prêtaient le flanc à tous les genres d'attaque qu'on voudrait leur livrer. »

Bossuet s'avisa d'en tirer parti, mais «il s'aperçut bientôt que la matière était trop abondante et qu'elle grossirait trop considérablement sous sa plume pour en faire la simple préface d'un livre aussi court qu'est celui de V Exposition. » Il se résolut donc « à la traiter à part et à composer une histoire détachée des variations des Eglises protestantes. »

C'est sans doute dans les mémoires, alors inédits, de l'abbé Le Dieu, que les abbés Le Queux et Le Roy trouvèrent le fondement de cette anecdote ^ Ils eussent mieux fait, je pense, de n'en pas croire sur ce point le secrétaire de Bossuet. Le Dieu, malgré la minutie pieuse avec laquelle il a recueilli tout ce qui pouvait servir à l'histoire de son maître, n'est pas infaiUible, surtout quand il touche aux événements antérieurs à la date où il commença son Journal'. Ici, du reste, il ne nous dit pas d'où il tient ce qu'il raconte sur l'origine, ou, comme il dit, sur \ occasion de Y Histoire des Variations.

1. Le Died, Mémoire sur la vie et les œuvres de Bossuet, p. 193. Ce mémoire fut composé ea 1704 pour le P. de la Rue qui devait composer l'oraison funèbre de Bossuet. La partie de la vie de Bossuet postérieure à 1680 n'y est traitée que sommairement. Le Dieu le dit lui-même {Journal, t. II, p. 114). — Ni l'abbé Le Queux, ni l'abbé Le Roy n'ont pu connaître personnellement Bossuet.

2. C'est en 1679 ou 1680 que Bossuet paraît avoir commencé VHistoire des Variations. C'est eu 1684 que l'abbé Le Dieu devint secrétaire particulier de Bossuet; c'est en 1699 seulement qu'il entreprit de tenir un Journal de la vie de son maître et de la sienne. — Sur les inexactitudes de l'abbé Le Dieu, voir par exemple, Floquet, Bossuet précepteur du Dauphin, p. 403, n. 2; sur le peu de confiance de Bossuet pour Le Dieu, Sainte-Beuve, Lundis, t. XII, p. 250 ; t. XIII, p. 294-303.

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