‹ Bossuet (volume 2)Chapitre 29 sur 329 · Ephes., IV, 1 ; Gai., I, 8, 9; / Tim · texte numérisé non relu

Ephes., IV, 1 ; Gai., I, 8, 9; / Tim

3. Voir Larroque, Considérations sur la nature de l'Église, 1673, p. 169; où il cite également St. Clément d'Alexandrie. Du même, préface du Traite' de l'Eucharistie, où il déclare ces maximes si raisonnables qu'il ne croit pas qu'il y ait personne de bon sens qui doive refuser de les recevoir. — Juriec, Vrai système de V Église, 1. II, ch. i, p. 236, Traité de l'unité de l'Église, 1. Vil, ch. IV, p. 626. Jurieu défend l'auteur du Commonitorium en 1676 contre Saurin [Religion du Lalitudinaire). — Le luthérien G. Calixte trouvait «très bonnes» les règles posées par Vincent de Lérins (Leibniz à Bossuet, Œuvres, éd. Foucher de Careil, I, 444. Cf. plus haut, n. 1). — Longcerue, ou l'auteur anonyme du Traité de la Transsubstantiation (1686), p. 2-3, déclare que ces maximes étaient avouées depuis longtemps par un grand nombre de protestants de diverses communions : Pierre Martyr, Scultet, Vossius, Saumaise, Rivet, Voet, etc. — Pour Mélanchthon, Casaubon et Grotius, qu'il cite aussi, nous n'avons pas de peine à le croire. Cf. par exemple Grotius , Epist. 1570, p. 709.

Mais ils ne voient pas où cela les mène. Quand Bossuet, en 1688, à la première page de V Histoire des Variatio7is, déclarera que « la vérité venue de Dieu a d'abord toute sa perfection», et qu'en conséquence elle ne peut jamais changer; il ne fera que reproduire un, axiome déjà étal^li^ presque dans les mêmes termes, dans un ouvrage que tout le Protestantisme avait applaudi, par l'un des docteurs de la Réforme française : Jean Daillé'.

Telles étaient les causes d'ordres divers dont l'action secrète avait préparé, dans les deux premiers tiers du dix-septième siècle, le renouvellement que nous offre la controverse à partir de 1660. Disposition à éliminer le plus grand nombre possible des difficultés autrefois débattues^, pour se concentrer, presque uniquement, sur les questions relatives, soit à l'Eucharistie, soit surtout à l'Eglise'; penchant à substituer de plus en plus, ou, pour

1. « La religion ciirétienne n'est pas un ouvrage de l'esprit humain , mais un don du fils de Dieu qui nous l'a apportée des cieux et l'a baillée à ses Apôtres et par leur ministère l'a pidîliée dans le monde. Aussi n'a-t-eile pas été formée pièce à pièce et perfectionnée peu à peu comme les productions des hommes à qui leur iuHrmité ne permet pas d'achever tout d'un coup et à une seule fois ce qu'ils entreprennent. Le christianisme est sorti parfait de tout point et fourni de toutes ses parties par la main de son auteur comme il était digne de sa souveraine sagesse, etc. » Rép. aux deux livres d'Adam et de Cottiby, Genève, 1662, p. 1. Cf. Bavle, Contin. des Pensées diverses, Œuvres, t. II, p. 218; Réponse du nouveau converti au réfugié français, ibid., p. 564. — Cf. plus loin, p. 547, n. 1.

2. Cf. plus haut, p. 30-32, notes, et aussi Bossuet, XI<^ Réfl. sur un écrit de Claude {Œuvr., édit. Lâchât, XIII, p. 604); Brievs, Examen des Raisons qui ont donné lieu à la séparation (1683; éd. de 1700, p. 26 sqq.); — Biblioth. univ. et historique protestante, t. V, 1697, p. 448 sqq., sur le Catéchisme de Meaux.

