CHAPITRE DEUX1È.ME
DE l'iNFLUENXE DE l'ÉRUDITION CONTEMPORAINE SUR BOSSUET ET DES PREMIERS OUVRAGES d'hISTOIRE Qu'IL COMPOSA
I. Bossuet était-il préparé à étudier et à écrire scientifiquement l'histoire ? (p. 94-95).
II. L'Enseignement ecclésiastique vers le milieu du dix-septième siècle. L'Érudition et le clergé catholique l'p. 95-97). — Développement, dans l'École, de la « théologie positive » (p. 98-99). — Preuves de la faveur qui s'y attache (p. 99-100). — Premier séjour de Bossuet à Paris : Jean de Launoy (p. 100-102).
III. Après les années de Metz, retour de Bossuet à Paris. Ses relations dans la « république des lettres » fp. 102-104) : — la science forcée de Port- Royal : la Perpétuité de Nicole (p. 104 108,. — Bossuet précepteur du Dauphin : le goût de l'érudition dans la société polie (p. 108-110;. — Vie et relations de Bossuet à la Cour : 1' « Académie Lamoignon », le « petit Concile », les amis et correspondants de l'abbé Nicaise, les collaborateurs aux « Classiques du Dauphin », Tillemont, les Bénédictins p. 111-118). — Influence que ce milieu dut exercer sur Bossuet (p. 118-120).
IV. Ouvrages d'histoire composés par Bossuet avant les Variations. L'Histoire de France du Dauphin : recouçs aux sources originales (p. 121-127) ; — le Discours sur l'Histoire universelle : erreurs et lacunes (p. 127-128) ; — mérites de méthode : le déterminisme et l'observation des « causes secondes » (p. 128-134) ; — le Traité de la Communion sous les deux Espèces, \avement attaqué par les savants protestants (p. 134-135); — Défense de cet ouvrage; Bossuet s'initie aux procédés de la critique historique ; ses découvertes et ses surprises (p. 136-143). — Conclusion sur ces trois ouvrages (p. 143-144).
V. Date de la composition de niiSTOiRE des Variations. Vie et ouvrages de Bossuet do 1679 à 1688 p. 144-148). — A-t-H eu des collaborateurs? (p. 148-
150). — La bibliolhèque de Bossuet (p. 150-151). — Les matériaux manuscrits qui subsistent de I'Histoire des Variatio.ns (p. 151-153). — Bossuet paraît avoir travaillé seul, même à la rechercBe des faits (p. 153-154).
De la composition de l'Histoire des Variations : les sources, la méthode, l'originalité de quelques vues historiques.
CHÂPITHE PRE.\IIER
DES SOURCES DE L « HISTOIRE DES VARIATIO.VS » ET DE LA METHODE DE BOSSUET DANS LA CRITIQUE ET l'i.\TERPRÉTATIO.\ DES TEXTES
L Matières d'histoire proprement dite contenues dans FHistoire des Variatio.ns (p. 155-157).
IL Les informations de Bossuet sont-elles complètes? Bossuet cite ses sources (p. 157-158j. — Elles peuvent sembler, sur de certains points, peu nombrpuses (p. 158-159). — Causes diverses de celte petite quantité de documents: 1» rigQorance, où il est, des langues étrangères (p. 159-160); — 2" ses informations antérieures (p. 160-162); — 3" son opinion arrêtée sur le genre de documents qu'il lui est permis de consulter (p. 163). — Double principe qu'il suit dans l'élimination des documents qu'il rejette : premièrement, il se retranche autant que possible les ouvrages de seconde main (p. 163-164) ; — secondement, il s'interdit tous les auteurs suspects, — soit au point de vue religieux (omissions d'un certain nombre de documents, même originaux, sur Luther, sur les Guerres de religion de France (p. 164-175), — soit au point de vue scientifique (Mézeray, Davila, p. 175-177). — Preuves de l'application de ce double principe d'exclusion en ce qui concerne les auteurs de l'histoire d'Angleterre (p. 179-180). — Quelques-unes de ses omissions sont pourtant inexplicables (p. 180-183).
