‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 30 sur 329 · Cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

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3. Cf. plus haut, p. 65, notes et Préf. hist. et crit. du t. XII des Œuvres

d'ARXAULD, p. XXXIII.

4. Défense de la Ré formation, 1673: Réponse au Livre de M. de Meaux, intitulé Conférence avec .M. Claude, 1683. — Claude a écrit encore : Réponse au livre du P. Nouet sur l'Eucharistie, 1668; Considérations sur les lettres circulaires de l'Ass. du clergé de 1682, 1683.

5. Apologie pour la morale des Réformés, 1675; Politique du clergé de France, 1680; Préservatif contre le changement de religion, 1680; les Derniers efforts de L'innocence affligée, 1682; Examen de l'Eucharistie de l'Église romaine, 1682; l'Histoire du calvinisme et celle du papisme mises en parallèle, 1682; le Janséniste convaincu, 1683; le Prosélyte abusé, ou fausses vues de M.Brueys, 1684; l'Esprit d'Arnauld, 168 i; Préjugés légitimes contre le papis))ie, 1685; le Vrai système de l'Église, 1686; Traité des droits des deux souverains, 1687; Traité de l'unité de l'Église, 1688; les Lettres pastorales, publiées de 1687 à 1689, roulent principalement sur la matière de]"Église. (Voir plus haut, p. 59, n. 3.)

rite et de ruiiité ecclésiastiques où l'attiraient ses adversaires, il consacre plusieurs traités approfondis tantôt aux raisons historiques de la séparation au seizième siècle, tantôt à la théorie dogmatique de l'Eglise, — que déjà Taudace originale de ce pénétrant novateur transforme et élargit singulièrement, pour parer soit aux objections redoutables du Catholicisme, soit aux besoins, qu'il pressent, des temps nouveaux'. — Lieutenants de ce chef impérieux et parfois compromettant, Pajon, Lortie, Larroque, Basnag-e, La Placette, Lenfant, Allix, Aubert de Versé^ multipliaient les réponses aux ouvrages catholiques, tandis que Bayle, — dont la curiosité, tour à tour railleuse et passionnée, voyage à travers toutes les questions contemporaines, — signalait aux deux partis, avec l'impartialité perspicace d'une expérience au fond très hésitante, le fort et le faible de leurs thèses respectives ^

1. Jurieu soutient dès lors « que l'Église n'est point renfermée dans une seule communion, qu'elle est répandue partout, qu'elle renferme dans son enceinte toutes les communions séparées qui conservent les fondements, même celles qui s'excommunient. » J'aurai dans le dernier chapitre à revenir sur ces idées.

2. Pajon, Examen du livre qui porte pour titre Préjugés légitimes, etc., 1673, 3 vol.; Remarques sur l'avertissement et les méthodes de M^f. du Cierge', 1683. — Lortie, Traité de la sainte Cène, 1675.— Larroque, Histoire de l'Eucharistie, 1669; Considérations sur la nature de l'Église, 1673; Conformité de la discipl. ecclés. des Protest, de France avec celle des anciens chrétiens, 1678; Traité de la Communion sous les deux Espèces, 1683. — Bas.nage, Examendes méthodes proposées par l'assemblée du clergé, 1684.— Considération sur l'état de ceux qui sont tombés, 1686; Réponse à l'Êv. de Meaux sur sa Lettre pastorale, 1686 ; Hist. de la Religion des Églises Réforinées, 1690, etc. — La Placette, Observationes historico-ecclesiasticae quibits eruitur veteris Ecclesiae sensus circa Pontificis romani potestatem in definiendis fidei rébus, 1695. — Aubert de Versé, l'Avocat des protestants ou traité du Schisme, dans lequel on justifie la séparation contre Nicole, Brueys, Ferrand, 1686.— Lenfant, les Fondements delà nouvelle méthode de prescription renversés, 1672; Réponse au P. Maimbourg , 1673; Considérations sur le livre de M. Brueys, 1684. — Allix, Dissertatio de Conciliorum quorumvis definitionibus ad examen revocandis, 1678; Réflex. critiq. et théolog. sur la controverse de l'Église, 1686. — Cl. Brousson, Lettres aux catholiques romains, 1688. — Aymon, Monuments authentiques de la religion des Grecs, 1708.