3. Voy. plus haut, p. 33, notes; et, de plus, Perpétuité de la foi, t. I, p. .30; — Mai.mhourg, Trois traités de controverse, p. 1.39. — Bruevs, Traité de l'Eglise, 1687, p. 12. — Dez, Réunion des protestants de Strashourg, 1687, p. 58. — Du côté des protestants : LE.\F.\.Nr, Rép. au P. Maimbourg, 1673, p. 1, 62, 63 ; — JuRiEu, Traité de l'unité de l'Église, 1688, Préface; Vrai syst. de l'Église, 1686, p. .304. Cf. Hist. des ouvr. des savants, 1688, art. Vllf; 1689, art. IV. — C'étaient aussi les sujets favoris de ceux même qui ne faisaient pas profession de controverse; v. Ruix.^nr, Vie de Mahillon , p. 210.

le moins, à ajouter, dans Texamen des dogmes, à l'emploi exclusif du raisonnement chrétien et au recours perpétuel à l'Ecriture sainte, l'étude historique des croyances antérieures : c'est là le double caractère commun à presque tous les ouvrages, publiés entre 1660 et 1690, par les écrivains religieux des deux partis. Sans parler encore des travaux de Bossuet, — dont nous étudierons à part l'œuvre personnelle, — signalons ici les écrits les plus marquants des principaux controversistes.

Les catholiques, — que l'attaque historique d'Aubertin sur l'Eucharistie était venue surprendre au moment même où, comme nous l'avons vu, ils jugeaient habile de faire une concession à leurs adversaires et de reconnaître, avec eux, l'arbitrage souverain et sans appel de l'Ecriture, — acceptent naturellement très volontiers cette nouvelle volte-face de la controverse qui la ramène, pour ainsi dire , sur leurs terres ; ils reviennent avec ardeur à cette étude du passé de l'Eglise, des opinions des Pères et de la tradition, qui, de tout temps, leur avait été chère et à laquelle ils n'avaient renoncé momentanément qu'à regret. Mais dans cette foule d'écrits qu'ils produisent, ceux de Nicole doivent être mis hors de pair et signalés en tête.

Car c'est lui , le collaborateur modeste et effacé du grand Arnauld', qui est en réalité l'initiateur et le chef

1. Sur le rôle prépoodérant que l'opinion attribua toujours à Aroauld, << vainqueur de Claude, comme David de Goliath, » v. Dlfossé, Mém., p. 323-324. — On l'appelle dans une lettre adressée de Rome en 1683 à l'abbé Nicaise, « l'homme le plus capable qu'il y ait eu en France ou ailleurs pour bien débrouiller et réfuter invinciblement les sophisraes des huguenots, etc. » (Bibl. Nat., Mss., Cojt. de Nicaise, I, p. 45.) — Cf. Biblioth. unio. et historique, 1688, p. 440-4 il. — Or il est à remarquer que les écrits de controverse d'Arnauld contre les protestants sont assez notablement en dehors du courant que je signale ici, et qui est le courant général. Arnauld n'était pas un chercheur, et préférait les discussions âpres et ardues de la scolastique. Les titres seuls de qques-uns de ses ouvrages sufliseiit à en indiquer l'esprit : le Renversement de la morale de J.-C. par les erreurs de Calvin touchant la justification , 1672; l'Impiété de la morale des Calvinistes pleinement découverte, 1674, etc. Si Ainauld fut longtemps considéré comme le meneur de la croisade contre les calvinistes, c'est assurément moins par le fond même de ses traités de controverse, qui était en dehors des questions alors brûlantes et des préoccupations du moment, qu'à cause de l'ardeur indomptable et de l'énergie acharnée dont le vieux « lion » était devenu le type respecté.

de toute cette campagne. C'est lui qui, le premier et le plus activement, entame l'œuvre que rêvait Saint-Cyran, met ses desseins à exécution et sa méthode en pratique ; c'est lui qui, tantôt dissimulé sous l'anonymat, tantôt abritant son désintéressement sous le nom plus imposant et plus retentissant d'Arnauld, dirige les efforts de son parti et marque les points d'attaque et de défense. Tout d'abord, dans sa Perpétuité de la foi de l'Église touchant r Eucharistie'^, née d'un recueil pieux à l'usage de religieuses^, il accepte courageusement le débat sur ce terrain de l'histoire 3 où, quarante ans auparavant, Aubertin l'avait mis', — sans qu'alors les champions catholiques crussent à propos de l'y suivre. — Il s'efforce, par les faits encore plus que par le raisonnement, de démontrer, sur le sujet de l'Eucharistie, la thèse hardie qu'Arnauld avait nettement formulée dans un de ses écrits^ : «Tous

