‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 187 sur 329 · Jurieu, Uist. du Calv. et du Papisme, t. I, p · texte numérisé non relu

Jurieu, Uist. du Calv. et du Papisme, t. I, p

3. Jurieu, Hist. du Calv. et du Papisme, t. I, p. [iOi, 510 sqq.

4. La première guerre civile » est la principale. » Jurieu, Suite de la Polit, du Clerfjé, t. Il, p. 53. '( Je me me suis obligé à justilier que la première prise

testants eu apportaient d'autres. Suivant eux, la rivalité des maisons de Bourbon, de Montmorency et de Lorraine en avait été le fond ; la « malheureuse politique » de Catherine, Taliment ; et F «on ne saurait mieux définir » cette première guerre qu'en disant qu' « elle fut formée par la jalousie de deux partis qui disputaient, non de la religion, mais du gouvernement*.» De plus, en 1562, le Roi était mineur, et les ministres indignes, qui empiétaient sur son autorité, ne pouvaient être considérés comme ses représentants légitimes, tandis qu'au contraire, dans l'opposition qu'ils leur firent, les Protestants avaient des princes du sang pour chefs. Et même, à cette fois-là, une autorité plus haute encore justifia leur entrée en campagne : celle de la Régente elle-même, qui réclamait le secours de Condé".

Mais ce n'était pas tout encore. Il restait à faire absoudre l'attitude des protestants sous François II et la manifestation violente connue sous le nom de Conjuration d'Amboise. Si délicate que fût cette question, pas plus ici qu'ailleurs il ne fallait lâcher pied et donner aux catholiques cause gagnée : car l'autorité des Edits eût été ruinée, à proprement parler, par la base, si les catholiques avaient pu se prévaloir sans contradiction de ce fait que la première de toutes les décisions royales rendues en faveur du Calvinisme, — celle de janvier 1562, — avait été précédée, préparée, par un coup de force des Religionnaires. On s'évertue en conséquence à dégager de

d'armes, car de tout ce qui s'est fait dans la suite je ne justifie rien. » Ibid., p. 58. Il lui suffit ici de montrer que, « dans leur source », ces guerres étaient des « guerres d'État. » P. 67.

1. Jl'rieu, Suite de la Politique du Cierge', t. II, p. 40 sqq.

2. JuRiEu attribue pour causes à la première guerre civile : i" l'orgueil et l'arabitioa de la maison de Guise; 2° le grand nombre de mécontents dont la France était remplie; S" la multitude des malhonnêtes gens qui y pullulaient; 4° la jalousie des Montmorencys et des Guises; 5° la grandeur d'âme, l'ambition ella veugeance du Prince de Condé (de qui il fait un long panégyrique); 6» l'ambition énorme et la politique détestable de Catherine de Médicis; 7» la religion. Il avoue ici [Hist. du Caiv. et du Papisme, t. I, p. 526-527), après l'avoir souvent nié ailleurs, que la religion a été <( pour quelque chose » dans ces « émotions. » Mais pour peu de chose, on le voit : « pour la septième partie.» Sur ces contradictions, voy. plus loin, ch. v, 0°^ m et vu.

l'aventure d'Amboise le parti protestant. On rappelle' qu'en 1560 le Calvinisme était déjà établi, enraciné en France « par le zèle de ses protecteurs et par le sang de ses martyrs;» que la conjuration fut dirigée «uniquement contre les Guises;» que «tous les mécontents », dont le royaume était plein, «y entrèrent»; que la «cabale» des Grands, lésés dans leurs intérêts, — le roi de ÎSavarre, Condé, Montmorency, l'Amiral, d'Andelot, — fut la cause originelle et secrète du complot; que le but était un simple changement de ministère. Et l'on conclut qu'en un mot, toute cette affaire ne fut qu'une « affaire d'États»

Tel est. en ses traits généraux, l'abondant plaidoyer que les controversistes protestants se font un devoir de renouveler dans presque tous leurs livres, de 1670 à 1695 ; telles étaient les questions d'histoire que résolvaient contradictoirement, sous les yeux de Bossiiet, les défenseurs des deux religions, — et voilà ce qui justifie la présence dans y Histoire des Variations de trente-deux chapitres consacrés aux guerres du seizième siècle. Ce rapprochement éclaire jusque dans ses particularités la composition de cette longue partie du dixième livre : car les articles que Bossuet choisit, pour les étudier à nouveau et à fond, sont ceux-là même où les controversistes protestants concentraient, comme sur les points faibles de leur cause, leur attention la plus diligente et leur plus énergique effort.

Enfin cette intervention de Bossuet dans une discussion si justement passionnante, — vu les circonstances d'alors, — pour les prosélytes ardents des deux religions rivales, se comprend encore mieux, à considérer les mérites inégaux et le succès différent des polémistes qui, de l'un et l'autre côté, avaient été, jusqu'en 1688, mis en ligne.

1. Jlriel-, Hist. du Calvinisme et du Papisme, t. I, p. 404 sqq., 440 sqq., 469, 46l sqq. — 11 revient à plusieurs reprises sur la Conjuration d'Amboise.

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