3. Bayle, Critique générale de l'Histoire du Calvinisme du P. Maimbourg,

1682; Nouvelles lettres de l'auteur de la Critique générale, 1685; Ce que

c'est que la France toute catholique sous le r'egne de Louis le Grand, 1686;

Commentaire philosophique sur le Compelle intrare, 1686-1687; Supplément

du Commentaire 'philosophique, 1688; Réponse d'un nouveau converti, 1689;

Avis aux Réfugiés, 1690; la Cabale chimérique, 1691; Janua coelorum rese^

rata, 1692, etc.

Et ce mouvement, dont je ne puis ici mentionner que les principaux acteurs, ne se restreignait pas à la France. Nombre de théologiens des pays voisins travaillaient, dans le môme esprit, à la même œuvre. Or, à cette époque, l'emploi, encore fréquent, de la langue latine rendait faciles les relations internationales des érudits ; en outre, les journaux littéraires multipliaient déjà, par leurs analyses^ le retentissement et l'eifet des livres sérieux*, de telle sorte qu'il faut tenir compte, dans le développement des esprits français, de l'influence de plusieurs docteurs étrangers, tels que Burnet en Angleterre, Limborch en Hollande, Burlamaqui en Suisse; les frères Wallenburgh, Jean de Néercassel, parmi les catholiques d'Allemagne; Spanheim, Molanus, Frédéric Calixte, Leibniz, parmi les luthériens du même pays^

Enfin , — comme quelques-uns de ces noms , dont la science historique se souvient encore , nous le montrent, — la controverse religieuse du dix-septième siècle, vue par ce côté, touche fréquemment à l'érudition philologique et historique.

Si l'on recueille alors avec plus de curiosité et d'exac-

1. Voy. les analyses nombreuses contenues dans : le Journal des Savants, 1665 sqq.; les Acta Eruditorum Lipsiensium , 1682 sqq.; les Nouvelles de la République des lettres, 1684, sqq.; la Bibliothèque universelle et historique, 1686 sqq.: l'Histoire des ouvrages des Savants, 1687 sqq.

2. Burnet, A Relation of a conférence hold about Religion at London,

1676 et 1687 ; A vindication of the ordinations of tfie church of England,

1677 et 1678; The infaillibilitg of the romisch church, 1680; A Lelter icrit by the last Assembly of the Clergg of France, 1683 ; Reflections on M^ Varillas' History of the Révolutions happened in matter of religion, 1686; A Discourse concerning Transsubstantiation and Idolatry, 1688, etc. — Limborch, L'Infaillibilité et le droit de juger des controverses prétendu par l'Église romaine, Rotterd., 1687 (en flamand). — Burlamaqui, Catéchisme sur les controverses avec l'Église romaine, 1668. — Wallenburgh, Compendiurn controversiarum particularium ^ 1669. — Jean de Néercassel, Traité sur la lecture de l'Ecriture sainte et sur le juge qui a le droit de l'interpréter (en latin), 1677. — Spanheim, Slricturae adverstis Expositionem J. B. Bossuetii, 1681 ; Selecliorum de religione controversiarum etiam cum Graecis orientalibus et cum. Judaeis elenchus historico-criticus, 1687. — Fr. Ulr. Calixte, Tractatus théologiens de haeresi, schismate et haereticorum poenis, 1690. — Molanus est surtout connu par les écrits iréniques sur lesquels Bossuet eut à donner son avis. — Pour les divers traités ou mémoires de théologie, publiés ou inédits, de Leibniz, voy. Guhrauer, Leibnizens Leben und Werke, et Foucher de Careil, Œuvres de Leibniz, tomes I et II, Introductions et tables chronologiques.

titude que jamais les délibérations et les décrets des Conciles, les lettres et les bulles des Papes , les écrits des Pères, les rituels et les missels primitifs, les rares monuments des anciennes hérésies', c'est que l'antiquité est devenue une raison pour la croyance et que la foi des chrétiens de ce temps a besoin de se sentir soutenue par