1. 3 vol. in-i, t. I, 1669; t. II, 1672; t. III, 1674. La Vie de Nicole, t. II, p. 21, altribue posilivenieut cet ouvrage à Nicole, a Ârnauld n'avait presque aucune part à la Perpétuité ; et ce fut Nicole qui, par modestie, le força d'y mettre son nom.» Cf. p. 28; Raci.xe, Œuvres, éd. P. Mesnard, t. IV, p. 601, et Salntk-Becve, Port-Royal, IV', 446, 453, 454.

2. L'office du Saiitl-Sacrement. Aicole, dès 1659, ajouta à ce livre de piété ure préface qui circula d'abord en manuscrit dans Paris, sous le titre de « Traite' contenant une manière facile de convaincre les hérétiques, en montrant qu'il ne s'est fait aucune innovation dans la créance de l'Église sur le sujet de l'Eucharistie. » C'étaient des extraits des meilleurs ouvrages des Pères de l'Église sur cette matière, depuis S. Ignace d'Antiocbe jusqu'à S. Thomas d'Aquin, avec une Table historique et chronologique. Claude y fit une réponse, qui, elle aussi, demeura d'abord manuscrite. — En 1664, la préface de ISicole est publiée anonyme en tète de l'ouvrage connu sous le nom de Petite Perpétuité. Claude y réplique en 1665. — La Petite Perpétuité eut du succès ; en 1672, on la rééditait pour la cinquième fois.

3. Il est inexact de dire, comme font Bayle, Dict., art. Albertdî, et Albert DE VfcRsÉ, L'Avocat des Protestants, 1686, que les auteurs de la Po'pétuité ne combattirent l'ouvrage de ce docteur protestant que par des « raisonnements » ; de même Salnte-Beuve, [Port-Royal, 1. V) exagère beaucoup la répugnance que témoigne, pour la discussion précise, l'auteur de la Perpétuité. J'aurai l'occasion de revenir sur ce point (chapitre ii). Il est vrai que Nicole oppose aux protestants l'argument de prescription pour les siècles antérieurs à Bérenger ; mais il cherche à confirmer le raisonnement par les faits.

4. V. Perpétuité : Préface ; 1. I, ch. x ; passim alibi. Le souvenir d'Aubertin, de Blondel et de Daillé y est partout présent. Cf. Ar.-ïacld, lettre du !•' juin 1791 ; — D'AvRiGNY, Mém. chronol., t. II, p. 36.

5. Seconde défense des professeurs en théologie de la Faculté de Bordeaux contre divers écrits des Jésuites {Œuvres d'ARXAOLo, XXI, p. 167). — Nicole

les dogmes de foi sont aussi anciens que TEglise ; ils ont tous été crus distinctement par les Apôtres et se sont conservés, par la succession perpétuelle de la tradition, dans la connaissance au moins d'une partie des pasteurs et des fidèles.» Puis, dans ses Préjugés légitimes, dans ses Réformés convaincus de schisme, dans son Traité de l'unité de l'Église^ il presse vivement les protestants sur ce schisme, dont le reproche les chagrine, et sur cette unité ecclésiastique qu'ils ont brisée et qu'ils regrettent ^

Bientôt, dans ces deux voies indiquées et ouvertes par Nicole', nombre de collaborateurs le suivent. Le janséniste Le Maitre, dans son Recueil des Pères des cinq premiers siècles; le janséniste Duguet, dans ses Conférences orales d'histoire ecclésiastique ancienne*, faites au séminaire de Saint-Magloire ; le Père Anselme de Paris, Cotelier, Ellies du Pin, Germain, Jacques Boileau*, Denis

ne nie pas absolument qu'il y ait eu des changements dans les sentiments et dans les pratiques de l'Église catholique orthodoxe, mais seulement des changements légers et indifférents (t. I, p. 848 sqq.).