III. Les informations de Bossuet sont-elles bien choisies ? Application positive de la double maxime de Bossuet : 1" il s'attache le plus possible aux documents originaux (p. 183-184j; — il recherche parfois les documents inédits (p. 184-189); — 2o parmi les auteurs de seconde main, ceux qu'il suit sont d'ordinaire irréprochables (p. 190-192). — Pourquoi il en consulte d'autres moins sûrs en apparence : Huspinien, La Popelinière (p. 192-195), Érasme; de la crédibilité d'Érasme sur le compte de Luther et du Luthéranisme (p. 195-203).
IV. L'usage qu'il fait des documents est-il correct et judicieux ? (p. 203- 204). — Sa critique des textes : il examine l'authenticité de certains documents (anciens livres Vaudois, p. 204-208). — Dans l'emploi des auteurs de seconde main, il se reporte au texte original (p. 208-209). — 11 note les dates (p. 209- 210). — Distinctions établies par lui dans la valeur des auteurs qu'il adopte (p. 211-214), dans la valeur des divers écrits qu'il consulte d'un même auteur (p. 215-217). Indépendance de ses jugements (p. 217-220). — 11 confère sur un même fait plusieurs témoignages divers (p. 220-222). — Renseignements différents qu'il demande à différents auteurs (p. 222-224). — Patience et pénétration dans l'analyse et l'interprétation des textes. E.\emple : la discussion de la responsabilité des chefs protestants, et, en particulier, de celle de Coligny dans l'assassinat du duc François de Guise (p. 224-230).
DE l'oRIOI.VALITÉ DE QUELQUES VUES HISTORIQDES DE BOSSUET
I. Nouveauté, pour le temps, de quelques-unes des théories de Bossuet : de celles, par exemple, sur les Vaudui^^, «m- |ps frnrrn-s de religion de France et sur Mélanchthon (p. 231-232).
II. Question de Vorigine et de.'i crvi/uiice.s dus Vuiidois : tradition presque unanime des iiisloriens du quinzième, du seizième et du dix-septième siècles, protestants et catholiques, sur l'antiquité reculée des Vaudois et sur leur codformité avec le Protestantisme (p. 232-239). — Opinion de Bossuet lui-même avant l'HisToinE des V.\riatio.ns (p. 239-240). — Sa théorie sur les Vaudois (p. 240-243). — Originalité de cette théorie reconnue et blâmée par ses contradicteurs (p. 243-245). — Opinion, conforme à celle de Bossuet, des érudits modernes : les Vaudois « révoltés orthodoxes » (p. 246-252).
III. Question des guerres civiles en France au seizième siècle. Assertions de Bossuet sur le caractère rtdigieux de la conjuration d'Amboise (p. 252-253) et de la première guerre civile (p. 254-257). — Tradition antérieure des historiens sur le sens de ces troubles. Deux appréciations : les uns n'y avaient vu que des événements purement politiques; les autres que des faits très complexes et sans caractère défiui : — d'abord au seizième siècle (écrits contemporains, p. 258-260; Régnier de La Planche, p. 260-261; historiens catholiques, p. 261- 262; Belleforest, p. 262-263; La Popeliuière, p. 263-264; Théodore de Bèze, p. 265-266; de Thon, p. 266-268); — puis au dix-seplième siècle (Mézeray, p. 269; Davila, p. 270-271). — Un très petit nombre d'historiens sans autorité ou des controversistes avaient soutenu vaguement (p. 271-274) la thèse que Bossuet a, le premier, développée avec précision (p. 274-276).
IV. Mélanchthon oublié dans l'histoire avant Bossuet (p. 276-282). — Soin avec lequel Bossuet l'étudié (p. 282-284); raisons pourquoi : Bossuet aime-t-il Mélanchthon? (p. 284-287). — Son analyse impartiale du caractère intellectuel et moral de ce réformateur humaniste, qu'il ressuscite (p. 288-293).
Du succès de l'Histoire des Variations.