1. Certaines publications de ce genre sont déjà mentionnées dans les notes précédentes; cf. 1» Érldits catholiques, en Italie : Allazi, De libris Ecclesiaslicis Graecorum, 1615; De Ecclesiae Occidentis et Orientis perpétua consensione (dédié à Louis XIY), 16i8; De utriusque Ecclesiae in dogmate de Purgatorio consensione , 1655, etc. — Barberim, Synodes et monuments ecclésiastiques, 1662. — Schelstrate, Anliquitas illustrata circa concilia generalia et provincialia, 1678; De Disciplina arcani (sur les doctrines secrètes de l'Église primitive), 1685. — Missels et Psautiers gothiques , publiés par le P. ÏOMMASi, Rome, 1680-1691. — En France : Lcc d'.Xchery, Spicilegium, 1655- 1677. — Cotelier , Patres Apostolici , 1672; Monumenta ecclesiae graecae , 1677-1686. — É.MERii;: Bigot, Vie de saint Jean Chrysostome . par Palladils, 1680. • — Thomassi.n, Ancienne et nouvelle discipline de l'Église, 1678-1679. — TiLLEMOsT, Mémoires sur l'histoire ecclésiastique , publiés en 1693, commencés dès 1663. Divers auteurs jansénistes, Hermant, du Fossé, Lombert, etc., publient à cette époque de nombreuses Vies des Pères, composées presque toutes sur des documents fournis par Tillemont. — Mabillo.v, Acta sanctorurn ordinis S. Benedicti, 1668 sqq. ; Vêlera Analecta, 1675, sq. ; De liturgia gallicana, 1685; S. Bernardi opéra, 1667, etc. — Rui.nari, Acta primorum martyrum sincera, 1689, etc. — Baluze, Éditions de Vincent de Lérins, de Loup de Ferrières, d'Agobard, du diacre Florus, etc. — Valois, }iote sur Eusèbe. — Ellies DU Pi.\, Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques, 1686 sqq., etc. — Cf. Jacques Boileao, éditions du Traité de Ratramne sur l'Eucharistie; du Pastoral de saint Grégoire. — Lebru.n Desmarettes, édition de Saint Paulin,

2° Érudits protestâtes. En France : Cf. plus tiaut, p. 14, note 1; de plus : Bocuart, Traité du sacrifice de la messe; Epistola de Presbyteratu et Episcopatu, de provocatione a judiciis ecclesiasticis, et de Jure vel Potestate Regum, 1650. — Blo.\del, Pseudo Isidorus et Turrianus vapulantes (sur les Fausses Décrélales), 1628; Tractatus de Jure plebis in regimine ecclesiastico, 1649; Eclaircissements sur la papesse Jeanne, 16i7; Actes authentiques des Eglises réformées de France, Germanie, Grande Bretagne, etc., 1651. — Cf. édition de VÉpître à Césaire, par Jacques Bas.vage, 1687, etc. — En Angleterre : WiLL. Cave, Primitive Christianily, 1672; Antiquitates apostolicae, 1675 (plusieurs fois réédité); Apostolici, or the history of the Lives, Acts and Martyrdoms, etc., 1677, etc. — Beveridge, Pandectae canonum SS. Apostolorum et Conciliorum ab Ecclesia graeca receptorum, 1672; Codex Canonum Ecclesiae primitivue vindicatus ac illustratus, 1678. — Dodwell, Dissertationes Cyprianicae, 1682; Dissertalio in Irenaeum, 1689, etc. — Allix, ministre français réfugié, éditions du Traité de Ratramne sur l'Eucharistie, 1671; De l'Épitre à Césaire de saint Jean Chrysostome, 1682; du Zîe modo existendi Corporis Christi in sacramento allaris , F. Joannis Parisiensis Praedicatoris, 1686, etc. ; Sorne Remarks upon the Ecclesiastical history of the Churches of Piedmont, 1690; Item, of the Albigenses, 1692 (cf. p. 70, n. 2, et sur ces deux derniers ouvrages, plus loin, 1. III, chap. i). — Aux Pays- Bas : LiiiBORCH, Hisloria inquisitionis, 1692, etc.