1. Préjugés, 1671 ; Réformés convaincus de schisme, 1684 ; Unité de l'Église, 1687. — Cf. sur deux de ces ouvrages, la fin de ce chapitre.

2. Cf. Bayle, Dict., art. Nicole, qui déclare le traité de VUnité de l'Église « fait de main de maître ».

3. Nicole fit composer, sous sa direction, par le P. Toussaint Desmares, de l'Oratoire, un «Traité de l'Église selon les princifjes de S. Augustin »; mais ce traité fut supprimé. (Vie de Nicole, t. II, p. 47-48).

4. Publiées en 1742, 2 vol. in-4; faites à Paris en 1678-1679. — Sur les conférences du P. Thomassin à Saint-Magloire, voy. R. Simon, Critique de du Pin, t. II, p. 366-3(37, et, plus loin, chap. ii.

5. Le P. DE Paris, Créance de l'Église grecque touchant la Transsubstantiation, 1672-1674, 2 vol. in-12. — Giîrmain, Tradition de l'Église romaine sur la Prédestination et sur la Grâce efficace, 1687, 2 vol. in-8. — J. Boileau, Hist. de la confession auriculaire, 1683. — Cotelier, Monumenta ecclesiae graecae, 1677-1686, 3 vol. in-fol. — Ellies du Pi.\, De aniiqua Ecclesiae disciplina, 1686; Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques, publiée à partir de 1686. — Denys de Sainte-Marthe, Traité de la confession auriculaire, 1685. — Cf. Lenoir, les Avantages incontestables de l'Église sur les calvinistes dans la dispute de M. Arnauld et de M. Claude touchant l'Eucharistie, 1673; l'abbé DE Flamare, Conformité de la créance de l'Église catholique avec la créance de l'Église primitive, 1701, et d'autres ouvrages cités dans la Préf. hist. et crit. du t. XII des Œuvres d' Arnauld, p. xxix sqq. — Notons cependant qu'il y eut une petite école de théologiens catholiques très opposés à la méthode de controverse appliquée dans la Perpétuité par les Jansénistes, et qui en contestaient la valeur et les résultats. C'est l'esprit des ouvrages suivants de Richard Simo.n : Hist. a-it. de la créance des nations du Levant, 1684, sous le pseudonyme de de Moni ; Fides ecclesiae orientalis, 1686; Biblio-

de Sainte-Marthe poursuivent l'œuvre de la Perpétuité, en appliquent le principe, et recherchent sur divers points les antiques croyances de l'Eglise d'Orient ou de l'Eglise latine, tandis que d'autres amis de Port-Royal s'occupent de défendre, contre les attaques de Claude, l'ouvrage même de Nicole*. En même temps, la discussion théorique des dogmes de l'Eucharistie et de l'Église est renouvelée par de nombreux auteurs : Maimbourg, Pellisson, Brueys, Le Fèvre, Ferrand, Fénelon^, — Maimbourg, surtout, dont les traités de controverse, fort approuvés du clergé de France , eu-

thèque critique, 1708-10, sous le pseudonyme de Saint-Jore ; et du Traité d'un auteur de la communion romaine touchant la Transsubstantiation attribué à LoDguerue (Londres, 1686). Tels sont aussi quelques ouvrages des PP. Morin et Launoy, Le premier, dans son traité de Poenitentia, 1650, montrait, dit Bonaventure d'Argonne {Mélanges, I, 180), « combien l'on a varié, touchant la pénitence, dans l'Eglise romaine.» Le second, au rapport de Bossuet lui-même {Mém. sur la Bibl. ecclés. d'Ellies du Pin) disait « que les Pères grecs avant saint Augustin étaient semi-pélagiens; qu'il n'y avait point sur la grâce de véritable tradition et qu'on en pouvait croire tout ce qu'on voulait. » Son Traité de la véritable tradition sur la prédestination fut condamné en 1703 par Clément XI (v. BiBL. .Maz., Mss. 2i92 (3074 D); dès 1675, du reste, Bossuet, quoique son ancien élève (cf. plus loin , chap. ii) , avait fait interrompre les conférences qui se tenaient chez lui. — Cf. Bayle, Nouvelles de la Républ. des Lettres^ févr. 1687, et Sai.nte-Beuve, Port-Royal, IV, p. 595-599.

