ScHMiDT, t. II, p. 256. A. Révllle, art. cité, p
tomber en route; mais l'essentiel du moins ne devait-il pas se conserver'? Et le culte du prophète éponyme était précisément une des traditions que devait le moins laisser perdre Timagination dévote des néophytes... De plus, les Albigeois professaient certains dogmes, observaient certains rites que les Manichéens ignoraient : tel ce sacrement, capital chez les Cathares, du Consolatnentum, du Baptême sauveur conféré in extremis par les Purs, aux Croyants éprouvés. — H y a, dans ces différences, à tout le moins une cause sérieuse d'hésitation, et Bossuet — qui , ailleurs , sait avec tant de force , distinguer, par leur principe générateur et par leur fond, des manifestations hérétiques que quelques points communs et leur physionomie extérieure avaient fait confondre à tort, — n'aurait-il pas dû ici user de la même circonspection et procéder pour les Albigeois et les Manichéens comme pour les Albigeois et les Vaudois, comme pour Wiclef et les Hussites, comme pour les Protestants et Jean Huss?
D'autre part, les moments successifs de cette importation du Manichéisme en Occident — encore aujourd'hui peu élucidés par les partisans de la même thèse ^ — étaient, à plus forte raison, au temps de Bossuet, bien loin d'avoir l'évidence victorieuse qu'il lui plaît de leur attribuer...
Est-il sûr, d'abord, que les Pauliciens fussent sortis des Manichéens^? L'auteur même dont Bossuet se sert ici principalement, — Pierre de Sicile, — déclare que les Pauliciens exécraient violemment la mémoire de Manès*.
1. ScHMiDT, ibid., p. 257 sqq. ; A. Réville, ibidem: P. Meyer, Revue critique, 1879, t. II, p. 81; etc.
2. Cf. l'abbé Douais, les Albigeois: Meyer, art. de la Revue crilique, cité cidessus ; Revue des Questions historiques, t. XL, p. 566; et les textes cités par DôLLixGER, Reitràge zur Sekteyigescbichte des Milteltaters, t. I, p. 51-75 [die Verbreitung der orient aUschen Sekten ini Abendlande bis gegen Ende des e.lften Jahrhunderls.)
?.. ScHMiDT, ibid., t. II, p. 261-262.
4. « IlpoÔ-Jixwi; àva6£!J.aT(Çou<Ti. . . Màvsv-ra. » Pierre de Sicile, cité par ScHMiDT, ibidem. Cl". Dolli.voer, Beitriige, t. I, p. 2-3 : « Die auff'allendsten Ziige des Manichiiismiis iind diejenigen wodurch er sich von der gnostischen Systemen unterscheidet , in dem Paulicianisc/ier Lehrbegriffe nicht zu finden sind. »