Chaufferie, Dictionnaire
2. Commentarius hisloricus et apologeticusde Lulheranismo... inquoLud. Maimbiirgii Historia Lutheranisnd, anno I6S0... édita, latine versa exfiibetur, corrigi/iir et suppletur; simul et aliorutn quoriindam scriptorum errores aid calumniae examinantur, elc. Francf. et Lpz., 1(587-1691 (3 parLies) ia-4. — Cf. HiST. DES Ouvn. des Sava.vis, février 1G8S; Journal des Savants, 1692, p. 323; BiBUOiii. umvehs. et hist., t. XXII.
3. Lettres de Leibniz à Seckendorf idu 24 juillet et du le"" octobre 1690, du mois d"aoùt et du 17 décembre 1691, du 24 avril et du 29 juillet 1692). Mss. de LA BiBLiOTH. BOY. DE Hanovre, Corresp. avec Seckendorf.
4. Commentarius, etc. : edilio secunda emendalior, 1694, in-fol.
5. Adiuonitio de l'édition de 1694; cf. parL III, sect. xxi, n» lxxxlx, Additio i V.
G. Déjà, pendant que Seckendorf terminait la première édition de son ouvrage, Leibniz l'exhortait à ne pas s'occuper du seul Maimbourg : « El bene est quod Varillasium et Meldensem Mainburgio jungis...» (24 juill. 1690). dlllustrissitni Bossueti erit, tua sibi in primis dicta putare, postquam Mainhurgins excessit rébus fiumanis, citjus alioqui non maxima erat apud intelligentes existimatio. Varillasius auteni jam satis famam. decoxit. Edit Bossuetus aut fartasse jam edidit replicationem ad ea quae Basnagius Vario.tionum molimini reposuerat.n (Août 1691.)
Leibniz attendait avec une impatiencs visible rachèvement de l'ouvrage de Seckendorf pour pouvoir l'opposer à Bossuet. Dans la dernière lettre citée, il apprend à Seckendorf qu'il a pris soin d'annoncer à Peilisson ainsi qu'à Daniel de Larroque, « familier de l'évêque de AJeaux », où en est le livre de Seckendorf. De même, danf la lettre du 24 avril 1692 : « Dudtim ego eruditos Gallos in spem
désormais en vue; ceslù V Histoire des Variations qu'il oppose une apologie de Luther et de Téglise par lui fondée.
Dans la célèbre et très vivante Université deTubing-ue, l'ouvrage de Bossuet attira sans doute, de bonne heure, l'attention des théologiens, et, en tout cas, elle la retint longtemps. En 1720, le docteur Christophe Mathieu Pfaff, — qui déjà s'était rendu célèbre par ses heureuses découvertes dans les bibliothèques d'Italie et bientôt allait devenir un des personnages les plus influents et les plus honorés de l'Allemagne religieuse \ — consacrait à Y Histoire des Variations, à propos d'une thèse soutenue devant l'Université, une étude spéciale^.
Enfin, à côté de ces jouteurs de grand renom, nous voyons, en Allemagne aussi, donner contre Bossuet, des combattants de moindre marque. En 1690, le docteur Jean Henri May abandonne un instant ses études hébraïques pour revendiquer contre Y Histoire des Variations la constance perpétuelle des Eglises de la Confes-
tui operis erexeram. » Une lettre à Teotzel, rédacteur des Monatliche Unterredunqen, est eocore plus sigoilîcative : << Salivamjamdiiduminoveram Meldensi e/)iscof)0 et Pelli.ssonio, celebratis veris ejus (Seckendorfii) laudiOus» 13 nov. 1692 (Mss. de Hanovre, Corresp. avec Tentzel). Cf. Briefwechsel mit d. Landçir. Ernest, édit. Rommel, t. II, p. 293, 346, 371 (lettres de sept., nov. el.déc. 1691).
il s'empressa de communiquer l'ouvrage de Seckendorf à Bossuet ■< cui maxime cum illo nef/odum eril » (2i avril 1692) Mss., ibid.; cf. Œuvres de Leibnitz, éd. Foucher de Careii, t. 1, p. 254-255. L'impression de Bossuet, assez dédaigneuse (lettre à Leibniz du 26 mars 1692;, mécontenta Leibniz (voy. .Mss. cités, lettres à Seckendorf du 18 et du 24 avril 1692 et à Tentzel du 13 novembre).
Les lettres de Leibniz, en 1691-1692, nous le montrent très préoccupé de lire les ouvrages de Bossuet (voy. les lettres de juin et novembre 1691, de janvier et juillet 1692, dans Rommel, t. IL p. 276, 341, 449, et Foucher de Careii, l. I, p. .301). — Il s'inquiète en particulier des réponses faites par Bossuet aux contradicteurs de son Histoire Vf. plus haut, lettre ms. d'août 1691 ; et de nouveau dans la lettre du 17 décembre : << Meldensis episcopi responsum Basnagio opposilum videris. »)
1. Pfaff, né en 1686, mort en 1760. — Sur son renom en France, voir le Joun.VAL DES Savants de 1715 (p. 465), de 1720 (p. 625), de 1721 (p. 294, .321), etc.
2. Chr. Matth. Pfaff. De variationiôus EcclesiarujnProtestantium [adversus Bossiielium] dissertatio... sub praesidio d. Chr. Matth. Pfaffii defendet J. C. Beck. (Les dissertations académiques de ce genre doivent être attribuées non pas au doctor respondens, mais au Praeses qui les rédige et les publie.) Tubingue, 1720, 22 p. Dans c<'t opuscule Pfatr se contente de présenter quelques observations générales « quas quiprobe imbiberit...clavem ad omnia dituenda, et refutanda sic sibi comparaverit. »
sion d'Aug-sbourg- dans leur foi'. — En 1694, un certain Jean Brunsmann publie une Apologie de l'Eglise luthérienne contre les accusations de l'évêque de Meaux^. — En 1704, Daniel Sévérin Scbulz, de Hambourg-, — l'un des collaborateurs de Turrettin et de Christophe Mathieu Pfaff dans le projet de Réunion des diverses communions protestantes, — oppose à la peinture de la Réformation selon Bossuet, le tableau antithétique des erreurs de l'Eglise romaine^.
Telle est, en effet, l'une des deux méthodes dont les critiques de Bossuet firent usag"e contre lui. On goûtait fort, au dix-septième siècle, dans tous les partis, la «voie de récrimination » : rien ne semblait plus piquant et probant que de renvoyer à l'agresseur les reproches qu'on avait reçus de lui*. Du reste, avec plus d'audace que de prudence, Bossuet avait défié par avance ses contradicteurs futurs d'user avec succès, contre lui, de cette arme favorite de la polémique contemporaine. « S'ils nous montrent, disait-il d'un ton assuré dans sa préface, la moindre inconstance ou la moindre variation dans les dogmes de l'Eglise catholique, depuis ses origines jusqu'à nous, c'està-dire depuis la fondation du Christianisme, je veux bien leur avouer qu'ils ont raison^ et moi-même j'effacerai toute mon histoire ^ » Le défi était précis et tentante Jurieu le releva le premier, et à sa suite, Aymon,
1. JoH. H. Majus, Constans et invariata confessio fidei Ecclesiarum Augustanae confessioni addictarum contra J. B. Bossuetii Histoire des Variatioas (1690), dans ies Selectiores exercitaliones theologicae et exegeticae (1711), t. II, D» V, p. 235 sqq.