1. Sur le retentissement de cette dispute théologique, voy. Bayle, Dict., art. Arnauld, rem. 0 ; art. Adam (le P. J.); Saurln, Examen de la théologie de Jurieu, t. II, p. 736.

2. Maimbourg, Méthode pacifique pour ramener sans dispute les protestants, 1670; Traité de la vraie éfjlise de J.-C, 1671 ; Traité de la parole de Dieu pour réunir toutes les sociétés chrétiennes, 1671, réunies sous le titre de Petits traités de controverse, 1682. — Pellisso.n, Réfle.rions sur les différends de la religion avec les preuves de la tradition ecclésiastique par diverses traductions des SS. PP., 1686-1692, 5 vol.; Traité de l'Eucharistie, 169 i. — Brueys, Examen des raisons qui ont donné lieu à la séparation des protestants, i6S3; Traité de l'Eucharistie; Traité de l'Eglise, 1687. — Le Fèvre, Motifs invincibles pour convaincre ceux de la R. P. R., 1682. — L. Ferrand, Traité de l'Église, 1685; Réponse à l'apologie pour la Réformation et pour les Réfor-

■ mes, 1685. — Fé.nelo.x, Traité du ministère des pasteurs, 1688 ; Lettres sur l'autorité de l'Eglise , publiées seulement en 1719. — Cf. Jacques Boileau, Traité de l'adoration de l'Eucharistie, 1685 ; — d'A.vtecourt, Défense de l'Église contre le livre de M. Claude intitulé : Défense de la Réformation, 1689, 2 vol.; — le P. Basile de Soissons , La véritable décision de toutes les controverses par la résolution d'une seule question (celle du « Juge des controverses »), 1685; — Blache, Réfutation de l'hérésie de Calvin par la seule doctrine de MM. de la R. P. R., 1686; — de Lartigue, De la puissance hiérarchique ou Primauté qui est en l'Eglise, 1686; — le P. Dez, Réunion des prolestants de Strasbourg, 1687; — le P. Daures, L'Eglise protestante détruite par elle-même, 1689; — Desmahis , Vérité de la religion catholique, 1694 (ouvr. posthume), etc.

rent Thonneur d'attirer Tattention de Jurieu au moins autant que les écrits de ?sicole et de Bossuet.

Du côté du Protestantisme, Aubertin et Blondel, nous l'avons vu, avaient été les précurseurs avisés de cette transformation de la controverse. Baillé, mort en 1670, ne participa que par les ouvrages de la seconde partie de sa carrière à cette phase nouvelle où entrait la discussion'. Le Blanc de Beaulieu et Paul Ferry ^, en limitant les questions à débattre , en écartant les questions oiseuses, débarrassent le champ de bataille où va se livrer la dernière lutte. Cette lutte, c'est Claude et Jurieu qui la mènent. — Claude, dès 1665, répond aux deux premiers traités de Nicole sur la perpétuité de la Coi eucharistique'. En 1673, il réplique aux Préjugés légitimes par sa célèbre Apologie de la Réformation'' , où il se proposait d'exposer, surtout historiquement, les motifs réels et sérieux, les procédés légitimes des Réformateurs du seizième siècle, et de justifier, par des faits, et la naissance du schisme protestant et son progrès. En 1678, dans la fameuse conférence avec Bossuet, il pouss", aussi loin que le permettait l'orthodoxie protestante d'alors, la question de l'Eglise. — Jurieu^, àpartirde 1675, ne laisse passer sans réplique aucun des livres de Nicole, de Maimbourg, d'Arnauld ni de Bossuet. Abordant à son tour cette matière del'auto-

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