Défense de Calvin, éd. de 1667, p
naissions pour notre chef et pour l'auteur de notre religion!... »
A vrai dire, demeurait-on toujours fidèle dans la pratique à ces belles déclarations? — Drelincourt, lui-même, n'admet pas que la doctrine de Calvin ait été sujette au tâtonnement et au progrès. Le réformateur de la France fut, selon lui, de ceux que « le puissant et miséricordieux Seigneur a illuminés tout à la fois. Comme cet aveuglené, — qui ne fut pas sitôt lavé aux eaux de Siloé qu'il vit parfaitement, — en un instant l'on a vu ce jeune homme sortir des ténèbres de Rome, tout revêtu des lumières du ciel*. » De telles préventions, chez un modéré, sont caractéristiques. — Aussi bien, s'il en faut croire les protestations assez vives qui se produisent dans le sein du Calvinisme, au milieu du dix-septième siècle, l'esprit de docilité s'y développait scandaleusement : « Je ne puis m'empêcher de remarquer, » écrivait Louis du Moulin, l'oncle de Jurieu', «l'étrange persuasion dont la plupart de nos gens sont prévenus, de s'imaginer que la Réformation, à laquelle Calvin a tant contribué, ait été portée par lui au dernier degré de perfection, non seulement pour la doctrine, mais pour le gouvernement, de sorte que ce soit comme un attentat impie d'y rien ajouter et d'y rien diminuera. .
1. Défense de Calvin, p. 26 : « L'Évangile dous apprend que Notre-Seigoeur a illuminé quelques aveugles par degrés, comme celui à qui, au commencement, les hommes semblaient des arbres. Mais il y en a d'autres, etc. » « Calvin fait profession d'être du nombre de ceux qui profitent en écrivant, et néanmoins, il se peut dire que c'est en cette dernière façon que le Sauveur du monde a déployé sur Calvin sa vertu divine et la force de son esprit. De sorte que la doctrine qu'il a mise dans son Institution est celle où il a persévéré jusques au dernier soupir de sa vie. »