L. IV, n»» xx\-iii et xxx
à rextrémité contre ses adversaires ^ » Ceux-ci avaient assurément le droit de le traiter d' « insensé », — presque dans le sens exact du mot, — et Bossuet, à qui des études récentes et peut-être menées assez loin, de philosophie naturelle % semblent avoir inculqué l'idée cartésienne que les passions dépendent presque entièrement du corps, parait lui-même se demander parfois si les « excès inouïs», «bizarres^», de cette fougue inguérissable ne tenaient pas à une cause morbide. «Les fièvres les plus violentes ne causent pas des transports pareils » à ceux dont Luther donna si souvent, de gaité de cœur, le peu édifiant spectacle*.
Ses disciples mêmes étaient scandalisés, mais que faire? Que dire même? Car Luther admettait malaisément la résistance. Autour de lui, jusqu'à la fin de sa vie, « on murmurait sourdement...; personne n'osait parler.» Il était de la race de ceux qui, après avoir «soulevé» les peuples contre l'autorité qui leur pèse, « se font euxmêmes tyransS). Dès le début, il avait déclaré fièrement qu'il n'exposait pas des recherches, ni ne proposait des doutes, mais qu'il promulguait des décisions. Il tint parole : « il n'y eut jamais de maitre plus rigoureux que lui, ni de tyrannie plus insupportable que celle qu'il exerçait dans les matières de doctrine. » C'était principalement, en effet, sur la doctrine que Luther se voulait donner cette autorité absolue. Les plus savants, les plus éminents de ses amis étaient ceux qu'il « contraignait » le plus. Leurs complaisances , comme « les soumissions » de ses adversaires, ne servaient qu'à le rendre