Des réfutations qu'elle provoqua. Des résultats qu'elle produisit.
nu SUCCÈS de l' «histoire des VARI.'iTlOXS ).
I. De la.co/isidération de Bossuet en IG8S, dans la société laïque et dans l'Église (p. 295). — Son influence religieuse. L'Expositioji. Défaveur des théologiens de Port-Royal : Bossuet successeur de Nicole et d'Ai-nauld (p. 296-299). — Conduite de Bossuet à l'égard des Protestants, comme controversiste (p. 299- 300), et comme évfique, avant et après la Révocation de l'Édit de Nantes (p. 300-306). — Chances qu'il avait d'être mieux écouté qu'un autre par les Réformés (p. 307».
II. L'Histoire des Variations attendue à l'avance (p. 308-310). — Accueil qu'elle reçoit des gazettes savantes 'p. 310-312).
UI. Réfutations qu'elle provoque : Jurieu (p. 312-314), — Jacques Basnage (p. 314-315), — Pierre Allix (p. 315-316). — Autres critiques calvinistes : Le Yasser, Leofant, Beausobre, Ayraon, J. B. Renoult (p. 316-317); — Gilbert Burnet (p. 317-319); — Jean Alphonse Turretlin (p. 319-320); — Guy Louis de Seckendorf (p. 320-321), Christopiie Mathieu Pfaff (p. 321); —Jean Henri May, Jean Brunsmann, Daniel Severio Schulz (p. 321-322). — La méthode de «récrimination » (p. 322-323). — La méthode de discussion historique (p. 323 .
IV. Témoignage rendu, par les critiques mêmes de Bossuet, au succès de son livre (p. 324-326). — Impression profonde et durable produite par l'His- TOiRE DES Variations sur les Protestants (p. 326-328). — Note bibliographique sur les ÉDITIONS ou réimpressions et traductions en diverses langues, de l'His- TOiRE DES VARi.vnoNS (p. 328-330).
DES CRITIQUES GÉNÉRALES ADRESSÉES A l' « HISTOIRE DES VARIATIONS »
I. Beproches d'un caractère général adressés à I'Histoire des Variations par les critiques de Bossuet. Le reproche de déclamation (p. 331-332). — L'éloquence dans I'Histoire des Variations fp. 332-335) ; — l'ironie et l'esprit ip.335- 339). — Conclusion sur ce point (p. 339-340).
IL Le reproche de digression (p. 340-341). Objections nombreuses. — Quels sujets Bossuet pouvait légitimement comprendre dans son plan (p. 341-344).
IIL De l'utilité de Vétude que fait Bossuetdans l'onzième livre des hérétiques antérieurs à la Réforme (Albigeois, Vaudois, Wiciéfites, Hussites, Frères de Bohème) (p. 345). — Les Protestants, sinon au début de la Réformation (p. 346), du moins au di.x-septième siècle (p. 347-350), tenaient avoir dans ces hérétiques leurs précurseurs et leurs ancêtres; — leur désir unanime de vieillir la Réforme: raison qui engage Bossuet à faire entrer cette étude dans son plan et qui le lui permet (p. 351-353).
IV. Son insistance sur les Guerres civiles de France au seizième siècle (p. 353-355) s'explique par des motifs analogues. — La Controverse au dixseptième siècle roule souvent, depuis 1665, sur les guerres causées par la Réforme : accusations catholiques ^p. 355-360), nombreuses apologies protestantes (p. 361-368), relatives surtout à la première prise d'armes et à la Conjuration d'Amboise, matières dont Bossuet s'occupe spécialement (p. 368). — Talent des polémistes qui avaient soutenu la cause protestante sur ce point fp. 369- 370), entre autres Jurieu (p. 370-371) et Bayle (p. 371-372). — Insuffisance et médiocrité des controversistes catholiques (p. 372-375). — Double raison qu'avait Bossuet de traiter à nouveau ce sujet (p. 376). — Influence des préoccupations contemporaines sur la composition de I'Histoire des Variations (p. 377-378).