la foi des aïeux. AUazi, Schelstrate, Luc d'Achery, Cotelier, Eméric Bigot, Thomassin, Tillemont, Mabillon, Baluze, Valois, Ellies du Pin, Boebart, Blondel, Limborch, Beveridge, William Cave, Dodwell, Allix, furent les auxiliaires, les pourvoyeurs des théologiens militants. L'utilité qui justifiait peut-être, aux yeux de leur piété modeste, les recherches curieuses où ils s'adonnaient avec passion, c'était de fournir des matériaux, dans l'un ou l'autre sens, à la controverse engagée sur les croyances mal éclaircies des chrétiens d'autrefois, et si c'est alors que l'on a commencé d'étudier de près le passé de l'Eglise, ce fut principalement, sans doute, en vue de montrer où se trouvait, dans le présent, la véritable Église. La théologie, au milieu du dix-septième siècle, a rendu service à l'histoire en la suscitant à travailler pour elle'.

L'intervention de Bossuet dans cette grande lutte, où les deux partis engagèrent à un certain moment toutes leurs forces, ne se marque par des écrits publics qu'à dater de 1670.

Mais ce n'est pas à dire qu'auparavant Bossuet se fût tenu tout à fait à l'écart de la controverse renaissante, et rien n'est plus faux que l'assertion hardiment émise, sur ce point, par un de ces hommes du commencement du dix-huitième siècle, chez qui l'on s'étonne souvent de ne plus retrouver qu'un souvenir très incomplet déjà et très confus de Bossuet et de son œuvre. Au dire de Chardon de Lugny, — un abbé, bel esprit, qui se piquait d'avoir beaucoup fait pour la controverse, — Bossuet, avant d'être évêque, « n'avait pas eu plus de commerce avec les calvinistes que les Juifs avec les Samaritaius^»

1. Cf. Elues du Pin, Hist eccl., t. I, p. 75; Mabillo.n, Tr. des Étud. moiiast., t. I, p. 319.

2. Méth. jMur réfuter l'établissement des Egl. réformées, 1730, p. 325.

j\'aurioDS-nous aucune preuve à l'encontre, cette accusation paraîtrait fort invraisemblable à quiconque a pratiqué quelque peu Bossuet. Car il ne faut pas se laisser tromper à l'impression produite par ces belles œuvres classiques que, seules, on connaît de lui d'ordinaire et qui respirent la gravité calme des choses éternelles. Il ne faut point être dupe de cette culture antique, — profane ou sacrée, — dont son esprit parait tout imbu et comme pétri, ni de cet air majestueux d'ancien, que déjà peut-être il avait de son vivant par la faute de sa perfection même. En dépit de tout, Bossuet n'a rien de commun avec ces génies abstraits et égoïstes, sans date, pour ainsi parler, et sans patrie, qui, réfugiés dans leur pensée imperturbable, n'ont accordé à la société où ils vivaient qu'une attention indifférente. Nul ne s'intéresse plus que lui à ce qui se passe autour de lui. Si l'on étudie ses sermons, on est surpris d'y trouver, bien des fois, en les comparant aux mémoires et aux correspondances du temps, le reflet évident des idées, des besoins, des affaires contemporaines; on trouve même, dans ceux qu'il prêche à Saint-Germain ou au Louvre, l'écho fidèle, quoique décent et discret, des événements intimes de la vie de la cour et du Roi. Que l'on considère les quarante dernières années de sa vie, les plus fécondes : tous les livres qu'il y accumule sont composés, — la plupart du temps très vite, — sous la pression d'une nécessité urgente ou sous la menace d'un danger prochain. x\me chrétienne et française, il a sans cesse l'œil et l'oreille ouverts à toutes les questions de l'heure présente. 11 est l'homme de son temps.

Serait-il donc possible, que donnant une telle attention, non seulement aux faits accomplis et publics, mais aux courants encore insensibles, aux tendances à peine indiquées de la vie morale du siècle, il eût méconnu, dix années durant, l'importance, Vactualité de la question protestante; qu'il fût resté, jusqu'en 1670, complètement étranger à ces tentatives de « réunion » dont le recommencement date, nous l'avons vu, de 1660 environ?

