‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 183 sur 329 · Voy. plus haut, 1. I, ch. i, p. 33 sqq · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, 1. I, ch. i, p. 33 sqq

3. Hist. des Vav., 1. XI, n»» i, n, m, vr, xxxiii, xlvi, lk, lxi, lxiv, lxx, cxvm, cxxxt, cxxsiii, cxxx\ii, cxlii, clii, cLnc, clxxvi, CLXxviir, cxcix, ccra,

4. D'autant que ces prélentious du Protestantisme n'étaient pas unanimement et fortement combattues par leurs adversaires. En 1682, Le Fèvre, docteur de Sorbonne assez estimé des Réformés pour une certaine équité, paraît admettre que les Albigeois et les Vaudois sont bien en réalité les ancêtres de la réforme luthérienne {Motifs invincibles pour convaincre ceux de la R. P. R., 1682, p. 5 et 6). Madibocrg se moque, il est vrai, des protestants, quand il les voit, fouiller «jusque dans les Archives de l'Ethiopie » {Traité de la vraie Église, dans Trois traités de controverse, p. 207). Mais, ailleurs, il soutient que Calvin n'a fait qu'emprunter à ses prédécesseurs, en particulier aux Vaudois {Hist. du Calvinisme, p. 70-71); et Bayle, toujours attentif à relever les contradictions du parti adverse, faisait ressortir justement que ce reproche imprudent de Maimbourg prouvait plutôt en faveur de Calvin {Crit. gén. de l'Hisf. du Calvin., 1. XI, n" vu). — Enfin, jusque dans le manuel de conversion rédigé par l'Assemblée du Clergé de 1682, ou semblait accorder implicitement aux protestants qu'ils avaient raison de se réclamer de Wiclef et des Vaudois {XII' Métliode).

se flattaient d'avoir établie, entre la Réformation proprement dite et les hérésies apparues en Europe depuis l'onzième siècle jusqu'au quinzième.

C'est encore cette préoccupation d'un esprit très instruit de la controverse contemporaine, de ses thèses familières et de ses procédés habituels, qui explique l'insistance de Bossuet sur quelques matières.

L'étude qu'il fait des guerres civiles du milieu du seizième siècle en France ne peut sans doute pas être considérée comme une digression, étant donné la façon dont il sait l'attirer et la faire entrer dans son dessein. « Les protestants, dit-il, ont commencé, en France comme en Allemagne, par déclarer bien haut qu'ils ne voulaient point recourir aux violences pour défendre leurs croyances persécutées et faire prévaloir leur religion. Ce principe était inscrit dans les Confessions de foi et autres actes publics du parti ; il était proclamé par les docteurs, par Calvin et par Bèze, comme par Luther et Mélanchthon. C'était un dogme de la Réforme à ses débuts. Cependant en 1560, la guerre éclate en France pour cause de religion ; et il se trouve des théologiens pour l'absoudre, des Synodes pour l'encourager. Voilà donc encore un dogme mort presque aussitôt que né; voilà une variation de plus à joindre à la liste des démentis que, depuis un siècle et demi, la Réforme s'est donnés à elle-même^).

Ainsi présentée, il est incontestable que l'histoire des luttes intestines de la France sous les derniers Valois fait dûment et légitimement partie du sujet de Bossuet, quoi qu'en disent ses critiques^. Le tout sera pour lui de

1. Ilist. des Var., 1. X, n°« xxiv-liii : « C'est donc ici une véritable variation dans leur doctrine.» Cf. Défense de IHisl. des Var., n»' ii sqq.

2. JuRiEU, Lettr. jmst., d« année, vu, p. 155; Basnagk, Hist. de la Rel. des Égl. Réf., t. I, p. 490, 522.

démontrer, s'il le peut, non seulement que ces guerres offrent bien le caractère de guerres « religieuses », mais en outre qu'il y a eu sur ce point une variation, réelle et avérée, de la dogmatique calviniste.

Cette démonstration, contenue dans le dixième livre de l'ouvrage, est longue. Mais des deux parties dont elle se compose, la plus nécessaire était visiblement la seconde. Or, c'est le côté de la question où Bossuet passe vite*. Et sur la première partie de la preuve, au contraire, qui importe bien moins, on peut trouver qu'il s'étend beaucoup trop. Il semble au reste s'en être aperçu le premier : «Le détail des intrigues et des guerres», — il le confesse lui-même de peur de se l'entendre dire, — « ne le regarde pas^» Le lecteur curieux ne songe peut-être point à se plaindre de voir les événements complexes et obscurs de 1560 et des années suivantes démêlés à loisir par une intelligence lumineuse ; mais le critique raisonneur, qui regarde au titre même et au dessein annoncé de l'ouvrage, a le droit de s'étonner d'une promenade aussi complaisante et d'un séjour aussi prolongé dans l'histoire purement politique.

Et puis, d'appuyer tellement, et dans un tel moment, sur les révoltes passées du Protestantisme français, étaitce généreux, était-ce habile? Ici encore Bossuet prévoit le reproche: «A quoi bon, dira-t-on, rappeler ces choses, pour qu'un ministre fâcheux vous vienne dire que vous ne voulez par là qu'aigrir les esprits et accabler des malheureux^? » Quand on sait que Bossuet était incapable d'une dureté préméditée et d'une insolence gratuite à l'égard de persécutés qu'il plaignait sans doute au fond du cœur*, il est permis de croire qu'il devait redouter, plus que personne parmi ses contemporains, l'objection qu'il se pose ici par avance à lui-même.

1. Voyez, sur la partie fuible de celle Jémonstrntion, plus loin, même livre, cl). IV, nos m à V.

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