DES CRITIQUES PARTICCLIÈBES ADRESSÉES A l' " HISTOIRE
des variations »
I. Critiques de fond et de fait adressées à Bossuet par ses critiques. Grand nombre et minutie de leurs observations 'p. 379).
II. Reproches relatifs aux ass'»rtions dp Bossuet sur lu croyance dualiste des Albigeois. Difficultés et importance de cette matière : vivacité des critiques sur ce point (p. 380-381).
Lacunes que les contradicteurs de Bossuet, Basnage et Allix relèvent, parmi ses sources (p. 381-383); mauvais choix, suivant eux, des autorités choisies par lui (p. 383-384). — Examen et réfutation de la première de ces objections (p. 384-389). — Examen et réfutation de la seconde (p, 390-392). Conclusion sur les informations de Bossuet (p. 392).
Reproches adressés à Bossuet par ses critiques sur le sens qu'il donne aux textes et sur les conclusions qu"i! en tire (p. 392-393). — Les Albigeois étaientils dualistes? Erreurs Cp. 393-396] et mauvaise foi (p. 396-398) de Bossuet, selon ses adversaires. — Examen de ces objections : l» Pourquoi les auteurs dont Bossuet se sert n'attribuent pas toujours aux.\lbigeois les dogmes fondamentaux du .Manichéisme (p. 399); le caractère mystérieux de la doctrine cathare (p. 400- 405) explique certaines interprétations de textes par Bossuet; — 20 les croyances que les auteurs de Bossuet attribuent aux hérétiques de Gascogne et de Languedoc impliquent-elles un fondement «dualiste»? fp. 405-409); — En quel sens et avec quelles restrictions Bossuet qualifie les Albigeois de «Manichéens » (p. 409-410); — justesse de ses conjectures (p. 411); — 3° les «nouveaux manichéens » dont parlent les auteurs de Bossuet furent-ils les Albigeois que les protestants défendent? (p. 411-413) ; — hypothèse des contradicteurs de Bossuet (p. 413-415); hypothèse de Bossuet (p. 415-418) confirmée d'une façon générale par les recherches de l'Érudition dès la fin du dix-septième siècle jusqu'au dixneuvième (p. 418-419).
IIL Reproches adressés à Bossuet touchant son portrait de Luther (p. 419). Difficultés d'une étude sur Luther pour un Français catholique du dix-septième siècle (p. 419-422).
Critiques adressées à Bossuet sur ses sources et sur l'exactitude matérielle de quelques faits (p. 423-428).
Critiques adressées à Bossuet sur quelques-uns de ses jugements (p. 429). — lo La bigamie du Landgrave de Hesse : comment et pourquoi Bossuet y insiste (p. 429-432). — Luther et la politique (p. 432-436). Le Landgrave et ses casuistes (p. 436-441). — Conclusion sur ce point (p. 441-442). — 2° La prétendue « conférence de Luther avec le diable » (p. 442-443) : comment et pourquoi Bossuet en parle (p. 443-444); — Luther et la hantise diabolique (p. 4-15- 447). Conclusion sur ce point (p. 447). — S» Le portrait moral de Luther; place qu'il tient dans I'Histoire des V.^riatio.ns (p. 447-448) ; — les « emportements )', la « tyrannie » et 1' « orgueil » chez le réformateur allemand (p. 448- 453). — Aveux et objection des critiques de Bossuet (p. 453-455). — Bossuet pouvait-il insister sur ces défauts de Luther? De l'influence du tempérament de Luther sur son œuvre et de la place de la psychologie morale dans l'histoire (p. 455-459). — Bossuet fait ressortir les qualités estimables d'esprit et de cœur de Luther (p. 459-462); — même celles qui pourraient lui sembler incompatibles avec les défauts du Réformateur (p. 462-464). — L'impartialité de Bossuet et ses limites (p. 465-466). — Ce que Bossuet ne peut comprendre chez Luther : l'instabilité avouée dans la doctrine (p. 466-469), — la trivialité dans les manières (p. 469-473). — Conclusion générale sur le portrait de Luther (p. 473-474).