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dans les âpres controverses des théologiens ses contemporains, tant d'exemples. Il faut pardonner à la « mauvaise humeur' » que souvent on ne peut maîtriser, il l'avoue, en face de la résistance des hommes ou de la contrariété des événements ; il faut surtout tenir compte de la présence d'adversaires injustes et violents qui rendent parfois la modération fort difficile. Et Bossue t n'a aucune peine à convenir que les « excès » des ennemis de Luther «n'étaient pas petits^». Mais il n'en est pas moins persuadé que ces colères «impétueuses et insolentes'» étaient, chez lui, bien moins l'échappée accidentelle d'une parole qui s'oublie, que la manifestation involontaire d'un tempérament indompté.
Et, à son ordinaire, il en donne des exemples significatifs. Quand Luther injurie ou menace si grossièrement le Pape, ce n'est pas seulement dans quelque sermon ou dans un écrit de polémique; «ce n'est pas un harangueur qui se laisse emporter à des propos insensés dans la chaleur du discours; c'est un docteur qui dogmatise de sang froid et qui met toutes ses fureurs en thèses. » — Son intérêt même, pourtant, lui conseillait plus de calme. « Un homme qui se disait le réformateur du monde » ne devait-il pas se sentir «obligé», par le rôle même qu'il s'attribuait, «à se rendre plus maître de lui*?» — Mais point, A peine si l'Age et la fatigue d'une vie de disputes" le calmèrent par instants vers ses derniers jours. Les attaques et la contradiction ne cessèrent de l'exaspérer, et «lorsqu'il tire à sa fin», on le trouve «plus furieux» que jamais, plus insoucieux « de toute pudeur » et de « s'immoler à la risée publique, pourvu qu'il pousse tout
1. L. V, n» XV : « Oq est quelquefois de mauvaise humeur, je l'avoue, quoiqu'un des principaux el des moindres effets de la vertu soit de se vaincre sur cette inégalité; mais que peut-on espérer quand un homme, et encore un liomme qui n'a pas plus d'autorité ni peut-être plus de savoir que les autres, ne veut rien entendre et qu'il faut que tout se passe à son mot?»
2. L. I, u» xxn; 1. V, n" ii, — Cf. Hoff, Vie de Luther, p. 117-119,