Cf. plus haut, p. 351 et
dans V Histoire des Variations, de recherches et de critique, de s ience et dart. Demandons-nous, pour finir, ce qu'il a dû se demander lui-même : — s'il a touché le but que visait son ambition chrétienne; — s'il a fait une œuvre, non seulement bo me et belle au sens profane, au regard des « doctes » et des « habiles », mais agissante et productive dans Tordre mystérieux des mouvements de l'âme; — si son ouvrage parait avoir dissipé les préjugés des Protestants, modifié leurs sentiments et leurs idées. Quel |ue délicate que soit celte recherche, et quels que soient les résultats où, — condaite en toute sincérité, — elle doive aboutir, le critique de \ Histoire des Variations ne saurait s'y soustraire, sous peine de défigurer pour ainsi dire, l'auteur et de fausser le sens de l'ouvrage qu'il étudie.
Nous ne pouvons évidemment pas espérer de connaître l'impression produite par l'ouvrage de Bossuet sur cette masse anonyme des lecteurs du grand public dont les seuliinenls et les actes n'ont pas d'histoire. L'Histoire des Variations fut très lue; le nombre seul des éditions qu'elle eut, la grande quantité des exemplaires anciens qui s'en retrouvent, sont la preuve de sa diffusion. Si elle n'était pas faite, par son étendue et par la nature de sa co.nposition, pour circuler aussi facilement que ['Exposition de la doctrine catholique , ni pour être aussi généralement comprise et goûtée, il est sur néanmoins que les missionnaires s'en servaient, et que les agents de conversion la distribuaient, en abondance, dans les provinces où les « mal convertis » étaient l'objet des eli'orts convertisseurs des Intendants et du clergé*.
Dans cet emploi, ï Histoire des Variations fit-elle «son fruit, » comme on disait dans la langue spirituelle du dix-septième siècle? Ebranla-t-elle un certain nombre de
1. Cf. plus haut, les textes cités, p. 32G, n. 3; p. 327, n. 1.