Aussi bien les premières années de sa vie sacerdotale, mieux connues aujourd'hui, nous prouvent-elles qu'il n'en fut pas ainsi. Metz, où Bossuet arriva en 1652, était une des villes de France où les protestants se trouvaient alors le plus nombreux et le plus puissants. Bossuet n'attendit pas longtemps pour travailler à les convertir : dès 1653, nous rencontrons son nom dans une affaire d'abjuration'. Jusqu'en 1659, il s'occupe activement de l'établissement, dans la ville, des Filles de la Propagation de la foi, vouées à l'instruction des Nouvelles catholiques; dans ses sermons de cette époque, il vise à plusieurs reprises les doctrines calvinistes ^

Il s'engageait, en même temps, dans la controverse proprement dite. Le fameux Paul Ferry, — ministre éloquent, convaincu, mais dont la modération, parfois suspecte à son parti, ouvrait aux catholiques quelque espoir de le gagner, tandis que ses opinions personnelles, un peu en dehors de la tradition stricte du Calvinisme , donnaient barre sur lui à ses contradicteurs , — Paul Ferry avait en 1654 publié son Catéchisme de la Réforme. A peine installé à Metz, Bossuet se mit en devoir de réfuter ce redoutable polémiste, et l'ouvrage où il le fit, en 1655, nous montre, avec une connaissance remarquable de l'état des idées protestantes à cette date, un sentiment très net de la tactique nouvelle que la controverse catholique était en train d'adopter. « Les premiers auteurs de la Réforme au seizième siècle s'étaient-ils séparés ou non? Et, d'autre

1. Abjuration de l'avocat Lallouetle. Floquet, Études, f, p. 178, 322. Cf. p. 294, 435 sqq.; Fabbé Lebarq, Hisl. crit. de la prédication de Bossuet, p. 315 sq.

2. Voir le Senno)i pour la oêlure d'une nouvelle catholique, dont les deux parties, qui n'appartiennent pas à un même discours, paraissent être toutes deux de l'année 165i. (Lebarq, ibid., p. 139-140). Bossuet entre déjà dans les précisions de la controverse; il cite textuellement (première partie) les articles XXV et XXXI de la Confession des églises réformées, sur la vocation extraordinaire des premiers Réformateurs; l'art, vit de la Confession d'Aui/sbourg, le chap. XVII de la Confession helvétique. Il y discute l'argameul tiré des Albigeois et des Hussites et la théorie de VÉglise invisible. — Dans la seconde partie, il y a une' allusion au Catéchisme général de la Réformation, de P. Ferry.

part, pouvait-on dire que, depuis 1543, époque où Paul Ferry reconnaissait que le salut était encore possible dans l'Église romaine, les catholiques eussent varié dans la foi? » Voilà les deux seuls points que Bossuet discute', négligeant avec raison la réfutation détaillée des opinions dogmatiques de Ferry. — C'est déjà, on le voit, la question de la « perpétuité » et la question de l'Eglise.

Il est vrai qu'entre ce premier ouvrage de controverse et le suivant, qui fut VExposition, quinze années s'écoulèrent; il est vrai aussi que, pendant cinq ans environ à partir de 1659, Bossuet parut laisser de côté l'œuvre de la conversion des protestants. C'est l'époque où, instruit de sa vocation oratoire par ses succès dans les chaires de Metz, de Dijon et de Paris, il se livre presque sans partage à la prédication ^ Dans les séjours prolongés que, depuis 1659, il fait à Paris chaque année, on peut croire que la préparation de ses discours, dont alors il soigne attentivement la rédaction écrite, l'étude des Pères, dont il se pénètre, l'absorbent tout entier; et sans doute aussi une autre étude, plus importante encore pour le ministre de la parole sacrée : l'étude du monde, d'un monde nouveau pour lui, que sa jeune sagesse de chrétien observe avec curiosité pour se mettre mieux en mesure de le démasquer et de l'instruire.

Dès 1665, du reste, on peut constater que ses efforts se tournent de nouveau du côté du Protestantisme. C'est sur ses instructions orales et écrites, que Dangeau en 1665, Turenne en 1668, le comte de Lorge l'an d'après, se réunissent à l'Eglise romaine^. Bossuet suit en même temps, à Notre-Dame, avec assiduité, les conférences de controverse instituées par l'archevêque de Paris, Péréfixe*. En 1666, il entame avec Paul Ferry une correspon-

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