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2. Richelieu, en particulier, dans sa Méthode, 1651, part. II, cb. x, avait insisté très longuement sur cette affaire. — Voir, pour les controverses alors récentes, Nicole, Préjugés légitimes, 1682, ch. ii ; — Claude, Défense de la Réformation, part. II, ch. V ; — Bayle, Nouvelles de la République des Lettres, août 1685 (à propos de la troisième édition de Touvrage de Corùemov, Récit de la Conférence du Diable avec Luther, 1684) ; janviei' 1687 (à propos de la dissertation de Sagitiarius (Seckendorf) en réponse à Cordemoy : Dissertafio historica et apologetica pro doctrina Lutheri de Missa, 1686) ; — Denys de Sainte- .Marthe, Réponse aux Plaintes des Protestants (i6S8), p. 282; — Acta Eruditorum Lips., 1686, p. 606 sqq. ; — Sejkendorf, Comment, de Lutheranismo, 1688, t. I, sect. XLV, Cil; Add., p. 178; — Cf. Ukert, t. Il, p. 68-69, une longue bibliographie de celte question. — Les Sacramentaires, comme Bayle le remarque, n'hésitaient pas à admettre que Luther avait suivi les conseils du Démon : » Lutherus... a Diabolo edoctus,'i écrit Hospimen, Hist. sacram., f. 131. Cette conclusion, que Kuhn qualilie avec raison ûe^ niaise [Vie de Luther , t. III, p. 56), n'appartient donc pas aux seuls catholiques.
3. Acta Erudit. Lips., 1689, p. 70; — Secke.vdorf, Historia Lutheranismi, p. 146-149, Add. F; — Bas.xage, Hist. de la rel. des Égl. réf., t. I, p. 431 sqq.; Hist. de l'Église, t. IL p. 1482-1483 ; il y revient encore p. 1635, à la fin de son ouvrage; — Bayle, Dict. crit., art. Luther, rem. V.
clécréditent le plus une œuvre sérieuse, — queBossuet est bien éloigné d'affirmer gravement, comme ses prédécesseurs le font, la réalité de cette leçon de théologie diabolique, et de se signer avec eux devant cette horreur. « La chose est-elle véritable? ou si Luther l'a imaginée? » Ou même si c'est une pure «invention?... » Bossuet ne décide pas et laisse au lecteur le droit d'en penser ce qu'il lui plaît. Vraie ou fausse, du reste, peu lui importe pour les conclusions qu'il en tire. Car ce n'est pas sur le fait même qu'il raisonne, c'est sur le récit que Luther en a donné'. De ce récit, il retient deux choses : — premièrement, que Luther ne douta pas qu'il n'eût véritablement discuté avec le Diable véritablement présent à ses côtés; — puis, que ce colloque fantastique parait bien avoir été le motif qui le détermina à combattre désormais, radicalement, la messe catholique-.
Bossuet n'insiste pas davantage sur cette histoire « tant rebattue. » Devait-il faire plus encore et la passer sous silence? — Les historiens modernes de Luther, même protestants^, ne sont pas, en général, aussi jaloux sur ce
1. '< Je ne veux pas m'étendre sur une matière tant rebattue : il me suffit d'avoir remarqué que Dieu... ait permis que Luther tombât dans un assez graud aveucjlemenl pour avouer, non pas qu'il ail été souvent tourmenté par le Démon, ce qui povvait lui être commun avec plusieurs saints, mais, ce qui lui est particulier, qu'il ait été converti par ses soins, etc. »
2. Il est vrai, comme le prouve abondamment Seckendorf, que Luther, avant cette vision étrange (qui se place dans les premiers mois de 1521), avait déjà combattu la messe catholique, mais il est vrai aussi que le premier traité complet et décisif {Video enim quae antea scrij)si... non satis movere) qu'il lit sur ce sujet paraît n'avoir été composé qu'au mois d'octobre de la même année (Luth. op. lat., éd. Schmidt, t. VI, p. 113). Plusieurs fois, du reste, il est question du Démon comme inventeur de la Messe, même dans ce traité, et l'on peut voir dans plusieurs passages le ressouvenir de la vision récente (p. 124, 126, 133, 136-1.37, 139, 142, 143, 145, etc.). — De plus, dans son récit de 1533, Luther avoue que jamais les raisons contre cette cérémonie, sacrilège selon lui, du culte catholique, ne lui étaient apparues aussi nombreuses, aussi complètes, aussi accablantes que dans la bouche du docteur infernal. — Ce qui rend enfin vraisemblable que Luther crut de bonne foi avoir tii'é profit des arguments de Satan, c'est qu'en effet, à cette date de 1521, nous le voyons livré aux troubles de conscience les plus violents et aux plus cruelles incertitudes (voir le début du De abroganda Missa de 1521 : «...Ego quotidie in me ipso experior quam difficile sit conscientiam lungo irnpietalis usu vexatam ad sanam pietatis scientiam revocare, etc. »