Cf. plus haut, p
2. Bossuet {Déf. des Var., n° xxix) ne peut naturellement prouver à Basnage que l'interprétation qu'il lui a opposée n'est pas la bonne, et il en est réduit à en « appeler à la conscience des sages lecteurs. »
3. BiHL. Nat., Mss. fr., n» 13954, S\in. nat. de Lyon, art. 48 : « Un abbé venu à la connaissance de l'Évangile, ayant abattu l'idolâtrie, brûlé ses titres, pourvu à ses moines, sans qu'il ait permis que depuis six ans se soit chanté messe en l'abbaye, ni fait autre exercice de service papistique, ains s'est toujours porté fidèlement, et a porté les armes pour maintenir l'Évangile : à savoir s'il doit être reçu à la Cène. Réponse que oui.» Parmi toutes les circonstances du passé de cet abbé, il fallait bien qu'il y en eût une qui ne parût pas irréprochable aux Protestants de ce temps, puisque la question se posait s'il devait être admis à la Cène. Cette circonstance douteuse, ce grief possible est évidemment le fait d'avoir « porté les armes.» — La rédaction ci-dessus est, avec des variantes insignifiantes, celle de tous les mss., à l'exception du ms. (attribué à Paul Ferry) que conserve la Bibliothèque de la Société' du Pi'otestanlisme {Mss., no xxiii). Dans ce ms., le texte de cet article serait plus favorable à l'interprétation de Bossuet : ((Ains s'est toujours porté fidèlement, et même [a] porté les armes pour l'Évangile et le service du Roi; ne doit pas être rejeté de la Cène.» Mais ce texte est probablement une copie altérée. Cartel qu'il est, on se demande pourquoi l'admission de l'abbé à la Cène ferait le moindre doute, puisqu'au point de vue protestant, il n'a fait que du bien. — Le texte que donne Avmon [Syn. nat., t. I, p. 45), visiblement rajeuni du reste, prête à la même objection.
à la table sainte. — Et en admettant même la signification différente que Bossuet attribue à ce texte, quelle conclusion fallait-il en tirer, en fin de compte, à l'appui de sa thèse? Celle-ci tout au plus, que la participation à la guerre intérieure n'avait pas semblé aux docteurs du Protestantisme un crime irrémissible, et de nature à faire retrancher le coupable, quand il s'était par ailleurs «fidèlement comporté,» de la communion des vrais fidèles. — En tout cas, ce que Basnage pouvait à juste titre maintenir, c'était que ni l'un ni l'autre des deux textes du Synode général de 1363 n'a une aussi grosse portée qu'il plaît à Bossuet de l'affirmer. Ni l'un ni l'autre n'implique que de l'aveu de la plus haute autorité religieuse que le Protestantisme reconnût, l'adhésion active à la guerre religieuse fût, — comme Bossuet le prétend, — un mérite singulier et un titre d'honneur. Il parait raisonnable et suffisant de soutenir tout simplement, avec Basnage, qu'il ne s'agit pas ici d'une «résolution», «d'une maxime» d'un caractère général', mais seulement du règlement de deux cas particuliers, de deux questions de personnes. C'est en forcer le sens et en outrer la portée que d'y voir, — comme fait Bossuet, — deux « décrets » dogmatiques faisant loi en la matière, donnant pour l'avenir une règle ferme et précise à la conduite des particuliers, tranchant enfin, d'une manière définitive, la question du devoir des fidèles en temps de persécution.
Restaient les synodes provinciaux. C'est là, — avait dit Bossuet lui-même dans Y Histoire des Variations^ , — que les « décisions expresses » sur le droit de résistance furent faites pour la plupart. Pourquoi dans l'Histoire des Vacations n'avait-il pas cité de textes de ce genre ? C'était, dit-il, «pour n'avoir pas besoin de les y aller rechercher. » Et de fait, aujourd'hui même on ne connaît qu'un petit nombre d'actes de Synodes provinciaux. Les